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Jean C. Baudet

Articles avec #histoire tag

Histoire de la physique

29 Décembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Science, #Philosophie, #Histoire

La Physique est la plus formidable, la plus sensationnelle, la plus époustouflante, la plus belle, la plus passionnante, la plus captivante construction de l'esprit humain. Elle n'est pas un dogmatisme fanatique comme les religions - elle se remet constamment en questions. Elle n'est pas un passe-temps surévalué par ses producteurs comme la Littérature - elle débouche sur des propositions vérifiables concernant la place de l'homme dans l'Univers. Elle n'est pas un ensemble de discours contradictoires agitant l'agressivité des humains comme la Politique - elle se développe dans la paisible sérénité des laboratoires. Et si vous n'aimez pas la Physique, c'est parce qu'elle situe l'homme comme une chose parmi les choses, qu'elle décrit l'Univers comme un Être immense, muet et aveugle, parce qu'elle ridiculise les espérances, qu'elle démasque comme fantasmes et illusions. La Physique est le comble de l'humanisme, parce qu'elle en démantèle les illusions fondatrices tout en situant l'homme au-dessus de l'Univers, qui l'accable mais que quelques hommes sont capables de penser...

J'ai publié, chez Vuibert (Paris), une "Histoire de la physique" en deux volumes, totalisant 714 pages : "Penser le monde" (2006) et "Expliquer l'Univers" (2008), respectivement consacrés à la physique depuis Thalès de Milet (qui invente le mot "physique") jusqu'en 1900 et à la physique de 1900 à nos jours. La césure en 1900 s'imposait : c'est alors que Max Planck pose les premières bases de la Mécanique quantique, à l'origine de la Théorie quantique des champs et du Modèle standard des particules élémentaires.

En 714 pages, je n'ai pas eu (cela devrait aller de soi) la prétention de tout dire. On comparera d'ailleurs mon travail à d'autres "Histoires de la physique" en français, comme celles de Reichen (1963 : 112 pages), de Locqueneux (1987 : 127 p.), de Maury (2000 : 231 p.), et de Boudenot (2001 : 367 p.).

La Physique, fondée vers 600 avant Jésus de Nazareth par le Grec Thalès, est le premier pas de la recherche débarrassée des préjugés des traditions qui sera la philosophie. Le contraste est saisissant entre l'accumulation extraordinaire des résultats (amplement vérifiés par de très nombreux contrôles) de la Physique et l'absence totale d'acquis indiscutables de la philosophie en dehors de la physique (appelée jusqu'au XVIIIème siècle "philosophie naturelle"). Personne ne peut nier l'existence des atomes, des neutrons, de la gravitation. Mais je voudrais bien connaître une seule, une unique proposition de la philosophie qui atteindrait le même degré de certitude.

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Histoires belges

12 Décembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Belgique

J'ai fait paraître, sans compter quelques articles dans des revues, cinq livres consacrés à divers aspects de l'histoire de la Belgique, petit royaume (11 millions d'habitants) n'existant que depuis 1831, enclavé entre la France et l'Allemagne, les deux pays qui ont dominé l'histoire de l'Humanité pendant quelques siècles. Maintenant, c'est fini, la France et l'Allemagne étant en voie de sous-développement. Quant à la Belgique, elle est ravagée par les grèves et les discours haineux contre ceux qui tentent de produire, et elle va disparaître par islamo-socialisme multiculturel.

Ces livres sont "Les ingénieurs belges" (1986), "Histoire des sciences et de l'industrie en Belgique" (2007), "A quoi pensent les Belges ?" (2010), "Les plus grands Belges" (2014), "Les plus grands ingénieurs belges" (2014). A ce jour, mes deux ouvrages sur les ingénieurs sont les seules études qui existent sur l'histoire de cette profession dans l'historiographie de la Belgique.

J'ai tenté de remettre à leur place quelques "gloires nationales", mais je ne me suis pas empêché d'écrire en toute subjectivité, l'histoire n'étant pas une science exacte. Mais c'est plus qu'un travail littéraire, c'est une tentative de réflexion sur l'importance relative des personnages historiques. Emile Verhaeren est-il plus ou moins important que Lucien Noullez ou qu'Yves Namur ? Ernest Solvay est-il plus ou moins important que le Grand Jojo ou que Michel Ducobu ? Ilya Prigogine est-il plus ou moins important qu'Isabelle Bielecki (deux Belges d'origine russe) ? René Magritte est-il plus ou moins important que Louis Mathoux ? Chaïm Perelman est-il plus ou moins important que Michel Meyer ? Adolphe Sax est-il plus ou moins important que Jacques Van Rillaer ? Les banquiers sont-ils plus importants que les syndicalistes ? Les philosophes (rares en Belgique) sont-ils plus importants que les chanteurs de music-hall ?

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Les elements chimiques

11 Décembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Chimie, #Histoire

Dans mon livre "A la découverte des éléments de la matière" (Vuibert, Paris, VI+170 pages), j'ai reconstitué l'histoire des découvertes successives des éléments chimiques (une centaine !). Je me suis attaché tout particulièrement à montrer les chemins par lesquels les chimistes sont passés pour, à partir de l'idée de "corps simple" (Antoine-Laurent de Lavoisier, 1789), aboutir au tableau des éléments de Dimitri Mendéléev (1869). J'ai repéré et analysé les travaux de quelques précurseurs de la classification "périodique", tels que Johann W. Döbereiner, Leopold Gmelin, John A.R. Newlands, William Odling, Alexandre-Emile Béguyer de Chancourtois, et quelques autres.

Véritable roman de l'aventure de l'esprit humain aux prises avec le Réel, ce livre raconte des faits passionnants et des idées parfois étonnantes. Son intérêt épistémologique est évident, puisqu'il montre concrètement (j'ai travaillé à partir des textes mêmes des auteurs) comment se fonde et se vérifie une théorie scientifique. Et il s'agit d'une théorie particulièrement importante, puisqu'elle est devenue la base de toute la chimie. Je montre, en particulier, le rôle décisif des observations quantitatives : détermination des masses atomiques.

Les enseignants de physique et de chimie (et aussi de philosophie) verront aussi l'intérêt pédagogique d'une telle recherche. Pour "expliquer" le tableau de Mendéléev, quoi de mieux que de montrer comment, dans l'histoire de l'Humanité, il s'est réellement construit ?

Quant au grand public, il aura l'occasion de comprendre la différence qu'il y a entre une proposition "scientifique" et une fumisterie. A notre époque, ça peut servir !

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C'est du Belge !

15 Novembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Belgique

J'ai consacré 5 livres à l'histoire de la Belgique.

1986 : Les ingénieurs belges

2007 : Histoire des sciences et de l'industrie en Belgique

2010 : A quoi pensent les Belges ?

2014 : Les plus grands Belges

2014 : Les plus grands ingénieurs belges.

Il s'agissait, dans ces études, de présenter l'histoire des Belges plus d'après l'évolution de la vie intellectuelle, de la "pensée", que d'après les particularités de la vie sociale et politique. J'ai donc exposé des synthèses de l'histoire des productions intellectuelles en Belgique, n'abordant pas l'organisation socio-politique du royaume. Bref, j'étudie les chefs d'entreprises, les poètes, les violonistes, etc. et ni la famille royale ni les politiciens. Il faut dire que l'historiographie politique et sociale est déjà considérable pour la Belgique.

Au-delà de ce travail de synthèse, il s'agissait surtout de proposer une réflexion sur l'importance historique, question centrale et délicate (tel Belge plus "important" que tel autre Belge...), qui d'ailleurs n'est évidemment pas propre à la Belgique. Mais je suis mieux documenté sur la Belgique que sur la Bolivie. Je me suis par exemple demandé pourquoi de nombreux manuels scolaires consacrent plusieurs pages aux artistes-peintres ou aux romanciers qu'aux chefs d'entreprises. Pourquoi le Belge moyen connaît-il mieux Magritte que Gramme, ou Eugène Ysaye qu'Edgard Frankignoul ?

L'importance d'un événement (et donc de l'homme qui en est l'origine) réside dans son effet sur l'Être, et en particulier sur la partie observable de l'Être, c'est-à-dire l'Humanité. Après tout, on évalue un arbre d'après ses fruits.

Dans la vie intellectuelle d'une collectivité humaine, on peut faire diverses classifications, mais l'opposition entre la STI (science-technique-industrie) et la Culture (arts-littérature-idées religieuses, politiques et éthiques) me semble particulièrement pertinente, correspondant à une coupure de l'esprit humain entre intellectualité et émotivité. La vie des Belges serait bien grise (elle l'est déjà souvent par la couleur du ciel) sans Culture, et l'on s'imagine difficilement une Belgique privée des concertos d'Ysaye, des poèmes d'Emile Kesteman et d'Yves Namur, ou des images d'Hergé et de Franquin. Mais la vie des Belges, sans STI, serait rigoureusement impossible.

En Belgique comme ailleurs, la STI fonde l'existence, et la Culture donne à l'existence ce qui la rend digne d'être vécue.

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Histoire de la chimie

12 Novembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Chimie, #Histoire

J'ai consacré 3 livres à l'histoire de la chimie.

Penser la matière

Vuibert, Paris, V + 389 pages, 2004

La vie expliquée par la chimie

Vuibert, 133 pages, 2006

A la découverte des éléments de la matière

Vuibert, VI + 170 pages, 2009.

Dans "Penser la matière", j'ai tenté de montrer le plus clairement possible, dans une optique plus gnoséologique qu'historienne, la filiation des grandes idées sur la composition de la matière, depuis l'avènement du concept d'archè (Thalès de Milet) jusqu'au développement contemporain de la chimie quantique.

Dans "La vie expliquée par la chimie", j'étudie plus en profondeur la fondation de la chimie organique au début du XIXème siècle puis l'avènement de la biochimie et finalement les véritables triomphes de la biologie moléculaire. Du point de vue philosophique, il est essentiel de comprendre comment, dans l'Histoire, s'est accompli ce réductionnisme qui explique par des réactions chimiques toutes les caractéristiques de la vie et qui montre qu'il n'existe pas de différence de nature entre matière inerte et matière vivante.

Dans "A la découverte des éléments de la matière", j'étudie la captivante aventure des chimistes à la découverte des principes ultimes constitutifs de la matière, aventure qui se termine par l'isolement de tous les éléments chimiques du tableau de Mendéléev.

Ces 3 ouvrages montrent que l'étude critique de l'histoire de la chimie est un passage obligé du philosophe qui veut construire une ontologie, une "science de l'Être", car la matière est un constituant de l'Être. Mais l'Être coïncide-t-il avec la matière ? A chacun de répondre, au vu des succès extraordinaire des analyses et des synthèses de la chimie...

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Histoire de la physique

11 Novembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Physique, #Histoire

J'ai consacré 2 livres à l'histoire de la physique.

Penser le monde - Une histoire de la physique jusqu'en 1900

Vuibert, Paris, IV + 283 pages, 2006.

Expliquer l'Univers - Une histoire de la physique depuis 1900

Vuibert, VII + 420 pages, 2008.

Il s'agit d'une étude épistémologique de la construction des savoirs de la physique, et aussi de l'astronomie, depuis les premières hypothèses des Physiciens de Milet jusqu'aux observations de particules élémentaires et aux théories cosmologiques de la fin du XXème siècle. C'est une histoire "explicative", qui vise à comprendre comment (grâce au langage mathématique) les idées se sont formées et se sont précisées au cours du temps, à l'encontre de tant d'histoires de la physique qui se bornent à énumérer les dates des découvertes et des théories et les noms des physiciens, sans entrer dans le processus intellectuel de formation des connaissances.

J'ai en particulier tenté la "reconstruction" de la mécanique newtonienne à partir des lois du mouvement des planètes (Kepler) et des lois de la chute des graves (Galilée) ; de la mécanique quantique à partir des expériences sur le rayonnement du corps noir ; de la théorie de la relativité à partir de l'électromagnétisme (Maxwell) et des mesures de la vitesse de la lumière. Pour ne pas alourdir mon texte, j'ai principalement utilisé le formalisme mathématique d'aujourd'hui, mon souci étant plus de comprendre la filiation des idées que de présenter le pittoresque des anciennes notations.

Je me devais également de décrire en profondeur les expériences (dues surtout à J.J. Thomson et à E. Rutherford) qui ont abouti à connaître la structure des atomes, et qui sont à la base de la découverte des particules subatomiques.

Le résultat épistémologique principal de cette étude est d'une parti de confirmer le lien épistémique entre science, technique et industrie (pas de physique sans instruments produits par l'industrie...) et d'autre part de montrer que la naissance de la physique (et donc de la science sensu stricto) ne date que du XVIème siècle, avec l'apparition de l'instrumentation, c'est-à-dire l'utilisation d'instruments permettant des observations quantitatives, et donc la mathématisation des raisonnements. Quand on veut bien donner au mot "science" tout son sens (une méthode de recherche dont les résultats sont vérifiables à l'aide d'instruments), il n'y a donc pas de "science arabe", pas (ou presque pas) de "science grecque", pas de "science chinoise"...

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Philosophie, histoire et pornographie

31 Octobre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Histoire

J'ai commencé mon travail philosophique en 1978, après quelques années d'enseignement (enseigner la philosophie n'est pas "faire" de la philosophie) et puis un épisode de recherche (en biologie) qui fut comme une parenthèse - j'abandonnais la philosophie pendant quelques années, mais j'acquérais une connaissance approfondie et vécue de la praxis scientifique. Car au vrai j'avais entamé mon questionnement déjà plus tôt, pendant les naïvetés romantico-poétiques de l'adolescence. Conformément à la tradition scolastique, j'envisageais un programme en trois étapes : épistémologie, ontologie, éthique, et j'entamai donc mes travaux par la réflexion épistémologique, que je croyais devoir appuyer sur l'étude critique de l'histoire de la science - modèle de chemin de connaissance qu'il s'imposait de "déconstruire". Cela me prit beaucoup de temps, car je dus exercer le métier d'éditeur qui me laissait peu de loisir pour la méditation (pécuniairement improductive), comme d'autres furent mercenaires (Descartes), polisseurs de lentilles de verre (Spinoza), dramaturges (Sartre).

En 1997, j'abandonnais l'édition et j'entreprenais un premier opus : la réalisation d'une "Histoire de la science", qui occupera plus de 3 000 pages imprimées réparties en 10 volumes (parus chez Vuibert). En 2005 et 2006, tout en poursuivant la rédaction de cette "Histoire", je pouvais décliner mes positions épistémologiques dans trois ouvrages (L'Harmattan) : Mathématique et vérité, Le signe de l'humain, Une philosophie de la poésie. Je me rendais évidemment compte que mon travail sur la science n'abordait qu'un seul mode d'acquisition de savoir (mais le plus important et le plus solide), et qu'après l'examen du logos je devais aborder l'étude du mythos, c'est-à-dire qu'il me restait à produire une "Histoire de la non-science" (littératures, religions, idéologies) pour faire pendant à mon "Histoire de la science".

C'est ainsi que je fis paraître, en 2011 et en 2013, les deux premiers volumes d'une "Histoire des religions" (Jourdan). J'ai (provisoirement ?) interrompu ce travail, car dans une perspective gnoséologique l'approfondissement des mécanismes de formation des croyances se révélait moins intéressant et moins fécond que l'approfondissement des mécanismes de formation des théories scientifiques. Je donnai encore en librairie quelques ouvrages d'histoire de la science consacrés à divers thèmes, comme ceux de l'erreur ou de la situation des femmes dans l'évolution de la science.

J'interrompis mon projet d'un traité d'Histoire des religions, et je commençai (en 2013) à travailler à une "Histoire de la philosophie", qui devrait me permettre, sous les apparences du récit - avec forcément des personnages et des conflits - d'exposer en un texte explicatif les résultats de ma pensée, non seulement épistémologiques, mais aussi ontologiques et éthiques.

Ma première production dans cette direction fut La vie des grands philosophes (Jourdan, 2013) qui est une histoire fortement résumée de la philosophie situant l'évolution des idées dans leur inscription biographique chez 40 philosophes majeurs.

Du biographique (épistémologie) au pornographique (éthique) il n'y a qu'un pas, que je n'ai pas encore franchi, celui qui va de l'idéalisme humaniste éperdu attendant les lendemains qui chanteront au matérialisme radical.

http://www.geocities.ws/jeanbaudet/

 

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Penser la Belgique avec Vincent Laborderie

19 Septembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Belgique

Le numéro 40 de la revue française de géopolitique "Outre-Terre" vient de sortir de presse ! Cette livraison de 394 pages, agrémentée de nombreuses cartes en couleur, est entièrement consacrée à la Belgique, sous le titre volontairement ambigu "(Dé)blocage belge". Orchestré par Vincent Laborderie (de l'Université Catholique de Louvain, à Louvain-la-Neuve), cet ouvrage rassemble de nombreuses contributions qui éclairent différemment la situation politique actuelle du royaume de Philippe, et je note parmi les contributeurs les presque inévitables, et très savants, Pascal Delwit (Université Libre de Bruxelles) et Dave Sinardet (Vrije Universiteit Brussel). Soit dit en passant, "vrije", en flamand, veut dire "libre". Il y a donc deux universités "libres" dans la capitale de l'Europe, ce qui est réjouissant si, comme je le suppose et l'espère, libre veut dire libéré de toute tradition religieuse et de tout préjugé idéologique !!! Ce n'est pas dans une université, même subventionnée par l'Etat, que l'on cultive une "Pensée Unique"...

Ce volume apporte vraiment une abondante matière pour aider à la compréhension de la Belgique, pays petit par sa taille et grand par sa complexité (et par les œuvres de certains Belges, voir mon livre "Les plus grands Belges", La Boîte à Pandore, 2014). Sont particulièrement intéressantes les interviews de politiciens effectuées par Laborderie : Jean-Luc Dehaene, Gérard Deprez, François-Xavier de Donnéa, Karl-Heinz Lambertz.

J'ai apporté à cet ouvrage une très modeste contribution (4 pages) intitulée "De l'âme belge à la belgitude". Malicieusement, l'éditeur a placé mon texte tout à la fin, ce qui fait que, s'agissant de la Belgique, le numéro 40 d'Outre-Terre se termine ainsi : "C'est en combinant un certain oubli de l'histoire, la forclusion de la Flandre littéraire et artistique, de même que la valorisation du dérisoire que l'intelligentsia belge de langue française s'est donné une spécificité, mi-réelle mi-rêvée". La Belgique ne serait-elle qu'un songe ?

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Les plus grands ingenieurs belges

6 Septembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Ingénieur

Les plus grands ingenieurs belges

Mon livre "Les plus grands ingénieurs belges" vient de sortir de presse aux éditions La Boîte à Pandore (Paris, 284 pages). J'y expose l'Histoire de la Belgique depuis 1800 (le temps de Napoléon) jusqu'à nos jours, mais en m'attachant à montrer que la Belgique a dû se doter d'une infrastructure matérielle avant même de créer des institutions politiques et d'élaborer une culture spécifique. Il faut à la Belgique - comme à toute collectivité humaine, d'ailleurs - une production avant d'avoir des ministres, des poètes, des compositeurs, des dessinateurs de bandes dessinées et des philosophes. C'est-à-dire qu'il faut, impérativement, des ingénieurs pour construire des routes, des canaux et des chemins de fer, pour bâtir des habitations, des écluses et des aéroports, pour édifier des usines, des hôpitaux et des laboratoires... C'est ce qu'en philosophie on appelle le "primat anthropologique de la technique". D'où l'importance historique de Vifquain, de Simons, de Cockerill, de Solvay, de Gramme, d'Empain, de Paduart, de beaucoup d'autres.

On trouvera dans cette étude l'histoire des écoles d'ingénieurs, des associations, et des informations biographiques sur les grandes figures de la profession.

Il n'existait jusqu'à ce jour, dans une historiographie belge pourtant abondante, qu'un seul ouvrage consacré à l'histoire des ingénieurs en Belgique, mon livre "Les ingénieurs belges" (éditions APPS, Bruxelles, 1986, 171 pages, épuisé).

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Le tournant dans l'histoire de la pensee

13 Août 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Science

L'étude approfondie et critique de l'histoire des systèmes de pensée (mythes, religions, mathématiques, physique...) m'a conduit à situer le "tournant" (die Kehre) de l'évolution de la pensée dans une courte période (de 1543 à 1687) et sur un territoire bien limité : Pologne, Italie, France, Angleterre. Il y a quatre actes, qui sont les découvertes de Copernic (1543), de Galilée (1610), de Descartes (1637) et de Newton (1687). Copernic commence par découvrir que pour connaître la marche des planètes, il faut observer le ciel nocturne et pas lire les livres de Ptolémée. Il comprend en outre que l'observation doit récolter des nombres (il faut faire des mesures de la position des planètes) et qu'il faut raisonner sur ceux-ci, ce qui l'amène à l'héliocentrisme, point de départ de la science, qui se détache de la philosophie. C'est ce que l'on appellera la "révolution copernicienne", que d'aucuns qualifient de changement de "paradigme", ce qui n'est qu'un mot plus prétentieux qu'utile. Galilée ensuite, en étudiant par l'observation et le raisonnement la chute des corps, achève de montrer que la mathématique prolonge efficacement la réflexion. Puis Descartes, en inventant la géométrie analytique, met au point l'application des équations (avec leur représentation graphique) aux recherches scientifiques. Ce qui permettra à Newton d'accomplir, en 1687, la synthèse entre la mécanique céleste de Copernic et la mécanique terrestre de Galilée. De 1687 à nos jours, l'astronomie, la physique, la chimie, la biologie et la technologie n'ont cessé de progresser, uniquement à partir de quatre principes de recherche : observation, instrumentation (qui améliore l'observation), raisonnement, mathématisation (qui améliore le raisonnement). La science, fondée entre 1543 et 1687, explique, et fort bien, les atomes et les étoiles, la diversité de la matière (chimie) et l'évolution des êtres vivants (biologie), le fonctionnement des outils, des machines et des systèmes de production (technologie).

La science, en 2014, n'est pas encore suffisamment avancée pour expliquer l'homme, l'objet le plus complexe dans l'Univers, même si les premiers résultats des neurosciences s'avèrent prometteurs. Une grande partie de la production des "sciences humaines" relève davantage de la littérature que de la science. Ces soi-disant sciences sont, dans certains de leurs "résultats", plus le fruit du sentiment et de l'imagination que de l'observation et du raisonnement.

Enfin, il reste des questions pendantes comme le nombre de personnes en Dieu, le sexe des anges, ou la vie après la mort, ou s'il faut préférer la bourgeoisie ou le prolétariat. Ces questions n'étant pas des "observables" échappent aux possibilités de la science, et relèvent de la philosophie, c'est-à-dire de l'intelligence des philosophes.

Références à ma bibliographie:

- Penser la matière, Vuibert, Paris,

- Mathématique et vérité, L'Harmattan, Paris,

- Penser le monde, Vuibert.

Pour info :                    

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences : 

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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