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Jean C. Baudet

Articles avec #biographie tag

Sur la petite table, lectures

20 Avril 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie

Sur la petite table jouxtant ma bergère, dans ma bibliothèque, se trouve l'accumulation pittoresque des livres dont je poursuis la lecture, passant d'un volume à l'autre, car j'aime bien ces interruptions, et passer par exemple d'Hérodote à Husserl, ou de Jacques Goyens (romancier belge) à Voltaire (littérateur français). Pour le moment, sur la petite table, je vois le volume jaune, dans la collection des "Grandes études contemporaines", chez Fayard, d'Henri Amouroux (Le 18 juin 1940), le petit livre gris qui contient une sélection des contes d'E.T.A. Hoffmann, le livre, abîmé par de nombreuses consultations, de Fernand Renoirte : Eléments de critique des sciences et de cosmologie (qui est un traité d'épistémologie néothomiste), le livre (en format "de poche"), excellent, de Michel Winock : La gauche en France, et quelques autres. Par exemple, avec sur la couverture la Liberté guidant le peuple de Delacroix, un gros livre dû à la plume abondante d'Alain Minc : Une histoire de France. Bien que la petite table soit très encombrée par mes lectures en cours qui forment plusieurs empilements, j'ai encore trouvé une petite place pour y poser une espèce de vide-poche en plastique rouge, d'un effet esthétique plutôt médiocre, où se trouvent quelques crayons soigneusement taillés. Car je possède un taille-crayons très efficace, plus commode qu'un canif pour épointer les mines.

Il y a encore, sur la table, un excellent ouvrage sur l'extraordinaire aventure de la rencontre, en 1876, des peuplades belges et des peuplades congolaises, racontée (jusqu'aux horreurs de 1960) par un excellent connaisseur de la colonisation du Congo, qui écrit d'une plume trempée dans l'encre du bon sens et débarrassée des préjugés idéologiques. L'auteur est Jacques Braibant, le titre Congo - Un pari stupide.

Et ainsi, je passe des ingénieurs belges qui ont développé des infrastructures dans une jungle presque impénétrable infestée de moustiques et de mouches tsé-tsé aux officiers supérieurs français de 1940 incapables d'arrêter la ruée triomphale des panzers et des stukas, des fantasmagories hoffmanniennes à l'histoire de la SFIO, du PCF et des passions politiques de Victor Hugo... C'est-à-dire que je passe le temps... 

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences : 

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Analytique de ma Bibliothèque (my library)

10 Décembre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie

Je passe l'essentiel de mon existence dans deux pièces de ma maison au nord de la Ville, ma chambre qui se trouve côté jardin, où je dors, et ma bibliothèque, dont les trois grandes fenêtres donnent sur une avenue sans arbres mais agrémentée de jardinets, où j'attends chaque jour qu'il soit l'heure de dormir ou de mourir. Ma bibliothèque me sert donc de living-room ou de working-room, plus que mon salon-salle à manger du premier étage. Cette pièce où je passe le "plus clair de mon temps" (qui est souvent bien sombre) est une bibliothèque, en effet, car les trois murs sans fenêtres sont couverts de rayonnages jusqu'au plafond, pleins de livres, à l'exception d'une double porte vitrée qui s'ouvre sur un petit hall donnant accès aux commodités de ma chambre à coucher, d'un cabinet de toilette, d'une salle de bain et d'un petit bureau où je rédige mes livres et mes articles avec le secours efficace d'un ordinateur Hewlett-Packard chargé d'un software de traitement de textes Microsoft-Word. Il faut dire encore que ma bibliothèque se trouve au deuxième étage de la maison, et qu'elle est donc suffisamment élevée pour que je puisse voir, par mes fenêtres, les cimes des arbres d'un parc tout proche, où je me promenais parfois, jadis ou naguère, quand je trouvais encore du plaisir à marcher dans un environnement végétal. Les rayons de ma bibliothèque sont chargés de livres bien rangés, qui sont les vestiges dérisoires et grandioses (il s'y trouve tout de même Homère et Descartes !) de mes vies antérieures. Il s'y trouve la poésie de ma jeunesse, les romans de mon adolescence, les livres de biologie de ma première maturité, et tous les ouvrages de philosophie abimés par mes fréquentes relectures. Il me vient toujours le même étrange plaisir quand je parcours des yeux tous ces volumes, quand je remarque pour la centième fois que les oeuvres complètes d'Arthur Conan Doyle prennent plus de place que celles de Jean-Paul Sartre, quand je prends, presque au hasard, un de ces témoins de mon passé pour y retrouver un moment - parfois presque oublié - de ma vie, celui où j'ouvris ce livre pour la première fois. Par une espèce de coquetterie sans raison valable, presque niaise, mais à laquelle je tiens malgré tout, mes propres ouvrages sont absents de cette pièce, où je n'accueille que les oeuvres des "autres". Mes ouvrages (21 livres, plus ma thèse de doctorat, plus les tirés à part de mes articles) se trouvent dans le petit bureau où j'écris, voyant par la fenêtre un ciel tout bleu et les façades ensoleillées des maisons voisines. Où j'écris cet article inutile. Ainsi mon bureau est-il le siège de ma vie la plus active - qui consiste à pianoter des dix doigts sur un clavier d'ordinateur - et de la plus grande inutilité : écrire des textes philosophiques. Car qu'y a-t-il de plus "philosophique" que la description d'une bibliothèque ?

 

Vous n'avez pas perçu le sens philosophique, le concept du présent propos analytique (et même phénoménologique) ? Je vais vous le dire. La poésie, c'est l'enfance. Le roman, c'est l'adolescence. La science (notamment la biologie), c'est la première maturité, pleine encore de projets. La philosophie (le retour sur le moi de l'homme qui se penche sur son passé et sur celui de l'humanité), c'est la maturité pleine, proche de la sénilité, et qui n'a plus comme projet que la mort. Il y a les oeuvres de Montaigne et de Cioran, dans ma bibliothèque...

 

Pour info, l'URL (à copier et coller après http://) d'une vidéo sur l'histoire des sciences comme explication et évaluation du savoir :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Propos sur le matérialisme

20 Octobre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Matérialisme, #Biographie

D'où vient mon matérialisme ? Et, au fond, le matérialisme, qu'est-ce que c'est ? Je dois remonter loin dans mes souvenirs, et me rappeler la cour de récréation de l'Athénée de Wavre, où j'ai fait une partie de mes études secondaires (la quatrième et la troisième années). J'avais quatorze ans, et comme tous les garçons de cet âge et de cette époque, j'étais fasciné par le communisme, qui avait pour principale vertu d'être mal vu par nos parents et nos professeurs. Je me suis mis alors à lire tout ce qui me tombait sous la main à ce sujet, et je découvris Marx et Engels, et ces deux expressions magiques : "matérialisme dialectique", "matérialisme historique". Je ne sais plus exactement quand, mais je suis tombé inévitablement sur la fameuse déclaration de Marx : "Ma méthode dialectique, non seulement diffère par la base de la méthode hégélienne, mais elle en est même l’exact opposé. Pour Hegel, le mouvement de la pensée, qu’il personnifie sous le nom de l’Idée, est le démiurge de la réalité, laquelle n’est que la forme phénoménale de l’Idée.  Pour moi, au contraire, le mouvement de la pensée n’est que la réflexion du mouvement réel, transporté et transposé dans le cerveau de l’homme". Cela ne pouvait qu'être la vérité vraie, et je fus communiste, marxiste et dialecticien (hégélien aussi, sans trop savoir ce que cela signifiait) pendant six mois. Je changeai d'athénée, et me retrouvai en classe de seconde (dite de poésie), à l'Athénée Royal d'Ixelles. Je continuais à m'intéresser aux idées de Marx et d'Engels, et je m'approvisionnais en livres sur le sujet dans une librairie aujourd'hui disparue dont j'ai oublié le nom et l'adresse (c'était peut-être à la place Saint-Jean, mais ma mémoire est défaillante). J'en sus bientôt un peu plus sur Hegel, et je me dis qu'il fallait aller plus loin que Marx (que je commençais à prendre pour ce qu'il fut, un dangereux idéaliste déguisé en matérialiste, et qui remplaçait l'intelligence de l'histoire par la compassion, dans la lignée du prophétisme juif). C'est-à-dire qu'il fallait en effet renverser l'idéalisme de Hegel, mais qu'il fallait même abandonner sa dialectique, qui était le coeur de son idéalisme. J'en vins ainsi à un matérialisme radical, anti-marxiste, anti-hégélien, conséquent et sans fioritures "culturelles". J'entamai mes études supérieures, j'appris la philosophie de manière moins chaotique, et je n'ai plus cessé de m'interroger sur la grande question : matérialisme, oui ou non ?

Tous mes travaux m'ont toujours ramené à un matérialisme "clair et distinct". Il me semble qu'en effet la lecture de l'Histoire (et en particulier de l'histoire des systèmes de pensée), que l'examen phénoménologique de la condition de l'Existence (humaine), que la réflexion débarrassée des pesanteurs des traditions ne peuvent conduire qu'à un monisme (j'ai, depuis, trouvé des soutiens chez Moritz Schlick, chez Sartre, dans la philosophie analytique américaine), c'est-à-dire à une profonde unité ontologique du Réel. Le réel est matériel, c'est-à-dire sensible, corporel, de même nature que mon corps dont je puis expérimenter les douleurs et les plaisirs. Le monde des Idées de Platon, la dialectique de Hegel, le noumène de Kant, l'Être de Heidegger (ici, c'est moins clair) ne sont que des répétitions raffinées des idées les plus primitives d'un "au-delà" que l'on trouve chez les sauvages et les hommes préhistoriques : chamanisme, animisme, superstitions diverses qui conduiront aux religions et aux idéologies spiritualistes - avec ces derniers avatars ridicules de l'idéalisme que sont l'astrologie, la voyance, le spiritisme, la chiromancie, que l'on pratique dans des sociétés humaines que l'on prétend "avancées".

Seule existe la matière. Tout le reste - esprits, âmes, anges, dieux, valeurs, morales, éthiques - ne sont que des songes ou des mensonges.

Certes, je laisse la place au doute, et je continue à chercher. Un jour peut-être, je me trouverai sur le chemin de Damas, ou face à un buisson qui brûle sans se consommer. Mais en attendant une théophanie que je pense improbable, je crois en la matière, parce que j'en souffre, et je ne crois en rien d'autre. Je peux le dire plus savamment, et expliquer que mon épistémologie (éditologie) m'a conduit à admettre que la méthode scientifique est fondée par ses résultats (comme Socrate avait prouvé le mouvement en marchant), et que la science ne connaît qu'un univers partout semblable à lui-même, ce qui implique une ontologie moniste.

Je ne suis qu'un futur cadavre, et l'Humanité n'est qu'un immense charnier, fait de chairs décomposées ou qui se décomposeront.

J'entends déjà les clameurs scandalisées des idéalistes et des superstitieux. Et le sourire de l'enfant ? Et la beauté des crépuscules ? Et Beethoven ? Ah oui, Beethoven... Lui, peut-être, avec Vivaldi et Bach et Rachmaninov et Jolivet, et avec Lavoisier, et avec Einstein, et avec Galilée. Ah oui, mon matérialisme ne m'empêche pas d'admirer. Mais rarement, parmi les hommes.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Propos sur mes cheminements

4 Octobre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie

Chaque penseur élabore sa pensée dans les cadres imposés de son idiosyncrasie, et au gré des circonstances, et dans le milieu où il est, favorable ou non au débat d'idées. Je n'ai pas de mérite d'avoir dû enseigner la philosophie en Afrique, au début de ma vie professionnelle, et certaines de mes lectures se sont faites au hasard. Certaines idées se sont imposées à moi comme des champs à labourer, et quand le flux de mes pensées s'est mis à couler, je n'ai plus pu empêcher les enchaînements d'idées, les vérifications chez les auteurs, les tentatives de conceptualisation, l'écriture. J'ai déjà, dans des ouvrages inédits, essayé de reconstituer ces cheminements, balisés par quelques étapes de ma vie. Pas par passion autobiographique (encore que je ne prétende pas échapper à cette tentation), mais pour essayer de comprendre l'origine de mes compréhensions.

Il y eut l'acceptation d'abord, toute scolaire, certains diront scolastique, du primat de la question épistémologique dans l'enquête philosophique, et la "découverte" de l'histoire des sciences, en lisant Bachelard et Sarton. Puis (en 1977), la "découverte" de la relation science-technique, d'où le lancement de ma revue Technologia en 1978. C'est la Sainte Trinité de mes départs : Science-Histoire-Technique. Et en fondant une maison d'édition, je "découvre" encore les réalités de l'Industrie - seul moment de ma vie où je suis passé de la Connaissance à l'Action.

J'ai travaillé, depuis 1968, à sortir quelques concepts de leur gangue circonstantielle, et j'ai semé mon chemin de 843 textes publiés sur papier et de 196 billets  sur ce blog. Aurais-je pu, avec une idiosyncrasie différente et des circonstances plus favorables, arriver à autre chose que "matérialisme-scepticisme-athéisme" ? Ne peut-on pas penser que, plus le philosophe vieillit, moins il a de choix ?

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Beans and philosophy

28 Août 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie, #Haricots

I thus arrived at the moment of the assessments. I devoted approximately ten years of my life to the food plants, especially to beans (Phaseolus vulgaris, Phaseolus lunatus, Macrotyloma geocarpum...), and the remainder to philosophy. Of all this work, there remain 20 books and 800 articles published, plus some other texts, undoubtedly unpublishable. I also succumbed to the morbid temptation of poetry. I soon will leave this Earth, without too many regrets, and this Humanity, with great pleasure.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Mes mots : taxonomie, flavonoïde...

11 Août 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie

Je suis passé de la philosophie (en enseignant) à la botanique, puis à la biologie, puis je suis revenu à la philosophie en passant par l'histoire des sciences. J'ai exercé alors les métiers de journaliste et d'éditeur, d'enseignant à nouveau (et même de sociologue à temps partiel, pendant quelques années), tout en approfondissant ma méditation philosophique à partir surtout de la phénoménologie de Husserl et de l'épistémologie "psychanalytique" de Bachelard. J'ai acquis de vastes connaissances sur la structure moléculaire des flavonoïdes, sur la taxonomie des Phaseoleae, sur la génétique des plantes vivrières, et sur le passage de la Théorie des quanta à la Relativité. J'en sais beaucoup moins sur l'Être et le Néant, mais je pense que Sartre, quand il écrivait ses Mots, n'en savait pas davantage. Ce que j'ai aimé ? Les prospections dans les savanes du Congo ex-belge (Nord-Kivu), les discussions avec des sociologues de diverses nationalités à Paris (quand je faisais partie d'un groupe de recherches de l'Association Internationale de Sociologie), quelques lectures... Ce que j'ai détesté ? La liste est longue. Et ce qui reste ? Quelques phrases, et des douleurs qui montent dans un corps fatigué.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Souvenir : Howard Lovecraft et Gaston Bachelard

6 Août 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie

Voici venu le temps du souvenir, la phase terminale des récapitulations, et je revois les phaséoles lunées et les macroptilies pourpres d'il y a quarante ans, et je me remémore les voyages au travers des énormes murailles à n dimensions séparant ce monde de désolation des vastes plaines de l'Absolu - où les odeurs de styrax et de myrrhe se combinent aux symphonies pâles des phénoménologies de Husserl et des fantasmagories de Jean Ray ou d'Howard Philips Lovecraft, et aux approbations encore fraîches des espoirs pathétiques d'Henri Van Lier. Le calme des bibliothèques et la sérénité des laboratoires, et le goût jamais retrouvé du pain de la rue Keyenveld. Je me souviens de l'exine échinulée des macrolytomes, et mes rêves n'ont plus d'autres aliments que le baluchon vite noué de mes lueurs - Julien Green, Gaston Bachelard et le British Museum. Il y eut aussi Beethoven. Je me décomposerai dans un quatuor, en pensant.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Phaseolus et philosophie

21 Juillet 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie, #Haricots

Je ne vous parlerai pas, Cher Inconnu, Chère Inconnue, des sociologues ou des avocats pénalistes, encore moins des zoologistes ou des dompteurs de fauves. Je pourrais vous fâcher. Je vous parlerai simplement, comme Baudelaire parlait des beaux nuages, du genre Phaseolus, défini par Carl von Linné en 1753, à la page 723 de son "Species plantarum". Au moins voici une information qui ne me vaudra pas l'inimité des bien-pensants. Et je songe, permettez-moi tout de même un peu de mélancolie, à ces moments d'intense bonheur - plus jamais retrouvé dans mes autres études - où j'examinais les espèces de ce genre, à Gembloux ou à Paris, étudiant la structure de leurs grains de pollen, leurs chromosomes, ou les flavonoïdes que j'extrayais à l'aide de solvants soigneusement dosés, de leur parenchyme foliaire. Jamais la philosophie ne m'a procuré ces plaisirs simples, et en plus je risque l'excommunication. Il y a des choix professionnels qui sont redoutables.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Qui sommes-nous ?

20 Juillet 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie

Si je suis ce qui restera, c'est-à-dire mes livres, qui suis-je ? Mon oeuvre poétique est très légère, et ma philosophie est restée incomprise. N'est-ce pas le comble du malheur d'être un jour, dans une quelconque évocation de mes ouvrages, traité d'historien des sciences ou, pire encore, d'historien ou de littérateur ? Mais pourquoi souffrir déjà, dans mon amour-propre, de quelques événements post mortem ? D'ailleurs, le plus probable c'est qu'on m'oublie, car les livres de philosophie chassent les livres de philosophie et, dramatiquement, parce que les livres de théologie chassent la pensée. Tout porte à croire que, dans quelques années, les seuls livres qui paraîtront encore soient des commentaires du coran et des manuels d'agriculture "bio". Je devrai sans doute me contenter du silence. C'est ce que je suis, au fond, un homme nommé silence.

Et puis, à tout prendre, qu'existe-t-il d'autre que le silence ?

A la fin de sa vie, Jean-Paul Sartre a écrit Les Mots. Pour nous dire, à sa manière, que l'enfer, c'est le silence des autres.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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