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Jean C. Baudet

Articles avec #histoire tag

Les inventions et l'importance

22 Novembre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Technique

Mon livre "Curieuses histoires des inventions" vient de sortir de presse, chez Jourdan (Paris-Bruxelles) : 382 pages. C'est l'aboutissement d'une relecture de l'histoire de la technique, de la science et de la technologie. J'ai déjà consacré plusieurs volumes à cette histoire, qui est le coeur vivant de l'Histoire (avec H), et la source la plus essentielle de toute réflexion philosophique. Si du moins on veut bien admettre - ce qui est difficile à avaler pour certains esprits - que les travaux d'Albert Einstein furent plus importants, pour le "progrès humain", que ceux de Maurice Maeterlinck, ou que les découvertes de Lavoisier ou de Pasteur eurent plus de conséquences, pour la "condition humaine", que les poèmes de Racan ou les maximes (d'ailleurs fort intéressantes) de La Rochefoucauld. C'est toute la question de l'importance ! J'ai rassemblé l'essentiel de ce que savent les historiens des techniques, les historiens de la science et les historiens de la technologie sur 100 inventions ou découvertes qui me paraissent être les plus importantes de l'histoire de l'Humanité (avec H). Qui pourra nier l'importance de l'invention de l'outil, du langage, de l'alphabet, de l'imprimerie ?... Et je vois déjà les grimaces désapprobatrices et arrogantes de ceux qui me reprocheront d'avoir placé dans mon listing le revolver, le saxophone ou la pilule contraceptive. C'est un des plaisirs de la confection de ce genre de livre : imaginer certaines grimaces ! Et pourtant, le revolver a bel et bien changé le monde, Samuel Colt allant jusqu'à remarquer que son invention rendait les gens (les boys) égaux ! Quant à la pilule, elle a changé la condition des femmes et provoqué un bouleversement démographique dont on commence à sentir les effets ! Et le saxophone ? Eh bien, n'est-ce pas mon droit, d'aimer les sonorités mielleuses et moelleuses de la merveilleuse gamme d'instruments mise au point par Adolphe Sax ?

 

Il y a aussi les inventions qui ne figurent pas dans ma liste ! Ah, le plaisir des omissions quand on dresse des inventaires ! Et en effet, je n'ai pas mis au rang des inventions "qui ont changé le monde" la phénoménologie d'Edmond Husserl, le surréalisme d'André Breton, ou la marmite à pression de Denis Papin.

 

Pour info, l'URL (à copier et coller après http://) d'une vidéo sur l'histoire des sciences comme explication et évaluation du savoir :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

 

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Penser le vivant

18 Novembre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Biologie

Je pense aujourd'hui à mon livre "Penser le vivant", paru chez Vuibert (Paris), qui est une "histoire de la médecine et de la biologie" de 396 pages. Il est encore disponible en librairie, mais la question n'est pas là. J'y pense parce que je me souviens qu'à plusieurs reprises, à propos de tel ou tel de mes livres, il s'est trouvé l'un ou l'autre "critique" pour me reprocher d'avoir été "incomplet", de ne pas avoir cité tel ouvrage, d'avoir omis tel auteur ! Oui, vous avez bien lu, il s'est trouvé des zozos tout imbus de leur science évidemment "complète" et de leur savoir évidemment "total" pour me faire la leçon : j'aurais dû, dans tel livre, citer Monsieur XYZ (il s'agit parfois du critique lui-même, d'ailleurs...). A cette heure, les botanistes ont décrit environ 300 mille espèces végétales. Les zoologistes ont décrit environ un million et demi d'animaux. Et l'on voudrait que je sois "complet", "exhaustif" ?...

 

Prenons un sujet moins vaste (et à vrai dire moins intéressant, je le reconnais volontiers) que j'ai traité dans un de mes livres (A quoi pensent les Belges, Jourdan) : la littérature belge (flamande et française, je n'ai pas abordé la littérature wallonne). Pouvais-je signaler, dans un livre de 361 pages, les milliers de poètes (ou soi-disant tels) belges, les centaines de romanciers belges, les quelques philosophes belges ? Même après avoir dépouillé des revues littéraires belges comme Revue belge. Journal scientifique, philosophique et littéraire (fondée en 1830), comme La Revue moderne (1882), comme Le Coq rouge (1895), comme La Lanterne sourde (1921), comme Les Elytres du hanneton (1973), pouvais-je espérer avoir repéré tous les auteurs belges, et surtout, pouvais-je trouver de la place pour les citer, quand il me fallait tout de même parler un peu de Georges Simenon, de Georges Sion ou de Georges Rodenbach ?

 

J'ai beaucoup d'estime pour la critique intelligente, rare hélas. Je ne me soucie pas de la critique imbécile qui confond l'analyse d'un livre avec la recherche des noms cités dans un index.

 

Oui, je l'avoue, je fus incomplet dans toutes mes histoires, et j'ai omis certains mathématiciens, certains entomologistes, certains astrophysiciens dans mes livres. J'ai même omis certains littérateurs belges, par ignorance ou par distraction. Il y en a aussi que j'ai omis volontairement. Je ne le regrette pas.

 

Pour info, l'URL (à copier et coller après http://) d'une vidéo sur l'histoire des sciences comme explication et évaluation du savoir :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Propos sur l'histoire et la science

25 Octobre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Science

Il était belge. Chimiste de formation, il s'intéressait en fait à toutes les disciplines scientifiques, et se passionnait également - ce qui est rare chez les chimistes - pour la littérature et, plus encore, pour la philosophie. Avec l'aide de sa femme, dessinatrice, il a fondé une revue dédiée à l'histoire des sciences, son propos étant de fonder un "nouvel humanisme" basé sur la rencontre entre les "scientifiques" et les "littéraires", l'étude du passé intellectuel (surtout scientifique) de l'humanité devant être un lieu de contact entre chercheurs et littérateurs. Son ambition grandit alors qu'il étudiait l'histoire des astronomes, des physiciens, des biologistes, et il entreprit de composer une "Histoire générale des sciences", envisageant l'analyse critique de toutes les disciplines à toutes les époques. Il parvint ainsi à publier plusieurs volumes correspondant à ce projet.

 

Il est né le 31 août 1884 à Gand, et est décédé le 22 mars 1956, à Cambridge, aux USA.

Il s'appelait George Sarton.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Propos sur les révolutions

24 Octobre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire

Le génie de Kant, face au rationalisme du Français Descartes (héritier malgré lui de Thomas d'Aquin, et donc d'Aristote) et à l'empirisme de l'Anglais Locke (héritier de Roger Bacon, et donc d'Aristote lu autrement), fut de renvoyer l'un et l'autre comme impotents, non tant du fait de l'indépassable séparation du phénomène et du noumène que de la nécessaire coopération entre la sensibilité (die Sinnlichkeit) et l'entendement (der Verstand). Et alors même que Kant faisait son immense découverte (en 1781), les Anglais, notamment James Watt, et les Français, notamment Antoine-Laurent de Lavoisier, associaient l'empirisme et le rationalisme (la main et l'esprit) pour révolutionner la Science et l'Industrie.

 

C'est en 1986 - alors que je rédigeais mon livre Les Ingénieurs belges - que j'ai découvert ce synchronisme, cette extraordinaire conjonction des trois vraies révolutions dans les années 1780 : la Révolution philosophique de Kant, la Révolution industrielle de Watt, la Révolution chimique de Lavoisier. Les trois grands pays à la pointe de la Civilisation à la fin du XVIIIe siècle apportaient chacun leur contribution à une rénovation profonde des travaux de l'esprit : connaître (la science), faire (l'industrie), comprendre (la philosophie).

 

Cette théorie des trois révolutions simultanées n'est-elle pas plus grave, plus profondément significative, plus formatrice d'humanité que les hochets habituels des pédagogues, tels que "Louis XIV et Louis XV", ou "Verlaine et Rimbaud", ou "Danton et Robespierre", quand ce n'est pas "Marx et Freud" ou "Maeterlinck et Verhaeren" ? Il me semble, en tout cas, qu'il est plus important, pour l'humaniste "de notre temps", pour la jeunesse qui entre dans l'action et qui veut être "cultivée", de connaître les oeuvres de Kant, de Watt et de Lavoisier que de connaître celles de Baudelaire ou des Rolling Stones.

Mais, me direz-vous, est-il vraiment important de penser ?

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Faire de l'histoire des systèmes de pensée

12 Octobre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Philosophie

Pratiquer professionnellement l'histoire des systèmes de pensée, c'est-à-dire écrire ou enseigner dans des domaines tels que l'histoire de la science, de la technique, des religions, des poésies, c'est d'abord rencontrer des hommes, morts ou vivants, qui ont tenté ou qui tentent de penser, et cela pose les deux questions parmi les plus difficiles de la philosophie : qu'est-ce que penser, qu'est-ce qu'un homme ? Anecdotiquement, c'est aussi devoir faire une distinction entre les grands hommes et les petits, car en physique, par exemple, il n'y eut pas qu'Einstein ou Newton, etc. Si une échelle de valeur existe, l'historien lui-même se trouve, selon les cas, au-dessus ou au-dessous de celui dont il étudie "la vie et les oeuvres". Par exemple, Sartre a consacré un livre à Baudelaire. Mais qui était "supérieur" à l'autre ? Mais comment se juger soi-même quand il est si difficile de juger les autres ? Apprécier l'arbre d'après ses fruits ? Je n'aurais aucune peine à établir la liste des dix "plus grands" physiciens ou des dix plus grands chimistes (en me limitant aux personnages décédés, car qui prétendrait juger des vivants, dont l'oeuvre n'est pas accomplie ?), et je suis à peu près sûr que pour la moitié d'entre eux je rencontrerais l'approbation des historiens professionnels de la pensée scientifique. Et il rare de recevoir l'approbation de ses collègues ! Je ne m'intéresse évidemment pas à l'avis des amateurs et de ceux qui savent tout. Mais comment retirer des anthologies et des florilèges les dix meilleurs romanciers ou les dix meilleurs poètes (en restant dans le domaine français) ? Et les dix meilleurs philosophes, ceux qui réellement ont apporté quelque chose à cette philosophie qui se construit péniblement au cours des siècles, progressant d'ailleurs plus par le renoncement que par les découvertes - Russell faisait remarquer, non sans malice, que la philosophie était l'ensemble des questions non encore résolues par la science ?...

Dans le "Top 10" des philosophes, il est difficile de ne pas placer Aristote et Kant. Mais déjà pour le troisième, j'hésite. Hegel est peut-être plus grand par ses ambitions que par ses résultats. Descartes a fort joliment disserté sur la méthode, mais ce sont d'autres qui l'ont utilisée, après lui (Newton) et même déjà avant lui (Galilée) ! Du reste, l'homme des tourbillons est, quoi qu'il dise, plus un homme du Moyen Âge qu'un moderne. Descartes fut un génie mathématique. J'hésite à le ranger parmi les grands philosophes. Voyez alors les listes dans les manuels et les encyclopédies. Par l'abondance des travaux qu'ils ont suscités, il y a quelques noms intéressants : Husserl, Heidegger, Spinoza, Platon. Mais Jules Lagneau, Léon Ollé-Laprune, Georges Dwelshauwers, Theodor Lipps ? Finalement, la liste est assez courte.

Mais pourquoi vouloir classer les hommes ? Il y a des génies (dans toutes sortes de domaines), qui se repèrent par leurs oeuvres, des hommes ordinaires (les plus nombreux, semble-t-il), et des imbéciles. Beaucoup d'imbéciles, dont certains sont dangereux. La liste des grands imbéciles vivants serait peut-être plus utile que la liste des grands philosophes morts. Vous voulez des noms ?...

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

 

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Le petit Chinois à l'école

27 Septembre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Science, #Histoire

Je ne suis jamais allé en Chine. Ceci n'est donc qu'un récit de pure imagination. J'imagine, donc, un tout petit Chinois. Il est encore enfant, et on l'envoye à l'école. Il est initié à la sagesse de Confucius, et peut-être sent-il grandir en lui la fierté d'appartenir à une si grande nation qui a produit un si grand sage. Puis, tôt ou tard - car le petit Chinois poursuit sa scolarité - il rencontre, dans ses cours, la logique du Grec Aristote, l'axiomatique du Grec Euclide, l'algèbre du Grec Diophante, l'héliocentrisme du Polonais Copernic, l'astronomie de l'Allemand Kepler, la mécanique de l'Italien Galilée, la géométrie analytique du Français Descartes, la dynamique de l'Anglais Newton, le calcul intégral de l'Allemand Leibniz, la chimie du Français Lavoisier. Et comme il se destine à la médecine, notre petit Chinois devenu grand est encore initié à la classification des êtres vivants du Suédois Linné, à l'évolutionnisme de l'Anglais Darwin, aux microbes et aux vaccins du Français Pasteur, à l'immunologie du Belge Bordet, à la génétique moléculaire de l'Américain Watson.

Mais j'imagine que notre petit Chinois, même devenu grand, n'a guère entendu parler de Montaigne et de Molière, de Balzac et de Rimbaud, de Maeterlinck et de Verhaeren.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Les fruits de l'illusion

9 Août 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire

Ils ont vociféré "Peace and Love", ils ont brandi des humanismes universels, ils ont pensé l'homme généreux, ils ont fermé les yeux sur les violences, ils ont désarmé les soldats, ils ont voulu la paix, ils ont semé... Leurs enfants récolteront les incendies, les massacres, les autodafés, les pillages. Vous pensez que j'exagère ? Voyez Londres, voyez Athènes, et ce n'est qu'un début. L'Europe envoie des vivres et des médicaments dans les pays où se prépare la destruction de l'Europe. Mais n'est-il pas plus généreux, plus "beau", d'emprunter de l'argent pour envoyer des vivres dans des pays lointains que de dédommager les victimes, ici, d'émeutes et de destructions...

Ainsi se terminera l'Histoire. Elle ne s'est pas achevée avec la chute du mur de Berlin, mais elle s'accomplira par absence de murs. A l'Etre ne peut succéder que le Néant.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Moyens Ages

5 Août 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire

Il faut revoir philosophiquement l'idée de Moyen Age, et passer radicalement du niveau de la notion à celui du concept. Le concept de période médiévale désigne un temps, toujours très long, hélas, qui sépare une ère archaïque de la modernité. L'Europe a connu deux Moyens Ages, le chrétien et le mahométan. Le Moyen Age chrétien s'est achevé entre 1451 (Gutenberg) et 1543 (Copernic). Le Moyen Age mahométan dure encore, de même que le Moyen Age bouddhiste en Asie. Si les Moyens Ages durent longtemps (mille ans pour la période médiévale chrétienne), c'est parce qu'il s'agit non de périodes de transition mais de périodes de régression. De même qu'en chimie l'on connaît des acides faibles et des acides forts, il y a des Moyens Ages plus corrosifs que d'autres.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Sur l'histoire des religions

26 Juillet 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Religion, #Histoire

Je me suis intéressé - c'était au temps de mes jeunesses - à l'histoire des religions, qui excite l'imagination et l'émotivité (les mystères d'Eleusis, la divination babylonienne, le Livre des Morts des Egyptiens...), avant de m'intéresser à l'histoire de la science, qui excite l'intelligence. Mais j'ai produit d'abord dans cette dernière discipline, pour des raisons purement événementielles. Après avoir donc publié plus d'une quinzaine de livres concernant la science et les savoirs vérifiés (chez les éditeurs APPS, Vuibert, L'Harmattan, Jourdan), j'ai entamé la publication d'une Histoire des religions. A mon âge, je dois envisager que ce travail reste inachevé, mais après tout, qui peut se vanter d'avoir achevé son oeuvre ? Elvis Presley ? Georges Marchais ? Certainement ni Socrate ni Jésus : ils n'ont rien publié.

Le premier volume de cette Histoire est paru (Jourdan, Bruxelles, 2011, 601 pages) sous le titre Curieuses histoires de la Pensée. C'est que la pensée des hommes a commencé par tenter de subjuguer la peur par des pratiques collectives (les rites et le réconfort d'appartenir à une tribu, en agitant des drapeaux, en hurlant des slogans, dans l'union du troupeau), puis il a inventé des constructions verbales (les mythes), avant de socialiser en systèmes ces rites et mythes, donnant naissance aux religions, bien avant l'invention de l'écriture dont résultera (il faudra plus de deux millénaires de fermentation mentale) la philosophie des Grecs. N'est-ce pas curieux, en effet ?

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Sur l'histoire de la science

22 Juillet 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Science

Mon premier texte publié (en 1969) est un article paru dans la Revue Nationale d'Education du Burundi ayant pour titre "L'histoire des sciences dans l'enseignement secondaire". J'enseignais la philosophie au Burundi (1968-1973) et j'avais lu pratiquement tous les ouvrages de Gaston Bachelard. J'avais été frappé - et ce choc déterminera une grande partie de ma réflexion et de mon oeuvre - par deux idées très simples proposées par l'auteur de la Psychanalyse du feu. Primo, que l'épistémologie doit se nourrir de l'histoire des sciences (avec George Sarton, je dis plutôt histoire "de la science"). Secundo, que l'histoire de la science est un outil puissant au service de la pédagogie. Ce qui est intéressant, c'est la liaison entre ces deux idées: la critique basée sur l'examen du développement diachronique engendre, ipso facto, un exposé optimal de l'enchaînement notionnel, et donc facilite l'apprentissage des débutants. L'interprétation approfondie conduit à l'explication simplifiée ! Peu après, l'oeuvre - un tantinet saupoudrée de dandysme parisien (rive gauche) et de pédanterie collège-de-francesque - de Michel Foucault me confortait dans cette idée du double intérêt, à la fois philosophique et pédagogique, de l'archéologie du savoir et de l'histoire des systèmes de pensée. C'est sur la base de ces considérations, en somme très élémentaires, que j'ai construit notamment mon Histoire générale de la science (9 volumes, 3.000 pages, chez Vuibert, Paris, 2002-2009).

Ces neuf livres sont donc, chaque fois, l'évaluation critique d'un discours isolé disciplinairement de la science (la mathématique, la chimie, etc.) et une introduction à la discipline concernée accessible à un lectorat sans connaissances prérequises.

L'épistémologie n'a de sens que si elle débouche sur une pratique sociale.

Avis aux enseignants...

Je les invite non pas à agrémenter leurs cours de science (quelle que soit la spécialité) de quelques anecdotes historiques, mais de construire entièrement leur cours autour même des grandes aventures que sont la Mathématique, depuis Thalès de Milet, la Physique (depuis Thalès, également), la Chimie (depuis Théophraste), etc. Reparcourir avec leurs élèves le chemin qu'a suivi l'élite de l'humanité pour comprendre le monde.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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