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Jean C. Baudet

Articles avec #economie tag

Propos sur les entreprises

9 Avril 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Economie, #Technologie

L’Humanité est formée d’hommes et de femmes qui ont des besoins. Ceci est une base de réflexion qui me semble incontournable si l’on veut analyser la condition humaine. Pour satisfaire ces besoins, il faut des biens et des services. Voilà un premier pas dans mon raisonnement qui me semble également exact. Pour produire et pour distribuer ces biens et ces services, il faut des entreprises de production, de transport et de commercialisation. Comment le nier ? Pour créer des entreprises, il ne faut pas nécessairement des ouvriers (robotisation), ni des employés (informatisation), ni même des cadres (intelligence artificielle). Mais il faut impérativement des entrepreneurs (le patronat), des capitaux (les banques et les actionnaires) et des clients solvables (les marchés). Voilà ce que nous enseigne l’histoire économique depuis le XVIIIème siècle, quand eut lieu, en Grande-Bretagne, la Révolution industrielle, qui fut le passage de la Technique à la Technologie (c’est-à-dire de l’empirisme à la rationalité). De 1979 à 1996, quand j’éditais le magazine Ingénieur et Industrie, j’ai pu observer dans le détail ce remplacement inéluctable des ouvriers par la Machine et des employés par l’Ordinateur. J’ai vu disparaître, jour après jour, des milliers d’emplois (Cockerill, MBLE, ACEC…). Aujourd’hui, le processus de désouvriérisation de l’économie continue. L’usine d’ordinateurs et de robots sans main-d’œuvre est devenue une réalité. Les dirigeants politiques feraient bien de tenir compte de cette réalité pour « inverser la courbe du chômage ».

Karl Marx a bien vu que les « moyens de production » (la Technique, et donc le Capital) étaient le moteur de l’Histoire, mais il n’est pas arrivé à comprendre que le passage de la Technique à la Technologie – qui avait lieu sous ses yeux – allait faire disparaître (ou du moins amenuiser fortement) le prolétariat. D’abord les ouvriers sans qualification furent remplacés par les machines, puis les ouvriers qualifiés, les techniciens, et même une partie des ingénieurs furent remplacés par l’automatisation et puis par la digitalisation.

Il est évident que mon propos n’est pas une analyse complète de la situation économique en 2017. Pour se risquer à des considérations prospectives, il convient encore de tenir compte de l’explosion démographique, et de l’évolution des courants de pensée. Mais comment ne pas admettre que si la Technique a fondé l’Humanité (l’invention de l’outil fait sortir l’homme de la condition animale), la Technologie est en train de bouleverser toutes ses « valeurs » ?

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Réflexions sur le patronat

29 Mars 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Economie

Les patrons ont des qualités intellectuelles (connaissances techniques, économiques et juridiques, rigueur, créativité…), physiologiques (résistance à la fatigue), caractérielles (résistance au stress, réactivité) et comportementales (aptitudes managériales) tout à fait exceptionnelles. C’est pourquoi le patronat est tant détesté par les marxistes, les socialistes, les communistes, les gauchistes, les situationnistes, les trotskystes, les maoïstes, les socio-démocrates, les travaillistes, les syndicalistes, les mélenchonistes, les hamonistes, les arthaudistes, les poutouistes.

En effet, la psychologie nous enseigne que l’envie et le ressentiment qu’elle provoque forment un puissant générateur de haine et de détestation. Les psychanalystes, en particulier, ont bien montré que l’envie conduit à l’agressivité. Et l’on peut remonter bien plus haut dans l’histoire de l’analyse de l’envie. Déjà en plein Moyen Âge, dans sa théorie des « sept péchés capitaux », le théologien chrétien Thomas d’Aquin avait établi le lien qui va de l’envie à la haine. Et plus près de nous, un René Girard a développé toute une doctrine montrant dans le désir (c’est-à-dire l’envie) la source des conflits, montrant au passage les liens profonds entre la violence et le sacré.

Et je me dis que ceux qui croient avec véhémence au « progrès de l’Humanité » et à la construction d’un « monde meilleur » devront bien admettre que ce nouveau monde proviendra des actes et des entreprises d’hommes et de femmes ayant des qualités intellectuelles, physiologiques, caractérielles et comportementales tout à fait exceptionnelles. Si l’Humanité a progressé au cours de l’Histoire (plus quantitativement que qualitativement, hélas), c’est grâce à des entrepreneurs comme Watt, comme Lenoir, comme Gramme, comme Siemens, comme Ford, comme Peugeot, comme Boeing, comme Rolls et comme Royce, comme Harley et comme Davidson, comme Hewlett et comme Packard, comme Toyoda… La grande majorité des humains, aussi « libres et égaux en droits » furent-ils, n’ont contribué en rien à l’amélioration de la condition humaine. Les qualités intellectuelles, physiologiques, caractérielles et comportementales sont rares. 

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Du fric avant toute chose

18 Février 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #France, #Economie

Pour augmenter le pouvoir d’achat des Français, pour procurer un logement à tous les Français, pour éduquer et pour instruire la jeunesse, pour réparer les dégâts dus aux catastrophes (inondations, tornades, feux de forêts) liées à la détérioration du climat, pour soigner les malades et les handicapés dans des hôpitaux bien équipés, pour contrôler la qualité des aliments et des médicaments, pour se protéger du terrorisme islamiste, pour mettre hors d’état de nuire les voleurs, les casseurs et les assassins, pour que les trains, les autocars et les avions arrivent à l’heure, pour que soient créées, réalisées et diffusées des émissions de télévision variées et répondant aux aspirations du public, pour tout cela il faut du fric, beaucoup de fric !...

Or, pour obtenir de l’argent de manière éthique et durable, pour « créer des richesses », la France (comme tous les pays, d’ailleurs) n’a qu’un seul moyen : l’activité de ses entreprises. Les économistes le disent et le répètent depuis des années : Elie Cohen, Nicolas Bouzou, Philippe Dessertine, Agnès Verdier-Molinié, Jean-Marc Daniel, François Lenglet, Christian Saint-Etienne…

Or, pour avoir des entreprises efficaces, innovantes et compétitives, il faut des entrepreneurs capables et décidés, courageux et rusés, doués et créatifs.

Or, l’opinion publique française (et donc une grande partie des hommes politiques), imprégnée fortement par le marxisme et ses dérivés (trotskisme, stalinisme, maoïsme, mélenchonisme, hamonisme), est animée d’une véritable aversion pour l’entreprise et pour les entrepreneurs.

Voilà les éléments de base de la difficulté de gouverner. La France a sans doute besoin davantage de patrons que de donneurs de leçons de morale, si du moins elle veut conserver sa prospérité (et peut-être son âme) dans un monde chamboulé par une explosion démographique sans précédent, cause d’épuisement des ressources naturelles et de pollutions de plus en plus dangereuses.

On ne lutte pas contre les tornades avec de belles paroles, ni contre les kalachnikovs du terrorisme et du banditisme avec de beaux sentiments.

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Du fric avant toutes choses

10 Septembre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Economie, #Politique

Pour indemniser les victimes des inondations, des tornades, des feux de forêts, il faut de l’argent, beaucoup d’argent. La France (mais c’est vrai pour tous les pays), que ce soit les pouvoirs publics ou le secteur privé (les compagnies d’assurance), doit disposer de ressources financières suffisantes pour lutter contre les effets dévastateurs de ces catastrophes, qui d’ailleurs iront en s’aggravant avec le changement du climat. De même, pour protéger la population des agressions meurtrières du terrorisme islamiste, la France (mais c’est vrai pour tous les pays visés par le djihadisme) doit avoir de l’argent pour payer les salaires et les équipements de l’Armée, de la Gendarmerie, de la Police et des établissements pénitentiaires, et si l’on parvient à détruire Daech, il faudra quand même encore de l’argent pour lutter contre les autres organisations combattantes qui naîtront de la violence inhérente à l’idéologie islamiste. De même, pour lutter contre le chômage, la France (mais c’est vrai pour la plupart des pays paléo-industrialisés) doit avoir de l’argent pour créer des entreprises viables : il faut des bâtiments, des machines, des matières premières, des véhicules, et il faut rémunérer la main-d’œuvre. Et ce n’est pas encore tout ! Même si la France dispose de suffisamment de moyens de payement pour résoudre les trois grandes questions (vitales) du changement climatique, de l’islamisme et du chômage (c’est-à-dire de la concurrence de plus de 7 milliards d’individus), il lui faut encore de l’argent, toujours de l’argent, pour les musées et les hôpitaux, pour les écoles et les théâtres, pour les routes et les chemins de fer, pour la poste et les asiles d’aliénés, pour la télévision et les manifestations sportives…

D’où cet argent vient-il ? Des bénéfices réalisés par les entreprises exportatrices qui parviennent à vendre des biens et des services « made in France » ! Il n’y a pas d’autres sources de moyens financiers que les entreprises ayant suffisamment de commandes, qu’il s’agisse de vendre du vin ou du fromage, des avions de combat ou des bateaux de plaisance, des logiciels ou des chansons.

Et il se trouve des imbéciles qui prétendent que « l’argent ne fait pas le bonheur » ! Je me demande avec quoi ils achètent leurs téléphones portables, leurs skis pour l’hiver, leurs bikinis ou burkinis pour l’été, et leur pain quotidien, leur couscous, leur maïs, leur riz ou leur sorgho ?

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Caterpillar ferme ses installations a Gosselies

4 Septembre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Economie, #Politique

Je continue de penser avec tristesse aux employés de la multinationale Caterpillar qui vont perdre leur emploi à Gosselies. Sans compter les collaborateurs des sous-traitants et des fournisseurs également menacés de chômage, dans ce pays de Charleroi déjà fortement désindustrialisé. On y remplace les usines manufacturières par des musées, alors que les usines produisent des richesses, quand les musées ne produisent aucune « valeur ajoutée ».

Les responsables politiques, ministres fédéraux et régionaux rassemblés (ce qui, en l’occurrence, est plutôt sympathique), font de belles et pathétiques déclarations volontaristes : « nous mettrons tout en œuvre pour sauver l’emploi ». Que peuvent-ils faire ? Que pourront-ils inventer de plus que lors des disparitions des ACEC, des Forges de Clabecq, de Cockerill, de la SABENA, de Ford à Genk, de Renault à Vilvorde ?...

Au-delà de l’analyse journalistique, que peut-on penser de toutes ces fermetures d’entreprises en Belgique ? La gauche et l’extrême gauche y voient la conséquence d’une anthropologie binaire : l’Humanité est formé des bons (les ouvriers et les employés, c’est-à-dire le prolétariat) et des méchants (les actionnaires, les dirigeants, les ingénieurs et les cadres, c’est-à-dire la bourgeoisie), et l’Histoire est la poursuite implacable de la lutte acharnée des méchants contre les bons. C’est la fameuse « lutte des classes ». Je n’ai pas la place, dans ce billet, pour analyser finement la question, mais il me semble que certains indices montrent que la Belgique, et spécialement la Wallonie, est fortement imprégnée de marxisme, et c’est peut-être une des causes de la désindustrialisation du pays. Quand de nombreux médias insultent régulièrement le patronat, quand de nombreux intellectuels annoncent régulièrement la fin du capitalisme, quand de nombreux écrivains dénoncent régulièrement la voracité des multinationales (et même de tous les entrepreneurs), quand des grèves sont régulièrement organisées par les activistes des syndicats et des partis marxistes, quand l’éducation nationale préfère former des historiens de l’art et des sociologues plutôt que des ingénieurs, des mécaniciens et des gestionnaires, on ne peut pas dire que la Belgique, et spécialement la Wallonie, soit une terre d’accueil pour les initiatives industrielles pourvoyeuses d’emplois !

Faut-il prévoir, à Gosselies, des grèves, des émeutes, du vandalisme, des destructions et des pneus brûlés, et peut-être pire ? Penser plus loin ? Il faut se demander pourquoi une entreprise peut se développer sans ouvriers (robots et ordinateurs), mais ne peut pas subsister sans actionnaires. Ni d’ailleurs sans clients, mais avec 7,5 milliards d’individus, l’Humanité reste un marché pour longtemps !

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Caterpillar, Gosselies, Grenoble

3 Septembre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Economie

Caterpillar, Gosselies, Grenoble

Quand je dirigeais le magazine Ingénieur et Industrie, de 1979 à 1996, j’ai eu l’occasion de visiter de très nombreuses entreprises industrielles en divers pays d’Europe (Siemens, Bayer en Allemagne, Philips aux Pays-Bas, ABB en Suisse, etc.) et d’interviewer certains cadres et dirigeants de plusieurs de ces sociétés. C’est ainsi que j’ai connu la MBLE à Bruxelles, les ACEC à Charleroi, Cockerill à Seraing, et d’autres usines belges de belle technologie aujourd’hui disparues. Car les entreprises sont aussi mortelles… Cela m’a permis de rassembler une abondante documentation qui me servira pour étudier les origines et le développement d’une trentaine des plus importantes multinationales dans un livre paru aux éditions Jourdan (Curieuses histoires des entreprises), puis augmenté et réédité aux éditions La Boîte à Pandore (Les plus grandes entreprises).

Ces entretiens et ces visites – il y a plus de vingt ans, déjà – m’ont appris le principe simple (« simpliste » diront mes adversaires), fondamental et universel de la gestion d’entreprise, que l’on enseigne d’ailleurs dans les écoles d’ingénieurs : « pour maximiser les bénéfices, il faut minimiser les coûts ». Terrifiant principe, qui est en somme l’expression dans la vie économique du « struggle for life » des biologistes.

Quand j’ai appris la fermeture prochaine de l’usine de Caterpillar à Gosselies (voir mon billet précédent), j’ai été terrifié par le malheur qui allait, une nouvelle fois, s’abattre sur la Wallonie en cours de désindustrialisation. On parle de la perte de 2 200 emplois, auxquels s’ajouteront des milliers d’emplois perdus chez les fournisseurs et les sous-traitants ! La société américaine ferme ses installations à Gosselies, mais maintient son activité productrice à Grenoble. Et les commentaires vont bon train : pourquoi garder l’usine en France et fermer celle en Belgique ? Curieux questionnement ! Les hommes ne sont-ils pas tous égaux, et un travailleur français (ou chinois, ou polonais) ne vaut-il pas un travailleur belge ? Du point de vue général (le bien de l’Humanité), que l’on produise des engins de génie civil en Wallonie ou en Alsace ou chez les Coréens, qu’est-ce que ça change ? Ne faut-il pas partager ?

Le responsable de ce désastre est, nous dit-on à gauche, l’état-major de la société américaine. Cela va de soi ! Mais il faut aller plus loin. L’élément responsable est la rapacité des actionnaires, nous dit-on à l’extrême gauche. Je passe sur le fait que s’il n’y avait pas d’actionnaires il n’y aurait pas Caterpillar, qui donne un salaire à plus de 100 000 personnes dans le monde ! Mais il faut aller encore plus loin. Le responsable de la fermeture à Gosselies, c’est la concurrence faite à Caterpillar par d’autres entreprises, capables elles aussi de construire et de vendre des pelleteuses et d’autres engins sur roues ou sur chenilles. Et le facteur causal se révèle ainsi être, au bout de l’observation attentive de la marche du monde, l’explosion démographique. En 1956, quand Caterpillar crée une filiale en Belgique, la population mondiale est de 2,6 milliards d’individus. Aujourd’hui, elle est de 7,5 milliards de gens, qui tous voudraient un emploi, à Gosselies, à Grenoble et ailleurs !

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Caterpillar, Gosselies et l'aveuglement

2 Septembre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Economie, #Wallonie

Caterpillar, Gosselies et l'aveuglement

C’est fascinant de voir à quel point les commentateurs de la fermeture de l’usine de Caterpillar à Gosselies s’entêtent à ne pas vouloir regarder en face les réalités d’une Humanité mondialisée ! Imbibés jusqu’à la moelle des os par le marxisme et par la détestation des entreprises et des industriels, ils refusent (journalistes, syndicalistes, politiciens et même certains économistes…) d’admettre les principes les plus fondamentaux et d’ailleurs fort simples de la vie industrielle : une entreprise doit faire des bénéfices, ou disparaître. Et elle ne peut réaliser des bénéfices que si elle peut, à qualité égale, produire à moindres coûts que ses concurrents. Si les salaires sont plus élevés, si les taxes sont plus lourdes, si les règlementations sont plus astreignantes, la fin est inéluctable.

La fin de l’industrialisation de la Wallonie est inéluctable, les géographes sérieux et les économistes compétents le savent depuis… 1960 (la fermeture des charbonnages), ou depuis… 1974 (l’augmentation brutale du prix du pétrole). Charbonnages, usines sidérurgiques, entreprises carbochimiques, ateliers de construction mécanique ont disparu. Aujourd’hui, c’est Caterpillar qui ferme, avec quelques sous-traitants. Demain, les dernières entreprises manufacturières (aérospatial, chimie fine, pharmacie) cesseront leurs activités, concurrencées par un milliard de Chinois, par un milliard d’Indiens et par tous les autres.

Dans dix ans, et peut-être avant, la Wallonie sera un pays de homes pour vieillards, de sites touristiques, de musées et de friches industrielles, aux routes défoncées, aux infrastructures délabrées, et avec une immense dette publique.

Aurait-on pu éviter cette marche annoncée vers le sous-développement ? Je ne le sais pas. Mais les responsables sont clairement identifiés, ce sont ces « décideurs » qui ont préféré la démagogie et les dépenses publiques improductives à l’analyse prospective, à la rigueur et à l’austérité. Que les Wallons se consolent. Déjà l’admirable Athènes et la Rome admirable ont connu le même sort. Il est difficile d’éviter l’aveuglement quand le passé est glorieux.

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Contre une pornographie de l'entreprise

15 Août 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Economie, #Politique

Contre une pornographie de l'entreprise

Il est très remarquable que la gauche ignore (ou fasse semblant d’ignorer) les principes les plus élémentaires de l’entreprise. Rappelons-les ! Pour créer une entreprise (et donc pour créer des emplois), il faut réunir des « moyens de production », que l’on peut répartir en sept facteurs. 1° il faut de l’énergie ; 2° il faut des matières premières (ne serait-ce que du papier pour établir l’indispensable comptabilité) ; 3° il faut des équipements (locaux, mobilier, machines…) ; 4° il faut de la main-d’œuvre intellectuelle (cadres, ingénieurs, comptables…) ; 5° il faut de la main-d’œuvre manuelle ; 6° il faut des clients solvables ; 7° il faut un climat socio-politique qui ne soit point hostile à l’idée même d’entreprise et d’entrepreneur.

Ces sept moyens sont rigoureusement indispensables : si l’un d’eux manque, l’entreprise ne tarde pas à faire faillite. Les facteurs 4 et 5 sont bien distincts, on ne peut pas mettre dans la même catégorie celui qui balaye les ateliers et celui qui dirige la production ou qui négocie avec les fournisseurs et les clients. Même dans une société unipersonnelle, l’entrepreneur solitaire doit effectuer des tâches dont certaines sont intellectuelles et d’autres manuelles (ne serait-ce que taper le courrier ou prendre régulièrement les poussières).

Les facteurs 1 à 5 doivent être achetés ou loués, il faut donc, avant même d’entamer une quelconque activité, de l’argent, c’est-à-dire des capitaux. Sans capital initial, pas d’entreprise, quels que soient les talents, la créativité et la ténacité du candidat-entrepreneur. Il est intéressant de noter que ces cinq facteurs, aussi différents soient-ils, sont en quelque sorte « unifiés » par le moyen de les acquérir : il faut de l’argent aussi bien pour acheter une machine-outil que pour louer des bureaux ou pour rémunérer des ouvriers. Pas d’entreprise sans capital, et pas d’entreprises pérennes sans bénéfices. On comprend mieux la haine des entreprises et de leurs cadres et patrons chez les intellectuels de gauche, qui sont dans leur grande majorité rémunérés par l’Etat (enseignants, fonctionnaires, et même journalistes, salariés de médias subventionnés par les pouvoirs publics…). C’est même amusant de noter que l’idéologie marxiste est basée sur une exécration du « Capital », pourtant indispensable pour faire tourner l’économie de n’importe quelle collectivité humaine !

Il est intéressant aussi de s’arrêter un moment à la séparation des facteurs 4 et 5. Les collaborateurs intellectuels dont les entreprises ont impérativement besoin sont rares, et ne sont pas interchangeables : on ne transforme pas, même en quelques mois, un juriste en ingénieur électromécanicien, ni un comptable en informaticien. C’est qu’il faut de nombreuses années pour former un juriste, un ingénieur, un comptable. Alors que l’on forme un manutentionnaire en quelques jours, et un balayeur en quelques heures. Dans un pays comme la France, la « réserve » de balayeurs est plus que suffisante. Par contre, il y a une insuffisance grandissante de travailleurs intellectuels, ce qui devient un facteur limitant pour la création et la croissance d’entreprises. Voilà un des éléments qui expliquent la « courbe du chômage », et l’on comprend que cela irrite ceux qui affirment que « tous les hommes sont égaux ». Il y aurait aussi beaucoup à dire sur un système d’enseignement qui forme plus de sociologues que de mécaniciens, et davantage d’historiens de l’art que de chimistes.

Les facteurs 6 (clients) et 7 (climat socio-politique) ne s’achètent pas, mais n’en sont pas moins indispensables. Ils sont subis par l’entrepreneur qui devra constater sans recours qu’un client passe à la concurrence, ou qui devra observer que la mentalité d’une partie de la population n’éprouve que peu d’appétence pour certains métiers. On constate aisément que la « mondialisation » actuellement en cours intensifie l’importance de ces facteurs. La concurrence des producteurs des pays naguère sous-développés ne peut que croître, et les idéologies anti-entreprise se développent dangereusement. Pourquoi un patron ferait-il l’effort de créer une entreprise en France (ou dans d’autres pays à forte imprégnation socialiste), s’il doit redouter des grèves, des sabotages, des absences pour maladie imaginaire, voire même des insultes, des séquestrations et des violences physiques ? L’entreprisophobie, qui donne lieu à toute une littérature cacographique ou pornographique (slogans sur les murs, banderoles de manifs, prises de parole à la télévision de détestateurs du monde patronal, presse de gauche…), freine à l’évidence la création d’entreprises, et la courbe du chômage ne s’inverse pas !

J’ai étudié les mécanismes de la création d’entreprise dans mon livre récent Les plus grandes entreprises (La Boîte à Pandore, Paris, 319 pages).

Il faudra étudier en profondeur les sources historiques et psychologie de l’entreprisophobie, particulièrement insidieuse en France, et clairement liée à la pensée de gauche. On découvre en tout cas facilement que l’entreprisophobie (comme l’antisémitisme) a de profondes racines chrétiennes : Jésus n’a-t-il pas chassé les marchands du Temple ?

Et pourtant ce même Jésus avait d’authentiques talents d’entrepreneur. Il savait s’entourer de collaborateurs dévoués, les apôtres, et aurait pu faire fortune dans le secteur agroalimentaire, car il connaissait le moyen de changer l’eau en vin.

Mais au fait, quelle est la plus ancienne, la plus riche et la plus grande « multinationale », dans le monde d’aujourd’hui ? N’est-ce pas l’Eglise catholique romaine ? Qui a su développer et vendre un produit-miracle (forcément !), qui a de nombreux clients : l’espérance.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Des solutions contre la crise

30 Avril 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Economie, #Politique

Un Français, nommé Joseph, a fondé une entreprise il y a une douzaine d'années. Grâce à un travail acharné et à la valeur de ses produits, il a pu engager une quinzaine de collaborateurs, et il récolte, chaque année, d'importants bénéfices ? Que doit-il faire ?

POUR le sarkozisme : travailler plus pour gagner encore plus,

- la social-démocratie : céder une part de ses bénéfices à l'Etat,

- le socialisme : céder tous ses bénéfices à l'Etat,

- le communisme : céder ses bénéfices et son entreprise à l'Etat,

- le gauchisme : céder ses bénéfices et son entreprise à ses employés,

- l'ultra-gauche : céder ses bénéfices, son entreprise et ses pantalons aux plus démunis,

- l'écologisme : fermer son entreprise, car elle pollue,

- le hollandisme : engager beaucoup d'employés pour inverser la courbe du chômage,

- l'islamisme : se convertir à l'islam,

- le catholicisme : prier le Seigneur,

- le protestantisme : continuer à faire des bénéfices,

- les conseillers fiscaux : se délocaliser en Roumanie ou au Portugal,

- les conseillers en gestion : remplacer les ouvriers par des robots,

- le féminisme : remplacer le personnel masculin par des femmes,

- les homosexuels : remplacer le personnel hétérosexuel par des pédérastes et des lesbiennes,

- les nutritionnistes : manger 5 fruits et légumes par jour,

- les mondialistes : engager des Polonais, des Népalais et des Syriens,

- l'hédonisme : visiter des musées, des théâtres, des restaurants et des bordels,

- le libéralisme : espérer que ça dure,

- le néo-libéralisme : surveiller le coût de la main-d'oeuvre et les charges fiscales et sociales,

- les flamingants : apprendre le flamand,

- les wallingants : apprendre le wallon,

- les anglophobes : éviter les anglicismes.

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Emploi et chomage

18 Novembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Economie

Est-ce donc si difficile à comprendre ? Soit une entreprise, en France ou en Belgique, qui fabrique des cravates. Le patron envisage d'engager un employé pendant un an. Il calcule qu'il va devoir, tous les mois, payer à son nouveau collaborateur un salaire S, et qu'il va devoir en outre verser des cotisations C (exigées par les pouvoirs publics) et qu'il devra enfin dépenser des frais F (local, chauffage et éclairage, outillage, administration, etc.). Il va donc devoir "trouver" chaque mois un montant de S+C+F euros. Pour fixer les idées, supposons que S+C+F = 2.000 euros, cela représente une dépense annuelle de 12x2.000 = 24.000 euros.

Pour que l'entreprise ne soit pas en difficultés financières (ce qui, à terme, signifiera la faillite et la perte de tous les emplois de l'entreprise), il faut que le travail effectué par le nouvel employé génère un bénéfice annuel supplémentaire d'au moins 24.000 euros ! Supposons que l'entreprise vende des cravates à 10 euros, avec un bénéfice unitaire d'un euro. Il faudra donc que l'activité du nouvel employé soit telle que le chiffre d'affaires augmente en un an de 240.000 euros, ce qui correspond non pas à la fabrication mais à la vente de 24.000 cravates supplémentaires.

En plus, le chef de l'entreprise doit constituer une réserve financière pour couvrir différents risques. Il se pourrait que le nouveau travailleur tombe malade (maladie réelle ou simulée), et si c'est une femme, elle pourrait devenir enceinte : congé-maladie ou congé de maternité! Il se pourrait aussi, cela arrive, que l'employé se révèle incompétent ou même carrément néfaste, provoquant des sabotages ou organisant des grèves.

Le raisonnement vaut pour n'importe quelle activité économique, qu'il s'agisse de vendre des cravates, des sex-toys ou des bouteilles de bourgogne. Quel entrepreneur, en France ou en Belgique, peut être sûr qu'il va, pendant l'année à venir, trouver un nouveau collaborateur capable de faire augmenter le chiffre d'affaires de 240.000 euros ?

Malgré les nombreux débats télévisés où l'on examine la question du chômage, avec force déclarations néo-libérales ou ultra-gauchistes, je ne vois pas d'économistes ou de journalistes expliquant simplement que "pour engager plus, il faut vendre plus" ! Or, du fait de la formidable explosion démographique, il devient de plus en plus difficile de vendre pour les pays européens, étranglés par une concurrence étrangère toujours plus vive, et dont on ne voit aucun signe d'une baisse prochaine. En France et dans les autres pays avancés, le chômage est là, et il est là pour rester, et même pour croître. La courbe du chômage n'est pas inversable. A moins de diminuer drastiquement S, C ou F !!!

Il suffit d'un peu de bon sens et de la connaissance des deux opérations arithmétiques les plus simples (addition et multiplication) pour comprendre que le chômage est là pour longtemps. Point n'est besoin de macroéconomie et de mathématiques supérieures, et encore moins d'idéologie, pour savoir que pour engager des travailleurs il faut qu'une entreprise augmente ses bénéfices. C'est compréhensible par le premier venu sachant lire et calculer. Il est scandaleux que les politiciens et des intellectuels n'usent pas de plus de pédagogie pour l'expliquer clairement.

On peut d'ailleurs se demander qui exploite qui, des employeurs ou des employés ?

La vérité économique - comme la vérité de la condition humaine dans une nature hostile - est bien sombre, et jamais les lendemains ne chantent. Après avoir visité, plein d'un optimisme touchant, une école primaire et l'exubérance des enfants et le sourire des institutrices, il faut, pour comprendre la vie des hommes, visiter le département des cancéreux dans un hôpital.

Mais "positivons" !... Dans un pays où il y a 20% de chômeurs, il y a 80% de gens capables de travailler qui travaillent effectivement, et qui se nourrissent eux-mêmes et qui nourrissent en outre les enfants, les vieillards, les malades, les handicapés et les chômeurs ! Car, malgré le chômage persistant depuis 1974 (pourquoi cette date, au fait ?), il n'y a pas de famines ni même de disettes en France et en Belgique. Pas encore...

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