Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Jean C. Baudet

Articles avec #histoire tag

Histoire des maths

28 Mai 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Mathématiques, #Histoire

Hist-Maths.jpgPourquoi ai-je publié une histoire des maths, qui s'intitule - d'ailleurs assez bizarrement - Nouvel Abrégé d'histoire des mathématiques ? Toujours disponible chez les bons libraires de France et d'ailleurs, ayant fait l'objet de plusieurs nouveaux tirages par les éditions Vuibert. Pourquoi, en effet ? Parce qu'il s'agissait d'entamer (c'était en 2002, et même avant puisque je crois me souvenir que la rédaction a commencé en 1997 ou 1998) une histoire de la pensée scientifique, depuis la Préhistoire jusqu'à la fin du XXe siècle, et qu'il m'avait semblé que la mathématique, étant le langage de toutes les disciplines intellectuelles pouvant se présenter comme "sciences", il fallait l'étudier d'abord. Le fait est que l'histoire des maths coïncide en grande partie avec l'histoire de la raison, ou plus exactement de la raison se limitant à l'étude du raisonnable - car est-il raisonnable d'entreprendre la magique étude du coeur - sauf à compter ses battements - ou de l'esprit - sauf à tenter d'évaluer ses calculs ?

 

J'ai ainsi pu reconstituer, d'une manière que je crois assez "valable" (il y a une part d'hypothèse dans toute histoire), la double aventure intellectuelle (et pour certains extatique) de la découverte des formes (géométrie) et de la compréhension des nombres (arithmétique). Restait alors à explorer comment la mathématique - c'est-à-dire la connaissance des figures et des quantités - allait nourrir la technique (qui deviendra technologie), la physique et la chimie, et finalement la biologie (devenue moléculaire). L'explication de l'outil, du monde, de la matière et de la vie par la pensée quantitative. La qualité révélée par les quantités. Et si l'on se souvient que la musique et la poésie sont, d'abord, du rythme...

 

Au cours de l'histoire, c'est quand la raison se limite elle-même qu'elle devient efficace, et j'en donne cent exemples dans mes livres d'histoire de la science. Quand on veut tout savoir, on risque bien de ne savoir rien. C'est bien montré par L'Etre et le Néant de Sartre, plus instructif par ses petits riens que par ses grandes phrases.

 

Bien sûr, la vérité "scientifique" est désolante et décevante. Mais, jusqu'à présent, depuis le Poème de la Création (sumérien) jusqu'aux vociférations de l'imam de mon quartier, je n'en ai pas trouvé d'autre. Mais je cherche. Je dirai quoi, quand j'aurai trouvé.

 

Pour info, deux vidéos :

Canal C (Namur)

www.canalc.be/index.php?option=com_content&view=article&id=100001595:entree-libre-de-jean-baudet-&catid=114:entree-libre&Itemid=56

 

 

Librairie Filigranes (Bruxelles)

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Histoire des systèmes de pensée

31 Mars 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Histoire

Penser le mondeMon travail philosophique est surtout basé sur l'étude critico-historique des systèmes de pensée, ce que Michel Foucault appelait "archéologie des savoirs". Voici la répartition disciplinaire de mes ouvrages publiés :

 

1. Philosophie

   11. Mathématique et vérité

   12. Le signe de l'humain

   13. Une philosophie de la poésie

2. Histoire des religions

   21. Curieuses histoires de la pensée

3. Histoire des littératures

   31. A quoi pensent les Belges (on se le demande...)

4. Histoire de la science

   41. Curieuses histoires de la science

   42. Curieuses histoires des dames de la science

   43. Histoire des sciences et de l'industrie en Belgique

5. Histoire de la science : mathématiques

   51. Nouvel abrégé d'histoire des mathématiques

6. Histoire de la science : astronomie, physique, chimie

   61. Penser le monde

   62. Expliquer l'Univers

   63. Penser la matière

   64. A la découverte des éléments de la matière

7. Histoire de la science : biologie, médecine

   71. Penser le vivant

   72. La vie expliquée par la chimie

8. Histoire de la technique

   81. Les ingénieurs belges (épuisé)

   82. Introduction à l'histoire des ingénieurs (épuisé)

   83. De l'outil à la machine

   84. De la machine au système

   85. Curieuses histoires des inventions

   86. Curieuses histoires des entreprises (en préparation).   

 

Pour info, l'URL (à copier et coller après http://) d'une vidéo sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Philosophie 003 - La physique

26 Décembre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Histoire

Les historiens de la philosophie admettent que Thalès de Milet a eu deux élèves, Anaximène et Anaximandre, également de Milet, mais on connaît aussi peu la biographie des disciples que celle du maître. On sait cependant qu'ils ont, chacun, composé un poème, avec le même titre Péri physéos, ce qui signifie " De la nature ". Remarquons d'abord que les premiers textes " philosophiques " (Thalès semble ne rien avoir publié) sont des textes versifiés. Cette situation, due simplement au fait qu'au début du VIe siècle tout texte destiné au public était mis en vers, par convention littéraire, va entraîner chez les modernes une confusion sur les rapports entre poésie et philosophie (1). Les premiers philosophes furent des poètes, en effet, mais parce qu'à cette époque tous les écrivains étaient poètes ! L'idée de confier au public des textes simplement en prose n'apparaît qu'après la parution des premiers poèmes " philosophiques ", avec notamment l'oeuvre de l'historien Hérodote. Remarquons encore que le mot grec physis (" nature "), qui a donné " physique " en français, signifie à la fois le monde (la nature, l'Univers, le cosmos...) et ce dont est fait le monde, la nature du monde, l'essence du Réel. En français, physique a pris le sens d'étude de la nature, de science du monde, de connaissance du Réel. Ceci entraîne une autre confusion chez les modernes - que j'ai faite moi-même dans mon enseignement et dans certaines publications : on a souvent dit que Thalès a inventé en même temps la philosophie et la science (ou physique). Ce qui est une grave confusion entre la philosophie et la science. C'est, en réalité, donner un sens trop large au terme " science ". La science proprement dite n'apparaît qu'au XVIe siècle, en Europe, avec des auteurs comme Nicolas Copernic, André Vésale, Johannes Kepler...

 

Distinguons donc clairement :

- philosophie : étude de l'étude pour connaître les conditions du bonheur ;

- poésie : mode d'écriture d'apparat, utilisant la versification et/ou d'autres procédés stylistiques, provoquant chez l'auditeur ou le lecteur des effets esthétiques ;

- science (ou physique) : étude du Réel utilisant une méthode qui s'élabore à partir du XVIe siècle.

 

Anaximène et Anaximandre, que l'on appelle les " physiciens de Milet ", acceptent les deux grandes idées de leur maître, le rationalisme et le monisme.

Cependant, Anaximène estime que l'archè, le principe primordial, n'est pas l'eau, mais l'air. Il cherche des arguments dans le fait que l'air est indispensable à la vie (respiration) des animaux et des hommes. Or, les êtres vivants sont les êtres (ceux qui existent) par excellence, donc tout ce qui existe a besoin d'air, est constitué, dans sa structure la plus intime, d'air.

Quant à Anaximandre, il s'oppose aussi partiellement à la doctrine du maître. Pour lui, l'archè n'est ni l'eau ni l'air, mais un principe indéterminé, que l'on ne parvient pas à définir, à délimiter, qui est donc indéfini, ce qui se dit apeiron en grec.

Voyons d'abord les confusions faites par Anaximène et Anaximandre, qu'il est encore trop tôt d'analyser en profondeur, mais qui nous montrent déjà une caractéristique importante du travail philosophique : il s'agit d'utiliser des mots !

Pour Anaximène, être c'est vivre... Les choses "qui existent vraiment" sont les êtres vivants. Cette idée est bien antérieure à Anaximène, et même à la pensée grecque. Il faut y voir une des bases de la mentalité humaine spontanée (archaïque) : accorder plus d'importance au vivant qu'à l'inerte.

Pour Anaximandre, définir un concept, une idée, c'est l'enfermer dans des limites. D'où en français des expressions telles que " cerner la notion ", " circonscrire un concept "... Mais alors, que signifie ceci que l' apeiron - le principe de toutes choses - est sans détermination, sans limites ? On peut y voir un scepticisme, c'est-à-dire que le philosophe accepte l'idée que le fond des choses reste inaccessible à son intelligence : le scepticisme s'oppose donc au rationalisme, constituant un pessimisme épistémique. On peut aussi traduire apeiron par " infini ", et imaginer qu'Anaximandre a développé une doctrine faisant de l'infini (un concept géométrique ou arithmétique) la source de l'Univers. Les poèmes d'Anaximène et d'Anaximandre étant perdus, il est difficile de se prononcer sur le sens exact qu'il faut donner à apeiron.

 

Nous retiendrons que le principe de toutes choses est l'air chez Anaximène et l'indéterminé chez Anaximandre.

 

(1) Voir J.C. Baudet : Une philosophie de la poésie, L'Harmattan, Paris.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Philosophie 002 - Thalès de Milet

25 Décembre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Histoire

Les dates de naissance et de mort de Thalès sont inconnues, mais le premier des philosophes fut actif au début du VIe siècle avant notre ère. La biographie de Thalès concerne l'érudition historienne, qui pour le philosophe est un moyen et non une fin. L'oeuvre de Thalès n'est pas mieux connue que sa vie, mais ce qui compte pour " entrer en philosophie ", c'est de percevoir en quoi il fut initiateur. Peut-être vais-je lui attribuer des idées qui, historiquement, furent développées par des prédécesseurs dont les noms ne nous sont pas parvenus. Cela importe peu. L'histoire de la philosophie est l'histoire des idées, et pas l'histoire des hommes qui eurent ces idées.

 

Thalès a commencé à réfléchir - on ignore dans quelles circonstances - quand il prit conscience de la diversité du monde. Que signifie " prendre conscience " ? C'est cette sensation que nous éprouvons en découvrant de l'inattendu, en constatant que quelque chose s'impose à nous, à quoi nous n'avions pas pensé précédemment. C'est une expérience existentielle assez fréquente dans l'adolescence, et même déjà dans l'enfance : on est en contact avec d'innombrables existences familières, mais tout à coup on s'interroge : pourquoi la Lune dans le ciel noir ? Pourquoi la soupe ? Pourquoi la pluie ?... Mais l'on ne s'interroge peut-être pas sur sa mère, sur le chat de la voisine, sur le bruit qui vient de la rue. C'est l'irruption dans la conscience d'un fait sur lequel la pensée s'arrête, étonnée et interrogeante.

 

Thalès s'est donc interrogé : d'où vient, pourquoi, comment, la diversité du monde : des nuages, des poissons, du sable, des métaux divers, des arbres de toutes sortes ? Il va alors poser les deux actes de pensée qui fondent la philosophie.

1° Il va répondre seul, sans tenir compte des réponses qu'il pouvait trouver dans les écrits des poètes ou dans les discours des prêtres des différentes religions.

2° Il va répondre en cherchant une simplicité produisant (et donc expliquant) la multiplicité.

 

En prétendant être capable de répondre seul, par le seul usage de son intelligence et en écartant toutes les réponses que l'on trouve dans les traditions (poétiques et/ou religieuses), Thalès accepte en réalité une idée constituée de deux concepts qu'il nous faut distinguer, deux idées "fondamentales".

Premier concept : mon intelligence (c'est Thalès qui parle) est capable de répondre à mes questions. C'est ce que nous pouvons appeler un optimisme épistémique (du grec épistèmè : savoir).

Deuxième concept : l'intelligence que je trouve en moi existe en fait chez tous les hommes. C'est un optimisme humaniste. Cette position revient à admettre que les hommes sont doués d'un pouvoir - l'intelligence ou " raison " ou " bon sens " - d'élaborer des réponses aux questions qu'ils se posent. On appelle cette position le rationalisme (du latin ratio : raison), qui met en oeuvre la raison que l'on appelle aussi la pensée logique (du grec logos : raison).

 

En cherchant la simplicité expliquant la multiplicité des objets du monde qui l'entoure, Thalès suppose qu'il existe une source unique, une racine simple, un objet premier ancien, l'archè (ce qui veut dire à la fois " avant " et " premier ", comme dans le mot " archonte ", qui désigne le premier magistrat de la Cité). Ce " principe " ou " élément ", d'après Thalès, est l'eau, c'est-à-dire le principe liquide. En effet, l'eau est omniprésente (la pluie vient du ciel et les sources viennent de la terre), et de nombreuses substances peuvent être liquéfiées (" transformées en eau "), même les métaux pourtant particulièrement solides !

Cette position de Thalès consiste à admettre, sous la diversité apparente et considérable des choses, une unité ultime et principielle, l'eau. Par transformations diverses, l'eau primordiale s'est transformée en les divers corps que l'on rencontre dans le monde. C'est ce que l'on appelle un monisme (du grec monos : unique), c'est-à-dire une doctrine qui admet que le monde (dans le sens de " tout ce qui existe, visible ou invisible ") est constitué d'une seule réalité. On dit aussi que l'explication du compliqué par le simple est un réductionnisme.

 

Nous retiendrons que Thalès de Milet a fondé le rationalisme en se libérant des traditions poétiques et religieuses, et qu'il a développé, par réductionnisme, un monisme, en admettant que la réalité ultime est l'eau, source et principe de tous les objets du monde. L'exemple de Thalès nous apprend que le philosophe est celui qui entreprend de penser par lui-même en se méfiant des traditions.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

 

Lire la suite

Philosophie 001 - Le départ

24 Décembre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Histoire

Que signifie " faire de la philosophie " ? Pour démarrer notre réflexion, nous reprenons la question sous la forme " que signifie penser ? ". Ce qui nous amène d'emblée à une difficulté : comment réfléchir à ce que signifie penser, ou comment penser à ce que signifie réfléchir - puisque penser et réfléchir sont synonymes ?!

 

Nous avons, en quelques courtes phrases, fait un chemin considérable : nous prenons conscience, encore naïvement sans doute, des difficultés qui nous attendent, et nous pouvons risquer une première définition (qu'il faudra approfondir tout au long de notre réflexion) de la philosophie : l'activité intellectuelle (réfléchir) qui consiste à étudier l'activité intellectuelle (penser). Mais s'agissant d'une activité (faire de la philosophie), il nous vient rapidement à l'esprit la question de sa motivation : pourquoi et pour quoi faire de la philosophie ? On ne peut répondre que par l'observation de l'activité des philosophes, c'est-à-dire qu'il est indispensable de consacrer un certain temps à l'étude de l'histoire de la philosophie, et en particulier la lointaine histoire de ses débuts.

 

Tous les manuels sont d'accord : la philosophie a été inventée par le Grec Thalès, à Milet, au début du VIe siècle avant notre ère. Et tous les manuels sont encore d'accord pour ceci : la philosophie est la recherche de la sagesse (sophia, en grec), qui est la connaissance des conditions du bonheur. Le bonheur étant une manière d'être de l'homme caractérisée par la totale satisfaction de ses besoins et de ses désirs.

 

Qui suis-je pour prétendre résumer les manuels de philosophie, et pour tenter d'aller plus loin qu'eux dans mon exposé systématique de ce qui me semble être la philosophie - car, dès le départ de ma réflexion, celle-ci est vivement colorée par les singularités de mon expérience de vie (notamment par le catalogue particulier de mes lectures) et par l'idiosyncrasie de mon tempérament ? Après des études de chimie et de philosophie, j'ai été chargé de faire un cours de philosophie au Burundi en 1968. J'ai enseigné pendant cinq ans, puis j'ai exercé divers métiers - tout en poursuivant mes méditations philosophiques. Une deuxième opportunité d'enseigner s'est présentée en 1985, en Belgique cette fois, où j'ai assuré un cours de philosophie de la technique jusqu'en 1993 (1). Et depuis cette année, je n'ai plus cessé de " faire de la philosophie ", et il me semble que le temps est venu de diffuser les quelques idées auxquelles mes réflexions m'ont conduit. A mes lecteurs d'aller plus loin...

 

Nous retiendrons donc, comme point de départ sur lequel il nous faudra revenir, que la philosophie est l'étude de l'étude. Elle est foncièrement un retour sur elle-même : réfléchir vient du latin reflectere, qui veut dire " faire tourner ". Et l'étude dont il est question n'est pas un simple jeu intellectuel (comme la chimie, qui est l'étude de la structure de la matière à des fins de connaissance, c'est-à-dire pour satisfaire une curiosité), mais elle a pour but de trouver le chemin du bonheur.

 

Nous nous demanderons, incidemment, pourquoi, la philosophie étant la recherche du bonheur, tous les hommes ne sont pas philosophes.

 

(1) L'essentiel de cet enseignement est repris dans mon livre Le Signe de l'humain, L'Harmattan, Paris.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Histoire de la Belgique

12 Décembre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Belgique

Pensee-belge.jpg

J'ai publié deux livres concernant l'histoire de la Belgique, chez Jourdan : Histoire des sciences et de l'industrie en Belgique, et A quoi pensent les Belges.

 

On peut se demander pourquoi je me suis intéressé à un pays aussi minuscule - que certains vont jusqu'à qualifier de "minable" au vu des événements récents pour la constitution d'un gouvernement, mais c'est exagéré. Pourquoi donc s'intéresser à un pays de 10 millions d'habitants, quand les pays "qui comptent" aujourd'hui dans le concert des nations regroupent plusieurs centaines de millions de personnes ? Parce que, jusqu'il n'y a pas si longtemps, l'Europe était le centre du monde, et parce que la Belgique était le centre de l'Europe !!!

 

Malgré sa prétendue "Union", l'Europe n'est plus LE centre du monde, mais reste quand même un de ses centres importants. Quant à la Belgique, il suffit de consulter un atlas pour constater qu'en effet la Belgique est au centre de ce complexe humain qui va de l'Espagne de Cervantes à la Russie de Mendéléev, et de la Grèce d'Aristote à l'Angleterre de Newton. Un peu plus d'attention nous révèle que l'essentiel de la production intellectuelle de cette Europe, je veux dire le noyau dur de la culture européenne, fut rédigé en grec, en latin, en français, en anglais ou en allemand. Pour la période post-médiévale, la plus riche, la plus novatrice, celle qui va changer non seulement l'Europe mais le monde dans son entier, il n'y a plus que trois langues qui portent les textes fondateurs de la modernité : le français, l'anglais, l'allemand (Mendéléev, par exemple, a publié ses résultats principaux en allemand). Si bien que la Belgique, centrale géographiquement, l'est aussi culturellement : c'est là que se rencontrent les pays de langue latine et les pays germaniques. On sait ce qu'il en fut en 1914, ou en 1940.

 

J'ai donc voulu étudier la "culture" belge, en tant que microcosme de la culture européenne, socle de la civilisation. C'est l'ABC de la méthode scientifique : examiner un échantillon représentatif. Un botaniste ne peut pas examiner tous les arbres de la forêt, il doit choisir. J'ai choisi la Belgique, où j'ai découvert une créativité scientifique et technique extraordinaire (l'automobile, la mitrailleuse, l'électrotechnique, la soude à l'ammoniaque, l'immunologie, la transfusion sanguine, la théorie du Big Bang...), et où il a bien fallu que je constate une production philosophique plutôt pauvre, malgré quelques noms importants, comme ceux de Léopold Flam, de Léo Apostel ou de Chaïm Perelman. Les Belges eurent plus de génie pour décrire les mots (les grammairiens belges sont parmi les meilleurs de la francophonie) que pour s'en servir. La formule, j'en conviens, est peu nuancée, et je n'ignore ni le génie de Simenon ni l'immense talent d'Hergé, mais il faut examiner les productions intellectuelles d'un pays par rapport à celles des autres. La Belgique eut des chimistes de génie, comme Prigogine, des physiciens visionnaires, comme Lemaître, mais n'eut pas de grands philosophes comme en eurent les Français et les Allemands.

 

Et pour terminer par un trait de satire, n'était-il pas plus utile d'étudier les sciences, les techniques et la philosophie chez les Belges que les circonstances de la bataille des Eperons d'or ou les origines de la frontière linguistique qui divise ce si petit pays ?

 

Pour info, l'URL (à copier et coller après http://) d'une vidéo sur l'histoire des sciences comme explication et évaluation du savoir :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Histoire des religions

11 Décembre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Religion

Cur-Pensee.jpg

Mon programme était tracé en 1968 : pour comprendre comment il est possible de comprendre - comment l'homme est capable de produire des concepts -, je vais entreprendre une vaste enquête qui sera ma vie, et qui consiste à établir l'histoire (l'archéologie, dira Michel Foucault) des systèmes de pensée. En particulier, j'entreprends de composer une histoire de la science (avec Gaston Bachelard comme modèle) et une histoire des religions (Mircea Eliade). A vrai dire, mon intérêt pour ces recherches historico-épistémologiques remonte à mes 15 ou 14 ans, quand je me sens attiré par des "faits" comme les mystères d'Eleusis (l'ouvrage de Victor Magnien), la divination chez les Babyloniens (Georges Contenau) ou l'alchimie (le petit livre de Serge Hutin).

 

Une cinquantaine d'années plus tard, mon Histoire de la science est "achevée" (9 volumes chez Vuibert, Paris, plus d'autres ouvrages chez d'autres éditeurs) et j'ai entamé la publication de mon Histoire des religions. Le premier volume s'intitule Curieuses histoires de la pensée, et c'est le récit chronologique de la naissance du langage, puis du développement de la pensée, avec l'apparition des rites (d'ailleurs vraisemblablement antérieurs au langage), puis des mythes, ensuite des religions et enfin de la philosophie (chez les Grecs d'Ionie). Je m'arrête à la fin du règne d'Auguste, c'est-à-dire au début de l'Empire romain. Le volume suivant traitera des débuts du christianisme. Le traitement à la fois chronologique et mondial permet de mettre en évidence des corrélations entre aires culturelles parfois très lointaines (par exemple, il doit y avoir eu des rapports entre l'Inde et la Grèce avant même les conquêtes d'Alexandre le Grand). Il permet surtout de comprendre, grâce au recul qu'impose la vision "globale" de l'évolution des idées, que la pensée humaine passe par une suite telle que animisme - polythéisme - hénothéisme - monothéisme - athéisme.

 

On peut considérer comme un "effet collatéral" de l'approche historique que mon livre sur les débuts de la pensée puisse servir d'introduction à la philosophie, puisque je suis amené à présenter les penseurs grecs dans l'ordre de leur "entrée en scène" (Thalès, Pythagore, Socrate, Platon, Aristote, et beaucoup d'autres), et donc à expliquer leurs systèmes dans l'ordre chronologique, qui est aussi un ordre "pédagogique" efficace. Il est facile de comprendre que la pensée de Thalès fut plus simple que celle de Platon, et que la doctrine de Platon est plus simple que les résultats d'Aristote. Le débutant en philosophie aura donc à suivre un chemin "évident" pour s'initier aux grands problèmes philosophiques, et il découvrira (ce qui n'est pas toujours clair dans les manuels universitaires) que la philosophie grecque est issue d'une pensée religieuse très archaïque.

 

Pour info, l'URL (à copier et coller après http://) d'une vidéo sur l'histoire des sciences comme explication et évaluation du savoir :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Curieuses Histoires

6 Décembre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire

L'éditeur belge JOURDAN a eu l'excellente idée de créer une collection intitulée "Curieuses Histoires".

 

Curieuses parce que certains faits historiques sont indiscutablement surprenants, inattendus, singuliers, parfois jusqu'au bizarre ; la preuve en est qu'une importante part de la littérature de fiction cherche dans l'Histoire les ambiances, les intrigues et les héros de ses récits.

 

Curieuses aussi parce que de nombreux faits historiques sont de nature à satisfaire la légitime curiosité des lecteurs voulant connaître les coins et les recoins (souvent cachés pour diverses raisons) de l'histoire des hommes ; le fait est que l'Histoire est comme le laboratoire du philosophe, qui puise dans les péripéties de l'évolution de l'Humanité de quoi alimenter sa réflexion sur les êtres et les choses.

 

Alliant la rigueur scientifique de l'historiographie la plus exigeante avec un effort de lisibilité de manière à rester accessible au public le plus large, les ouvrages de la collection "Curieuses Histoires" permettent aux lecteurs de compléter leur culture historique, hélas trop négligée aujourd'hui dans l'enseignement. Pour d'obscures raisons, peut-être inavouables, la part de l'histoire est en effet de plus en plus limitée dans les programmes scolaires, et les jeunes gens qui sortent des écoles secondaires n'ont guère acquis le sens de la chronologie, fondement pourtant de tout humanisme véritable.

 

A ce jour, j'ai eu l'honneur de publier 4 titres dans cette collection :

 

- Curieuses histoires de la Science, où je montre, par l'étude de quelques "erreurs de la science", que le discours scientifique, s'il est faillible, est cependant le seul discours dont les propositions sont vérifiables (ouvrage traduit en espagnol) ;

- Curieuses histoires des Dames de la science, où j'étudie la biographie d'une quarantaine de femmes qui ont apporté une contribution majeure au progrès scientifique ;

- Curieuses histoires de la Pensée, où j'expose le résultat de mes travaux sur les origines (historiques et psychologiques) des systèmes de pensée : religions et philosophie ;

- Curieuses histoires des Inventions, où j'établis l'historique des "100 inventions ou découvertes qui ont changé le monde".

 

Pour info, l'URL (à copier et coller après http://) d'une vidéo sur l'histoire des sciences comme explication et évaluation du savoir :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Les inventions et l'importance

22 Novembre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Technique

Mon livre "Curieuses histoires des inventions" vient de sortir de presse, chez Jourdan (Paris-Bruxelles) : 382 pages. C'est l'aboutissement d'une relecture de l'histoire de la technique, de la science et de la technologie. J'ai déjà consacré plusieurs volumes à cette histoire, qui est le coeur vivant de l'Histoire (avec H), et la source la plus essentielle de toute réflexion philosophique. Si du moins on veut bien admettre - ce qui est difficile à avaler pour certains esprits - que les travaux d'Albert Einstein furent plus importants, pour le "progrès humain", que ceux de Maurice Maeterlinck, ou que les découvertes de Lavoisier ou de Pasteur eurent plus de conséquences, pour la "condition humaine", que les poèmes de Racan ou les maximes (d'ailleurs fort intéressantes) de La Rochefoucauld. C'est toute la question de l'importance ! J'ai rassemblé l'essentiel de ce que savent les historiens des techniques, les historiens de la science et les historiens de la technologie sur 100 inventions ou découvertes qui me paraissent être les plus importantes de l'histoire de l'Humanité (avec H). Qui pourra nier l'importance de l'invention de l'outil, du langage, de l'alphabet, de l'imprimerie ?... Et je vois déjà les grimaces désapprobatrices et arrogantes de ceux qui me reprocheront d'avoir placé dans mon listing le revolver, le saxophone ou la pilule contraceptive. C'est un des plaisirs de la confection de ce genre de livre : imaginer certaines grimaces ! Et pourtant, le revolver a bel et bien changé le monde, Samuel Colt allant jusqu'à remarquer que son invention rendait les gens (les boys) égaux ! Quant à la pilule, elle a changé la condition des femmes et provoqué un bouleversement démographique dont on commence à sentir les effets ! Et le saxophone ? Eh bien, n'est-ce pas mon droit, d'aimer les sonorités mielleuses et moelleuses de la merveilleuse gamme d'instruments mise au point par Adolphe Sax ?

 

Il y a aussi les inventions qui ne figurent pas dans ma liste ! Ah, le plaisir des omissions quand on dresse des inventaires ! Et en effet, je n'ai pas mis au rang des inventions "qui ont changé le monde" la phénoménologie d'Edmond Husserl, le surréalisme d'André Breton, ou la marmite à pression de Denis Papin.

 

Pour info, l'URL (à copier et coller après http://) d'une vidéo sur l'histoire des sciences comme explication et évaluation du savoir :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

 

Lire la suite

Penser le vivant

18 Novembre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Biologie

Je pense aujourd'hui à mon livre "Penser le vivant", paru chez Vuibert (Paris), qui est une "histoire de la médecine et de la biologie" de 396 pages. Il est encore disponible en librairie, mais la question n'est pas là. J'y pense parce que je me souviens qu'à plusieurs reprises, à propos de tel ou tel de mes livres, il s'est trouvé l'un ou l'autre "critique" pour me reprocher d'avoir été "incomplet", de ne pas avoir cité tel ouvrage, d'avoir omis tel auteur ! Oui, vous avez bien lu, il s'est trouvé des zozos tout imbus de leur science évidemment "complète" et de leur savoir évidemment "total" pour me faire la leçon : j'aurais dû, dans tel livre, citer Monsieur XYZ (il s'agit parfois du critique lui-même, d'ailleurs...). A cette heure, les botanistes ont décrit environ 300 mille espèces végétales. Les zoologistes ont décrit environ un million et demi d'animaux. Et l'on voudrait que je sois "complet", "exhaustif" ?...

 

Prenons un sujet moins vaste (et à vrai dire moins intéressant, je le reconnais volontiers) que j'ai traité dans un de mes livres (A quoi pensent les Belges, Jourdan) : la littérature belge (flamande et française, je n'ai pas abordé la littérature wallonne). Pouvais-je signaler, dans un livre de 361 pages, les milliers de poètes (ou soi-disant tels) belges, les centaines de romanciers belges, les quelques philosophes belges ? Même après avoir dépouillé des revues littéraires belges comme Revue belge. Journal scientifique, philosophique et littéraire (fondée en 1830), comme La Revue moderne (1882), comme Le Coq rouge (1895), comme La Lanterne sourde (1921), comme Les Elytres du hanneton (1973), pouvais-je espérer avoir repéré tous les auteurs belges, et surtout, pouvais-je trouver de la place pour les citer, quand il me fallait tout de même parler un peu de Georges Simenon, de Georges Sion ou de Georges Rodenbach ?

 

J'ai beaucoup d'estime pour la critique intelligente, rare hélas. Je ne me soucie pas de la critique imbécile qui confond l'analyse d'un livre avec la recherche des noms cités dans un index.

 

Oui, je l'avoue, je fus incomplet dans toutes mes histoires, et j'ai omis certains mathématiciens, certains entomologistes, certains astrophysiciens dans mes livres. J'ai même omis certains littérateurs belges, par ignorance ou par distraction. Il y en a aussi que j'ai omis volontairement. Je ne le regrette pas.

 

Pour info, l'URL (à copier et coller après http://) d'une vidéo sur l'histoire des sciences comme explication et évaluation du savoir :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>