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Jean C. Baudet

Articles récents

Histoire des systèmes de pensée

31 Mars 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Histoire

Penser le mondeMon travail philosophique est surtout basé sur l'étude critico-historique des systèmes de pensée, ce que Michel Foucault appelait "archéologie des savoirs". Voici la répartition disciplinaire de mes ouvrages publiés :

 

1. Philosophie

   11. Mathématique et vérité

   12. Le signe de l'humain

   13. Une philosophie de la poésie

2. Histoire des religions

   21. Curieuses histoires de la pensée

3. Histoire des littératures

   31. A quoi pensent les Belges (on se le demande...)

4. Histoire de la science

   41. Curieuses histoires de la science

   42. Curieuses histoires des dames de la science

   43. Histoire des sciences et de l'industrie en Belgique

5. Histoire de la science : mathématiques

   51. Nouvel abrégé d'histoire des mathématiques

6. Histoire de la science : astronomie, physique, chimie

   61. Penser le monde

   62. Expliquer l'Univers

   63. Penser la matière

   64. A la découverte des éléments de la matière

7. Histoire de la science : biologie, médecine

   71. Penser le vivant

   72. La vie expliquée par la chimie

8. Histoire de la technique

   81. Les ingénieurs belges (épuisé)

   82. Introduction à l'histoire des ingénieurs (épuisé)

   83. De l'outil à la machine

   84. De la machine au système

   85. Curieuses histoires des inventions

   86. Curieuses histoires des entreprises (en préparation).   

 

Pour info, l'URL (à copier et coller après http://) d'une vidéo sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Religions et philosophie, et laïcité

22 Mars 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Religion

Cur PenseeDonné une conférence, hier soir, à la Maison de la Laïcité d'Andenne, sur "Religions, philosophie et science". Exercice intéressant mais assez difficile, car il n'est pas simple d'expliquer la différence entre la philosophie et une religion quand on s'adresse à un public dont on ignore le degré de réceptivité au raisonnement philosophique. Bien sûr, il suffit de rappeler que les religions sont des savoirs absolus et que la philosophie est une ignorance consciente et systématique, encore s'agit-il de préciser ce qu'il faut entendre par "savoir", par "conscience", etc. La question est d'autant plus délicate que certaines religions n'évacuent pas certains rapports entre la foi et le doute, et que dès lors l'incertitude n'est peut-être pas l'apanage uniquement de la pensée philosophique. Après mon exposé, muni d'un verre que je vidais à mesure qu'une accorte personne me le remplissait d'un excellent bordeaux, j'eus quelques agréables conversations avec différentes personnes, posant de bonnes questions - je ne suis pas sûr d'avoir en échange fourni de bonnes réponses. Mais échanges il y eut, et j'ai même revu un journaliste qui m'avait interviewé il y a plus de dix ans (lors d'une conférence que j'ai donnée à Huy), ainsi qu'un ingénieur qui lisait Technologia, revue que j'ai fondée en 1978. En conclusion : "in vino veritas" ou "in conversatio veritas" ???

 

Pour info, l'URL (à copier et coller après http://) d'une vidéo sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Chansons (poème)

8 Mars 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

J’avais intitulé ce poème (composé en 2002 ou 2003) : « Parce que la chanson française n’est peut-être pas moins intéressante que le calcul intégral », mais nous sommes bien d’accord. Ce titre est trop long ! Je le rebaptise donc et le dédie à tous ceux qui apprécient la chanson française, à texte, à prétexte, à contexte, et même à texte con.

Quand les amoureux

ne s’arrêteront plus sur les bancs publics

Et que plus personne

ne ramassera les feuilles mortes à la pelle

Que l’on ne se souviendra plus de l’été indien

Et que, quand reviendra le temps des cerises,

il n’y aura plus de cerises,

Quand nous ne voudrons plus voir Syracuse

Quand tu ne souligneras plus au crayon noir tes jolis yeux

Et quand tu ne seras plus la plus belle pour aller danser

Et que la mer n’aura plus de reflets d’azur

le long des golfes clairs

Et que d’ailleurs le piano de la plage aura pour toujours cessé de jouer

Quand les poètes – qui furent de drôles de types qui vivaient de leur plume – auront disparu

Et que leurs chansons ne seront plus dans les rues

Et que je n’attendrai plus, le jour et la nuit, ton retour,

Emporté par la foule

Et qu’il ne jouera plus jamais du piano debout

Ne voulant plus chanter pour ceux qui sont loin de chez eux

Comme d’habitude

Vous passerez encore sans me voir,

sans même me dire bonsoir,

Et je m’en irai, une dernière fois,

Clopin-clopant.

Pour info, l'URL (à copier et coller après http://) d'une vidéo sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Propos sur les imbéciles

7 Mars 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Curieuses hist InventionsQuand je dis qu'il y a 19 pour cent de Chinois dans l'Humanité actuelle, tout le monde accepte cela comme un fait. Mais si je dis qu'il y a 25 pour cent d'imbéciles dans la population humaine (techniquement, il s'agit d'oligophrénes), je peux m'attendre à des réactions violentes de la part de certaines catégories de personnes. Il y a par exemple ceux qui brandissent la Déclaration des droits de l'homme, texte tabou chez certains, comme on sait, et qui hurlent que "tous les hommes sont égaux". Il y a encore ceux qui acceptent les résultats de la physique ou de la chimie, mais qui n'acceptent pas ceux de la psychologie. Et pourtant, plusieurs générations de psychologues ont étudié la question de l'intelligence et de sa répartition dans le monde. Question difficile, d'ailleurs, mais cela n'empêche pas la science d'aboutir à certains résultats. Du reste, avant même la constitution de la psychologie scientifique (à ne pas confondre avec certaines pratiques "psy"), l'homme cultivé connaissait l'existence d'imbéciles, d'idiots et de crétins.

 

Comme apparemment tout le monde ne comprend pas ce que signifie une donnée statistique, expliquons. 25% d'imbéciles dans l'Humanité, cela signifie qu'il y a 50% de personnes d'intelligence moyenne et 25% de personnes dont l'intelligence est nettement supérieure à la moyenne. Mais il s'agit de l'Humanité entière ! Si l'on considère un échantillon (par exemple les habitants d'un village, ou les membres d'une profession...), on n'y trouvera 25% d'imbéciles que si l'échantillon est "statistiquement représentatif". Il ne faut pas réfléchir longtemps (quand on dispose d'une intelligence au moins moyenne) pour comprendre qu'il est faux de prétendre qu'il y a 25% d'imbéciles parmi les journalistes, parmi les ingénieurs, parmi les astronomes ou parmi les... psychologues ! Ces professionnels ont amplement prouvé, en accédant à ces professions difficiles, qu'ils disposent au moins d'une intelligence "normale".

 

Reste une remarque à faire. Les hommes possèdent une intelligence, plus ou moins développée. Mais cela ne signifie pas qu'ils s'en servent.

 

Pour info, l'URL (à copier et coller après http://) d'une vidéo sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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25% d'imbéciles, d'idiots et de crétins

6 Mars 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Cur PenseeLes psychiatres, les psychologues et les psychotechniciens sont d'accord pour nous dire que, dans la population humaine, il y a entre 20 et 25 pour cent de débiles mentaux, répartis en "imbéciles" (débiles légers), "idiots" (débiles moyens) et "crétins" (débiles profonds). Ce qui signifie qu'un quart de l'Humanité ne dispose pas d'une intelligence moyenne (intelligence encore insuffisante, d'ailleurs, pour aborder sérieusement certaines questions).

 

J'ai parfois l'impression que les psychiatres, les psychologues et les psychotechniciens se trompent, et que la proportion d'imbéciles est bien plus élevée...

 

Evidemment, les optimistes incurables me feront remarquer que la distribution de l'intelligence parmi les hommes est gaussienne, et que dès lors entre 20 et 25 pour cent des gens ont une intelligence supérieure à la moyenne.

 

Où faut-il placer, sur la courbe de Gauss de la distribution de l'intelligence, ces pédagogues qui espèrent une "école de la réussite", avec zéro échecs ?...

 

Pour info, l'URL (à copier et coller après http://) d'une vidéo sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Henri Vernes a de la mémoire

1 Mars 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Vernes-Memoires.jpgJe suis en train de lire Mémoires, d'Henri Vernes (Jourdan, Paris-Bruxelles, 487 pages). Passionnant ! Ce n'est certes ni Flaubert ni Cendrars, mais qu'est-ce que la valeur en littérature ? Vernes a créé un univers (un peu puéril, bien sûr) autour des aventures de l'ingénieur Bob Morane, et s'il faut lire lesdites aventures "en jouant le jeu" (les plus de 200 romans mettant Morane en scène sont destinés aux jeunes adolescents), ne faut-il pas aussi "se laisser aller" pour savourer les derniers romans à la mode ? Et d'ailleurs, Henri Vernes l'écrit à la page 71 de ses Mémoires : "On n'éprouve de la nostalgie que pour les choses qui en sont dignes". Il y a sans doute plus "digne" que les enquêtes et les voyages et les pugilats de Bob Morane accompagné de son cher Bill Balantine - peut-être certaines simagrées postmodernes ? - mais ma nostalgie est complète. Et d'ailleurs, la dignité ne vient-elle pas de l'humain, et toute nostalgie n'est-elle pas l'émotion d'un humain ?

 

J'ai apprécié la préface de mon ami Jean-Baptiste Baronian, qui sait ce qu'il en est de la "grande" et de la "petite" littérature.

 

Bien entendu, il y a aussi la valeur documentaire de ces mémoires. Car c'est près d'un siècle (et quel siècle !) que nous raconte Vernes, en nous racontant sa propre vie et la manière dont il a vécu les "grands" événements de son temps. Il est né à Ath (Belgique) en 1918, et sa vie commence par les récits de sa famille concernant la Grande Guerre. Une enfance baignée par des récits d'horreur. Mais tous les hommes nés en 1918, à Ath ou ailleurs, n'ont pas publié quelque 200 romans.

 

Evocation, notamment, de Jean Ray et de Michel de Ghelderode. Autre chose que certaines canailles littéraires, que je ne citerai pas (voir mon livre A quoi pensent les Belges, où j'en nomme quelques-unes).

 

 

Pour info, l'URL (à copier et coller après http://) d'une vidéo sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Fondamentaux politiques

24 Février 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Machine au systemeLa campagne française pour les élections présidentielles est un véritable régal d'intelligence et de sottise : il y en a vraiment d'une extrême à l'autre ! Ce qui est frappant pour l'observateur un peu attentif, c'est l'absence presque totale dans les débats des deux déterminations radicales de la condition humaine en 2012.

1ère détermination : la Terre est unique, et ses ressources ne font que diminuer !

2ème détermination : la Terre portait 1,5 milliard d'humains en 1900 et en porte 7 milliards aujourd'hui !

 

Il faut ajouter à cela qu'il y avait 40 millions d'habitants en France en 1900, et qu'il y en a 63 millions aujourd'hui...

 

La mission du futur président de la République sera donc de permettre à un peuple (le peuple de France) de vivre le mieux possible dans un monde où, en un siècle, son "importance" est passée de 40/1,5 à 63/7, c'est-à-dire de 27 à 9 : la France est trois fois moins "importante" aujourd'hui qu'il y a un siècle !!!

 

Il faut ajouter à ce constat démographique qu'une partie importante du "monde" (tant à l'intérieur des frontières françaises qu'à l'extérieur) est hostile à la France, soit pour de simples raisons de concurrence économique, soit plus fondamentalement pour des raisons idéologiques : d'une part le souvenir de la colonisation, d'autre part la haine des croyants (en particulier ceux de l'islam) pour un pays où une partie de l'élite est agnostique et attachée à la laïcité.

 

Le futur président pourra soit accepter la continuation du déclin (désindustrialisation, donc diminution du pouvoir économique, donc détérioration du niveau de vie des Français et amenuisement du rôle mondial de la France), soit se résoudre à renforcer les points forts de la France.

 

1° renforcer l'excellence française en matière de production d'électricité nucléaire, et notamment augmenter le soutien à la recherche dans le domaine de la sécurité nucléaire et dans celui de l'information de la population sur les questions énergétiques. Corrélativement, renoncer à certaines illusions, comme par exemple l'énergie éolienne (sauf comme appoint dans certaines situations locales).

2° renforcer l'excellence française en matière agro-alimentaire, notamment en augmentant la recherche concernant les OGM.

3° tenter de "réindustrialiser" la France, notamment par l'incitation de la jeunesse à choisir des études supérieures plus "scientifiques" que "littéraires". Toutes choses étant égales par ailleurs, un ingénieur est davantage susceptible de créer une entreprise (et donc des emplois) qu'un historien de l'art ou un sociologue.

 

 

Pour info, l'URL (à copier et coller après http://) d'une vidéo sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Propos sur l'arrogance

21 Février 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Curieuses hist InventionsUn ingénieur nucléaire explique, posément, que la fission de l'uranium peut libérer des quantités d'énergie considérable, sans commune mesure avec les possibilités du vent. Réponse de la foule : quelle arrogance !

 

Un ingénieur agronome explique, calmement, que la productivité agricole peut être améliorée nettement en utilisant des semences améliorées grâce aux progrès récents de la biologie moléculaire. Réponse de la foule : quelle arrogance !

 

Un expert financier explique, simplement, qu'un Etat moderne ne peut payer ses fonctionnaires qu'avec de l'argent, et que cet argent ne peut provenir que de l'impôt ou de l'emprunt, et qui si un Etat a emprunté de l'argent à diverses banques il doit envisager d'un jour rembourser cet argent, capital et intérêts. Réponse de la foule : quelle arrogance !

 

Un économiste explique, très serein, que si une population veut gagner plus elle doit travailler plus, car il n'y pas d'autre moyen de produire des richesses que le travail. Réponse de la foule : quelle arrogance !

 

Un démographe explique, très clairement, que l'augmentation du nombre d'hommes sur un territoire limité, qu'il s'agisse d'une augmentation par les naissances, par la baisse de la mortalité ou par l'immigration, conduit mécaniquement à l'appauvrissement de la population concernée. Réponse de la foule : quelle arrogance !

 

Un historien explique, avec à sa disposition toutes les bibliothèques du monde, que les grandes découvertes et les grandes inventions qui ont conduit à la civilisation sont principalement le fait d'Européens. Réponse de la foule: quelle arrogance !

 

Pour info, l'URL (à copier et coller après http://) d'une vidéo sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Concert (poème)

18 Février 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Philosophie-poesie.jpgJ'ai composé ce poème de nostalgie sonore en 2003 ou 2004, alors que je rassemblais en un vaste bouquet les fruits amers et vénéneux de mes lectures et de mes émois, en vue d'un examen philosophique de la question du poème, qui allait aboutir en librairie en un livre de désespoir et de détestation intitulé "Une philosophie de la poésie" (L'Harmattan, Paris). Je le dédie à tous ceux qui souffrent des célébrations convenues, et que hantent les airs funèbres.

 

 

Carmen carminis carmina le poème

des sons

du sang

nous étions fatigués d’écouter Beethoven

le sang est un liquide rouge

comme une belle encre d’imprimerie

comme un plaisir somptueux interdit

comme un songe habité de merveilles

et les archets sautaient encore sur les cordes

glissement

choc parfois

des couleurs

divertimento quatuor allegro

et nous étions heureux d’écouter Beethoven

et les cordes vibraient comme une jouissance

tendues d’acier

et nous étions très loin de l’ordinaire

nage flottement espace sonore gouttes de notes

suavité des clarinettes

et nous étions heureux de voir un violon

enfermés protégés entourés environnés d’une sphère sonore

résumé d’univers condensation d’un monde

concentration des choses

cristaux aux cris limpides et force des couleurs

et cette nostalgie infinie de l’alto.

 

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Rue Croulebarbe (poème en prose)

17 Février 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Poésie

Treizième arrondissement. Quartier des Gobelins. Et la rue Croulebarbe. L’aventure du savoir. Table de multiplication – protase et apodose – mitose et méiose – les gènes, l’acide nucléique, les enzymes, les protons, l’hydrogène et la force nucléaire, les suppurations, l’eczéma, les euglènes et les protozoaires, les paramécies, et la gravitation universelle, découverte ou inventée ou conjecturée par Isaac Newton, et expliquée ou décrite ou formulée par le grand homme dans son livre Philosophiae naturalis Principia mathematica paru à Londres en 1687. C’était le siècle de Racine et de Leibniz, qui avait fait paraître un texte bien intéressant, intitulé De geometria recondita et analysi indivisibilium atque infinitorum dans les Acta eruditorum, aux pages 292 à 300 de la livraison de juin 1686. Je me souviens fort bien de la typographie serrée des petits volumes des Acta, consultés à la Bibliothèque Nationale, c’était en hiver, dans le silence et la lumière jaune des lampes, avec déjà la nuit dehors.

 

Il y a bien longtemps.

 

J’aimais ces longues lectures calmes et l’aventureuse rencontre de tant de penseurs. J’aimais ces piles de livres vénérables, souvent fragiles, et la poussière brunâtre, collante, des vieilles reliures, qui se désagrégeaient aux pliures. Poussière qui salissait les mains et ornait de traînées brunes la chemise blanche du lecteur qui avait imprudemment porté la pile de livres anciens, depuis le comptoir de distribution jusqu’à la place qui lui était assignée, en serrant les ouvrages contre sa poitrine, en un geste instinctif pour alléger son fardeau. Une espèce de fierté, mêlée d’un mélange d’admiration, de nostalgie et de plaisir cérébral, m’envahissait chaque fois que j’avais sur ma table un vieux volume, plusieurs fois centenaire, à la très ancienne typographie, et où je retrouvais Leibniz, Pascal, Paracelse, Torricelli, tous ces prédécesseurs admirables de l’effort intellectuel et de la recherche du vrai. Parfois c’était l’exemplaire unique rescapé du temps que j’avais sous les yeux, que mes mains touchaient avec vénération. Je manipulais l’unique. C’était aussi l’éloignement, hélas momentané, des désillusions du monde ordinaire.

 

Il y a bien longtemps.

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