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Jean C. Baudet

Articles avec #biographie tag

La fin de l'histoire

30 Octobre 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie

J’ai décidé de mettre fin à mes recherches en histoire des systèmes de pensée, en épistémologie et en métaphysique. Affaibli par le vieillissement et amoindri par la maladie, je n’ai plus la force de penser. Je m’arrête. Je place le point final sur le i du mot « fin ». J’ai publié une quarantaine de livres, un roman, quelques nouvelles et quelques poèmes, et je n’ajouterai plus rien. Je ne saurai jamais s’il est possible de savoir le fond des choses, et j’ignorerai définitivement si dans l’Être l’existence précède l’essence.

Je me souviens que, très jeune encore, j’étais fasciné par les fins de vie de deux vieillards, acharnés à penser jusqu’au bout, Albert Einstein (1879-1955) qui jusqu’à l’âge de 76 ans a travaillé pour tenter d’unifier la théorie de la relativité et la théorie des quanta, Martin Heidegger (1889-1976) qui jusqu’à l’âge de 87 ans a travaillé pour essayer de dévoiler les déterminations de l’Être. Deux « héros de la pensée » qui sont probablement les plus gigantesques de tous les temps, après Aristote. Je ne m’acharnerai pas, comme eux, jusqu’à la mort, non seulement parce que mes forces mentales sont devenues insuffisantes, mais surtout parce que je suis arrivé à la pleine conscience de l’impossibilité pour l’homme de connaître ce qui le dépasse de toutes parts, ignorance intrinsèque qu’avait déjà reconnue Socrate. Et Protagoras avant lui.

Je ne connaîtrai plus les vertigineux plaisirs de la Recherche (historique, épistémologique, métaphysique, philosophique), et je me contenterai des petites aventures que sont les constructions de nouvelles phrases, la recherche des mots pour dire, malgré tout, que je suis encore vivant, car j’écrirai encore quelques billets dans ce blog.

J’avais cependant labouré un vaste champ de concepts à cultiver : la primauté de la technique (qui ouvre la voie à une ontologie matérialiste), l’éditologie, la STI, l’instrumentation (qui prolonge le falsificationnisme de Karl Popper), l’homme-pour-ignorer (qui prolonge l’homme-pour-la-mort de Heidegger), mais ce champ restera en jachère, pour cause d’épuisement du laboureur.

J’avais pourtant un magnifique programme : tenter la synthèse entre la phénoménologie transcendantale (Husserl, 1900) et la mécanique quantique (Planck, 1900), deux des plus belles et scintillantes constructions de la pensée humaine. Car a-t-on suffisamment vu que la phénoménologie et la théorie des quanta sont d’abord deux épistémologies, venues des extrêmes du spectre des pensées humaines (la philosophie et la physique), deux interrogations nouvelles et profondes sur la possibilité de connaître ? Et a-t-on vu que c’est l’analyse de l’instrumentation qui est la clé du problème, avec le théorème d’indétermination de Heisenberg (1927) ? A-t-on suffisamment pensé que c’est Einstein (en 1905) qui bouleverse de fond en comble l’intelligence de l’espace et du temps, par la considération du fonctionnement des instruments de mesure que sont les règles graduées et les horloges, dont Kant faisait (en 1781) les formes de la sensibilité (die Sinnlichheit) ?

Mais j’ai arrêté de penser. Je n’ai pas tout à fait cessé d’écrire. Il est plus facile de faire des phrases que de s’efforcer de connaître et de comprendre.

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L'oeuvre de Jean Baudet

24 Septembre 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie, #Bibliographie

 

Quand j’étais professeur de philosophie au Burundi, de 1968 à 1973, époque de ma vie que j’évoque avec une poignante nostalgie, j’étais, pour compléter mon horaire d’enseignant, chargé de faire un cours d’histoire des sciences, et j’appréciais tout particulièrement de méditer les travaux de Gaston Bachelard et de George Sarton. C’était le temps des lectures-découvertes, et je lisais avec passion, et avec une espèce de voracité. En ce temps où tout semblait possible, je me fixai trois objectifs, articulés l’un à l’autre. Primo, publier une « Histoire de la science », et aller plus loin dans ce domaine que Sarton. Secundo, publier une « Histoire de la non-science », et dépasser l’« archéologie des systèmes de pensée » de Michel Foucault. Tertio, publier une philosophie des savoirs, c’est-à-dire une épistémologie, et poursuivre et développer l’œuvre de Bachelard. Il s’agissait de trois projets interdépendants, formant un triptyque, ou plus précisément une triade hégélienne : science (thèse) ; non-science (l’antithèse de la pensée scientifique, formée des mythes, des religions et de la philosophie) ; confrontation de la science et de la non-science, et évaluation critique des possibilités de connaissance de l’esprit humain (synthèse). Je voulais développer ma pensée (ma recherche de l’Être) à partir de l’idée principielle d’avènement du vrai comme histoire, comme dévoilement de l’Être (Sein) dans le temps (Zeit).

Le programme était ambitieux et téméraire. Ne s’agissait-il pas, au-delà des travaux (alors à la mode) de Foucault, de construire une épistémologie nouvelle, après les grandes idées de Platon (la réminiscence), de Descartes (le cogito), de Kant (l’opposition du phénomène et du noumène), de Husserl (la réduction eidétique) ?… Je dois bien me l’avouer, la mort dans l’âme, une cinquantaine d’années plus tard, je n’ai pas atteint tous mes objectifs. Je n’ai pas réalisé pleinement les projets de mon ardente et enthousiaste jeunesse.

Cependant, j’ai publié 31 livres d’Histoire de la science, de la technique et de l’industrie (dont deux traductions éditées en espagnol), 6 livres d’Histoire des religions et de la philosophie, et 3 livres de philosophie « pure » explicitant mes positions épistémologiques et ontologiques. Cela représente plusieurs milliers de pages. Je crois pouvoir estimer que j’ai produit une Histoire de la science relativement complète, mais mon Histoire de la non-science est inachevée (je n’ai pas étudié le développement des religions et des idéologies durant le dernier millénaire), et mes trois ouvrages de philosophie n’exposent que de manière très fragmentaire les résultats de ma recherche, que l’on peut résumer en deux mots : scepticisme et matérialisme.

Quant à mon œuvre « littéraire », elle est plutôt marginale : deux livres d’Histoire générale, un roman très court, quelques nouvelles, des poèmes, et des billets d’humeur dans le journal L’Echo et dans le présent blog.

Et je me dis, l’âme triste et le cœur serré, que le temps va bien vite, et que le chemin est bien long qui va d’un projet à son accomplissement, et que dans le fond il faut se résoudre à considérer que l’Etude, la Recherche et l’Ecriture sont des chemins qui ne mènent nulle part.

Et je me demande, las et désenchanté, ce que mes textes édités, disponibles dans certaines universités, rangés dans diverses bibliothèques publiques, conservés dans quelques collections privées, vont devenir, enfouis dans la fosse commune où se rassemblent les grandes illusions intellectuelles de l’Humanité ?

 

 

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Ecriture, litterature et humanisme

18 Septembre 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie, #Littérature

Jadis, et encore il n’y a guère, j’écrivais par nécessité professionnelle, comme chercheur, comme enseignant, comme journaliste, comme écrivain. On ne demande pas à un pâtissier pourquoi il fait des gâteaux, et je publiais des articles et des livres pour répondre à une demande et pour toucher des droits d’auteur. Aujourd’hui, en ce jour gris de septembre, alors que je suis dans ma soixante-quatorzième année, et que l’amenuisement de mes facultés physiques et mentales ne me permet plus de surmonter les tracas et les fatigues de la recherche d’un éditeur, je fais une découverte, une « prise de conscience », qui me bouleverse et m’installe dans un sentiment mélangé de dégoût et d’humiliation : j’écris encore, dans ce blog, victime d’une pulsion irrémissible, dans le but de toucher des lecteurs ! J’entreprends encore de répandre mes idées parmi les hommes, alors que les résultats de mes recherches me conduisent au matérialisme le plus rigoureux et au scepticisme le plus définitif, ce qui est tout le contraire d’un intérêt passionné pour l’avenir du genre humain.

Usé par l’existence, rongé par la maladie, affaibli par le vieillissement et ses chagrins, je cherche encore, confusément, inconsciemment peut-être, un contact avec des hommes et des femmes que j’ai connus, que j’ai admirés et même aimés, ou même avec des êtres que je ne connais pas, mais qui trouveront ces lignes en s’aventurant dans les réseaux d’Internet.

Ainsi, c’est donc ça, la « littérature » ! C’est le contact avec les « autres » par le truchement de l’encre sur du papier ou des pixels sur l’écran d’un ordinateur connecté à Internet. Il y a, sans doute, d’autres motivations chez le poète, chez le romancier, chez le philosophe, chez l’historien, mais raconter à un public la colère d’Achille, une enquête de Maigret, les chemins tortueux de la phénoménologie ou le débarquement en Normandie, c’est toujours, d’abord, se raconter soi-même, sous le masque du littérateur, et éprouver un irrépressible désir, un dérisoire besoin, pathétique et désespéré, d’une rencontre humaine. C’est le besoin d’un supplément d’être, par l’attention bienveillante d’un « frère humain ».

 

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A la recherche du Moi perdu

4 Septembre 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie

Socrate a dit : « Connais-toi toi-même ». Je vais essayer de suivre ce conseil d’un des principaux fondateurs de la philosophie.

En 1969, je publie mon premier texte consacré à l’histoire des sciences dans la Revue nationale d’Education du Burundi. En 1978, je fonde la revue Technologia, dédiée à l’histoire des sciences et de la technologie. En 1982, je suis élu secrétaire du Comité belge d’Histoire des sciences. En 1985, je suis chargé des cours d’Histoire de la profession d’ingénieur et de Philosophie de la Technique au sein du Programme interuniversitaire d’enseignement de 3ème cycle d’Histoire des sciences du FNRS (Fonds National belge de la Recherche scientifique). En 2002, j’entame la publication d’une « Histoire générale des sciences » qui comportera neuf volumes. En 2007, je publie Histoire des sciences et de l’industrie en Belgique. En 2016, je fais paraître Les plus grandes dates de la science et Les plus grandes dates de la philosophie, qui forment comme la synthèse de mes travaux.

J’énumère ces quelques dates pour goûter au noir plaisir de la nostalgie, mais plus encore pour connaître mon Moi au travers de l’inventaire de mes accomplissements. Il semble que je sois, ou plutôt que je fus, « historien des sciences ». Cependant j’exerçai d’autres métiers, et je fus successivement (ou parfois simultanément) : enseignant en mathématiques, enseignant en philosophie, enseignant en histoire des sciences, botaniste-prospecteur (au Congo, au Burundi, au Rwanda et au Kenya), chercheur en biologie, éditeur, journaliste, écrivain…

Jean-Paul Sartre a dit : « L’existence précède l’essence ». Je veux connaître mon essence après soixante-treize ans d’existence. Qui suis-je ?

A vrai dire, bien que j’y aie consacré beaucoup de temps, l’histoire des sciences fut pour moi un moyen et non une fin. La pratique de cette discipline (recherche, enseignement, publications) fut pour moi la recherche propédeutique d’un point de départ, d’un socle solide pour ma méditation philosophique, car il m’a semblé que l’étude de l’Être impliquait l’étude préalable du Connaître, et que de tous les systèmes de connaissance construits par l’Humanité au cours de son Histoire, la Science est le plus complexe par sa profondeur (voir les mathématiques), le plus vaste par l’étendue de ses résultats (voir les millions de textes « scientifiques » édités), le plus structurant pour l’Humanité (voir les applications inouïes, modifiant la condition humaine, de la Technologie, fille de la Science).

Qui suis-je ? Je ne sais pas. Mais je sais les questions auxquelles j’ai tenté de répondre.

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Histoire de la science et de la non-science

28 Juillet 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie, #Histoire, #Science

Entre 2002 et 2009, j’ai publié aux éditions Vuibert, à Paris, une « Histoire de la science » déclinée en 9 volumes, totalisant plus de 3 000 pages. C’était une synthèse critique (conçue comme une introduction à la question épistémologique) de mes propres recherches et des travaux de Ferdinand Hoefer, de George Sarton, de Gaston Bachelard, de Thomas S. Kuhn, de René Taton, de Bertrand Gille et de bien d’autres. Il s’agissait de repérer dans l’Histoire, depuis les origines préhistoriques de la pensée jusqu’à nos jours, les découvertes et inventions les plus décisives de l’esprit scientifique, afin d’expliquer dans la diachronie les mécanismes cognitifs. En 2009, ce travail étant achevé, je conçus le projet complémentaire de publier une « Histoire de la non-science », c’est-à-dire d’étudier l’évolution de la pensée ne faisant pas appel à la « méthode scientifique », qui a produit les mythes, les religions et la philosophie.

Je parvins à produire deux premiers volumes, publiés aux éditions Jourdan, à Bruxelles : Curieuses histoires de la pensée (2011, 601 pages) et Histoire de la pensée de l’an Un à l’an Mil (2013, 335 pages). Le premier tome analysait l’apparition de la pensée et son développement depuis les commencements de l’hominisation jusqu’au début de l’Empire romain (c’est-à-dire avant le début du christianisme). Le deuxième tome étudiait le déclin et la quasi disparition de la philosophie pendant qu’apparaissaient des religions nouvelles : christianisme, gnosticisme, manichéisme, islam. Il me restait à traiter l’évolution des idées de l’an 1000 au début du XXIème siècle, ce que j’envisageai de réaliser en trois volumes, mais les premiers symptômes du vieillissement me privèrent des forces nécessaires pour mener à bien ce programme devenu trop ambitieux.

Je réussis cependant à produire encore quelques ouvrages, et j’eus la satisfaction de faire paraître, aux éditions La Boîte à Pandore, à Paris, en 2016 : Les plus grandes dates de la science et Les plus grandes dates de la philosophie.

 

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

 

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A quoi pensent les Belges ?

23 Juillet 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie

En 2010, j’ai publié un livre chez Jourdan, à Bruxelles, qui est une étude historique et critique de la pensée en Belgique, c’est-à-dire de la production par des auteurs belges en philosophie, en sciences humaines et en littérature, ce que l’on appelle communément « les lettres ». Le titre de l’ouvrage : A quoi pensent les Belges ? (361 pages). Il s’agissait en somme de tester, en prenant l’exemple de la Belgique, où je vis et que je peux donc observer aisément, mon hypothèse d’une opposition radicale (psychologique et épistémologique), dans le monde intellectuel, entre la « culture » et la « STI » (science-technique-industrie), entre les sciences et les non-sciences, entre, pour citer Pascal, le cœur et la raison. J’avais en effet précédemment, chez le même éditeur, publié une Histoire des sciences et de l’industrie en Belgique.

Ce qui m’a le plus frappé dans ce travail, c’est le contraste entre l’importance prise par la science et la technique, dans mon pays, avec des étoiles de première grandeur comme Etienne Lenoir (l’automobile), Zénobe Gramme (l’électrotechnique), Georges Lemaître (qui met en équations l’origine de l’Univers), Ilya Prigogine (qui met en équations l’origine de la Vie), et la modestie des résultats obtenus par les philosophes et les écrivains. Il n’y a guère que Georges Simenon et Hergé à avoir acquis une renommée internationale (et dans des genres populaires, le roman policier et la bande dessinée), et il ne se trouve pas chez les Belges de philosophes de la taille d’un Jean-Paul Sartre chez les Français, ou d’un Martin Heidegger chez les Allemands.

Il y a sept ans, déjà. Je me souviens avec une douce nostalgie de mon ardeur à lire de nombreux textes, à dépouiller de nombreuses revues, à prendre de nombreuses notes, à la Bibliothèque Royale, à Bruxelles, et des conversations auxquelles je pris part dans les salons de l’Académie de langue et de littérature françaises ou de l’Association des Ecrivains belges, et j’évoque avec une mélancolie poignante quelques disparus que j’eus le bonheur de rencontrer, le dramaturge Georges Sion, les poètes Raymond Quinot, Jean-Luc Wauthier et Emile Kesteman, la romancière France Bastia, le romancier Alain Bertrand, les historiens des sciences Jean Pelseneer et Guy Hirsch (auxquels je dois beaucoup), le linguiste Firmin Rodegem, les historiens Maurice A. Arnould et Jean-Pierre Nandrin, et quelques autres. Que sont-ils devenus ?

 

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Pour une necrologie de Jean Baudet

19 Juillet 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie

Jean Claude Gaston Jules Baudet est né à Bruxelles, rue Haute, en Belgique occupée par les nazis allemands, le 31 mai 1944, à 11 heures du matin, fils du Wallon Emile Baudet et de la Bruxelloise Marguerite de Souter. Il est marié à Marianne Allard, de Tournai, et est père de deux enfants, Sylvianne et Christine. Il a fait ses études à l’Institut Saint-Boniface, à Ixelles, à l’Athénée de Wavre, à l’Athénée d’Ixelles, à l’Institut Supérieur Industriel de Bruxelles (chimie et sciences nucléaires), à l’Université Saint-Louis, à Bruxelles (philosophie), à l’Université de Bujumbura (biologie et botanique) et à l’Université Pierre et Marie Curie Paris-VI. Il est docteur de l’Université de Paris.

Jean C. Baudet a été enseignant (mathématiques, histoire des sciences, philosophie) au Collège jésuite Saint-François-Xavier, à Kikwit (Congo ex-belge), au Collège Notre-Dame, à Gitega (Burundi), et au FNRS (Fonds National belge pour la Recherche Scientifique) dans le cadre du Programme d’enseignement de troisième cycle de l’histoire des sciences.

Il fut botaniste à Butembo, au Zaïre, biologiste (phytochimie, taxonomie, génétique) à la Faculté des Sciences agronomiques, à Gembloux, éditeur, journaliste, poète, écrivain et philosophe. Il a fondé la revue d’histoire de la science et de la technologie Technologia (1978-1989) et le magazine Ingénieur et Industrie (1979-1996).

J.C. Baudet fut président-fondateur de l’Association pour la Promotion des Publications scientifiques en langue française, administrateur de la SRBII (Société royale belge des Ingénieurs et des Industriels), secrétaire du Comité belge d’Histoire des sciences, membre du Centre national belge d’Histoire des sciences, administrateur du Comité Sluse d’Histoire des sciences et des techniques (Université de Liège), administrateur de l’association PIWB (Patrimoine industriel Wallonie-Bruxelles), membre de l’AJPBE (Association des Journalistes périodiques belges et étrangers), membre du Conseil supérieur belge de la langue française, membre du Comité de rédaction de la Revue Générale, chroniqueur au quotidien L’Echo, membre de l’association belge de poètes Grenier Jane Tony, membre de l’AREAW (Association Royale des Ecrivains et Artistes de Wallonie), administrateur de l’AEB (Association des Ecrivains belges).

Il a publié plusieurs centaines d’articles scientifiques, d’articles historiques et philosophiques, d’articles journalistiques et de billets d’humeur, de comptes rendus de lecture, de poèmes et de nouvelles, ainsi qu’une quarantaine d’ouvrages parus chez les éditeurs ACCT (Paris), APPS (Bruxelles), Vuibert (Paris), L’Harmattan (Paris), Jourdan (Bruxelles), La Boîte à Pandore (Paris) et De Boeck (Louvain-la-Neuve).

La pensée de J.C. Baudet s’est développée à partir de l’idée d’éditologie, qu’il a proposée au début des années 1980, et qui est une épistémologie diachronique qui vise à résoudre le mystère de la Connaissance (donc de la Conscience, et donc de l’Être) en intégrant dans une méditation philosophique (et par moments poétique) les données de l’histoire des systèmes de pensée, des neurosciences, de la psychologie cognitive et de l’intelligence artificielle. L’éditologie découvre le primat (historique et gnoséologique) de la Technique, qui conduit à théoriser l’antagonisme entre les cultures et la STI (science-technique-industrie), actualisant l’opposition pascalienne entre le cœur et la raison. La pensée de Jean C. Baudet débouche sur un matérialisme sans illusions, tempéré par un scepticisme prudent. Elle a pour principaux inspirateurs Aristote, Spinoza, La Mettrie, Feuerbach, Nietzsche, Popper, George Sarton, Bachelard, Bertrand Gille.

Certains écrits de J.C. Baudet sont caractérisés par un humour noir et féroce, qui dénonce les chimères des superstitieux de toutes sortes et qui se dresse contre les menaces que le « politiquement correct » fait peser sur la liberté de penser.

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Inventaire amoureux

10 Juillet 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie

Les amours sont toujours électives, c’est-à-dire discriminantes, car il s’agit d’attribuer une valeur éminente à l’être aimé, et donc de fonder une hiérarchie entre les êtres, sous l’action de mystérieuses et peu compréhensibles pulsions et répulsions incoercibles venues du conscient et de l’inconscient.

Voici un catalogue (incomplet !) de mes amours et amitiés, que j’assume pleinement, même si je ne puis établir la profonde origine de mes dilections particulières. Pourquoi la sympathie vers l’un et l’antipathie vers l’autre ?

J’aime ma femme, mes enfants, mes amis, les Bruxellois, les Flamands, les Wallons, les juifs, les Israéliens, les Japonais, les Sud-Coréens, les Américains, les Canadiens, les Argentins, les Français, les Polonais, les Russes, les mathématiciens, les physiciens, les astrophysiciens, les chimistes, les cosmochimistes, les biologistes, les botanistes, les palynologues, les généticiens, les chasseurs, les industriels, les ingénieurs, les chefs d’entreprises, les commerçants, les gendarmes, les policiers, les pompiers, les romanciers, les dramaturges, les poètes (à l’exception des minimalistes), les armateurs, les subrécargues, les violoncellistes, les phytogéographes, les constructeurs de ponts et de chaussées, les fumeurs de tabac, les buveurs de vins, les mangeurs de boudins, les peintres (sur toile), les menuisiers, les ébénistes, les aquarellistes, les compositeurs de concertos ou de pavanes, les vitriers, les rémouleurs, les tourneurs, les fraiseurs, les ajusteurs, les affûteurs, les chauffeurs de taxi, les marchands des quatre saisons, les marchands de crèmes glacées, les marchands de gaufres, les marchands de frites et de sauce andalouse, les bouchers, les charcutiers, les armuriers, les avionneurs, les chapeliers, les actuaires, les agents de change, les capitaines au long cours, les professeurs (à l’exception des cuistres), les bijoutiers, les strip-teaseuses, les danseuses nues, les prostituées, les call-girls, les ménagères de moins de 50 ans, les ménagères de plus de 50 ans, les historiens de l’Antiquité, les historiens du Moyen Âge appelés médiévistes, les paléographes, les sigillographes, les préhistoriens, les philologues, les grammairiens, les lexicographes, les métaphysiciens, les sceptiques, les agnostiques, les nihilistes, les athées, les anticléricaux, les blasphémateurs.

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La pensee de Jean Baudet

14 Mai 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Biographie

Je voudrais résumer ma pensée de la manière la plus simple, la plus « claire et distincte » possible. Et d’abord, je dois insister sur ceci. Ma pensée est rigoureusement métaphysique et non politique. Je m’occupe de l’Être, du Temps, de l’Esprit, de l’Absolu, du Moi, et je ne me soucie nullement des imprécations d’un Mélenchon ou des vociférations d’un Macron. D’ailleurs, je me suis rarement exprimé, dans mes écrits ou mes conférences, à propos des questions éthiques et d’organisation sociale. Que peuvent me faire l’avenir de l’Humanité ou le sort de la Planète, quand je sais que je souffre, et que je souffrirai de plus en plus ? Car la métaphysique, c’est la prise de conscience des douleurs par le métaphysicien.

J’ai commencé par analyser le problème (ou le mystère ?) de la connaissance, question préjudicielle sur laquelle se fonde la recherche métaphysique : comment connaître les déterminations de l’Être et du Temps, si l’on ne sait pas s’il est seulement possible de connaître ? J’ai donc, baptisant ma démarche « éditologie », débuté – il y a plusieurs dizaines d’années – par des introspections cognitives, par des recherches du côté de l’informatique (l’intelligence « artificielle ») et des neurosciences (les réseaux de neurones), et surtout par l’étude critique de l’évolution historique des systèmes de pensée. Je retrouve la référence d’un article publié par moi en 1990 : « Intelligence artificielle = épistémologie appliquée », Ingénieur et Industrie 15 : 15-16.

Mon étude méthodique des systèmes de pensée a commencé au temps de ma revue Technologia, que j’ai fondée en avril 1978. Il faudra attendre 2002 pour que paraisse le premier volume de mon « Histoire générale de la science », et 2011 pour que sorte de presse mon premier livre d’histoire des religions et de la philosophie.

Tout ce travail m’a mené au scepticisme. Il est impossible – malgré les extraordinaires progrès de la science et ceux, plus modestes, de la philosophie – d’atteindre une pleine et entière connaissance de l’Être, comme l’a montré de manière sans doute définitive Kant en 1781, et comme le savaient déjà Pyrrhon et Gorgias bien avant lui. Mais il ne s’agit pas d’un scepticisme absolu (comme le pyrrhonisme), mais d’une distinction (comme chez Kant) entre le phénomène connaissable et le noumène incogniscible. Le monde phénoménal est accessible par la science, qui se démarque de la philosophie par le recours à l’instrumentation.

Restait alors à bâtir une ontologie sur ce scepticisme relatif.

On peut regrouper toutes les nombreuses propositions ontologiques faites au sein de l’Humanité au cours de la Préhistoire et de l’Histoire (déjà avant même l’avènement de la philosophie avec Thalès de Milet) en deux et seulement deux groupes : les matérialismes et les anti-matérialismes ou idéalismes. Ou bien l’Être n’est formé que de matière, ou bien il est formé de matière et d’autre chose (tabou, sacré, esprits, âmes des morts, dieux multiples ou dieu unique, anges et démons, idées, valeurs…). On ne peut pas sortir de cette dualité : A ou non-A. Il est clair que la matière correspond au monde phénoménal de Kant et que l’éventuelle autre chose correspond au monde nouménal, à un « arrière-monde ». D’où une formulation très simple de la question ontologique : y a-t-il autre chose que la matière, que les objets de même nature que le corps humain, fait de chair et de sang ?

En toute rigueur, mon scepticisme m’interdit de répondre. Je ne peux donc proposer que des hypothèses, malheureusement invérifiables. Incapable d’atteindre le vrai, je dois me contenter du vraisemblable. Les succès impressionnants de la science – de l’exploration du Réel par l’observation et le raisonnement – et les réalisations extraordinaires de la technologie me donnent à penser. Si le monde phénoménal (matériel) est accessible à l’esprit humain, n’est-ce pas parce que celui-ci est de même nature que celui-là ? Et puis, il y a l’argument psycho-historique : les idéalismes sont apparus des millénaires avant les matérialismes, et caractérisent aussi bien la pensée archaïque (les religions) que la pensée infantile.

J’en arrive donc à un « matérialisme prudent », fondé sur un « scepticisme relatif ». Je ne sais pas si Osiris, Zeus ou Vishnou existent, mais je suis sûr de l’existence de mes bras qui tremblent et de mon ventre douloureux, et je n’ai aucune raison de douter de celle des fermions et des bosons, c’est-à-dire de la matière. Il faudra que je me contente de ce triste savoir.

Post scriptum.- Il faut peut-être que je rappelle que le scepticisme est l’adversaire de tous les dogmatismes et que le matérialisme est l’ennemi de toutes les religions.

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Bibliographie de Jean Baudet

19 Avril 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie, #Littérature

De 1969 à nos jours, j’ai publié un ouvrage de biologie végétale, un roman, deux recueils de poésie et 40 livres, soit de philosophie, soit d’histoire des systèmes de pensée (religion, philosophie, science), sans compter plusieurs centaines d’articles et de poèmes.

Mais mon œuvre n’est pas achevée, et j’édite encore, dans ce blog (depuis 2010), de courts textes qui constituent comme les pages d’un « journal intime » dévoilées au public (aléatoire et improbable), qui donnent, au jour le jour, le récit d’un voyage métaphysique qui est une descente aux Enfers, un lent dévoilement de l’Être qui est comme un obscène strip-tease de la Mort, un cheminement vers la Souffrance ultime et vers le Néant.

Je ne tente plus guère d’orner des fleurs de la poésie et de la rhétorique les résultats désolants de ma recherche, et je n’offre pas à mes lecteurs des pensées roboratives, des alignements de concepts parégoriques et des conseils de bonheur. Mais j’écris encore, je confectionne encore des guirlandes de mots avec les termes de mes observations introspectives et de mes raisonnements ontologiques, je continue encore de communiquer à des lecteurs disparates (qui n’ont en commun que de savoir lire le français) les fruits amers de mes investigations. Je passe, jour après jour, en construisant des phrases comme un enfant édifiant un éphémère château de sable sur une plage ensoleillée, de l’Être au Néant, et tout en écrivant je me méfie de la littérature, qui est un cache-misère, un fatras charmeur de rêveries sentimentales, un paradis artificiel (Baudelaire), un alcool (Apollinaire), une tentation d’exister (Cioran), de dérisoires illuminations (Rimbaud).

Mais peut-être y a-t-il une « valeur », un « sens », une « espérance », dans cet acharnement à penser, à écrire et à partager mes doutes avec des hommes et des femmes que je connais, et avec d’autres que je ne connais pas : « frères humains », disait Villon…

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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