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Jean C. Baudet

Articles avec #biographie tag

Pour qui j'ecris ?

7 Janvier 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie, #Littérature

J’ai publié, sur papier, plus de 40 livres et plusieurs centaines d’articles. Mon premier texte édité, intitulé « L’histoire des sciences dans l’enseignement », est paru en 1969 dans la Revue nationale d’Education du Burundi. Le fil rouge de cette production de près de 50 années est ma recherche philosophique centrée sur la comparaison des systèmes de pensée dans une perspective épistémologique (d’où de nombreux textes consacrés à l’histoire de la pensée), mais il s’y trouve aussi des comptes rendus de recherches en botanique et en biologie, un bref roman et quelques nouvelles, des poèmes, des textes journalistiques, des billets d’humeur (notamment dans le quotidien belge L’Echo), des recensions.

En décembre 2010, je crée le présent blog. Ceci devait remplacer le journal intime que je tenais, d’ailleurs fort irrégulièrement, depuis 1962, et qui n’avait pour seul lecteur que moi-même, car il s’agissait d’éclaircir mes idées et pas de faire œuvre littéraire. Je n’ai en effet jamais envisagé de publier des extraits de ce journal, qui n’était qu’un aide-mémoire de l’évolution de mes méditations. Mais un blog étant accessible par quiconque, je fus vite amené, un peu malgré moi, à songer à d’éventuels lecteurs, et je cherchais le mot juste, la phrase intrigante, afin de retenir l’attention de mon lectorat. Ma philosophie, dès lors qu’elle devenait partagée, se transformait ainsi en littérature, et le souci rhétorique (c’est-à-dire esthétique et sentimental) me conduisait sur de nouveaux chemins.

Qui sont les lecteurs de mon blog ? A part quelques collègues et amis, je ne les connais pas. Dans ma production papier, je m’adressais à des publics assez bien définis, et mes articles de botanique, par exemple, visaient la communauté internationale des botanistes, des agronomes, des biologistes et des phytochimistes, quand mes contributions à la Revue Générale ou à Technologia visaient évidemment les abonnés à ces périodiques. A qui s’adresse mon blog ? Peut-être à ceux qui cherchent à comprendre, chacun dans le silence de ses inquiétudes, d’où leur vient d’être ce qu’ils sont. C’est pour comprendre d’où vient (et où va ?) ce que je suis que l’écris, depuis 1969 pour un public, et depuis 1962 pour moi-même. Mais qu’est-ce qui me pousse à partager avec des inconnus mes émotions de chercheur et ma passion de connaître (si peu !) et de comprendre (si mal !) ?

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Travailler jusqu'au bout

31 Décembre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie

Je continue de travailler malgré l’amenuisement de mes forces mentales, alors que je pourrais me reposer en attendant la fin. Je continue de chercher les déterminations de l’Être, de l’Être en tant que savoir (épistémologie), en tant qu’être (ontologie), en tant que devenir (eschatologie), en tant qu’humain (anthropologie), en tant qu’absolu (éthique). Je n’ai accompli que le tout début de ce programme, arrivant en épistémologie à la conclusion (peut-être définitive et désespérée) du scepticisme.

Depuis cinquante ans, et même davantage, j’ai arpenté les chemins enchanteurs de la Poésie, et ceux plus rudes et moins achalandés de la Philosophie et de la Science. J’ai étudié l’histoire des religions, lisant les historiens et les ethnologues, j’ai étudié l’histoire de la philosophie, l’histoire de la science, l’histoire de la technologie, l’histoire aussi de la littérature française (y compris la littérature française de Belgique), rédigeant plus de 50 mille fiches de lecture, soit une moyenne d’un millier de fiches par an. Mon fichier (digitalisé) comporte à ce jour 57.595 fiches, réparties en 27.631 notices bibliographiques (références), 11.141 notices biographiques (personnalités) et 18.823 « grandes dates » (événements). Cette documentation m’a servi à publier une quarantaine de livres, à approfondir mes doutes, et aussi à me divertir, car la philosophie la plus exigeante peut aussi distraire le penseur de l’angoisse. Penser l’être pour ne pas penser le disparaître !

A la demande d’un de mes éditeurs, je termine en ce moment l’édition d’une Histoire de la Chimie, qui fera la synthèse de trois livres antérieurs : Penser la matière, La Vie expliquée par la chimie, A la découverte des éléments de la matière. Cet ouvrage sera mon ultime opus, qui devrait paraître en avril 2017. J’y évoque ces hommes admirables que furent Lemery, Lavoisier, Dalton, Berzelius, Liebig, Berthelot, Mendéléev, Kipp, Bunsen, Erlenmeyer, Bohr, Staudinger, Pauling, Bragg, Watson et quelques autres. Un seul récit (un roman, si l’on veut) pour mettre en évidence la filiation des idées qui va, en 25 siècles, des spéculations poétiques d’Empédocle d’Agrigente sur les quatre éléments aux réalisations expérimentales inouïes et aux théories amplement vérifiées dans les laboratoires de notre temps.

Je ne sais toujours pas, après 50 ans de recherches intenses, si les dieux, les anges et les âmes existent, mais au moins je ne doute pas de l’existence des molécules, des protons et des électrons ! Et je me souviens avec une infinie nostalgie des odeurs de nitrotoluène et d’acétate d’amyle des laboratoires de ma jeunesse, et du goutte à goutte fascinant dans la colonne de Vigreux d’un distillateur.

Depuis quelques temps, je n’écris plus dans mon Journal (commencé en 1962), parce que ma main tremblante n’arrive plus à former une écriture lisible. Mais je parviens encore à dactylographier sur le clavier de mon ordinateur. Je continue de travailler… Jusqu’au bout.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

 

 

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Sur la mort de Jean Baudet

12 Novembre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie, #Civilisation

Je suis prêt à mourir. Je ne suis pas vraiment pressé, mais le plus tôt sera le mieux. Car j’en ai marre de ce monde qui me dégoûte et me fait vomir, ce monde de bêtise, d’aveuglement sentimental, de pensée encadrée par les fanatismes les plus abjects ou par les bons sentiments bêlants ouvrant la porte à toutes les illusions. J’en ai marre des souffrances, des douleurs, et singulièrement des humiliations insupportables du vieillissement et des dégénérescences. Certes, j’admire encore les splendeurs trop rares de la Civilisation, dues à quelques hommes peu nombreux dans une population de milliards d’individus : la Science (le Polonais Copernic, l’Anglais Newton, le Suédois Linné, le Français Lavoisier, le Russe Mendéléev, l’Ecossais Maxwell, le Néerlandais van der Waals, l’Allemand Einstein, le Danois Bohr, l’Américain Hubble, l’Autrichien Schrödinger, le Wallon Lemaître, le Néo-Zélandais Rutherford, l’Américain Lawrence, le Japonais Yukawa, l’Italien Fermi, l’Américain Pauling, l’Américain Watson, l’Américain Feynman, l’Américain Gell-Mann, l’Américain Nirenberg…), la Technologie (Siemens, Peugeot, Bell, Edison, Ford, Boeing, von Braun, Gates…), la Musique (Mozart, Beethoven, Rachmaninov, Louis Armstrong, Miles Davis, Thelonious Monk, Messiaen, Jolivet…), la Littérature (Hergé et Simenon)… Certes aussi, je me réjouis encore parfois de ces autres merveilles civilisationnelles que sont la blanquette de veau, le gratin dauphinois, la choucroute, les saucisses de Francfort, le cassoulet, les saucisses de Toulouse, le foie gras, le chili con carne, le hamburger (avec du ketchup), le coq au vin, le filet américain (avec des pommes frites et beaucoup de mayonnaise), la sole meunière, le baba au rhum, la tarte Tatin, les spaghettis à la bolognaise, la truite aux amandes, le saumon fumé, la moussaka, le bœuf Stroganov (tout cela arrosé de champagne, de bordeaux, de corbières, de minervois, de rosé d’Anjou, de beaujolais, de bourgogne, et même de chianti et de valpolicella).

Mais toutes ces bonnes et belles choses n’occultent pas les misères du vieillissement individuel, ni les horreurs du déclin de la Civilisation, de plus en plus menacée de l’intérieur par la déchéance de la pensée critique et de l’extérieur par les fanatismes combattant venus des lointains déserts de sable.

Et ne venez pas, chers frères humains qui après moi vivrez, me consoler avec vos « pensées positives », votre « intelligence du cœur », votre « force de l’amour », votre « tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir », et autres « après la pluie le beau temps »… J’ai trop mal au ventre, ma vue se brouille, mes bras tremblent… Je vais réécouter un disque de Louis Armstrong. Cela s’appelle « What a beautiful world ». En attendant l’agonie.    

 

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Pour quoi ecrire encore ?

14 Octobre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie, #Philosophie

Et maintenant, au seuil de l’agonie, que vais-je faire ? Au-delà de la question égoïste, il y a ici questionnement universel, car il vient pour chacun le temps de la mort proche, quand les forces déclinent et que l’on se demande pour quoi l’on a vécu. Les démographes estiment à cent milliards le nombre de mes « semblables » déjà disparus. Quels furent leurs apports à la Civilisation, si tant est que l’on accorde une quelconque valeur aux avancées civilisationnelles ? Et quelle humilité quand on voit ce qu’on laisse soi-même par rapport à quelques dizaines de grands destins : Aristote, Spinoza, Lavoisier, Einstein !... Quel démon de la perversité me pousse à ajouter à cette liste glorieuse les noms de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, ou de Maurice Maeterlinck et de Romain Rolland ?

Or donc, je vais bientôt mourir. Ma mémoire s’affaiblit, j’écris péniblement, la lecture me pèse, mes organes se détériorent les uns après les autres, mes enthousiasmes ont disparu, mes passions sont éteintes, je m’approche, dans l’angoisse de nouvelles douleurs, de mon néant. Il est temps de faire le bilan de ma vie, encore que ce dernier exercice ne servira à rien.

Outre quelques travaux de biologie, au temps lointain de ma jeunesse, et quelques poèmes, j’ai consacré la plus grande partie de ma vie à la recherche épistémologique, espérant apporter une contribution à la question de la connaissance. C’est dans cette perspective que j’ai résumé, en quelques milliers de pages, l’histoire des systèmes de pensée : la technique (fondatrice d’humanité) ; les religions (avec les inventions des rites, des mythes, des dogmes…) ; la philosophie ; la science (mathématique, physique, chimie, biologie) ; la technologie (fille de la science ayant permis l’actuelle « mondialisation » des hommes). Au total, une quarantaine de livres, et quelques centaines d’articles.

Pourquoi (ou pour quoi) continuer ? Malgré la magnifique splendeur de cet esprit humain qui sort lentement des ténèbres de l’animalité par l’invention d’outillages de plus en plus efficaces (dont le langage) pour atteindre des vérités sublimes, malgré mon admiration pour Epicure, pour Galilée, pour Newton, pour Mendéléev, tout mon travail de déconstruction du progrès intellectuel m’a conduit au pessimisme le plus noir, au nihilisme le plus strict, mais débarrassé de l’ultime illusion nietzschéenne du « surhomme ». Pourquoi alors transmettre mes idées et les questions laissées pendantes aux nouvelles générations – qui, d’ailleurs, ne me lisent pas, sacrifiant à de nouvelles idoles : la Nature, le Vivant, la Démocratie, la Justice, l’Ethique… A quoi sert-il d’expliquer à des jeunes gens obnubilés par le « retour du spirituel », tentés par le bouddhisme, l’évangélisme, l’islamisme, ou qui vénèrent les chansons de Bob Dylan, que la philosophie, c’est le doute perpétuel ? Que deux millénaires de haute pensée, malgré la découverte des galaxies et des quarks, malgré les téléphones portables de Samsung et les fusils-mitrailleurs de Kalachnikov, n’ont pas fait progresser beaucoup l’esprit des hommes par rapport aux positions de Socrate, qui savait qu’il ne savait rien.

Et pourtant, s’ils acceptaient le doute philosophique, les hommes ne connaîtraient plus le fanatisme destructeur des religions, la démagogie perverse des promesses électorales et des idéologies, les illusions (conduisant aux pires atrocités) proférées par les hommes providentiels et leurs prophètes, et les humains pourraient vivre tranquillement, en cultivant leur jardin. Mais cela ne les empêcherait pas de connaître, tôt ou tard, la douleur, les souffrances et la mort. En attendant, écoutons Beethoven…

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Penser, c'est s'exposer

24 Septembre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie, #Philosophie

Penser, c'est s'exposer

Ceci est mon 810ème billet dans ce blog. J'ai créé ce blog en décembre 2010, et cela fait donc maintenant plusieurs années que je livre au public du monde entier - pourvu qu'il sache lire le français et qu'il accepte les servitudes de la lecture sur écran -, avec assiduité, mes pensées au jour le jour... Je livre ainsi ma pensée brute, parfois brutale, sans apprêts ni finition littéraire, à quelques centaines de lecteurs, réguliers ou occasionnels, approbateurs ou scandalisés par mes idées généralement politiquement incorrectes. Je remercie d'ailleurs les Français, les Canadiens, les Flamands, les Bruxellois, les Wallons, les Suisses, les Luxembourgeois, les Marocains, les Algériens, les Tunisiens, les Sénégalais, les Ivoiriens, les Gabonais, les Congolais, les Rwandais, les Burundais et tous les autres qui viennent visiter ce blog. Grâce à quelques tags (#Poésie, #Cuisine, #Science, etc.), ils peuvent facilement retrouver mes messages sur des thèmes précis, et connaître l'évolution au cours du temps de mon travail philosophique, exposé au grand jour.

Plus de 800 articles, cela fait l'équivalent d'une demi-douzaine de livres en librairie. Ma production "électronique" reste modeste par rapport à ma production "papier" (42 titres).

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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La vie de Jean Baudet

27 Août 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie

J'ai connu des femmes, j'ai eu des enfants, j'ai fait des voyages, j'ai visité des pays, j'ai rencontré des gens, j'ai mangé des fruits et des légumes, j'ai mangé des saucisses de porc, j'ai mangé de la blanquette de veau, j'ai mangé des hachis Parmentier, j'ai mangé des spaghetti, j'ai mangé du canard laqué, j'ai mangé du foie gras, j'ai mangé des fromages au lait cru, j'ai mangé des crêpes à la place Jussieu (Paris), j'ai mangé des frites à la Foire du Midi (Bruxelles), j'ai bu du minervois, du bordeaux, du beaujolais, du bourgogne, du rosé d'Anjou et du coca-cola, j'ai assisté à des concerts, je suis allé au théâtre et au cinéma, j'ai marché dans des forêts tropicales, j'ai vu des lions et des éléphants dans des savanes d'Afrique, j'ai étudié les mathématiques, la physique, la chimie, la mécanique analytique, la biologie et la philosophie, j'ai donné des cours, j'ai fait des conférences, j'ai lu des livres, y compris l'oeuvre complète de Gaston Bachelard, j'ai composé des poèmes, je me suis assis dans des fauteuils, j'ai pris le train, le métro, l'avion, je suis allé à Nantes et à Rouen, j'ai construit des phrases, j'ai inventé des concepts, j'ai évalué des hypothèses, j'ai élaboré des synthèses, j'ai travaillé dans des laboratoires, j'ai publié des livres, j'ai connu des imbéciles, j'ai connu quelques "grands hommes" (moins nombreux), j'ai eu des maladies, je me suis coupé les ongles des orteils, j'ai fait de longues siestes, longtemps, je me suis couché de bonne heure, j'ai accordé des interviews, j'ai critiqué Hegel, Husserl et Heidegger, j'ai fait souvent un rêve étrange et pénétrant, j'ai aimé les films d'Ingmar Bergman, les poèmes de Nerval, les romans de Julien Green, les mémoires de Winston Churchill, les travaux de Mircea Eliade, la musique d'Adré Jolivet, les aventures de Bob et Bobette, j'ai détesté les textes de Jacques Ellul et les idées de Jean-Jacques Rousseau, j'ai connu le professeur Guy Hirsch, la médiéviste Carmélia Opsomer, l'ingénieur Stéphane Cnockaert, le poète Philippe Leuckx, le dramaturge Jean-Pierre Dopagne, la romancière Martine Rouhart. J'ai vécu.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Qui suis-je ?

5 Novembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie, #Epistémologie

Je ne me contente pas, je me méfie même des déterminations convenues, telles que "je suis né à Bruxelles", "je suis marié et père de deux enfants", "je suis philosophe", "je suis docteur de l'Université de Paris VI", et autres formulations qui ne font que signaler quelques traits, véridiques, certes, mais peu éclairants. Car je veux me connaître au niveau d'exigence de la philosophie universitaire, et je veux bénéficier dans ma recherche des plus hautes avancées de la recherche ontologique. Je n'ai guère pour répondre que les lectures (le "moi" de Socrate ou de Gadamer m'éclaire-t-il sur le mien ?) et l'introspection. Je n'ai malheureusement pas eu la chance, en 70 ans d'existence (d'être-là !), d'avoir rencontré d'autres modes d'acquérir des savoirs que par l'observation (y compris de moi-même) et par le raisonnement. Comme j'envie ceux qui trouvent des certitudes (et consolantes, en plus !) dans un coran ou un évangile ! Moi je n'y trouve que des phrases rédigées par des hommes. C'est que "je suis", aussi, historien des systèmes de pensée dont je vise une critique radicale. Et je suis quand même très averti, par mon parcours intellectuel, que je peux avoir des hallucinations en observant, ou sombrer dans les paralogismes en raisonnant ! Comment donc une définition de soi par soi pourrait-elle échapper au subjectivisme ?

Je suis une douleur, une souffrance d'autant plus vive qu'elle s'alimente de l'image des souffrances à venir. Et même si ma douleur est une hallucination, et même si la conscience de ma douleur est un paralogisme, je souffre ! Le malade imaginaire souffrait "réellement". L'être de mon être est un être où il est question de son devenir, et ce devenir - au vu de ma mémoire, de mes lectures, de mes réflexions - est source d'une angoisse croissante, et je ne suis finalement qu'angoisse et peur. J'échappe par moments (deux verres de bourgogne, un comprimé de xanax ou quelques mesures de Mozart) à cette anxiété raisonnée, mais c'est pour y retomber mieux. Comment ma raison pourrait-elle me dire que "ça ira mieux demain" avec des douleurs dans le bas-ventre, une vue qui baisse, une femme malade, des casseurs dans les rues, des imbéciles de plus en plus nombreux avec l'explosion démographique, des poètes qui voudraient me gonfler d'optimisme parce que l'astucieux renard a mangé le fromage, une toux permanente, et une fatigue lancinante qui m'ôte le simple plaisir de bouger bras et jambes ?

Je suis ma souffrance, ou plus ontologiquement le ressenti de ma souffrance, décuplée par la conscience d'un futur pire. Que peut l'optimisme, l'amour du genre humain, la confiance en Manitou ou en la Gauche, devant l'incontinence urinaire, la tuberculose revenue, le cancer du colon, l'hémiplégie, ou les maladies sociales comme le fanatisme ? Je ne fais pas des phrases - la littérature distrait un peu de la souffrance - je crie ma peur !

A propos de lecture, je retrouve dans un coin de ma bibliothèque un des manuels que j'ai utilisés, il y a cinquante ans, quand je m'initiais à la pensée libre (ironie : dans une faculté... catholique !). Il s'agit de l' "Introduction à la philosophie" de Louis De Raeymaeker (4ème édition, 1956). J'y retrouve ce passage.

"le cartésianisme imprima d'emblée à la philosophie moderne certains traits caractéristiques: l'exigence d'une méthode rigoureuse et d'une critique radicale, la préoccupation de considérer toutes choses dans la perspective du moi conscient, la recherche d'un système d'explication universelle et qui soit fondé sur la richesse dynamique de la pensée constructive"

Mon "moi conscient" - le "moi" de n'importe quel lecteur de ce blog, qui finira par souffrir hideusement, tôt ou tard - est donc le fondement unique (par où commencer, sinon par soi-même) de la critique radicale de toute pensée constructive. Les plus âgés n'ont que la conscience de leur angoisse. Les plus jeunes ont encore les illusions (ah oui, comme je me souviens de mes enthousiasmes) de pouvoir construire un monde nouveau. Ce ne serait pas mal, un monde sans cancer, sans paralysie, sans fanatisme et donc sans illusions !

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Auto-portrait (poeme bizarre)

22 Août 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Poème, #Biographie

Je suis bourgeois, judéo-chrétien, capitaliste, unilingue, francophone, libéral, occidental, démocrate, féministe (jusqu'à un certain point), misanthrope, taciturne, sans illusions, intellectuel, matérialiste, athée pratiquant.

Je suis poète maximaliste, écrivain professionnel, philosophe, épistémologue, éditologue, ancien biologiste, ancien botaniste, ancien éditeur, ancien journaliste, ancien universitaire, reformulateur de phrases absconses, réévaluateur de concepts abstrus, détestateur de la poésie minimaliste, exécreur de Maeterlinck, admirateur d'Albert Einstein, de Gaston Bachelard, de Mélanie Rios et de René Descartes.

Je suis chevelu et barbu, obèse, couvert d'ulcères, de dermites, de dermatoses, de télangiectasies, de papules, de papillomes, de pustules, de bubons, de comédons, de furoncles, d'eczéma, d'abcès, de chancres.

Je suis anti-communiste, anti-écologiste, anti-humaniste, anti-nationaliste, anti-communautariste, anti-terroriste, anti-Rimbaud, anti-Mallarmé, anti-Char, anti-socioconstructiviste.

Je suis bruxellois, belge, européen, historien des mathématiques, de la physique, de la chimie, de la biologie, de la médecine, de la technique, de la technologie, de la cuisine, des religions, de la philosophie, de la littérature française, de la littérature belge.

Je suis démolisseur de mythes, écrabouilleur de mystiques, écraseur de moustiques (en Afrique, de 1966 à 1975), déboulonneur de statues littéraires, éparpilleur d'illusions, annonciateur de misères, pourfendeur d'espérances.

Je suis contre les bien-pensants, les maniaques humanitaires, les moralistes, les curés, les imams, les humanistes sélectifs, les éthiciens, les vendeurs de prêt-à-penser, les assassins, les voleurs, les zoophiles, les pédophiles, les littérateurs de la compassion, de la gnangnantitude, les couvercles de pots de confiture que l'on ne parvient pas à ouvrir sans pince, les steaks trop cuits, les lentilles pas assez cuites, le chablis tiède, le pommard trop froid, les pizzas, les fromages sans odeur, les choux rouges, la rhubarbe, les poèmes égocentriques. 

Pour info :                      

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences : 

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Mon oeuvre inachevee...

11 Août 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Biographie

En 1997 (j'ai 53 ans), je mets fin à mon activité d'éditeur et je me charge d'un projet en quatre étapes. Primo, publier une "Histoire de la science" ; secundo, publier une "Histoire des religions" ; tertio, publier une gnoséologie (ou épistémologie, ou théorie de la connaissance) basée sur les résultats de mes travaux d'histoire critique ; quarto, publier les conséquences philosophiques de ces recherches et mourir. Je disposais, à cette époque, d'une certaine expérience d'enseignant, de chercheur et de chef de petite entreprise, et j'avais récolté environ 50 mille fiches de lecture, aisément manipulables grâce au gestionnaire de bases de données Access de Microsoft. Merci, Bill Gates !

En 2009, le "primo" était accompli, je publiais en effet le neuvième volume de mon "Hstoire de la science" chez Vuibert, à Paris, sous le titre "A la découverte des éléments de la matière". Et j'avais déjà publié les premiers linéaments d'une épistémologie, avec trois titres parus chez L'Harmattan (Paris) : "Mathématique et vérité", "Le signe de l'humain", "Une philosophie de la poésie".

Je travaille au "secundo", et j'ai déjà publié les deux premiers volumes, chez Jourdan (Bruxelles) : "Curieuses histoires de la pensée" et "Hstoire de la pensée de l'an Un à l'an Mil". J'hésite à poursuivre ce travail exténuant, car il me semble que l'intérêt philosophique de l'étude des religions réside surtout dans l'histoire des commencements. Comment l'idée de sacré se forme-t-elle dans l'esprit humain ? Comment s'organisent les rites primitifs et comment s'élaborent les mythes originaires ? Après la première acceptation des croyances, le développement des religions intéresse plus l'histoire des historiens que la critique des philosophes. Je ne suis donc pas sûr qu'il y aura un troisième volume, mais je ne suis pas encore mort.

Je travaille donc déjà au "tertio", et j'ai déjà publié quelques idées qui me semblent intéressantes. J'ai d'ailleurs donné quelques textes d'épistémologie à la "Revue Générale", ainsi que dans le présent blog. Je n'ai encore "découvert" que deux moyens d'acquérir des savoirs, l'observation (die Sinnlichkeit, chez Kant) et le raisonnement à partir de l'observation (der Verstand und die Vernunft). Cela ne signifie pas que je nie d'autres chemins de connaissance, mais depuis que je m'occupe professionnellement de philosophie (1968) je n'en ai pas encore rencontrés. Bien sûr, j'ai rencontré de très nombreux croyants du christianisme, du bouddhisme, de l'humanisme, etc., mais jusqu'à présent aucun n'a pu me convaincre de la validité de ses "savoirs" lus dans les évangiles (ce qui revient à une observation) ou trouvés "au fond de leur coeur". J'ai souvent sondé mon coeur, et je n'y ai trouvé que ce que la société y a mis (des traditions) ou les mécanismes purement biologiques de ma nature animale.

Mon travail est inachevé, et demain je proposerai peut-être d'autres conclusions. Mais à ce stade de ma recherche, je suis résolument kantien. La science est capable de connaître (de mieux en mieux, mais toujours dans l'approximation) le phénomène. Le noumène lui est inaccessible. Et, je le crains, l'homme ne dispose d'aucun moyen pour contempler le noumène. L'homme est un être-pour-ignorer.

Aujourd'hui, mon fichier a grandi, et j'ai 57.007 fiches. J'ai beaucoup lu depuis 1997. Et je suis toujours aussi ignorant.

Pour info :                  

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences : 

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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De l'editologie a l'edition, entre Popper et Bachelard

26 Juillet 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Editologie, #Biographie

J'ai développé le concept d'éditologie vers le milieu des années 1980. Il s'agissait d'une "épistémologie historique", inspirée notamment des travaux de Gaston Bachelard et de George Sarton, qui visait à définir la scientificité par les modes d'édition des textes "scientifiques". Opposition donc à Popper, ou plus exactement complémentarité. Ma recherche, depuis lors, m'a conduit à déterminer le critère du "philosophique" dans le rejet des traditions, et à définir la science comme une démarche philosophique qui fait appel à l'instrumentation. C'était une espèce de retour à Popper, puisque la falsification implique la mise en oeuvre d'instruments. Cela éclaire le rapport entre science et technique, et confirme la pertinence épistémologique du continuum "STI".

De 2002 à 2009, je faisais paraître mon "Histoire de la science" en 9 volumes, tout en ayant résumé mes positions philosophiques dans 3 ouvrages parus chez L'Harmattan, Paris (2005 et 2006). En 2011, je commençais l'édition d'une "Histoire des religions" (2 volumes parus, chez Jourdan, Bruxelles).

Mes recherches se poursuivant, je devais reconnaître la liaison indestructible entre le questionnement épistémologique et l'investigation ontologique, et une critique radicale de la phénoménologie et des herméneutiques (Ricoeur, Gadamer) me conduisait à l'évidence des concepts fondateurs de toute recherche "sérieuse", l'Être et le Moi. L'introspection nécessaire me conduisait au travail poétique, avec comme aboutissement "Les mystères de Konioss" (auto-édition, 2012).

En 2014, j'ai publié un article dans la "Revue Générale" ("Science et religions"), ainsi que trois livres disponibles en librairie : "Les agitateurs d'idées en France" (avril, La Boîte à Pandore), "Histoire des mathématiques" (juin, Vuibert), "Les plus grands Belges" (juillet, La Boîte à Pandore). Ces textes sont autant d'étapes dans mon cheminement philosophique, qui doit explorer le langage mathématique en tant que "langue de la science", et qui doit se pencher sur l'opposition tragique entre pensée libre et pensée unique (qu'il s'agisse, par exemple, de la Pensée Unique produite par les mouvements de gauche chez les intellectuels français, ou de l'islamisme triomphant au Soudan, en Turquie, en Irak, à Gaza, au Nigeria, et dans quelques municipalités françaises ou belges).

Pour info :              

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences : 

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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