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Jean C. Baudet

Articles avec #histoire tag

C'est du Belge !

15 Novembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Belgique

J'ai consacré 5 livres à l'histoire de la Belgique.

1986 : Les ingénieurs belges

2007 : Histoire des sciences et de l'industrie en Belgique

2010 : A quoi pensent les Belges ?

2014 : Les plus grands Belges

2014 : Les plus grands ingénieurs belges.

Il s'agissait, dans ces études, de présenter l'histoire des Belges plus d'après l'évolution de la vie intellectuelle, de la "pensée", que d'après les particularités de la vie sociale et politique. J'ai donc exposé des synthèses de l'histoire des productions intellectuelles en Belgique, n'abordant pas l'organisation socio-politique du royaume. Bref, j'étudie les chefs d'entreprises, les poètes, les violonistes, etc. et ni la famille royale ni les politiciens. Il faut dire que l'historiographie politique et sociale est déjà considérable pour la Belgique.

Au-delà de ce travail de synthèse, il s'agissait surtout de proposer une réflexion sur l'importance historique, question centrale et délicate (tel Belge plus "important" que tel autre Belge...), qui d'ailleurs n'est évidemment pas propre à la Belgique. Mais je suis mieux documenté sur la Belgique que sur la Bolivie. Je me suis par exemple demandé pourquoi de nombreux manuels scolaires consacrent plusieurs pages aux artistes-peintres ou aux romanciers qu'aux chefs d'entreprises. Pourquoi le Belge moyen connaît-il mieux Magritte que Gramme, ou Eugène Ysaye qu'Edgard Frankignoul ?

L'importance d'un événement (et donc de l'homme qui en est l'origine) réside dans son effet sur l'Être, et en particulier sur la partie observable de l'Être, c'est-à-dire l'Humanité. Après tout, on évalue un arbre d'après ses fruits.

Dans la vie intellectuelle d'une collectivité humaine, on peut faire diverses classifications, mais l'opposition entre la STI (science-technique-industrie) et la Culture (arts-littérature-idées religieuses, politiques et éthiques) me semble particulièrement pertinente, correspondant à une coupure de l'esprit humain entre intellectualité et émotivité. La vie des Belges serait bien grise (elle l'est déjà souvent par la couleur du ciel) sans Culture, et l'on s'imagine difficilement une Belgique privée des concertos d'Ysaye, des poèmes d'Emile Kesteman et d'Yves Namur, ou des images d'Hergé et de Franquin. Mais la vie des Belges, sans STI, serait rigoureusement impossible.

En Belgique comme ailleurs, la STI fonde l'existence, et la Culture donne à l'existence ce qui la rend digne d'être vécue.

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Histoire de la chimie

12 Novembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Chimie, #Histoire

J'ai consacré 3 livres à l'histoire de la chimie.

Penser la matière

Vuibert, Paris, V + 389 pages, 2004

La vie expliquée par la chimie

Vuibert, 133 pages, 2006

A la découverte des éléments de la matière

Vuibert, VI + 170 pages, 2009.

Dans "Penser la matière", j'ai tenté de montrer le plus clairement possible, dans une optique plus gnoséologique qu'historienne, la filiation des grandes idées sur la composition de la matière, depuis l'avènement du concept d'archè (Thalès de Milet) jusqu'au développement contemporain de la chimie quantique.

Dans "La vie expliquée par la chimie", j'étudie plus en profondeur la fondation de la chimie organique au début du XIXème siècle puis l'avènement de la biochimie et finalement les véritables triomphes de la biologie moléculaire. Du point de vue philosophique, il est essentiel de comprendre comment, dans l'Histoire, s'est accompli ce réductionnisme qui explique par des réactions chimiques toutes les caractéristiques de la vie et qui montre qu'il n'existe pas de différence de nature entre matière inerte et matière vivante.

Dans "A la découverte des éléments de la matière", j'étudie la captivante aventure des chimistes à la découverte des principes ultimes constitutifs de la matière, aventure qui se termine par l'isolement de tous les éléments chimiques du tableau de Mendéléev.

Ces 3 ouvrages montrent que l'étude critique de l'histoire de la chimie est un passage obligé du philosophe qui veut construire une ontologie, une "science de l'Être", car la matière est un constituant de l'Être. Mais l'Être coïncide-t-il avec la matière ? A chacun de répondre, au vu des succès extraordinaire des analyses et des synthèses de la chimie...

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Histoire de la physique

11 Novembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Physique, #Histoire

J'ai consacré 2 livres à l'histoire de la physique.

Penser le monde - Une histoire de la physique jusqu'en 1900

Vuibert, Paris, IV + 283 pages, 2006.

Expliquer l'Univers - Une histoire de la physique depuis 1900

Vuibert, VII + 420 pages, 2008.

Il s'agit d'une étude épistémologique de la construction des savoirs de la physique, et aussi de l'astronomie, depuis les premières hypothèses des Physiciens de Milet jusqu'aux observations de particules élémentaires et aux théories cosmologiques de la fin du XXème siècle. C'est une histoire "explicative", qui vise à comprendre comment (grâce au langage mathématique) les idées se sont formées et se sont précisées au cours du temps, à l'encontre de tant d'histoires de la physique qui se bornent à énumérer les dates des découvertes et des théories et les noms des physiciens, sans entrer dans le processus intellectuel de formation des connaissances.

J'ai en particulier tenté la "reconstruction" de la mécanique newtonienne à partir des lois du mouvement des planètes (Kepler) et des lois de la chute des graves (Galilée) ; de la mécanique quantique à partir des expériences sur le rayonnement du corps noir ; de la théorie de la relativité à partir de l'électromagnétisme (Maxwell) et des mesures de la vitesse de la lumière. Pour ne pas alourdir mon texte, j'ai principalement utilisé le formalisme mathématique d'aujourd'hui, mon souci étant plus de comprendre la filiation des idées que de présenter le pittoresque des anciennes notations.

Je me devais également de décrire en profondeur les expériences (dues surtout à J.J. Thomson et à E. Rutherford) qui ont abouti à connaître la structure des atomes, et qui sont à la base de la découverte des particules subatomiques.

Le résultat épistémologique principal de cette étude est d'une parti de confirmer le lien épistémique entre science, technique et industrie (pas de physique sans instruments produits par l'industrie...) et d'autre part de montrer que la naissance de la physique (et donc de la science sensu stricto) ne date que du XVIème siècle, avec l'apparition de l'instrumentation, c'est-à-dire l'utilisation d'instruments permettant des observations quantitatives, et donc la mathématisation des raisonnements. Quand on veut bien donner au mot "science" tout son sens (une méthode de recherche dont les résultats sont vérifiables à l'aide d'instruments), il n'y a donc pas de "science arabe", pas (ou presque pas) de "science grecque", pas de "science chinoise"...

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Philosophie, histoire et pornographie

31 Octobre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Histoire

J'ai commencé mon travail philosophique en 1978, après quelques années d'enseignement (enseigner la philosophie n'est pas "faire" de la philosophie) et puis un épisode de recherche (en biologie) qui fut comme une parenthèse - j'abandonnais la philosophie pendant quelques années, mais j'acquérais une connaissance approfondie et vécue de la praxis scientifique. Car au vrai j'avais entamé mon questionnement déjà plus tôt, pendant les naïvetés romantico-poétiques de l'adolescence. Conformément à la tradition scolastique, j'envisageais un programme en trois étapes : épistémologie, ontologie, éthique, et j'entamai donc mes travaux par la réflexion épistémologique, que je croyais devoir appuyer sur l'étude critique de l'histoire de la science - modèle de chemin de connaissance qu'il s'imposait de "déconstruire". Cela me prit beaucoup de temps, car je dus exercer le métier d'éditeur qui me laissait peu de loisir pour la méditation (pécuniairement improductive), comme d'autres furent mercenaires (Descartes), polisseurs de lentilles de verre (Spinoza), dramaturges (Sartre).

En 1997, j'abandonnais l'édition et j'entreprenais un premier opus : la réalisation d'une "Histoire de la science", qui occupera plus de 3 000 pages imprimées réparties en 10 volumes (parus chez Vuibert). En 2005 et 2006, tout en poursuivant la rédaction de cette "Histoire", je pouvais décliner mes positions épistémologiques dans trois ouvrages (L'Harmattan) : Mathématique et vérité, Le signe de l'humain, Une philosophie de la poésie. Je me rendais évidemment compte que mon travail sur la science n'abordait qu'un seul mode d'acquisition de savoir (mais le plus important et le plus solide), et qu'après l'examen du logos je devais aborder l'étude du mythos, c'est-à-dire qu'il me restait à produire une "Histoire de la non-science" (littératures, religions, idéologies) pour faire pendant à mon "Histoire de la science".

C'est ainsi que je fis paraître, en 2011 et en 2013, les deux premiers volumes d'une "Histoire des religions" (Jourdan). J'ai (provisoirement ?) interrompu ce travail, car dans une perspective gnoséologique l'approfondissement des mécanismes de formation des croyances se révélait moins intéressant et moins fécond que l'approfondissement des mécanismes de formation des théories scientifiques. Je donnai encore en librairie quelques ouvrages d'histoire de la science consacrés à divers thèmes, comme ceux de l'erreur ou de la situation des femmes dans l'évolution de la science.

J'interrompis mon projet d'un traité d'Histoire des religions, et je commençai (en 2013) à travailler à une "Histoire de la philosophie", qui devrait me permettre, sous les apparences du récit - avec forcément des personnages et des conflits - d'exposer en un texte explicatif les résultats de ma pensée, non seulement épistémologiques, mais aussi ontologiques et éthiques.

Ma première production dans cette direction fut La vie des grands philosophes (Jourdan, 2013) qui est une histoire fortement résumée de la philosophie situant l'évolution des idées dans leur inscription biographique chez 40 philosophes majeurs.

Du biographique (épistémologie) au pornographique (éthique) il n'y a qu'un pas, que je n'ai pas encore franchi, celui qui va de l'idéalisme humaniste éperdu attendant les lendemains qui chanteront au matérialisme radical.

http://www.geocities.ws/jeanbaudet/

 

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Penser la Belgique avec Vincent Laborderie

19 Septembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Belgique

Le numéro 40 de la revue française de géopolitique "Outre-Terre" vient de sortir de presse ! Cette livraison de 394 pages, agrémentée de nombreuses cartes en couleur, est entièrement consacrée à la Belgique, sous le titre volontairement ambigu "(Dé)blocage belge". Orchestré par Vincent Laborderie (de l'Université Catholique de Louvain, à Louvain-la-Neuve), cet ouvrage rassemble de nombreuses contributions qui éclairent différemment la situation politique actuelle du royaume de Philippe, et je note parmi les contributeurs les presque inévitables, et très savants, Pascal Delwit (Université Libre de Bruxelles) et Dave Sinardet (Vrije Universiteit Brussel). Soit dit en passant, "vrije", en flamand, veut dire "libre". Il y a donc deux universités "libres" dans la capitale de l'Europe, ce qui est réjouissant si, comme je le suppose et l'espère, libre veut dire libéré de toute tradition religieuse et de tout préjugé idéologique !!! Ce n'est pas dans une université, même subventionnée par l'Etat, que l'on cultive une "Pensée Unique"...

Ce volume apporte vraiment une abondante matière pour aider à la compréhension de la Belgique, pays petit par sa taille et grand par sa complexité (et par les œuvres de certains Belges, voir mon livre "Les plus grands Belges", La Boîte à Pandore, 2014). Sont particulièrement intéressantes les interviews de politiciens effectuées par Laborderie : Jean-Luc Dehaene, Gérard Deprez, François-Xavier de Donnéa, Karl-Heinz Lambertz.

J'ai apporté à cet ouvrage une très modeste contribution (4 pages) intitulée "De l'âme belge à la belgitude". Malicieusement, l'éditeur a placé mon texte tout à la fin, ce qui fait que, s'agissant de la Belgique, le numéro 40 d'Outre-Terre se termine ainsi : "C'est en combinant un certain oubli de l'histoire, la forclusion de la Flandre littéraire et artistique, de même que la valorisation du dérisoire que l'intelligentsia belge de langue française s'est donné une spécificité, mi-réelle mi-rêvée". La Belgique ne serait-elle qu'un songe ?

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Les plus grands ingenieurs belges

6 Septembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Ingénieur

Les plus grands ingenieurs belges

Mon livre "Les plus grands ingénieurs belges" vient de sortir de presse aux éditions La Boîte à Pandore (Paris, 284 pages). J'y expose l'Histoire de la Belgique depuis 1800 (le temps de Napoléon) jusqu'à nos jours, mais en m'attachant à montrer que la Belgique a dû se doter d'une infrastructure matérielle avant même de créer des institutions politiques et d'élaborer une culture spécifique. Il faut à la Belgique - comme à toute collectivité humaine, d'ailleurs - une production avant d'avoir des ministres, des poètes, des compositeurs, des dessinateurs de bandes dessinées et des philosophes. C'est-à-dire qu'il faut, impérativement, des ingénieurs pour construire des routes, des canaux et des chemins de fer, pour bâtir des habitations, des écluses et des aéroports, pour édifier des usines, des hôpitaux et des laboratoires... C'est ce qu'en philosophie on appelle le "primat anthropologique de la technique". D'où l'importance historique de Vifquain, de Simons, de Cockerill, de Solvay, de Gramme, d'Empain, de Paduart, de beaucoup d'autres.

On trouvera dans cette étude l'histoire des écoles d'ingénieurs, des associations, et des informations biographiques sur les grandes figures de la profession.

Il n'existait jusqu'à ce jour, dans une historiographie belge pourtant abondante, qu'un seul ouvrage consacré à l'histoire des ingénieurs en Belgique, mon livre "Les ingénieurs belges" (éditions APPS, Bruxelles, 1986, 171 pages, épuisé).

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Le tournant dans l'histoire de la pensee

13 Août 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Science

L'étude approfondie et critique de l'histoire des systèmes de pensée (mythes, religions, mathématiques, physique...) m'a conduit à situer le "tournant" (die Kehre) de l'évolution de la pensée dans une courte période (de 1543 à 1687) et sur un territoire bien limité : Pologne, Italie, France, Angleterre. Il y a quatre actes, qui sont les découvertes de Copernic (1543), de Galilée (1610), de Descartes (1637) et de Newton (1687). Copernic commence par découvrir que pour connaître la marche des planètes, il faut observer le ciel nocturne et pas lire les livres de Ptolémée. Il comprend en outre que l'observation doit récolter des nombres (il faut faire des mesures de la position des planètes) et qu'il faut raisonner sur ceux-ci, ce qui l'amène à l'héliocentrisme, point de départ de la science, qui se détache de la philosophie. C'est ce que l'on appellera la "révolution copernicienne", que d'aucuns qualifient de changement de "paradigme", ce qui n'est qu'un mot plus prétentieux qu'utile. Galilée ensuite, en étudiant par l'observation et le raisonnement la chute des corps, achève de montrer que la mathématique prolonge efficacement la réflexion. Puis Descartes, en inventant la géométrie analytique, met au point l'application des équations (avec leur représentation graphique) aux recherches scientifiques. Ce qui permettra à Newton d'accomplir, en 1687, la synthèse entre la mécanique céleste de Copernic et la mécanique terrestre de Galilée. De 1687 à nos jours, l'astronomie, la physique, la chimie, la biologie et la technologie n'ont cessé de progresser, uniquement à partir de quatre principes de recherche : observation, instrumentation (qui améliore l'observation), raisonnement, mathématisation (qui améliore le raisonnement). La science, fondée entre 1543 et 1687, explique, et fort bien, les atomes et les étoiles, la diversité de la matière (chimie) et l'évolution des êtres vivants (biologie), le fonctionnement des outils, des machines et des systèmes de production (technologie).

La science, en 2014, n'est pas encore suffisamment avancée pour expliquer l'homme, l'objet le plus complexe dans l'Univers, même si les premiers résultats des neurosciences s'avèrent prometteurs. Une grande partie de la production des "sciences humaines" relève davantage de la littérature que de la science. Ces soi-disant sciences sont, dans certains de leurs "résultats", plus le fruit du sentiment et de l'imagination que de l'observation et du raisonnement.

Enfin, il reste des questions pendantes comme le nombre de personnes en Dieu, le sexe des anges, ou la vie après la mort, ou s'il faut préférer la bourgeoisie ou le prolétariat. Ces questions n'étant pas des "observables" échappent aux possibilités de la science, et relèvent de la philosophie, c'est-à-dire de l'intelligence des philosophes.

Références à ma bibliographie:

- Penser la matière, Vuibert, Paris,

- Mathématique et vérité, L'Harmattan, Paris,

- Penser le monde, Vuibert.

Pour info :                    

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences : 

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Les grands Belges

29 Juillet 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Belgique, #Histoire

Dans mon livre "Les plus grands Belges" (La Boîte à Pandore, Paris, 223 pages, paru en juillet 2014), j'étudie la vie et l'oeuvre de 175 personnalités belges des Lettres, des Arts, de la Science et de l'Industrie. L'objectif principal de ce livre était de rassembler des données pour étudier la relation entre la STI (science-technique-industrie) et la non-STI (la "culture") dans l'histoire d'un peuple. J'ai choisi la Belgique parce que je m'y trouve, et parce qu'il m'est infiniment plus facile de recueillir de l'information sur les Wallons, les Bruxellois et les Flamands que sur les Boliviens, les Vietnamiens ou les Fuégiens. Et puis, on a vite fait le tour de la Belgique dans l'espace et dans le temps (de 1830 à nos jours, à comparer avec l'histoire de la France ou de la Grèce...). La thèse principale qui résulte de mon travail est que la Belgique d'aujourd'hui, c'est-à-dire la vie et le niveau de vie des Belges de 2014, dépend bien plus de l'activité des Cockerill, Solvay, Gramme ou Empain que de celle des Wiertz, Ensor, Verhaeren, Magritte ou Hugo Claus. Pour le dire un peu vite, la Belgique (et la prospérité des Belges) a été construite par ses ingénieurs et par ses industriels, pas par ses sculpteurs, ses violonistes et ses poètes. Ou, mieux dit peut-être, il y a la Belgique matérielle des usines, des boulangeries et des chemins de fer, et la Belgique culturelle avec les aventures de Tintin, de Bob Morane et du commissaire Maigret, les facéties de Magritte et de Delvaux, et les arpèges sublimes du Concours musical Reine Elisabeth. Certes, la Belgique serait bien triste sans les oeuvres d'Ysaye ou de Joseph Jongen, ou sans les merveilleux poèmes d'Emile Kesteman et sans les nouvelles abracadabrantes de Jean Ray. Mais avant d'écouter des musiques et de lire des phrases, il faut du pain (éventuellement du cramique), de la viande (du filet d'Anvers ou du saucisson de Bastogne), et de temps en temps un fromage (de Herve) ou un plat de fraises (de Wépion).

Il y a la Belgique du Travail et la Belgique du Loisir.

Il n'y a que trois femmes parmi mes 175 portraits. Ce n'est évidemment pas par misogynie de ma part, et je rappelle que j'ai publié une célébration des femmes savantes en 2010 ("Curieuses histoires des dames de la science", Jourdan, Bruxelles). La Belgique d'aujourd'hui a été "construite" par des hommes plutôt que par des femmes, c'est ce que nous enseigne la science historique ! Notre réseau de routes et de chemins de fer, d'usines et de magasins, d'écoles, d'hôpitaux et de prisons serait-il différent s'il avait été conçu et réalisé par des dames et demoiselles ?

Pour info :                

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences : 

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Les plus grands Belges

24 Juillet 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Belgique, #Histoire

Mon livre  Les plus grands Belges (éditions La Boîte à Pandore, Paris, 223 pages) vient de sortir de presse. J’y propose une « Histoire de la Belgique » par l’évocation des œuvres des « grands Belges » dans les Lettres, la Science, les Arts et l’Industrie. Ce n’est donc pas une énième histoire sociale et politique de la Belgique, mais c’est l’étude de ceux qui ont réellement construit la Belgique – la Belgique matérielle des ingénieurs et des industriels et la Belgique morale et intellectuelle des philosophes, des hommes de science, des écrivains et des artistes. On ne trouvera donc pas les hommes politiques – qui ont organisé, et parfois désorganisé le pays – parmi Les plus grands Belges, mais on y rencontrera Jo Delahaut et Jacques Brel, Zénobe Gramme et Henri Conscience, Ilya Prigogine et Chaïm Perelman, Eugène Ysaye, Emile Kesteman, Stanislas-André Steeman et plus de cent autres « créateurs » dans tous les domaines de la création artistique, littéraire, industrielle…

De 1830 à 1973, la Belgique fut « grande et belle » (sur l’air de la Brabançonne). Depuis 1973, la désindustrialisation permanente, les gabegies institutionnelles conduisant à l’endettement de l’Etat, mais peut-être surtout des événements extérieurs que la Belgique ne peut que subir, conduisent au désarroi moral, à l’appauvrissement matériel d’un pays qui fut la troisième puissance économique du monde, et qui n’est plus connu de l’Univers que pour ses frites. Les plus grands Belges ont beaucoup construit, donnant au monde le commissaire Maigret, les machines électriques, le saxophone, Tintin, l’Atomium, le filet américain, l’équation des origines de l’Univers, la chanson « Le plat pays », les bases de l’immunologie, le tableau « Ceci n’est pas une pipe » et le Palais de Justice de Bruxelles. Cela valait bien un livre, sans doute…   

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Histoire des mathematiques

30 Juin 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Mathématiques, #Histoire

Je viens de recevoir les exemplaires d'auteur de mon dernier livre : Histoire des mathématiques, qui vient de paraître chez Vuibert, à Paris (VI+346 pages). Ce volume est beaucoup plus qu'une simple réédition "revue et corrigée" de mon Nouvel Abrégé d'histoire des mathématiques, paru chez le même éditeur en 2002 (douze ans, déjà !). En effet, j'ai complètement refondu la rédaction de cet ouvrage, de manière à tenir compte de nouvelles lectures et de l'avancée de mon travail épistémologique (voir notamment mon livre de 2005 : Mathématique et vérité - Une philosophie du nombre, L'Harmattan, Paris).

J'étudie l'apparition (déjà à la Préhistoire), le développement et les extraordinaires acquis de la pensée mathématique tout au long de l'Histoire, c'est-à-dire de la méditation sur les nombres (arithmétique) et sur les formes (géométrie), jusqu'au XXème siècle quand, grâce aux travaux notamment de Bertrand Russel et de Nicolas Bourbaki, "les" mathématiques ne forment plus que "une" mathématique. J'identifie ainsi, dans une réflexion plus épistémologique qu'historienne, la mathématique comme le langage de la raison, comme un des critères de la scientificité, et à vrai dire comme l'ossature de la civilisation occidentale.

Mais en m'efforçant de comprendre (et donc d'expliquer) comment a progressé l'étude des nombres et des figures, avec notamment l'invention de l'algèbre par Diophante ou la création de la logique symbolique par George Boole, je suis obligé d'aller aux notions les plus radicales du travail mathématicien, et je fournis ainsi comme une "introduction à la mathématique" pour tous ceux - enseignants, enseignés, curieux... - qui éprouvent quelque difficulté à pénétrer dans le monde des algèbres et des topologies. Ainsi, faisant en somme d'une pierre deux coups, je donne à la fois un manuel d'épistémologie mathématique pour les savants confirmés et un ouvrage d'initiation pour les débutants.

Mon Nouvel Abrégé d'histoire des mathématiques ayant été fort bien accueilli tant par le grand public que par le public restreint des mathématiciens et des philosophes des sciences, j'espère évidemment un même accueil pour un livre qui me semble "amélioré". J'ai en tout cas reçu souvent des témoignages de lecteurs qui m'ont confirmé une idée toute simple : on comprend plus facilement les maths quand on les aborde dans l'ordre même de leur constitution historique : les maths "préhistoriques" sont plus simples que les maths des Grecs, et la mathématique d'Euclide et d'Archimède est plus simple que celle de Descartes ou de Newton.

Mon nouveau livre devrait se trouver chez les bons libraires dans les prochains jours.

Pour info :        

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences : 

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Télé Bruxelles, interview sur ma philosophie :  

www.telebruxelles.net/portail/emissions/magazines-a-voir-en-ligne/rencontre/21416-041012-jean-baudet

Canal C (Namur), interview sur mes travaux sur l'invention technique :  

www.canalc.be/index.php?option=com_content&view=article&id=100001595:entree-libre-de-jean-baudet-&catid=114:entree-libre&Itemid=56

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