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Jean C. Baudet

Articles récents

Propos sur l'éditologie

6 Octobre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Editologie

Ce que j'ai appelé "éditologie" est une approche épistémologique qui consiste en somme en une entreprise de démolition. Il s'agissait de démolir (par une ironie inspirée de Socrate prouvant le mouvement en marchant face aux prétentieux bavardages de Zénon) les discours gauchistes et aplatissants qui ont sévi (et qui durent encore) après la Seconde Guerre mondiale : "sociologie de la connaissance" (Karl Mannheim), école de Francfort (Jürgen Habermas), nihilisme méthodologique (Paul Feyerabend), structuralisme niais (Claude Lévi-Strauss, Michel Foucault), et qui voulaient faire de la science une "croyance" comme les autres. J'avais aussi à lutter contre la technophobie de Karl Jaspers et de Jacques Ellul. Le remède aux divagations est la plongée dans le réel, en l'occurrence dans les laboratoires. J'avais été frappé, au cours des années 1970, par la tension (allant parfois jusqu'à une paradoxale hostilité) entre les botanistes et les biologistes d'un côté, et les ingénieurs agronomes de l'autre. J'avais aussi acquis (à l'Université de Lille dans le cadre d'une collaboration avec Monique Torck) une certaine expérience d'une situation semblable dans la relation entre les chimistes et les pharmacologues. Cela m'a fait réfléchir aux rapports entre Science (Connaissance) et Technique (Action), et cela me força à chercher une définitiion, une détermination de la science et de la scientificité, en tentant d'être plus analytique (d'aller "plus loin") que Karl Popper et Gaston Bachelard. D'où le concept d'éditologie, basé sur la définition de la science comme "ensemble de textes édités" - et donc avec l'idée programmatique d'examiner les spécificités de l'édition scientifique. D'où le couple "termino-édito" qui subsume la science dans la connaissance (phénoménale), par la prise en compte de la double essence linguistique (termino) et sociale (édito) d'une recherche de sens qui découvre sa certitude (historiquement à construire, c'est-à-dire à éditer) dans l'efficacité (vérification, réfutation, falsification... on retrouve Popper).

Les 3 000 pages de mon "Histoire générale des sciences" (Vuibert, Paris, 2002-2009), basée sur la synthèse STI résultant de la méditation éditologique, me paraissent fournir une ample moisson de résultats, à placer face aux incantations de la "fin des certitudes" et du "retour du spirituel".

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Propos sur mes cheminements

4 Octobre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie

Chaque penseur élabore sa pensée dans les cadres imposés de son idiosyncrasie, et au gré des circonstances, et dans le milieu où il est, favorable ou non au débat d'idées. Je n'ai pas de mérite d'avoir dû enseigner la philosophie en Afrique, au début de ma vie professionnelle, et certaines de mes lectures se sont faites au hasard. Certaines idées se sont imposées à moi comme des champs à labourer, et quand le flux de mes pensées s'est mis à couler, je n'ai plus pu empêcher les enchaînements d'idées, les vérifications chez les auteurs, les tentatives de conceptualisation, l'écriture. J'ai déjà, dans des ouvrages inédits, essayé de reconstituer ces cheminements, balisés par quelques étapes de ma vie. Pas par passion autobiographique (encore que je ne prétende pas échapper à cette tentation), mais pour essayer de comprendre l'origine de mes compréhensions.

Il y eut l'acceptation d'abord, toute scolaire, certains diront scolastique, du primat de la question épistémologique dans l'enquête philosophique, et la "découverte" de l'histoire des sciences, en lisant Bachelard et Sarton. Puis (en 1977), la "découverte" de la relation science-technique, d'où le lancement de ma revue Technologia en 1978. C'est la Sainte Trinité de mes départs : Science-Histoire-Technique. Et en fondant une maison d'édition, je "découvre" encore les réalités de l'Industrie - seul moment de ma vie où je suis passé de la Connaissance à l'Action.

J'ai travaillé, depuis 1968, à sortir quelques concepts de leur gangue circonstantielle, et j'ai semé mon chemin de 843 textes publiés sur papier et de 196 billets  sur ce blog. Aurais-je pu, avec une idiosyncrasie différente et des circonstances plus favorables, arriver à autre chose que "matérialisme-scepticisme-athéisme" ? Ne peut-on pas penser que, plus le philosophe vieillit, moins il a de choix ?

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Les systèmes de pensée

3 Octobre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Gnoséologie, #Matérialisme

L'étude approfondie des systèmes de pensée, notamment par le biais de leur étude "archéologique" (au sens de Michel Foucault) ou de leur "déconstruction" (Jacques Derrida), nous apprend finalement qu'il est impossible - ou du moins qu'il a été impossible à toutes les générations de philosophes professionnels pendant 26 siècles - de sortir du couple oppositif "matérialisme-idéalisme". Je l'ai enseigné de multiples fois, dans ma jeunesse, j'y suis revenu dans divers exposés, tout au long de ma vie : la matière existe (je l'ai rencontrée !...), et à cela on ne peut ajouter qu'une simple alternative. Ou bien il y a "autre chose", ou bien il n'y a rien d'autre. Bien entendu, cette "autre chose" peut prendre les figures les plus diverses, et 100 milliards d'individus humains ont contribué, plus ou moins, à élaborer des idées à propos de cette "autre chose", mais cette diversité (potentielle) ne change rien à l'incontournable "autre chose ou rien".

Si l'on admet "autre chose", de nature forcément non-matérielle, on s'engage dans un idéalisme (ou dualisme, par opposition à monisme). Si on rejette cette réalité "autre", on évolue dans le matérialisme.

L'exercice est rudimentaire mais éclairant : se demander où l'on se situe dans cette opposition.

Il s'agit pour moi, au soir de ma vie, d'essayer de trouver la formulation la plus concise de cette réalité, seule et désespérante certitude. Mais en tentant de trouver cette formulation, je suis comme empêtré soit dans les pièges de l'érudition (citer des auteurs, commenter des textes...), soit dans ceux de la rhétorique et du poétique (agrémenter l'expression par des ornements "littéraires" : jeux de mots, figures de style...). Or, la réalité est brutale. La matière existe - je l'éprouve par mes souffrances physiques et par l'angoisse qu'elles entraînent. Et l'autre chose ajoute à mes douleurs. Car d'abord je ne sais pas répondre à la question de son existence. Mais ensuite et surtout, j'ignore si cette "autre chose" éventuelle peut avoir sur moi des effets maléfiques. La matière me fait souffrir, de plus en plus chaque semaine. Qu'en est-il de la non-matière, peut-être encore plus féroce et impitoyable ?

Voilà où mène la philosophie, et je retrouve les phrases désespérées de Camus dans Le mythe de Sisyphe. Oui, comme Camus, je me moque de connaître la marche des planètes ou le nombre des catégories, seul un problème importe, pour moi, c'est-à-dire pour chaque homme souffrant dans sa nuit (ceci ne concerne évidemment pas les Messieurs Je-sais-tout plus savants que deux mille six cents ans de philosophie), c'est de savoir s'il y a "autre chose". Camus appelait cela le problème du suicide, mais il n'était pas allé assez loin dans sa réflexion. Car le suicide ne règle rien, s'il y a "autre chose".

Voilà que je jette à la mer l'aveu de mes souffrances et le cri de mes questions. Sans espoir de répondre, mais peut-être parce que j'ai passé toute ma vie à écrire, à lire, à étudier et à enseigner, et que les mots me soutiennent un peu, comme un bandage bien serré soulage un blessé. Et quelle blessure que celle de ne pas savoir s'il y a autre chose, peut-être des souffrances futures plus vives encore que les douleurs actuelles qui existent.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

 

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Propos sur la littérature

3 Octobre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Littérature

La littérature est l'art de faire de belles phrases, et n'est que cela, c'est-à-dire un jeu qui vise le plaisir, le plaisir de l'écrivain d'abord, car il y a un bonheur de construire, celui du lecteur ensuite, car il y a une félicité dans la rencontre de certains assemblages verbaux, comme au musée, dans les assemblages de couleurs, ou au concert, dans les combinaisons sonores. Mais les mots étant, en tant que signes, formés d'une dualité spécifique (le sens et le son), il s'ajoute aux satisfactions formelles, esthétisantes, de la phraséologie, celles de l'évocation, qui enseigne ou qui émeut : récit du romancier, description du poète, raisonnement de l'essayiste, traité du savant, billet du blogueur. Et si l'on peut enfoncer des clous avec un marteau, on peut aussi s'en servir comme presse-papier, ou pour fracasser le crâne de l'ennemi. Ainsi la littérature, qui est un art, est aussi un outil, et on peut la dévoyer dans la propagande pour une idéologie (c'est l'écrivain engagé de Jean-Paul Sartre), ou dans la recherche prétendue philosophique, comme une certaine poésie snob et prétentieuse depuis Mallarmé, qui croit trouver dans les rythmes et les sonorités de ses vers le "sens profond" des choses.

La littérature est un projet esthétique, qu'il s'agisse de rédiger un slogan publicitaire (il y a de la beauté, aussi, dans certaines phrases qui vantent le coca-cola), une nouvelle courte ou un roman-fleuve. Le littérateur a pour métier d'enchanter et d'émouvoir, ce qui est d'ailleurs aussi honorable que de produire des clous et des marteaux, ou de vendre des vins. C'est même un très beau métier, qui a ses noblesses. De la musique avant toute chose ? Il y a des musiciens pour ça ! En écrivant ce vers - d'ailleurs très "beau" -, Verlaine marquait le début des confusions. Un symptôme de déchéance : regardons - sans effet littéraire - comment va le monde...

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Propos sur l'intelligence

2 Octobre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Epistémologie

Les facultés mentales - si différentes d'un homme à l'autre - sont comme des organisateurs de l'Être, je veux dire (après de nombreuses lectures) que l'intelligence atteint le Présent, la mémoire le Passé, l'imagination le Futur, si l'on découpe le Réel selon l'axe du temps. Mais ni le Présent, ni le Passé, ni le Futur ne peuvent être appréhendés par l'esprit humain (der Geist, die Seele, das Gemüt ?) dans leur totalité. Nos facultés sont limitées. Ce découpage (analyse) correspond à celui des productions culturelles : science, histoire, religion, en prenant ces trois termes dans un sens spécialisé. La science englobe la technique et l'industrie (ce que j'ai appelé STI dans les années 1980). L'histoire est le prolongement de la science vers le domaine du révolu. La religion étant le prolongement de la science vers celui de l'inconnu (l'inconnu qui importe est toujours à venir).

On placera donc les formations discursives comme les littératures et les idéologies dans la catégorie "religion", parce qu'il s'agit d'un mélange d'espoir (donc de plaisir) et d'invention.

Le scientifique connaît.

L'historien mémorise.

Le religieux, l'idéologue et le littérateur imaginent.

Mais la "flèche du temps" annule l'apparente symétrie entre histoire et religion. C'est parce que l'on peut donner de la science une définition encore plus large, en faisant de l'histoire une partie constitutive de la science. Car la coupure épistémologique se situe à l'évidence entre le connaissable (Présent et Passé) et l'inconnaissable (Futur).

Probablement pourrait-on développer une psychologie et une sociologie à partir de ce découpage, parce qu'il y a des hommes plutôt tournés vers le Passé, le Présent ou le Futur, et parce qu'il y a de même des sociétés axées vers le Passé, le Présent ou le Futur. Il faut se méfier de celles qui sont orientées vers le Futur, c'est-à-dire qui donnent le pouvoir aux imaginations. Les sociétés saines sont attentives au Présent, et ne sont pas dupes des séductions avilissantes de la mémoire et de l'imaginaire. Les peuples heureux n'ont pas d'histoire. Pas de religion non plus.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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La porte est fermée

1 Octobre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

J'ai à ma disposition l'essentiel des ouvrages produits depuis la publication de la grande Critique de Kant (1781), ce qui fait une masse de pensées considérablement supérieure à tout ce dont disposait Kant à Königsberg, c'est-à-dire tout ce qui a été publié (et conservé) depuis Thalès jusqu'en 1781. Je veux dire que la condition du penseur aujourd'hui, c'est d'avoir, facilement disponible (éventuellement en livres de poche, ou dans une bibliothèque publique), une masse presque infinie de concepts et de commentaires allant dans tous les sens : phénoménologie, structuralisme, relativité, kantisme et néo-kantisme, quantas, biologie moléculaire, sociologie marxiste, sociologie anti-marxiste, génétique des Phaseoleae, nihilismes divers, archéologie des systèmes de pensée, superstitions anciennes (les diverses modalités du christianisme, par exemple) ou nouvelles (le pensée du politiquement correct)...

Mais...

malgré toute la subtilité de la logique symbolique de Frege et de Russell, je ne peux dépasser le rapport entre l'ontologie et l'épistémologie tel que défini dans la logique d'Aristote...

Mais...

malgré toutes les avancées de la relativité sur les rapports entre le temps et l'espace, et malgré toutes les avancées des quanta sur ceux entre l'observateur et l'observé, je ne parviens pas à dépasser la distinction kantienne entre le phénoménal et le nouménal...

En somme, et malgré toutes les ratiocinations sur l'être-en-soi et sur l'être-pour-soi (sans compter l'être-envers-soi) ou les enfantillages de la pensée "holistique" et/ou "structuraliste", je ne peux concevoir que mon esprit (Gemüt ou Geist ?) puisse englober un Tout dont il ne peut être qu'une partie.

 

Et malgré plus de cinquante années de lectures philosophiques, je ne peux distinguer que le connaissable et l'inconnaissable. Il ne suffisait donc pas de naître pour souffrir, il fallait encore penser pour ignorer. Mon oeuvre (et qui pourrait prétendre autre chose ?) s'est déployée dans le phénoménal et s'achève dans le phénoménal. Le nouménal m'est interdit aussi radicalement que la mort m'est imposée. La porte est fermée, et je n'ai pas la clé.

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Les deux (ou trois) sources de l'écriture

1 Octobre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

J'ai écrit, tout au long de cette vie qui s'achève, quatre sortes de textes, ressortissant à quatre domaines : la science (dans ma jeunesse), le journalisme, la poésie et la philosophie. En nombre de signes publiés, c'est la philosophie qui constitue, et de loin, l'essentiel de mon oeuvre.

 

Et pourquoi tous ces textes ? Pour les vendre, d'abord. Car, hormis quelques poèmes de mon adolescence, je n'ai jamais écrit qu'en écrivain, c'est-à-dire en professionnel attachant un prix à ses productions. Mais surtout, pour tenter de comprendre, et pour calmer mes pulsions "littéraires". Ce sont deux motivations différentes, même si elles produisent le même effet. J'ai tenté de comprendre les grands mystères de l'existence, et j'ai ajouté quelques concepts à tous ceux accumulés par mes prédécesseurs depuis Thalès. J'ai utilisé ainsi trois méthodes d'investigation de l'Être : la science des laboratoires, la poésie, le travail philosophique. Seul celui-ci approche vraiment le Réel, s'efforçant de transcender les limites cognitives que s'impose la science, et essayant d'éliminer les pièges redoutables du sentiment et de l'imaginaire qui sont les délices toxiques des poètes. Quant aux pulsions littéraires, c'est le mystère même de mon existence dans sa spécificité. J'ai besoin d'écrire comme de pain, de viande et de vin. J'ai besoin d'assembler des mots, comme le peintre a besoin de juxtaposer des couleurs et le musicien de combiner des sons - étranges besoins, d'ailleurs !

 

Pourquoi ce besoin d'écrire ? Ou, plus exactement, ce besoin de paraître ? La vieille formule "paraître, c'est être peut-être", n'est que l'expression d'une psychologie populaire, digne des magazines, car enfin tout homme veut être, mais tout homme n'aspire pas à paraître. Quelle faille dois-je combler et pourquoi est-elle encore ouverte, après des centaines (844, très exactement) de textes publiés - sans compter les billets de mon blog ? Quel vide devons-nous remplir, nous autres constructeurs de récits (Jean-Baptiste B.), de drames pour le théâtre (Jean-Pierre D.), de poèmes (Jean-Luc W.), d'essais d'histoire littéraire ou musicale (Jean L.), et d'aphorismes, de réflexions, de propos, de sentences, de maximes et de raisonnements métaphysiques ?

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Kant et les races humaines

30 Septembre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Anthropologie, #Racisme

Hier matin : répondu aux e-mails reçus.

Hier après-midi : à la Bibliothèque Royale. Lu un livre sur les 3 ouvrages consacrés par Emmanuel Kant à la "raciologie". Le solitaire de Königsberg, tout en insistant sur l'unicité de l'espèce humaine, admettait l'existence de quatre races, qu'il appelait des "dérivations" : les Blancs, les Nègres, les Huns (ou Mongols) et les Indiens (ou Hindoustans). Très intéressantes remarques de l'auteur (Raphaël Lagier), notamment sur la distinction faite par Kant entre espèce "naturelle" (les objets réunis dans une même espèce résultent d'une filiation) et espèce "scolastique" (où les critères de classification sont arbitraires). En conclusion, Lagier explique que la raciologie de Kant n'est pas incompatible avec son universalisme. Pardi ! Admettre l'évidence ne saurait s'opposer à l'universel. Je regrette un peu de ne pas avoir connu ce travail plus tôt, car il m'aurait servi à mieux comprendre en quoi l'opposition entre Linné et Buffon constitue la source de l'évolutionnisme biologique. Bel exemple de rapport "dialectique" entre le proprès scientifique et la pensée des philosophes. Je travaille en ce moment à une "Histoire de la botanique", et il est passionnant de suivre à la trace l'évolution de la pensée biologique à propos de la classification des êtres vivants, qui va d'Isidore de Séville (voire de Pline l'Ancien ou même Théophraste) à la cladistique contemporaine. Il a fallu des siècles et quelques penseurs pour dégager l'idée d'évolution de la gangue des mythes.

A noter surtout que l'idée de filiation chez Kant, purement empirique chez les naturalistes, les agronomes et les éleveurs, est fondée sur une ontologie chez Kant : il y a filiation parce qu'il y a continuité ontique.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Jean-Pierre Dopagne, Pascale Tison, d'autres encore

29 Septembre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Littérature, #Belgique

Hier après-midi, réunion à l'AEB (Association des Ecrivains belges) du Comité de la revue "Nos Lettres", suivie d'une séance du Conseil d'administration, sous la présidence à la fois patiente et énergique de Jean-Pierre Dopagne. Examen de six demandes d'adhésion d'écrivains. J'en connais trois sur six. Il n'y aura pas d'invité d'honneur lors de la Rentrée littéraire qui aura lieu le 12 octobre. Je quitte la Maison des Ecrivains en compagnie de Joseph Bodson (administrateur de l'AEB et aussi président de l'AREW, Association royale des Ecrivains wallons), et nous traversons le quartier Matonge, très animé, pour rejoindre la station de métro Porte de Namur. Nous nous lamentons de l'état des trottoirs et échangeons quelques considérations sur les écrivains belges. Grandeur et futilité... Je rentre, Marianne m'a préparé un excellent Chili con carne, que j'arrose de muscadet bien frais. A 22 heures, j'ouvre la radio pour écouter l'émission radio de la RTBF Première. Il s'agit de la deuxième partie d'un entretien avec Pascale Tison à propos de mon livre "Curieuses histoires de la science". Pascale et moi évoquons longuement Albert Einstein, et plus longuement encore Emilie du Châtelet. La voix de Pascale est superbe, délicieusement "radiophonique". Joseph est très occupé par la préparation du répertoire des membres de son association. Il y a encore des écrivains qui lui envoient des documents... manuscrits.

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Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

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Le petit Chinois à l'école

27 Septembre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Science, #Histoire

Je ne suis jamais allé en Chine. Ceci n'est donc qu'un récit de pure imagination. J'imagine, donc, un tout petit Chinois. Il est encore enfant, et on l'envoye à l'école. Il est initié à la sagesse de Confucius, et peut-être sent-il grandir en lui la fierté d'appartenir à une si grande nation qui a produit un si grand sage. Puis, tôt ou tard - car le petit Chinois poursuit sa scolarité - il rencontre, dans ses cours, la logique du Grec Aristote, l'axiomatique du Grec Euclide, l'algèbre du Grec Diophante, l'héliocentrisme du Polonais Copernic, l'astronomie de l'Allemand Kepler, la mécanique de l'Italien Galilée, la géométrie analytique du Français Descartes, la dynamique de l'Anglais Newton, le calcul intégral de l'Allemand Leibniz, la chimie du Français Lavoisier. Et comme il se destine à la médecine, notre petit Chinois devenu grand est encore initié à la classification des êtres vivants du Suédois Linné, à l'évolutionnisme de l'Anglais Darwin, aux microbes et aux vaccins du Français Pasteur, à l'immunologie du Belge Bordet, à la génétique moléculaire de l'Américain Watson.

Mais j'imagine que notre petit Chinois, même devenu grand, n'a guère entendu parler de Montaigne et de Molière, de Balzac et de Rimbaud, de Maeterlinck et de Verhaeren.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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