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Jean C. Baudet

Articles avec #biographie tag

Bibliographie de Jean Baudet

19 Avril 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie, #Littérature

De 1969 à nos jours, j’ai publié un ouvrage de biologie végétale, un roman, deux recueils de poésie et 40 livres, soit de philosophie, soit d’histoire des systèmes de pensée (religion, philosophie, science), sans compter plusieurs centaines d’articles et de poèmes.

Mais mon œuvre n’est pas achevée, et j’édite encore, dans ce blog (depuis 2010), de courts textes qui constituent comme les pages d’un « journal intime » dévoilées au public (aléatoire et improbable), qui donnent, au jour le jour, le récit d’un voyage métaphysique qui est une descente aux Enfers, un lent dévoilement de l’Être qui est comme un obscène strip-tease de la Mort, un cheminement vers la Souffrance ultime et vers le Néant.

Je ne tente plus guère d’orner des fleurs de la poésie et de la rhétorique les résultats désolants de ma recherche, et je n’offre pas à mes lecteurs des pensées roboratives, des alignements de concepts parégoriques et des conseils de bonheur. Mais j’écris encore, je confectionne encore des guirlandes de mots avec les termes de mes observations introspectives et de mes raisonnements ontologiques, je continue encore de communiquer à des lecteurs disparates (qui n’ont en commun que de savoir lire le français) les fruits amers de mes investigations. Je passe, jour après jour, en construisant des phrases comme un enfant édifiant un éphémère château de sable sur une plage ensoleillée, de l’Être au Néant, et tout en écrivant je me méfie de la littérature, qui est un cache-misère, un fatras charmeur de rêveries sentimentales, un paradis artificiel (Baudelaire), un alcool (Apollinaire), une tentation d’exister (Cioran), de dérisoires illuminations (Rimbaud).

Mais peut-être y a-t-il une « valeur », un « sens », une « espérance », dans cet acharnement à penser, à écrire et à partager mes doutes avec des hommes et des femmes que je connais, et avec d’autres que je ne connais pas : « frères humains », disait Villon…

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Des nouvelles de Jean Baudet

17 Avril 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie

Cela fait maintenant plusieurs mois que je ne sors plus. Je me promène, chaque jour, de ma chambre à ma bibliothèque, et je vais quelquefois dans mon jardin (aujourd’hui, le lilas est en fleurs). Je ne me rends plus aux réunions de l’Association des Ecrivains Belges (AEB), de l’Association Royale des Ecrivains et des Artistes de Wallonie (AREAW), du Centre National belge d’Histoire des Sciences (CNHS), de l’Association des Journalistes Périodiques Belges et Etrangers (AJPBE), et d’autres groupements similaires. Je ne pousserai sans doute plus jamais la lourde porte de la Maison des Ecrivains, chaussée de Wavre, à Ixelles, et je ne déambulerai plus dans les vastes couloirs de la Bibliothèque Royale (siège du CNHS).

Le temps a fait son œuvre, et je commence à m’éteindre. Je ne verrai plus mes amis. Déjà, je n’écris plus « à la main », mais j’arrive encore à dactylographier sur le clavier de mon ordinateur, et j’alimente ce blog avec les fruits vénéneux de ma pensée. Car je pense encore, tant que je suis.

Parfois, il arrive que je reçoive un courrier électronique d’un écrivain, d’un historien des sciences, d’un journaliste, me demandant de mes nouvelles. J’avoue que cela me procure un certain plaisir, et me plonge dans les charmes magiques de la nostalgie.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Pourquoi j'ecris encore

1 Avril 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie

J’ai créé le présent blog en décembre 2010, et j’y ai publié, jusqu’à ce jour, 864 articles : billets d’humeur, commentaires de l’actualité, critiques de livres, poèmes, et résultats (toujours provisoires) de mon travail philosophique. Celui-ci, fait de réflexions introspectives et de nombreuses lectures, m’a conduit, en ontologie, au matérialisme – comme Spinoza en 1677 – et, en gnoséologie, au scepticisme – comme Kant en 1781. Tout cela mène au nihilisme et au pessimisme le plus noir : qui pourrait nier l’existence des maladies, de la souffrance et de la mort ? Faut-il, pour démontrer que mon pessimisme est fondé, décrire avec une précision séméiologique les symptômes de mes affections, et faire le compte minutieux de mes ulcères, de mes furoncles, de mes télangiectasies, de mes pustules, de mes papules ? Les romanciers Jacques Richard, France Bastia (décédée depuis), Anne-Michèle Hamesse, Martine Rouhart, les poètes Philippe Leuckx, Louis Mathoux, Liza Leyla, Anne-Marie Derèse, Isabelle Bielecki, les philosophes Pierre Kutzner, José Fontaine, m’ont fait le reproche, plus ou moins vivement, de répandre le pessimisme dans mes écrits, de décourager ainsi les braves gens, d’émettre des « ondes négatives », et d’oublier les plaisirs de la vie, les beautés de la nature, les douceurs de l’amitié et les jouissances de l’amour.

Mais reproche-t-on au physicien de répandre l’idée que les protons sont électriquement positifs, ou au botaniste d’affirmer que les fleurs de haricot possèdent dix étamines ? Pourquoi le philosophe devrait-il taire les résultats de ses travaux, s’il pense qu’ils sont « vrais », et éviter les sujets qui peinent : le cancer, le vieillissement, la mort d’un parent ou d’un ami, les émeutes, les guerres, les incendies ? Le rôle du philosophe n’est pas d’enjoliver le Réel, mais de le décrire le mieux possible. Il ne s’agit pas de consoler et d’inventer de l’espérance, mais d’observer les êtres et les choses, et d’en tirer les conclusions qui s’imposent. Mais que mon pessimisme ne vous empêche pas de jouir, jusqu’à l’orgasme, et d’ailleurs mon scepticisme m’oblige à considérer mon pessimisme comme un résultat provisoire, affecté d’un haut coefficient de doute. Qui sait ? Peut-être que mon pessimisme est une erreur, et que demain je retrouverai les enthousiasmes de ma jeunesse, les bonheurs de ma maturité et les enchantements du gai savoir ?

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Vie et mort de Jean Baudet

9 Février 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie, #Philosophie

Philosopher, c’est chercher à connaître et comprendre l’Être, c’est-à-dire tout ce qui peut vraiment agir sur la destinée du philosophe (sur sa « recherche du bonheur »). Car « exister », c’est avoir la propriété d’altérer, de s’opposer, de contraindre le philosophe, et par le fait même tout homme ordinaire. L’Être est tout ce qui existe, tout ce qui « conditionne » l’Humanité, tout ce qui est la source de la vie et de la mort des humains. Or, l’humain ne possède que son être pour accéder à l’Être, et toute investigation du Réel (autre nom de l’Être) ne peut commencer que par un examen du « moi ». Ce n’est que par le truchement de l’étude de son être que l’être (humain) peut atteindre la connaissance de l’Être qui l’englobe et le détermine de toutes parts. C’est ainsi que commencèrent les grandes méditations de Socrate (« connais-toi toi-même »), de Descartes (« je » pense donc « je » suis), de Fichte (la métaphysique du « Ich »), de Sartre quand il répète que l’existence (du « moi ») précède l’essence. Je n’est pas « un autre », c’est mon moi vécu – dans la joie ou la peine – et c’est le seul chemin qui conduit à l’Être, mais avec la dramatique scissure du moi et du non-moi, et peut-être est-ce un « chemin qui ne mène nulle part », comme le pensait Heidegger (Holzwege). Toute philosophie commence par un égocentrisme et par une subjectivité.

Voilà donc que je dois reprendre mes « observations intérieures », mes analyses de ce « moi », de cet être singulier et foncièrement étrange à lui-même que l’on nomme « Jean Baudet ».

Ma philosophie commence par mon autobiographie (c’est aussi vrai de toute œuvre littéraire, et voici une passerelle posée entre le « littéraire » et le « philosophique »).

Mon « je » fut d’abord professeur de mathématiques puis de philosophie, puis il fut chercheur (en botanique et en biologie), puis éditeur, puis écrivain. Jean Baudet « gagna sa vie » (son « être ») successivement en enseignant, en cherchant, en éditant et en écrivant.

L’enseigner, le chercher, l’éditer, l’écrire sont ainsi des modalités de mon être, des « tranches de vie », et « qu’appelle-t-on penser » sinon, dans un ordre différent, chercher, écrire, éditer et enseigner ?

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Le vieil homme et l'amer

13 Janvier 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie, #Epistémologie

Dévoré par l’angoisse d’un avenir sans espoir, fait des humiliations du vieillissement et des souffrances de la maladie, je poursuis mon travail philosophique, malgré l’affaiblissement de mon énergie mentale, renonçant à contempler jamais la splendeur de la vérité (splendor veritatis), pour « passer le temps », me consolant en me remémorant les étapes de mon cheminement intellectuel, depuis l’époque, enfouie dans les brumes du passé, des interrogations de mon adolescence. J’essaye, par le souvenir et l’introspection, de reconstruire les moments-clés de mes tentatives de répondre aux « grandes questions », que je commençais à me poser, autant qu’il m’en souvienne, vers 1958, au temps de l’Exposition Universelle de Bruxelles. C’est en 1968 seulement que je fis de cette quête une activité professionnelle, étant nommé professeur de philosophie au Burundi (j’y restai cinq ans). En 1973, je mis de côté pour quelque temps mes préoccupations métaphysiques, et je connus les enthousiasmes de la recherche scientifique, en botanique et en biologie. Mais je revins à la philosophie en 1978, en fondant la revue Technologia, dédiée à l’histoire de la science et de la technologie. Car, lecteur de Karl Popper, de George Sarton, de Gaston Bachelard, de Michel Foucault, je m’étais rendu compte que l’examen critique de la science (c’est-à-dire de sa généalogie, de son archéologie comme disait Foucault, de son histoire comme disaient Sarton et Bachelard) était, pour la philosophie, un travail préjudiciel obligé, car il s’agissait d’apprécier les différences entre la pensée commune et la pensée scientifique.

La philosophie est la « pensée sur la pensée », et il fallait donc, en 1978, analyser les différents modes de penser, et aller même zu den Sachen selbst, comme le souhaitait Husserl, pour répondre à la question de Heidegger « was heist denken ? » (qu’appelle-t-on penser ?). Or, pour connaître la pensée, il faut l’observer à l’état naissant, et il faut donc observer les commencements de l’activité mentale chez les animaux (éthologie), chez les enfants (psychologie), chez les primitifs (ethnologie), chez les fous (psychiatrie), chez les poètes (philologie). Il faut ensuite comparer ces pensées embryonnaires avec la pensée scientifique, acceptant le postulat que la pensée de Hegel ou d’Einstein est plus élaborée que celles du chimpanzé, de l’australopithèque ou de l’enfant. La pensée est une construction, et l’on doit étudier la psychogenèse chez l’individu (« épistémologie génétique ») et dans l’histoire (« histoire des systèmes de pensée »). Je me mis donc à étudier l’histoire de la science (et de la technologie qui lui est associée), et aussi l’histoire des littératures, des religions, et bien entendu de la philosophie. C’est alors que je développai le concept d’éditologie, pour désigner l’épistémologie basée sur la critique des « textes édités », dès lors que les systèmes de pensée (religions, science, etc.) ne sont observables qu’en tant que textes (séquences de mots) rendus publics. On pense avec des mots. Mais il faut s’en méfier, car il est facile d’inventer des mots qui ne correspondent à rien de réel.

La philosophie commence par une anxiété : « que vais-je devenir ? ». Pas que vais-je faire dans un mois ou dans un an, mais que vais-je devenir dans l’absolu, après ma mort ? Répondre à cette question redoutable, c’est déterminer ce qui dessine mon destin, ce qui existe vraiment par sa capacité d’agir sur mon être, et « ce qui existe vraiment » c’est l’Être, d’où la définition de Parménide développée par Aristote : la philosophie est l’étude de l’Être (to on è on).

La philosophie se décline alors en différentes observations de l’Être, en tant que Connaissance (épistémologie), en tant que Tout (ontologie), en tant que Valeurs (éthique), en tant que Destinée (eschatologie), en tant que Divin (théologie), en tant qu’Humain (anthropologie). Et le philosophe, quel que soit son talent pour inventer des thèses, des antithèses et des synthèses, est bien démuni pour observer l’Être (dont il n’est qu’une infime partie) dans son entier. Le caractère « englobant » (Karl Jaspers) du tout sur la partie interdit la connaissance pleine et entière. Je dois me résoudre à l’admettre, l’homme est un être-pour-l’ignorance. Les poèmes les plus profonds, les philosophèmes les plus sublimes, les théorèmes les plus subtils n’y changeront rien. Ignorance, ou illusion et fantasme. Le philosophe ne peut que détromper les croyants de toutes sortes, il peut désigner le faux, sans pouvoir repérer le vrai, comme tout homme cherchant un objet perdu, qui peut facilement montrer qu’il n’est pas ici ou là, tout en ignorant où il se trouve.

Avec un tel message de scepticisme vis-à-vis des religions, des morales, des éthiques, des idéologies, des supercheries bavardes et des savoirs illusoires, je ne me suis pas fait beaucoup d’amis. Mais je continue, avec mes forces qui s’amenuisent, à tâcher d’observer le réel, car c’est dans le réel que se trouve mon tragique devenir.

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Pour qui j'ecris ?

7 Janvier 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie, #Littérature

J’ai publié, sur papier, plus de 40 livres et plusieurs centaines d’articles. Mon premier texte édité, intitulé « L’histoire des sciences dans l’enseignement », est paru en 1969 dans la Revue nationale d’Education du Burundi. Le fil rouge de cette production de près de 50 années est ma recherche philosophique centrée sur la comparaison des systèmes de pensée dans une perspective épistémologique (d’où de nombreux textes consacrés à l’histoire de la pensée), mais il s’y trouve aussi des comptes rendus de recherches en botanique et en biologie, un bref roman et quelques nouvelles, des poèmes, des textes journalistiques, des billets d’humeur (notamment dans le quotidien belge L’Echo), des recensions.

En décembre 2010, je crée le présent blog. Ceci devait remplacer le journal intime que je tenais, d’ailleurs fort irrégulièrement, depuis 1962, et qui n’avait pour seul lecteur que moi-même, car il s’agissait d’éclaircir mes idées et pas de faire œuvre littéraire. Je n’ai en effet jamais envisagé de publier des extraits de ce journal, qui n’était qu’un aide-mémoire de l’évolution de mes méditations. Mais un blog étant accessible par quiconque, je fus vite amené, un peu malgré moi, à songer à d’éventuels lecteurs, et je cherchais le mot juste, la phrase intrigante, afin de retenir l’attention de mon lectorat. Ma philosophie, dès lors qu’elle devenait partagée, se transformait ainsi en littérature, et le souci rhétorique (c’est-à-dire esthétique et sentimental) me conduisait sur de nouveaux chemins.

Qui sont les lecteurs de mon blog ? A part quelques collègues et amis, je ne les connais pas. Dans ma production papier, je m’adressais à des publics assez bien définis, et mes articles de botanique, par exemple, visaient la communauté internationale des botanistes, des agronomes, des biologistes et des phytochimistes, quand mes contributions à la Revue Générale ou à Technologia visaient évidemment les abonnés à ces périodiques. A qui s’adresse mon blog ? Peut-être à ceux qui cherchent à comprendre, chacun dans le silence de ses inquiétudes, d’où leur vient d’être ce qu’ils sont. C’est pour comprendre d’où vient (et où va ?) ce que je suis que l’écris, depuis 1969 pour un public, et depuis 1962 pour moi-même. Mais qu’est-ce qui me pousse à partager avec des inconnus mes émotions de chercheur et ma passion de connaître (si peu !) et de comprendre (si mal !) ?

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Travailler jusqu'au bout

31 Décembre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie

Je continue de travailler malgré l’amenuisement de mes forces mentales, alors que je pourrais me reposer en attendant la fin. Je continue de chercher les déterminations de l’Être, de l’Être en tant que savoir (épistémologie), en tant qu’être (ontologie), en tant que devenir (eschatologie), en tant qu’humain (anthropologie), en tant qu’absolu (éthique). Je n’ai accompli que le tout début de ce programme, arrivant en épistémologie à la conclusion (peut-être définitive et désespérée) du scepticisme.

Depuis cinquante ans, et même davantage, j’ai arpenté les chemins enchanteurs de la Poésie, et ceux plus rudes et moins achalandés de la Philosophie et de la Science. J’ai étudié l’histoire des religions, lisant les historiens et les ethnologues, j’ai étudié l’histoire de la philosophie, l’histoire de la science, l’histoire de la technologie, l’histoire aussi de la littérature française (y compris la littérature française de Belgique), rédigeant plus de 50 mille fiches de lecture, soit une moyenne d’un millier de fiches par an. Mon fichier (digitalisé) comporte à ce jour 57.595 fiches, réparties en 27.631 notices bibliographiques (références), 11.141 notices biographiques (personnalités) et 18.823 « grandes dates » (événements). Cette documentation m’a servi à publier une quarantaine de livres, à approfondir mes doutes, et aussi à me divertir, car la philosophie la plus exigeante peut aussi distraire le penseur de l’angoisse. Penser l’être pour ne pas penser le disparaître !

A la demande d’un de mes éditeurs, je termine en ce moment l’édition d’une Histoire de la Chimie, qui fera la synthèse de trois livres antérieurs : Penser la matière, La Vie expliquée par la chimie, A la découverte des éléments de la matière. Cet ouvrage sera mon ultime opus, qui devrait paraître en avril 2017. J’y évoque ces hommes admirables que furent Lemery, Lavoisier, Dalton, Berzelius, Liebig, Berthelot, Mendéléev, Kipp, Bunsen, Erlenmeyer, Bohr, Staudinger, Pauling, Bragg, Watson et quelques autres. Un seul récit (un roman, si l’on veut) pour mettre en évidence la filiation des idées qui va, en 25 siècles, des spéculations poétiques d’Empédocle d’Agrigente sur les quatre éléments aux réalisations expérimentales inouïes et aux théories amplement vérifiées dans les laboratoires de notre temps.

Je ne sais toujours pas, après 50 ans de recherches intenses, si les dieux, les anges et les âmes existent, mais au moins je ne doute pas de l’existence des molécules, des protons et des électrons ! Et je me souviens avec une infinie nostalgie des odeurs de nitrotoluène et d’acétate d’amyle des laboratoires de ma jeunesse, et du goutte à goutte fascinant dans la colonne de Vigreux d’un distillateur.

Depuis quelques temps, je n’écris plus dans mon Journal (commencé en 1962), parce que ma main tremblante n’arrive plus à former une écriture lisible. Mais je parviens encore à dactylographier sur le clavier de mon ordinateur. Je continue de travailler… Jusqu’au bout.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

 

 

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Sur la mort de Jean Baudet

12 Novembre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie, #Civilisation

Je suis prêt à mourir. Je ne suis pas vraiment pressé, mais le plus tôt sera le mieux. Car j’en ai marre de ce monde qui me dégoûte et me fait vomir, ce monde de bêtise, d’aveuglement sentimental, de pensée encadrée par les fanatismes les plus abjects ou par les bons sentiments bêlants ouvrant la porte à toutes les illusions. J’en ai marre des souffrances, des douleurs, et singulièrement des humiliations insupportables du vieillissement et des dégénérescences. Certes, j’admire encore les splendeurs trop rares de la Civilisation, dues à quelques hommes peu nombreux dans une population de milliards d’individus : la Science (le Polonais Copernic, l’Anglais Newton, le Suédois Linné, le Français Lavoisier, le Russe Mendéléev, l’Ecossais Maxwell, le Néerlandais van der Waals, l’Allemand Einstein, le Danois Bohr, l’Américain Hubble, l’Autrichien Schrödinger, le Wallon Lemaître, le Néo-Zélandais Rutherford, l’Américain Lawrence, le Japonais Yukawa, l’Italien Fermi, l’Américain Pauling, l’Américain Watson, l’Américain Feynman, l’Américain Gell-Mann, l’Américain Nirenberg…), la Technologie (Siemens, Peugeot, Bell, Edison, Ford, Boeing, von Braun, Gates…), la Musique (Mozart, Beethoven, Rachmaninov, Louis Armstrong, Miles Davis, Thelonious Monk, Messiaen, Jolivet…), la Littérature (Hergé et Simenon)… Certes aussi, je me réjouis encore parfois de ces autres merveilles civilisationnelles que sont la blanquette de veau, le gratin dauphinois, la choucroute, les saucisses de Francfort, le cassoulet, les saucisses de Toulouse, le foie gras, le chili con carne, le hamburger (avec du ketchup), le coq au vin, le filet américain (avec des pommes frites et beaucoup de mayonnaise), la sole meunière, le baba au rhum, la tarte Tatin, les spaghettis à la bolognaise, la truite aux amandes, le saumon fumé, la moussaka, le bœuf Stroganov (tout cela arrosé de champagne, de bordeaux, de corbières, de minervois, de rosé d’Anjou, de beaujolais, de bourgogne, et même de chianti et de valpolicella).

Mais toutes ces bonnes et belles choses n’occultent pas les misères du vieillissement individuel, ni les horreurs du déclin de la Civilisation, de plus en plus menacée de l’intérieur par la déchéance de la pensée critique et de l’extérieur par les fanatismes combattant venus des lointains déserts de sable.

Et ne venez pas, chers frères humains qui après moi vivrez, me consoler avec vos « pensées positives », votre « intelligence du cœur », votre « force de l’amour », votre « tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir », et autres « après la pluie le beau temps »… J’ai trop mal au ventre, ma vue se brouille, mes bras tremblent… Je vais réécouter un disque de Louis Armstrong. Cela s’appelle « What a beautiful world ». En attendant l’agonie.    

 

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Pour quoi ecrire encore ?

14 Octobre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie, #Philosophie

Et maintenant, au seuil de l’agonie, que vais-je faire ? Au-delà de la question égoïste, il y a ici questionnement universel, car il vient pour chacun le temps de la mort proche, quand les forces déclinent et que l’on se demande pour quoi l’on a vécu. Les démographes estiment à cent milliards le nombre de mes « semblables » déjà disparus. Quels furent leurs apports à la Civilisation, si tant est que l’on accorde une quelconque valeur aux avancées civilisationnelles ? Et quelle humilité quand on voit ce qu’on laisse soi-même par rapport à quelques dizaines de grands destins : Aristote, Spinoza, Lavoisier, Einstein !... Quel démon de la perversité me pousse à ajouter à cette liste glorieuse les noms de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, ou de Maurice Maeterlinck et de Romain Rolland ?

Or donc, je vais bientôt mourir. Ma mémoire s’affaiblit, j’écris péniblement, la lecture me pèse, mes organes se détériorent les uns après les autres, mes enthousiasmes ont disparu, mes passions sont éteintes, je m’approche, dans l’angoisse de nouvelles douleurs, de mon néant. Il est temps de faire le bilan de ma vie, encore que ce dernier exercice ne servira à rien.

Outre quelques travaux de biologie, au temps lointain de ma jeunesse, et quelques poèmes, j’ai consacré la plus grande partie de ma vie à la recherche épistémologique, espérant apporter une contribution à la question de la connaissance. C’est dans cette perspective que j’ai résumé, en quelques milliers de pages, l’histoire des systèmes de pensée : la technique (fondatrice d’humanité) ; les religions (avec les inventions des rites, des mythes, des dogmes…) ; la philosophie ; la science (mathématique, physique, chimie, biologie) ; la technologie (fille de la science ayant permis l’actuelle « mondialisation » des hommes). Au total, une quarantaine de livres, et quelques centaines d’articles.

Pourquoi (ou pour quoi) continuer ? Malgré la magnifique splendeur de cet esprit humain qui sort lentement des ténèbres de l’animalité par l’invention d’outillages de plus en plus efficaces (dont le langage) pour atteindre des vérités sublimes, malgré mon admiration pour Epicure, pour Galilée, pour Newton, pour Mendéléev, tout mon travail de déconstruction du progrès intellectuel m’a conduit au pessimisme le plus noir, au nihilisme le plus strict, mais débarrassé de l’ultime illusion nietzschéenne du « surhomme ». Pourquoi alors transmettre mes idées et les questions laissées pendantes aux nouvelles générations – qui, d’ailleurs, ne me lisent pas, sacrifiant à de nouvelles idoles : la Nature, le Vivant, la Démocratie, la Justice, l’Ethique… A quoi sert-il d’expliquer à des jeunes gens obnubilés par le « retour du spirituel », tentés par le bouddhisme, l’évangélisme, l’islamisme, ou qui vénèrent les chansons de Bob Dylan, que la philosophie, c’est le doute perpétuel ? Que deux millénaires de haute pensée, malgré la découverte des galaxies et des quarks, malgré les téléphones portables de Samsung et les fusils-mitrailleurs de Kalachnikov, n’ont pas fait progresser beaucoup l’esprit des hommes par rapport aux positions de Socrate, qui savait qu’il ne savait rien.

Et pourtant, s’ils acceptaient le doute philosophique, les hommes ne connaîtraient plus le fanatisme destructeur des religions, la démagogie perverse des promesses électorales et des idéologies, les illusions (conduisant aux pires atrocités) proférées par les hommes providentiels et leurs prophètes, et les humains pourraient vivre tranquillement, en cultivant leur jardin. Mais cela ne les empêcherait pas de connaître, tôt ou tard, la douleur, les souffrances et la mort. En attendant, écoutons Beethoven…

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Penser, c'est s'exposer

24 Septembre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie, #Philosophie

Penser, c'est s'exposer

Ceci est mon 810ème billet dans ce blog. J'ai créé ce blog en décembre 2010, et cela fait donc maintenant plusieurs années que je livre au public du monde entier - pourvu qu'il sache lire le français et qu'il accepte les servitudes de la lecture sur écran -, avec assiduité, mes pensées au jour le jour... Je livre ainsi ma pensée brute, parfois brutale, sans apprêts ni finition littéraire, à quelques centaines de lecteurs, réguliers ou occasionnels, approbateurs ou scandalisés par mes idées généralement politiquement incorrectes. Je remercie d'ailleurs les Français, les Canadiens, les Flamands, les Bruxellois, les Wallons, les Suisses, les Luxembourgeois, les Marocains, les Algériens, les Tunisiens, les Sénégalais, les Ivoiriens, les Gabonais, les Congolais, les Rwandais, les Burundais et tous les autres qui viennent visiter ce blog. Grâce à quelques tags (#Poésie, #Cuisine, #Science, etc.), ils peuvent facilement retrouver mes messages sur des thèmes précis, et connaître l'évolution au cours du temps de mon travail philosophique, exposé au grand jour.

Plus de 800 articles, cela fait l'équivalent d'une demi-douzaine de livres en librairie. Ma production "électronique" reste modeste par rapport à ma production "papier" (42 titres).

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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