Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Jean C. Baudet

Articles avec #histoire tag

Toute l'histoire de la science...

11 Avril 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Science, #Histoire

Toute l'histoire de la science...

J'ai résumé dans un seul volume de 317 pages et en 32 "grandes dates" toute l'histoire de la science : Les plus grandes dates de la science (éditions La Boîte à Pandore). C'est le récit de la plus impressionnante et de la plus importante aventure de l'esprit humain. Certes, il y eut l'histoire de la musique, avec les impressionnantes oeuvres de Mozart, de Beethoven, de Stravinsky, de Messiaen, de Miles Davis et de Thelonious Monk. Bien sûr, il y eut l'histoire des arts plastiques, avec les impressionnantes oeuvres de Phidias, de Velasquez et de Niki de Saint Phalle. Evidemment qu'il y eut l'histoire de la philosophie, avec les impressionnantes oeuvres de Schopenhauer et d'Alain Finkielkraut. Et surtout, bien entendu, il y eut l'extraordinaire histoire des littératures - et je voudrais rendre hommage à Homère, à Chrétien de Troyes, à Alexandre Dumas et à Arthur Conan Doyle (et je n'oublie pas les écrivains de la belgitude).

Mais la science a ceci de particulier qu'elle est progressive, constamment perfectible, et qu'elle est organiquement cumulative. Les tableaux de Modigliani s'ajoutent aux tableaux de Van Gogh, les symphonies de Mahler s'ajoutent aux symphonies de Beethoven mais, par exemple, le tableau de Mendéléev (1869), les quanta de Planck (1900), le modèle atomique de Bohr (1913), l'équation de Schrödinger (1926) ne font pas que se suivre, mais constituent des étapes du dévoilement de l'Être par l'esprit. Chacun aura ses admirations, et j'ai les larmes aux yeux quand je réécoute le Sacre du printemps, ou le Boléro de Ravel, ou What a beautiful world, par Louis Armstrong, ou quand je débouche une bouteille de bourgogne. Mais mon émotion est plus forte encore quand je passe des équations de Lorentz aux équations d'Einstein, ou quand je retrace, grande date après grande date, les progrès constants de Lavoisier à Dalton, de Dalton à Avogadro, d'Avogadro à van der Waals... On a les héros qu'on peut.

Lire la suite

Sur un detail de l'Histoire

8 Avril 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Politique

L'Histoire est la suite d'événements qui concernent un groupe de mammifères terrestres que l'on appelle l'Humanité. Pour le biologiste, ces mammifères "humains" appartiennent à plusieurs espèces, dont les plus anciennes constituent le genre Australopithecus. Les espèces les plus récentes, très diversifiées, appartiennent au genre Homo. Ces espèces, dont les aventures forment l'Histoire, ont proliféré. Les démographes estiment, très grosso modo, qu'il y eut sur Terre quelque 100 milliards d'individus de ces différentes espèces, dont 7,5 milliards sont encore en vie, polluant la lithosphère, l'hydrosphère et l'atmosphère de leurs déjections puantes, et la noosphère de leurs idées nauséabondes.

Chaque événement est un "détail de l'Histoire", par exemple l'avènement de Clovis, roi des Francs, en 481, ou la prise de Constantinople par les Turcs en 1453, ou la proposition de l'héliocentrisme par Copernic en 1543, ou la parution des Fleurs du mal de Baudelaire en 1857, ou la Commune de Paris en 1871, ou le massacre des Tutsis par les Hutus du Rwanda en 1994, ou les récents attentats islamistes, en mars dernier, dans ma belle ville de Bruxelles. Et même les parutions successives de mes livres ne sont que des "détails de l'Histoire".

Je pourrais me scandaliser que certains idéologues veulent attribuer plus d'importance qu'ils n'en méritent à certains faits historiques. Mais à quoi bon ? La bêtise des fanatiques, qu'est-elle de plus qu'un "détail de l'Histoire" ?

Lire la suite

Sur l'histoire des techniques

29 Mars 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Technique

Sur l'histoire des techniques

Mon dernier livre vient de sortir de presse : Histoire des techniques - De l'outil au système (Vuibert, Paris, 378 pages). Une histoire passionnante, non pas des batailles, non pas des fantasmes et des illusions, mais des réels progrès qui ont vraiment changé les conditions d'existence des espèces d'hominiens, depuis la pierre taillée jusqu'à Internet et aux téléphones portables.

J'ai tenté dans cet ouvrage de réduire à l'essentiel mon étude de l'histoire des techniques parue en deux volumes, chez le même éditeur : De l'outil à la machine (2003) et De la machine au système (2004). On pourra lire ce livre comme une analyse du moteur de l'Histoire, qui est la Technique, ensemble des "moyens de production" (Marx) dont dispose l'Humanité pour tenter de répondre à ses besoins et à ses désirs, véritable "signe de l'humain" (J.C. Baudet : Le signe de l'humain, L'Harmattan, Paris, 2005). Je propose, entre autres, une analyse épistémologique du passage de la "technique" à la "technologie", point de départ des "révolutions industrielles".

La réflexion sur la Technique conduit à quelques constats ;

1° No future without technology !

2° Sine technologia vita est quasi mortis imago !

Lire la suite

Daniel Arnould, le Destin, les dieux

16 Mars 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Religion, #Philologie

Le problème central de la philosophie ontologique est celui des déterminations de l’Être, et celui de la philosophie éthique et politique est celui de la liberté humaine. Car tout prescrit politique ou éthique n’a de sens que si l’homme est libre (et donc responsable de ses actes), mais la liberté de l’homme n’est pas une évidence, malgré la véhémence avec laquelle les existentialistes l’ont proclamée, obligés qu’ils furent d’ailleurs de faire sa part à la « situation » pour justifier les limitations du libre arbitre. Problème central donc de l’alternative « liberté ou déterminisme », qui agite les philosophes – et aussi les législateurs, les juristes, les religieux –, et qui est le problème du destin. Pourquoi Achille mourut-il à Troie, alors qu’Ulysse revint à Ithaque vivre entre ses parents le reste de son âge ? Pourquoi Jacques est-il souffreteux et constamment affaibli, alors que Jules connaît une robuste et presque insolente santé ?

Si la question du destin est donc décisive en philosophie, le philosophe doit s’attacher à savoir d’où vient cette idée d’un sort réservé (par qui et comment ?) à tout humain, avec toute la diversité des destinées (y compris les « grands destins » des grands personnages, voir J.C. Baudet : Les grands destins qui changèrent le monde, Jourdan, Bruxelles). Pour trouver l’origine et connaître l’évolution de l’idée de « destin », il faut remonter aux premiers textes (philologie) qui montrent que l’idée était déjà acquise chez les Grecs du temps d’Homère. Mais l’étude scientifique des peuples primitifs (ethnographie) montre l’idée présente avant l’invention de l’écriture. La croyance en une force mystérieuse qui décide du déroulement de la vie des hommes remonte donc à la Préhistoire, au temps de l’oralité.

Voilà pourquoi j’ai lu avec un vif intérêt le livre tout récent (février 2016) du philologue français Daniel Arnould : Les figures du destin dans l’épopée antique gréco-latine (L’Harmattan, Paris, 304 p.). C’est en réalité, remaniée pour la librairie, la thèse de doctorat de l’auteur, c’est-à-dire un livre composé dans la rigueur du travail universitaire, sans autre souci rhétorique que ceux de la clarté, de la précision et de la documentation.

Arnould a étudié 32 épopées et épyllions, soit 17 poèmes en grec et 15 en latin, allant du VIIIème siècle avant notre ère (l’Iliade et l’Odyssée) au VIème siècle de l’ère chrétienne. Il a minutieusement compté les occurrences des mots grecs ou latins correspondant au champ sémantique de « destin », ce qui le conduit à établir un intéressant tableau de l’évolution des idées sur le destin pendant quatorze siècles. Il n’oublie d’ailleurs pas de prendre en compte les idées des philosophes, spécialement des épicuriens et des stoïciens, si importants pendant la période hellénistique et la période romaine. Le destin est d’ailleurs le concept central du stoïcisme.

Dès l’origine de la littérature scripturale épique (qui succède à une littérature orale évidemment inconnue) en langue grecque, on voit apparaître deux termes concurrents pour désigner le « destin » : moïra (part), qui désigne la part de chance et de malchance dévolue à chacun, kèr (mort), parce que la mort est l’achèvement du destin de tous. Ces deux noms communs, faisant partie du vocabulaire usuel, vont être personnifiés et l’idée d’un Destin qui règle d’avance la vie des hommes va se développer, appelé soit Moïra soit Kèr. La personnification se marque par une initiale majuscule, mais la philologie est impuissante pour dater cette personnification, puisqu’il faut attendre le Vème siècle (avant JC) pour que les Grecs adoptent la majuscule pour indiquer les « noms propres ». Mais à la personnification va succéder la divinisation (anthropomorphe). Les Moires, présentées comme trois filles de Zeus et de Thémis, sont les trois déesses qui décident du sort des humains : Clotho, Lachésis et Atropos. Quant aux Kères, elles sont les filles de la Nyx, la Nuit. Encore la tradition est-elle assez confuse, car dans certains textes les Kères sont présentées comme les sœurs des Moires, ou sont même confondues avec elles. Une troisième figure du Destin apparaît dans certains poèmes tardifs, Ananké, dont l’origine est mal connue.

On sait à quel point les Romains vont s’imprégner de la brillante culture grecque, et qu’ils vont fondre leurs croyances religieuses dans le polythéisme hellénique. Deux entités désignent le Destin dans la poésie latine, Fatum et Fortuna, et les Moires, chez les Romains, deviennent les Parques, divinités de l’Enfer chargées de filer le fil de l’existence des hommes, et de le couper à l’instant « fatidique ».

Ainsi l’érudition nous montre, sur le cas du « destin » (mais sans doute est-ce transposable à d’autres idées mythico-religieuses), comment l’Humanité passe d’une conception commune basée sur une observation banale à l’idée d’une divinité, avec des attributs de plus en plus complexes. L’imagination poétique comme source des spéculations théologiques. On a le schéma ternaire : mot commun (moïra) >>> personnification (abstraction : Moïra) >>> théogenèse.

Il y a trois Moires et donc trois Parques. Semblablement, il y a dans la religion grecque trois Erinyes, trois Gorgones, trois Charites, neuf Muses (trois fois trois). Peut-être faut-il y voir une illustration de la théorie de l’idéologie tripartite des Indo-Européens développée par Georges Dumézil. Ou bien, plus généralement, une fascination pour la trinité et la figure du triangle, qui est la forme géométrique la plus simple : seulement trois points ! C’est dans l’observation de son expérience quotidienne que l’homme découvre de quoi inventer les dieux.

Au fait, dans la mythologie d’aujourd’hui, le Destin ne s’appelle-t-il pas « ADN » ?

Lire la suite

Le meilleur livre de Jean Baudet

11 Mars 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire

Le meilleur livre de Jean Baudet

En vieillissant, jour après jour, j'ai fini par atteindre l'âge des bilans et de l'autocritique, et je mesure le chemin parcouru. Pour un écrivain, même s'il est philosophe, ce chemin est semé de livres, et plus exactement de "textes édités", ce qui m'induit à la modestie. En cinquante ans de vie active, mes ouvrages publiés ne constituent qu'une rangée de bibliothèque de 86 centimètres, ce qui est bien peu à côté de la production autrement abondante de certains collègues plus travailleurs que moi. Voilà qui est objectif, vérifiable et falsifiable, et rigoureusement vrai : 86 centimètres, ni plus ni moins ! Alors, bien sûr, j'entends déjà les subtils, les pisse-froid, les cuistres et les snobs de service (au service de qui ?) me parler de "valeur littéraire", de "valeur philosophique", et même de "valeur morale". Mais quelle est la valeur des livres de Martin Heidegger (plus que 86 centimètres), nazi abscons et même abstrus ?

Quel est, dans cette quarantaine d'ouvrages, mon meilleur livre (mon "moins mauvais", diront mes nombreux détracteurs) ? Le plus gros (3 centimètres, 601 pages) : Curieuses histoires de la pensée ? L'épaisseur d'un volume est un critère objectif, mais peut-être pas le plus adéquat. Un meilleur critère est le chiffre des ventes, et mon best seller est mon Nouvel Abrégé d'histoire des mathématiques, publié en 2002, ayant fait l'objet de plusieurs retirages, et qui vient de faire l'objet d'une réédition entièrement refondue, sous le titre Histoire des mathématiques.

Mais abandonnons l'objectivité, et faisons notre autocritique ! Mon meilleur livre n'est pas le plus divertissant. Je n'écris pas pour amuser les foules, il y a Amélie Nothomb et Frédéric Beigbeder pour ça, et d'ailleurs je n'ai publié qu'un seul roman, fort mince. Mon meilleur livre n'est pas le plus enchanteur. Je n'écris pas pour éblouir les adulateurs de Rimbaud ou de Jean-Pierre Verheggen, et d'ailleurs je n'ai publié que deux recueils de poèmes (plus, il est vrai, quelques textes dans des revues peu lues). Mon meilleur livre n'est pas le plus intéressant. Je n'écris pas pour instruire le vulgum pecus.

Mon meilleur livre devrait être, ce me semble, celui où j'explicite le plus clairement et le plus distinctement (sans les fioritures snobinardes de l'érudition et de la logomachie, ou l'imposture de "l'indicible") les résultats originaux de mon travail philosophique, qui ne sont d'ailleurs qu'hypothèses que je propose à ceux qui veulent penser. Il me semble que trois titres se détachent de l'ensemble. Les Curieuses histoires déjà citées, où je développe une théorie de l'origine du fait religieux ; Le Signe de l'humain, où je propose une analyse philosophique de la technique ; et Les grands destins qui ont changé le monde.

Finalement, je pense que ce dernier ouvrage sur les "grands destins" est le meilleur de ma production. J'y développe, en une trentaine de biographies de "grands hommes", ma conception matérialiste (mais pas vraiment marxiste) de l'Histoire, en montrant que les scientifiques, les ingénieurs et les industriels ont de manière plus radicale bouleversé la "condition humaine" que les grands généraux, les politiciens, les chanteurs de charme et les acteurs de cinéma. Je le proclame : Bill Gates a plus profondément changé la manière de vivre de milliards de gens que Charles de Gaulle ou que Brigitte Bardot. Ou que la plupart des écrivains, fussent-ils philosophes.

Lire la suite

Une chronologie des sciences

6 Mars 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Science, #Epistémologie

Mon dernier livre vient de paraître ! Aux éditions La Boîte à Pandore (Paris), sous le titre Les plus grandes dates de la science, en 317 pages sobrement illustrées. Après avoir publié de nombreux ouvrages critiques et détaillés consacrés à l'histoire de la pensée scientifique, qui constituent une base nécessaire à la recherche épistémologique (quelle est la "valeur" de la science ?), il me fallait mettre à la disposition du grand public une synthèse commode et de lecture aisée de ces travaux. C'est-à-dire résumer et expliquer en 317 pages l'apparition, le développement (d'abord très lent puis de plus en plus rapide) et l'épanouissement de la mathématique, de l'astronomie, de la physique, de la chimie et de la biologie. Laissant de côté les innombrables détails de l'histoire de ce progrès fascinant de la pensée, j'ai voulu identifier les "grands moments" de la constitution de la méthode scientifique et de ses principaux acquis. Il est fascinant de voir comment la communauté scientifique (une fraction bien faible de l'Humanité) est passée, concernant les êtres vivants, du fixisme des naturalistes (Linné) à l'évolutionnisme de Lamarck et de Darwin, et comment l'évolution biologique fut vérifiée par la découverte de la structure moléculaire de l'ADN (Watson). Il est époustouflant de voir comment l'on est passé d'une vision du monde géocentrique (Ptolémée) à l'héliocentrisme de Copernic, à l'Univers fixe dans le temps et l'espace de Newton, à l'Univers en expansion d'Einstein, Hubble et Lemaître. Il est bouleversant de suivre le passage, concernant la constitution de la matière, de la théorie des quatre éléments (théorie archaïque et naïve) à la chromodynamique quantique des particules élémentaires, dûment vérifiée par les expériences des physiciens "des hautes énergies", et notamment par la découverte du boson de Higgs en 2012.

Peut-être l'homme cultivé et ouvert du XXIème siècle en conviendra-t-il : il faut connaître Voltaire et Confucius, Le Pen et Mélenchon, Simone de Beauvoir et Brigitte Bardot, mais il faut aussi connaître - si l'on se veut ouvert et cultivé - les grandes dates de l'histoire de la science !

Lire la suite

Jean Baudet resume l'histoire de la science

21 Février 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Science

Mon dernier livre vient de paraître : Les plus grandes dates de la science (La Boîte à Pandore, Paris, 317 pages). C'est le résultat de 48 ans de recherches et de réflexions, puisque c'est en 1968 que je commence à enseigner l'histoire des sciences (au Burundi), et que je rédige mes premières fiches, tout en enseignant également la philosophie. En 1978 je fonde la revue Technologia, dédiée à l'histoire de la science et de la technologie, et en 2002 j'entame la publication d'une "Histoire générale de la science" qui, en 9 volumes et plus de 3.000 pages, sera achevée en 2009. Depuis 2009, j'ai encore publié des ouvrages plus pointus, notamment sur les femmes dans la recherche scientifique, sur les erreurs de la science, sur les rapports entre science et industrie, et bien sûr, j'ai utilisé les résultats de mes recherches pour développer une épistémologie.

Mon dernier ouvrage est donc un travail de synthèse, qui cherche à mettre en évidence les étapes décisives du développement de la pensée scientifique, depuis les premières réflexions de Thalès de Milet (vers 600 avant notre ère) sur la nature des choses (natura rerum) jusqu'à la découverte du boson de Higgs (en 2012). Le livre se lit comme un récit d'aventures (les aventures de l'esprit humain), ou se consulte comme un ouvrage de référence, permettant de situer dans le temps les grandes théories et les découvertes majeures. Il s'adresse donc à la fois au "grand public" et aux spécialistes de l'histoire des idées : philosophes, psychologues, sociologues, historiens, économistes, journalistes. Quant aux scientifiques (physiciens, chimistes, biologistes...), ils y découvriront avec intérêt les grands moments de l'histoire de leur discipline.

Il me semble que ce livre pose une question délicate aux éducateurs, aux pédagogues et aux réformateurs sociaux, celle de la "culture générale". Pour former, en 2016, des "hommes cultivés", des "électeurs autonomes et responsables", des "citoyens du monde", faut-il initier la jeunesse à l'histoire des batailles, des invasions et des superstitions, à l'histoire des peintres et des sculpteurs, à l'histoire du théâtre, des romans et des poèmes, ou faut-il l'initier à l'histoire de la science ? Faut-il connaître les oeuvres de Jules César, de Louis XIII et de Louis XIV, de Winston Churchill, ou les accomplissements d'Aristote, de Copernic, de Newton, de Darwin, d'Einstein ? Faut-il enchanter, avec Baudelaire et Rimbaud, ou faut-il entraîner à la rigueur, avec Lavoisier et Bourbaki ?

Lire la suite

Sur l'histoire des sciences

29 Janvier 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Science

Sur l'histoire des sciences

J'ai publié, de 2002 à 2009, une "Histoire de la science" en neuf volumes (3.100 pages), chez Vuibert à Paris. Certains volumes étant épuisés, l'éditeur m'a demandé une nouvelle version pour une réédition. Une "Histoire des mathématiques" et une "Histoire de la physique" sont déjà disponibles en librairie. Le texte a été entièrement refondu, en vue notamment de faire clairement les rapprochements nécessaires entre l'histoire des sciences (et plus généralement des systèmes de pensée) et l'épistémologie. Je pense en effet que c'est en étudiant les étapes successives de la construction de la science que l'on peut, sur une base solide, élaborer une théorie de la connaissance. Mon travail est ainsi plus philosophique que simplement historien.

Mais je commence à sentir les effets néfastes du vieillissement, et je ne suis pas sûr que j'achèverai cette oeuvre, qui implique des recherches parfois fastidieuses et des réflexions exténuantes. Mais il faut se résigner. Toute oeuvre de l'esprit humain est forcément inachevée.

Précisons quand même que d'autres de mes ouvrages (philosophie, histoire des systèmes de pensée) sont encore disponibles chez les bons libraires (éditions L'Harmattan, Jourdan, La Boîte à Pandore).

Une vidéo de l'auteur :

https://www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Les sept merveilles du monde

22 Décembre 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Science

Les sept merveilles du monde

Les sept merveilles du monde, je veux dire les sept constructions de l'esprit humain les plus formidables, les plus remarquables, les plus admirables, les sept productions intellectuelles les plus profondes, les plus complexes, les plus surprenantes, les plus abouties, celles aussi qui eurent le plus grand effet sur l'évolution de l'Humanité en elles-mêmes et par leurs conséquences, les sept plus belles et plus nobles réalisations de l'Homme, de la pensée de l'Homme (le logos des Grecs, la ratio des Romains, la noèse de Husserl) sont, dans l'ordre de leur apparition dans l'Histoire : l'Odyssée d'Homère, la Logique d'Aristote, le Discours de la méthode de René Descartes, la Théorie de la relativité d'Albert Einstein, la Mécanique quantique de Niels Bohr et d'Erwin Schrödinger, la Génétique moléculaire de James Watson et le système d'exploitation Windows de Bill Gates.

Oh, certes, on pouvait faire d'autres propositions ! Et j'admire sans réserves la Neuvième symphonie de Beethoven, le Sacre du printemps de Stravinski, le Quatuor pour la fin du temps de Messiaen, ou les romans de Georges Simenon et ceux d'Amélie Nothomb, ou l'extraordinaire unification des mathématiques due à Cantor, à Russell et à Bourbaki. Et j'admire encore la cathédrale Notre-Dame de Paris ou l'Atomium de Bruxelles. Mais les aventures d'Ulysse, les équations d'Einstein et celles de Schrödinger m'emportent vers les sommets de l'intelligence des hommes. Et j'ai aussi une pensée émue pour les inventeurs du foie gras, du saumon fumé, de la saucisse, du steak tartare, du filet américain, de la sauce béchamel, de la crème Chantilly, du baba au rhum, des carbonnades à la Flamande et de la sauce lapin à la Liégeoise.

Mais pour terminer ma chronique de ce jour par un trait de satire, je dirai que tous ces glorieux inventeurs, ces héros de la pensée dans les bibliothèques, dans les laboratoires et dans les cuisines, furent grands, mais furent très peu nombreux. L'imagination créatrice et la raison innovante sont bien rares chez les humains, et si l'on en admire quelques-uns, il y a aussi les imbéciles, les sots, les ignorants, les fanatiques, les illuminés, et bien pire...

Pour info :

https://www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Histoire, epistemologie, ethique

20 Décembre 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Ethique, #Histoire

Dans mon livre "Curieuses histoires de la Pensée" (Jourdan, Bruxelles, 601 pages), j'ai étudié l'origine des religions et de la philosophie. A la suite de mes travaux précédents d'épistémologie et d'histoire de la science et de la technique, cela m'a conduit à proposer une théorie de la connaissance, l'éditologie, considérant le savoir comme "édité", c'est-à-dire que l'élaboration de propositions sur le réel est d'ordre social (sémiologique, linguistique...) autant que de nature psychique. Quiconque pense, pense forcément avec les mots de sa tribu, et toute pensée est une réaction émotionnelle à l'hostilité de l'environnement, tant l'environnement "naturel" que la pression sociale. Ainsi le déclenchement de la pensée, chez les hominiens bien avant l'invention du langage, est-il la Peur, à l'origine de l'élaboration noétique de l'idée de Sacré. Ensuite, avec le langage viendront les mythes, puis avec la complexification de l'organisation sociale apparaîtront les religions et la violence (qui est l'essence même du Sacré). Avec l'invention de l'alphabet (voir la grammatologie de Derrida), un petit sous-ensemble de l'Humanité entreprend la critique des traditions religieuses et de l'idée même de Sacré : c'est l'invention de la philosophie, que l'érudition attribue aux Grecs de Milet Thalès et Anaximandre.

Disposant maintenant d'une épistémologie, je suis conduit à adopter une ontologie matérialiste (mais fortement nuancée de scepticisme). Le matérialisme récusant toute idée de "valeur", il me reste la tâche - peut-être impossible - de tenter de construire une éthique, c'est-à-dire des propositions pour "vivre ensemble", qui ne seraient pas les commandements d'un dieu caché. Car certes pour le matérialiste la vie humaine n'a guère plus d'importance que la vie des baleines bleues ou que celle des morpions, mais tout de même chaque homme (et il y en a 7,5 milliards !) a une espérance de vie de plusieurs décennies. Autant les passer dans la joie de vivre, dans le bonheur de la rencontre humaine rebaptisée convivialité. L'homme est une passion inutile. Mais c'est parfois une passion bien agréable.

Une vidéo de l'auteur :

https://www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>