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Jean C. Baudet

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Les Belges et la philosophie

16 Juillet 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Belgique, #Philosophie

Les Belges et la philosophie

Il arrive parfois que je relise l'un ou l'autre passage de l'un ou l'autre de mes livres, et j'y prends même un scandaleux plaisir car, à tout prendre, je préfère ma prose explicite, précise et sereine à celles, inutilement obscures, alambiquées, vainement prétentieuses et ridiculement pédantesques d'un Edmond Husserl, d'un Martin Heidegger, ou même d'un Gilles Deleuze. Comme s'il fallait être amphigourique pour être "profond" ! C'est ainsi que hier, dans la soirée, je relisais, avec une joie présomptueuse et même carrément outrecuidante, la page 129 de mon ouvrage A quoi pensent les Belges ? publié en 2010 par les éditions Jourdan. J'y présentais l'ouvrage (publié en 1910) de Maurice De Wulf : Histoire de la philosophie en Belgique, un gros volume de 374 pages. Voilà ce que j'écrivais il y a quelques années - et mon appréciation sévère n'a pas changé: " Après tout, qu'est-ce que les Kant et les Platon et les Schopenhauer ont vraiment apporté à l'Humanité, par rapport à ce que lui ont donné le Belge Etienne Lenoir - le moteur qui équipera les autos et les avions, le Belge Zénobe Gramme - l'électricité, le Belge Ernest Solvay - l'industrialisation de la chimie, ou le Belge Adolphe Sax - les suaves et envoûtantes sonorités du saxophone ? ". Quelques années plus tard, je n'ai rien à modifier à ce texte, sinon peut-être que je remplacerais le mot "Belge" par le mot "Wallon".

Maurice Wulf, au terme de son enquête sérieusement érudite - il était professeur à l'Université de Louvain et disposait des richesses de la meilleure bibliothèque de Belgique -, formule sa conclusion de manière claire et distincte : " la Belgique n'a donné le jour à aucun philosophe de génie ". Cent ans plus tard, je crains bien n'avoir rien à ajouter à ce triste constat. La Belgique a donné le jour à de grands ingénieurs, fort nombreux, mais à très peu de penseurs systématiques. C'est peut-être parce que la Belgique est profondément imprégnée de christianisme (la seule université en Belgique, de 1426 à 1797, est l'Université Catholique de Louvain), que ses "intellectuels" n'ont pas su rejeter les traditions catholiques ou sont, pour la plupart, tombés dans les ornières modernes des socialismes, qui sont les résurgences sécularisées de la charité judéo-chrétienne. A quoi bon penser quand on trouve la Vérité dans les livres de Marc, de Matthieu, de Luc, de Jean et de Marx ?

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Aux editions L'Harmattan

13 Juillet 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

Aux editions L'Harmattan

Mes livres publiés par les éditions L'Harmattan (Paris) sont encore disponibles. On les trouve rarement en rayons chez les libraires, étant donné la profusion d'ouvrages actuellement édités chaque année, ce qui empêche les libraires de conserver des montagnes d'ouvrages, mais il suffit de les commander. L'Harmattan a en effet adopté la production par POD (Print On Demand). Et la distribution est internationale, la maison L'Harmattan étant bien implantée dans la plupart des pays francophones.

Mes trois livres sont : Mathématique et vérité - Une philosophie du nombre ; Le Signe de l'humain - Une philosophie de la technique ; Une philosophie de la poésie.

Ces trois ouvrages abordent divers aspects de la théorie de la connaissance (épistémologie). J'ai publié une quarantaine d'autres livres chez les éditeurs suivants : APPS (Bruxelles), Vuibert (Paris), Jourdan (Bruxelles), La Boîte à Pandore (Paris).

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Renouvier, Kant et moi

12 Juillet 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Kantisme

Hier après-midi à la Bibliothèque Royale, à Bruxelles, au Mont des Arts, près de la Gare Centrale. Je prends connaissance des deux ouvrages posthumes du polytechnicien et philosophe français Charles Renouvier (1815-1903) : Critique de la doctrine de Kant (Félix Alcan, 1906) et Les principes de la nature (Armand Colin, 1912). C’était l’époque glorieuse où la petite fraction intelligente de l’Humanité inventait la psychanalyse (Freud), la sociologie « scientifique » (Durkheim), l’étude comparée des mythes (Frazer), la phénoménologie (Husserl), la psychologie expérimentale (Pavlov), la logique mathématique (Russell), la théorie des quanta (Planck), la théorie de la relativité (Einstein), la théorie chromosomique de l’hérédité (Sutton), et découvrait l’électron (Thomson), les rayons X (Röntgen), les rayons alpha, bêta et gamma (Rutherford)…

J’ai tenté de prendre quelques notes, mais je n’arrive plus à écrire lisiblement, ma main tremble et je ne peux dessiner que des lettres mal formées et minuscules. Voilà venus les prodromes de la dégénérescence neurologique ! Je ne peux presque plus écrire. Puis-je encore penser ? L’atteinte de mon système nerveux par le vieillissement annonce-t-elle la perte prochaine de ma faculté de conceptualiser ? Certes, je parviens encore à dactylographier. Mais pendant combien de temps ?

Renouvier, dans sa critique de l’œuvre de Kant, pose d’intéressantes questions, qu’à vrai dire Kant aurait dû se poser lui-même. Il a été pertinent (c’est de Kant qu’il s’agit) en tentant d’élaborer une analyse approfondie (et même « transcendantale » !) de la raison, c’est-à-dire de l’esprit humain. Si l’on veut résoudre le problème de la connaissance, il faut d’abord connaître les caractéristiques et performances de l’instrumentum qui permet à l’homme de savoir. Mais comment est-il possible que Kant, pourtant si subtil et pénétrant (et si lucide sur les limites de ses prédécesseurs), ait cru que la raison seule puisse découvrir les possibilités cognitives de la raison ? Comment n’a-t-il pas vu le cercle vicieux du projet de critiquer la raison par l’usage seul de la raison ? Certes, Kant dans son esthétique transcendantale met en évidence le rôle décisif de la sensibilité (die Sinnlichkeit) dans le processus qui mène la conscience de l’ignorance au savoir, mais il ne va pas assez loin dans son analyse, obnubilé qu’il est par la tradition universitaire de l’idéalisme. Car Kant (comme le mainstream de la philosophie depuis Platon) est encore englué, pour étudier les facultés mentales et la conscience, dans le schéma archaïque « corps et âme », hérité des religions. Il n’a pas vu que la raison seule (aussi « pure » soit-elle, et même du fait même de cette pureté) ne peut atteindre ce qui lui est extérieur (phénoménal aussi bien que nouménal) que par le truchement d’une entité de liaison entre la sensibilité et son extérieur. Pour nous, cette entité est la Technique, qui conduit à la possibilité de vérifier (ou de falsifier) les constructions thétiques de la raison. Successeur de Kant, Hegel développera un nouvel idéalisme, voyant dans l’Histoire l’aventure de l’Esprit. On sait que Marx rectifiera l’hégélianisme, en faisant des « moyens de production » le moteur de l’Histoire. C’est-à-dire la Technique des outils, des machines et des systèmes. Kant était contemporain de la machine à vapeur et des débuts du romantisme. Il a choisi le romantisme…

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La doctrine de Jean Baudet

10 Juillet 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

En décembre 2010, quand j’ai ouvert le présent blog, je n’avais pour projet que de remplacer mon Journal « papier » (que je tenais depuis février 1962) par l’enregistrement, au jour le jour, dans une mémoire informatique, des faits « intéressants » de mon existence et de l’avancement de mon travail philosophique. Je comptais bénéficier des avantages de l’électronique pour jalonner ma démarche de recherche par des éléments significatifs de mes observations et de mes raisonnements. Car philosopher, c’est faire des phrases, c’est évaluer en permanence la validité de ses « pensées » par la consistance phraséologique. Selon la belle expression de Sylvain Bolduc, c’est s’efforcer d’atteindre la « lucidité constructive » et construire, pour le philosophe, c’est toujours assembler des mots.

Mais, contrairement à mon Journal (où j’écris encore de temps en temps), mon blog est ouvert à tous, et il y a des Japonais, des Burundais, des Canadiens, des Arabes qui me lisent. J’ai enseigné la philosophie pendant quelques années, suffisamment pour savoir que la philosophie se communique difficilement, l’esprit philosophique étant la chose la moins répandue au monde. Je ne m’étonne donc pas de l’incompréhension de nombreux lecteurs, dont certains prennent mes hypothèses pour des affirmations et mes doutes pour des délires. La psychiatrie m’a enseigné que les imbéciles sont très nombreux, et le fait qu’ils sachent naviguer sur Internet ne les rend pas moins sots.

Heureusement, il n’y a pas que des imbéciles qui s’expriment dans les réseaux sociaux électroniques, et mon blog me donne l’occasion très appréciable de recevoir les commentaires intelligents de José Fontaine, de Steve Van Laer, de Syvain Bolduc déjà cité, de Philippe Leucks, de Philippe Lemoine, de Yoko Inagawa, de Martine Rouhart, de Daniel Otto, et de bien d’autres.

Rédigé de jour en jour, mon blog n’est bien sûr pas un exposé méthodique et cohérent du « baudetisme » (le ridicule de ce vocable convient assez bien pour exprimer le fond de ma pensée, qui se moque de tous les « systèmes », aussi honorés et vénérés soient-ils par les traditions universitaires : que nous apprennent vraiment le platonisme, le thomisme, le kantisme, l’hégélianisme ?). Dans les années 1980, j’ai proposé le terme « éditologie » pour désigner ma méthode de travail, basée sur deux « croyances », 1° la valeur heuristique de l’Histoire (un reste d’hégélianisme…), 2° le primat de la Technique pour le phénomène humain (une reformulation de l’axiome marxiste de l’importance structurante des « moyens de production »). L’éditologie est donc une épistémologie historique, une généalogie des systèmes de pensée, inspirée de Hegel, d’Auguste Comte, de Marx, de Léon Brunschvicg, de Gaston Bachelard… C’est un anti-idéalisme, un anti-humanisme, un anti-bavardage.

Quelle est alors – en ce jour de juillet 2016 – ma doctrine ? Enrichie des travaux grandioses des philosophes pendant plus de deux mille ans, ma pensée se résume par la formule magistrale de Socrate : « je sais que je ne sais rien ». Je « connais » le spinozisme, le kantisme, l’électromagnétisme de Maxwell, la relativité d’Einstein, la paléoanthropologie, la phénoménologie, je sais que les électrons existent et que les fantômes n’existent pas, mais j’ignore pourquoi il y a des électrons ! Ma doctrine peut s’appeler scepticisme.

Pourtant, malgré mon pessimisme cognitif – je pense que l’homme est un être-pour-ignorer – je poursuis ma recherche, et j’écrirai encore, sans doute, dans mon blog. L’éditologie m’a au mois appris qu’il existe deux grands systèmes de pensée, farouchement inconciliables (jusqu’au fanatisme des bûchers et des guerres saintes), qui sont le matérialisme et le non-matérialisme, celui-ci formant d’innombrables doctrines : les religions (avec des dieux immatériels), les idéologies (avec des valeurs non matérielles), de nombreuses philosophies (platonisme, cartésianisme, kantisme, etc.). Le matérialisme est unifié, le non-matérialisme se conjugue en de nombreux idéalismes. Lénine a écrit quelque part une définition géniale du matérialisme et de ses ennemis, en disant que, pour le matérialisme l’être détermine la conscience alors que pour les idéalismes c’est la conscience qui détermine l’être. L’ardeur et la hargne de certains idéalismes m’effrayent plus que les deux infinis de Pascal.

En somme, le « baudetisme » (sur mes cahiers j’écris ton nom) n’est qu’une ignorance réfléchie. Mais quel « isme » peut prétendre détenir la vérité ?

Je ne sais donc pas qui a raison, le matérialiste ou les idéalistes. Mais s’il fallait choisir, il me semble que le matérialisme rend mieux compte de l’état du monde et de la condition humaine. Il examine les choses comme elles paraissent, et peut-être comme elles sont. Au contraire, les idéalistes voient les choses comme ils aimeraient qu’elles soient. L’opposition entre le matérialisme et ses ennemis est peut-être le simple combat de l’intelligence lucide et du sentiment halluciné !

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Sur la connaissance et la gnoseologie

8 Juillet 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Epistémologie, #Gnoséologie

Le problème épistémologique ou gnoséologique, autrement dit la question de la connaissance, est exprimé, depuis des siècles de recherche philosophique, par une formule binaire, duale, comme celui d’un lien (assez mystérieux) entre ce qui connaît et ce qui est à connaître, entre la Conscience et l’Être, entre le Sujet et l’Objet, entre le Moi et le Non-Moi, entre l’esprit humain et les choses du monde, voire entre l’Emetteur et le Récepteur, si l’on reprend les termes de la théorie de la communication, développée en 1948 par l’Américain Claude Elwood Shannon (« A mathematical theory of communication », Bell System Technical Journal 27(3) : 379-423, 1948). Voir J.C. Baudet : « L’éditologie, entre communication et cognition », Revue Générale 132(4) : 45-54, 1997. On a donc un schéma binaire de la connaissance S-O, ou mieux ternaire, si l’on prend en compte le lien L qui fonde le savoir : S-L-O. Mais analysons les concepts, en espérant que la logique soit un guide suffisant. L’Objet O, que l’on appellera comme on veut le Grand Tout, l’Être, le Réel, n’est pas autre chose que « tout ce qui existe vraiment ». Dès lors, S et L appartiennent à O, ce qui semble difficilement contestable : je fais partie de l’Univers, comme les étoiles et les microbes, et mes capacités cognitives ne suffisent pas à établir une coupure ontologique entre la conscience d’un homme et le monde ! L’Autrichien Moritz Schlick avait, déjà en 1918, pensé que le problème de la connaissance implique le monisme, l’ontologie et l’épistémologie (Erkenntnislehre) étant indissolublement liées (Allgemeine Erkenntnislehre, Julius Springer, Berlin, IX+346 p. Voir aussi : Chr. Bonnet : Moritz Schlick. Théorie de la connaissance, Gallimard, Paris, 551 p., 2009).

Avec Schlick (qui fut le fondateur du Cercle de Vienne), nous trouvons un chemin qui va du problème épistémologique au matérialisme, c’est-à-dire qui remplace l’esprit humain par les facultés mentales, par les propriétés du système nerveux central, c’est-à-dire l’âme des primitifs animistes par le cerveau accessible par le scalpel, le microscope, l’électroencéphalographie, l’imagerie médicale, c’est-à-dire tout l’attirail technologique dont se servent les « neurosciences ».

Mais la cognition – passage de l’état psychique d’ignorance à l’état de connaissance – n’en reste pas moins mystérieuse, et le lien cognitif L est une énigme. Peut-être une piste à suivre se trouve-t-elle dans la physique des particules élémentaires, où l’on étudie aussi des liens A-L-B. Si A et B sont les quarks, L est constitué de gluons. Si A et B sont les atomes, le lien qui les unit dans la molécule AB est formé d’un champ électrique produit par des photons. L’Être serait ainsi radicalement ternaire, l’existence d’une réalité quelconque impliquant son essence, c’est-à-dire l’ensemble de ses propriétés qui, pour les particules, sont la masse, le spin, la charge électrique, la charge chromodynamique, etc. La connaissance n’est plus qu’une propriété de la matière, et je connais l’Univers (des étoiles, des microbes et des hommes) parce que j’en fais partie. Mais j’ignore l’avenir, parce que je n’y suis pas encore ! C’est dans cet état de connaissance-ignorance que je dois vivre et mourir, tâcher de construire une éthique pour « vivre ensemble » avec mes « semblables », et essayer de trouver des solutions aux « défis de notre temps » : l’obscurantisme-fanatisme des religions, le chômage et la misère des « plus démunis », le réchauffement climatique avec ses inondations et ses tornades et ses incendies, et la disparition annoncée des grandes baleines et des petits pandas.

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Sur la profondeur et sur l'ethique

4 Juillet 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

Sur la profondeur et sur l'ethique

Le philosophe explore l'Être jusque dans ses plus lointaines profondeurs comme l'astronome observe l'Univers jusqu'à ses plus lointaines galaxies. Ainsi le Réel, dans ses profondeurs fondatrices, est-il inaccessible, et la vie pratique, notamment celle des politiciens et des réformateurs sociaux, est basée sur les sables mouvants des sentiments et de l'émotion. Le Bien et le Mal se déduisent des déterminations de l'Être, qui ne sont encore connues, après plus de deux mille ans de philosophie, que de manière très incomplète, et les penseurs les plus profonds ne peuvent proposer que des doutes. L'astronome dispose de télescopes de plus en plus puissants, de radiotélescopes toujours plus sensibles et de spectromètres toujours plus précis, mais le philosophe ne dispose que de sa sensibilité, sa mémoire, son imagination et son intelligence, ce que les psychologues appellent les "facultés mentales". L'esprit humain est une donnée du Réel, ce qui signifie qu'il est de même nature ontologique que "ce qui existe vraiment", mais cela ne garantit point la faculté de connaître, si l'on veut du moins aller "au fond des choses". Ainsi la définition programmatique de la philosophie en révèle-t-elle les limites et, dans l'absolu, seul le scepticisme est tenable.

L'homme, cependant, ne vit pas dans les étendues glacées de l'absolu. Il vit dans une situation donnée et contraignante, dans les préoccupations des instincts, des besoins, des désirs et des douleurs. C'est avec son corps qui l'accompagne et avec ses "semblables" qui l'entourent qu'il doit vivre et mourir. S'il est philosophe, c'est-à-dire s'il sait qu'il ne sait rien, et s'il connaît donc l'indigence des éthiques et des idéologies, il doit cependant se résoudre à vivre, et doit se doter d'une éthique - de règles de vie - qu'il lui faut construire sur la seule certitude de la souffrance et de la mort. L'édification d'une éthique devient ainsi la tâche des hommes, tâche à la fois sublime et dérisoire. Ainsi, après avoir fréquenté Husserl et Heidegger et avoir appris le doute systématique avec les hommes de pensée, faut-il revenir aux beaux discours des hommes d'action, et écouter sans trop d'illusion Valls ou Macron, Junker ou Obama, Mélenchon ou Juppé, et quelques autres, comme Bernard Guillaume à Schaerbeek ou comme Françoise Schepmans à Molenbeek.

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Litanie en forme de poeme, ou l'inverse

2 Juillet 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Poème, #Politique

Je déteste les racistes, les islamistes, les extrémistes, les anarchistes, les communistes, les syndicalistes (violents), les gauchistes, les marxistes, les léninistes, les maoïstes, les trotskistes, les gauchistes (et même certains socialistes), les fumistes, les activistes.

J'exècre les hindouistes, les bouddhistes, les personnalistes, les shintoïstes, les confucianistes, les mahométistes, les animistes, les papistes, les tristes, les idéalistes, les spiritualistes, les phénoménologistes, les spinozistes, les kantistes, les néokantistes, les cyclistes, les automobilistes (quand ils roulent trop vite), les équilibristes, les accordéonistes (quand ils jouent faux), les guitaristes altruistes, les juristes, les droits-de-l'hommistes, les surréalistes, les lettristes.

Je hais les avant-gardistes, les nudistes, les puristes, les journalistes (pas tous, cependant), les pigistes (avec beaucoup d'exceptions), les moralistes, les humanistes véhéments, les cégétistes, les doloristes, les théistes, les panthéistes, les déistes, les manichéistes, les jansénistes, les calvinistes, les baptistes, les évangélistes.

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Propos sur le brexit

1 Juillet 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Histoire

En 1914, la France a eu bien besoin de la Grande-Bretagne (et aussi des USA) pour repousser la menace du germanisme. En 1940, la France a eu bien besoin de la Grande-Bretagne (et aussi des USA) pour repousser la menace du nazisme. En 2016, la France et les autres pays d’Europe ont encore bien besoin de la Grande-Bretagne (et aussi des USA) pour repousser la menace de l’islamisme.

Mais ne nous attachons pas à des considérations militaires, et encore moins à de sordides préoccupations financières et commerciales « bassement matérielles », élevons-nous au niveau des idées, des concepts, des valeurs, de l’humanisme, de la culture et de la civilisation, et de « l’honneur de l’esprit humain ».

Pensons par nous-mêmes, écartant les mensonges et les sophismes des politiciens scélérats, trompeurs des peuples (si vertueux !). Que serait l’Europe, et que serait même l’Humanité, sans les Anglais, les Gallois, les Ecossais et les Irlandais – ou du moins sans certains d’entre eux ? Que serait la Civilisation (avec un C majuscule) sans le théâtre de Shakespeare, sans la musique de Haendel, sans l’empirisme de Francis Bacon, les logarithmes de John Napier et d’Henry Briggs, la circulation sanguine de William Harvey, le libéralisme de John Locke, la gravitation universelle et la mécanique céleste d’Isaac Newton, l’économie politique d’Adam Smith, la machine à vapeur de Thomas Newcomen et de James Watt, la locomotive de Richard Trevithick, l’atomisme de John Dalton, le télégraphe électrique de Charles Wheatstone, la théorie de l’évolution de Charles Darwin, l’électromagnétisme de James Clerk Maxwell, les romans d’Arthur Conan Doyle, le pneumatique de John Boyd Dunlop, la radio d'Oliver Lodge, la logique mathématique de George Boole et de Bertrand Russell, l’électron de Joseph J. Thomson, le proton d’Ernest Rutherford, les isotopes de Frederick Soddy, le neutron de James Chadwick ? Que serions-nous sans whisky, sans chapeau boule et sans parapluie, sans sandwiches, et surtout sans tennis et sans football ?

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Le monde en 2016

29 Juin 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Politique

La surface de la planète Terre, à peu près partout du Nord au Sud, est souillée par les déjections de 1,3 milliard de Chinois, de 1,2 milliard d’Indiens, et de beaucoup d’autres, ce qui est une situation absolument inédite dans la longue histoire des hommes. Pour la première fois depuis des millions d’années, l’animal humain s’est répandu universellement, dans les étendues glacées des pôles comme dans les étouffantes forêts équatoriales. Cette novation inouïe s’accompagne d’une autre nouveauté, le développement extraordinaire de la Technique, qui s’est transformée en une Technologie époustouflante. Il est banal de remarquer que l’Humanité a pu exister et croître grâce à la Technique, et que la « mondialisation » est le résultat des possibilités de la Technologie : moyens de transport et de télécommunications. Cette aventure de l’Homme est la conséquence de l’intelligence de quelques humains, des techniciens puis des ingénieurs qui, au lieu d’adorer le monde comme les primitifs, au lieu de comprendre le monde comme les philosophes puis les savants, ont voulu comprendre le monde et devenir « maîtres et possesseurs de la nature » (René Descartes). Hegel croyait pouvoir interpréter l’Histoire comme l’évolution dialectique de l’Esprit. Mais qu’est-ce que l’Esprit – l’Esprit qui toujours nie – sinon l’intelligence technicienne capable d’établir un lien entre le moi et le non-moi, entre la conscience des besoins et des désirs et le monde des ressources et des limitations ? Marx l’avait bien compris en voyant dans les « moyens de production » le moteur de l’Histoire – de la multiplication des hommes – puisque ces « moyens » ne sont rien d’autre que la Technique devenant (par une transfiguration dialectique initiée par le développement de la Science) Technologie.

Mais, dès l’invention du premier outil, la Technique se révèle clivante, instituant une séparation radicale entre ceux qui possèdent l’outil, et ceux qui ne l’ont pas. En plus, elle se révèle limitée dans ses possibilités : elle ne peut pas satisfaire tous les besoins et tous les désirs. Malgré les avancées sensationnelles de la Technologie, l’homme est encore et toujours condamné aux souffrances physiques et aux chagrins.

En 2016, l’Humanité est devenue son propre problème, la multiplication des hommes s’accélérant plus que la multiplication des ressources. Coincée entre la lithosphère, l’hydrosphère et l’atmosphère, l’anthroposphère subit les conséquences de plus en plus dévastatrices du réchauffement climatique (tornades, inondations, feux de forêt…) et son accroissement même provoque des rencontres engendrant des conflits et des guerres.

L’Humanité est donc dans une situation radicalement nouvelle ! En effet ! Et alors ? Ne savons-nous pas, depuis bien longtemps, que « tous les hommes sont mortels » ? En attendant, il faut bien vivre, et autant bénéficier du confort des avions de l’Américain William E. Boeing, du plaisir des randonnées en voitures de l’Américain Henry Ford, de la somptuosité des illuminations électriques rendues possibles grâce aux lampes de l’Américain Thomas A. Edison, des plaisirs sexuels sans soucis grâce aux pilules de l’Américain Gregory G. Pincus, en buvant du coca-cola de l’Américain John S. Pemberton (mais je préfère le beaujolais), et en composant des poèmes avec un ordinateur des Américains Bill Hewlett et Dave Packard.

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Jean Baudet lecteur de Lenine

22 Juin 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Matérialisme

Voici quelques extraits du grand livre de Lénine, Matérialisme et empiriocriticisme (1909), ouvrage délicieusement énergique et joyeusement subversif, tout à fait d’actualité en ces temps de « retour du spirituel ».

« Nous avons observé (…) dans toutes les questions de philosophie (…) la lutte entre le matérialisme et l’idéalisme. Nous avons toujours trouvé, sans exception, derrière un amoncellement de nouvelles subtilités terminologiques, derrière le fatras d’une docte scolastique, deux tendances fondamentales, deux courants principaux, dans la manière de résoudre les questions philosophiques. Faut-il accorder la primauté à la nature, à la matière, au physique, à l’univers extérieur et considérer comme élément secondaire la conscience, l’esprit, la sensation, le psychique, etc., telle est la question capitale qui continue en réalité à diviser les philosophes en deux camps importants. La cause de milliers et de milliers d’erreurs et de confusions dans ce domaine, c’est que, sous l’apparence des termes, des définitions, des subterfuges scolastiques, des jongleries verbales, on n’aperçoit pas ces deux tendances fondamentales.

Le génie de Marx et d’Engels consiste précisément en ce que, pendant une très longue période – près d’un demi-siècle – ils s’employèrent à développer le matérialisme, à faire progresser une tendance fondamentale de la philosophie, sans s’attarder à ressasser les questions gnoséologiques déjà résolues (…) en balayant impitoyablement, comme des ordures, les bourdes, le galimatias emphatique et prétentieux, les innombrables tentatives de « découvrir » une nouvelle tendance en philosophie, une nouvelle direction, etc. Le caractère purement verbal des tentatives de ce genre, le jeu scolastique de nouveaux « ismes » philosophiques, l’obscurcissement du fond de la question par des artifices alambiqués, l’incapacité à comprendre et à bien se représenter la lutte de deux tendances fondamentales de la gnoséologie, c’est ce que Marx et Engels combattirent et pourchassèrent tout au long de leur activité.

(…)

La théorie matérialiste de la connaissance est une arme universelle contre la foi religieuse, non seulement contre le religion des curés, religion ordinaire, connue de tous, mais aussi contre la religion professorale, épurée et élevée, des idéalistes obnubilés. »

Du marxisme à l’éditologie il y a filiation, mais aussi dépassement, par élimination des résidus idéalistes qui altèrent le matérialisme « dialectique » (notamment la sacralisation du prolétariat), j’y reviendrai sans doute dans de prochains billets. Mais citons quelques auteurs du « galimatias emphatique et prétentieux » qui mériteraient d’être « balayés impitoyablement » : Husserl, Jaspers, Heidegger, Gadamer, Foucault, Ricoeur, Levinas, Deleuze, Badiou. La liste n’est pas complète, hélas.

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