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Jean C. Baudet

Articles avec #philosophie tag

Le monde en 2016

29 Juin 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Politique

La surface de la planète Terre, à peu près partout du Nord au Sud, est souillée par les déjections de 1,3 milliard de Chinois, de 1,2 milliard d’Indiens, et de beaucoup d’autres, ce qui est une situation absolument inédite dans la longue histoire des hommes. Pour la première fois depuis des millions d’années, l’animal humain s’est répandu universellement, dans les étendues glacées des pôles comme dans les étouffantes forêts équatoriales. Cette novation inouïe s’accompagne d’une autre nouveauté, le développement extraordinaire de la Technique, qui s’est transformée en une Technologie époustouflante. Il est banal de remarquer que l’Humanité a pu exister et croître grâce à la Technique, et que la « mondialisation » est le résultat des possibilités de la Technologie : moyens de transport et de télécommunications. Cette aventure de l’Homme est la conséquence de l’intelligence de quelques humains, des techniciens puis des ingénieurs qui, au lieu d’adorer le monde comme les primitifs, au lieu de comprendre le monde comme les philosophes puis les savants, ont voulu comprendre le monde et devenir « maîtres et possesseurs de la nature » (René Descartes). Hegel croyait pouvoir interpréter l’Histoire comme l’évolution dialectique de l’Esprit. Mais qu’est-ce que l’Esprit – l’Esprit qui toujours nie – sinon l’intelligence technicienne capable d’établir un lien entre le moi et le non-moi, entre la conscience des besoins et des désirs et le monde des ressources et des limitations ? Marx l’avait bien compris en voyant dans les « moyens de production » le moteur de l’Histoire – de la multiplication des hommes – puisque ces « moyens » ne sont rien d’autre que la Technique devenant (par une transfiguration dialectique initiée par le développement de la Science) Technologie.

Mais, dès l’invention du premier outil, la Technique se révèle clivante, instituant une séparation radicale entre ceux qui possèdent l’outil, et ceux qui ne l’ont pas. En plus, elle se révèle limitée dans ses possibilités : elle ne peut pas satisfaire tous les besoins et tous les désirs. Malgré les avancées sensationnelles de la Technologie, l’homme est encore et toujours condamné aux souffrances physiques et aux chagrins.

En 2016, l’Humanité est devenue son propre problème, la multiplication des hommes s’accélérant plus que la multiplication des ressources. Coincée entre la lithosphère, l’hydrosphère et l’atmosphère, l’anthroposphère subit les conséquences de plus en plus dévastatrices du réchauffement climatique (tornades, inondations, feux de forêt…) et son accroissement même provoque des rencontres engendrant des conflits et des guerres.

L’Humanité est donc dans une situation radicalement nouvelle ! En effet ! Et alors ? Ne savons-nous pas, depuis bien longtemps, que « tous les hommes sont mortels » ? En attendant, il faut bien vivre, et autant bénéficier du confort des avions de l’Américain William E. Boeing, du plaisir des randonnées en voitures de l’Américain Henry Ford, de la somptuosité des illuminations électriques rendues possibles grâce aux lampes de l’Américain Thomas A. Edison, des plaisirs sexuels sans soucis grâce aux pilules de l’Américain Gregory G. Pincus, en buvant du coca-cola de l’Américain John S. Pemberton (mais je préfère le beaujolais), et en composant des poèmes avec un ordinateur des Américains Bill Hewlett et Dave Packard.

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Jean Baudet lecteur de Lenine

22 Juin 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Matérialisme

Voici quelques extraits du grand livre de Lénine, Matérialisme et empiriocriticisme (1909), ouvrage délicieusement énergique et joyeusement subversif, tout à fait d’actualité en ces temps de « retour du spirituel ».

« Nous avons observé (…) dans toutes les questions de philosophie (…) la lutte entre le matérialisme et l’idéalisme. Nous avons toujours trouvé, sans exception, derrière un amoncellement de nouvelles subtilités terminologiques, derrière le fatras d’une docte scolastique, deux tendances fondamentales, deux courants principaux, dans la manière de résoudre les questions philosophiques. Faut-il accorder la primauté à la nature, à la matière, au physique, à l’univers extérieur et considérer comme élément secondaire la conscience, l’esprit, la sensation, le psychique, etc., telle est la question capitale qui continue en réalité à diviser les philosophes en deux camps importants. La cause de milliers et de milliers d’erreurs et de confusions dans ce domaine, c’est que, sous l’apparence des termes, des définitions, des subterfuges scolastiques, des jongleries verbales, on n’aperçoit pas ces deux tendances fondamentales.

Le génie de Marx et d’Engels consiste précisément en ce que, pendant une très longue période – près d’un demi-siècle – ils s’employèrent à développer le matérialisme, à faire progresser une tendance fondamentale de la philosophie, sans s’attarder à ressasser les questions gnoséologiques déjà résolues (…) en balayant impitoyablement, comme des ordures, les bourdes, le galimatias emphatique et prétentieux, les innombrables tentatives de « découvrir » une nouvelle tendance en philosophie, une nouvelle direction, etc. Le caractère purement verbal des tentatives de ce genre, le jeu scolastique de nouveaux « ismes » philosophiques, l’obscurcissement du fond de la question par des artifices alambiqués, l’incapacité à comprendre et à bien se représenter la lutte de deux tendances fondamentales de la gnoséologie, c’est ce que Marx et Engels combattirent et pourchassèrent tout au long de leur activité.

(…)

La théorie matérialiste de la connaissance est une arme universelle contre la foi religieuse, non seulement contre le religion des curés, religion ordinaire, connue de tous, mais aussi contre la religion professorale, épurée et élevée, des idéalistes obnubilés. »

Du marxisme à l’éditologie il y a filiation, mais aussi dépassement, par élimination des résidus idéalistes qui altèrent le matérialisme « dialectique » (notamment la sacralisation du prolétariat), j’y reviendrai sans doute dans de prochains billets. Mais citons quelques auteurs du « galimatias emphatique et prétentieux » qui mériteraient d’être « balayés impitoyablement » : Husserl, Jaspers, Heidegger, Gadamer, Foucault, Ricoeur, Levinas, Deleuze, Badiou. La liste n’est pas complète, hélas.

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Jean-Pol Hecq et la philosophie

9 Juin 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

Jean-Pol Hecq et la philosophie

Hier après-midi, je m’entretenais avec Jean-Pol Hecq, journaliste, à la RTBF (radio belge), à propos de la parution de mon dernier livre Les plus grandes dates de la philosophie (La Boîte à Pandore), dans un studio d’enregistrement en vue d’une prochaine émission radiophonique dans la série « Et dieu dans tout ça ! ». Accompagné par un ingénieur du son et tout un matériel high tech de radiocommunication : la technologie au service de la diffusion des idées de la pensée libre…

Mon livre est une histoire explicative de la philosophie, c’est-à-dire que je me suis efforcé de comprendre comment les idées sur le monde et sur la destinée humaine, délivrées des traditions poético-religieuses, sont apparues et se sont enrichies au cours du temps, notamment en reconstituant la filiation des idées de Thalès à Platon, d’Epicure à Cicéron, de Descartes à Spinoza, et ainsi de suite.

Jean-Pol Hecq a posé les bonnes questions. La philosophie progresse-t-elle ? Existe-t-il une pensée authentiquement philosophique en dehors de la succession des doctrines allant de Thalès à Heidegger, qu’il faut bien qualifier d’ « occidentale » ? Quelle est la différence entre la pensée scientifique et la philosophie ? Quelle est la relation entre la science et la technique ? Et finalement – question que l’animateur de « Et dieu dans tout ça ? » ne pouvait pas éviter –, quelle est la différence entre les religions et la philosophie ?

Je ne suis pas sûr d’avoir apporté les bonnes réponses, mais j’ai essayé. Et j’ai mesuré, une fois de plus, l’énorme difficulté d’exprimer en quelques phrases univoques, claires et distinctes, le résultat de lectures et de méditations faites pendant des années. Rien que le mot « philosophie » est pris dans des sens divers et parfois contradictoires par le public.

Une remarque de mon intervieweur m’a spécialement fait plaisir : il m’a dit qu’il trouvait que mon livre serait utile aux enseignants belges chargés de donner un « cours de rien ». Allusion à une bizarrerie (il y en a bien d’autres) de l’intelligence belge : on appelle « cours de rien », chez les Belges, un enseignement censé comparer en toute sérénité les différentes positions religieuses existant dans l’Humanité. Si je peux contribuer à apaiser les tensions entre croyants divers pour conduire au « vivre ensemble » à Molenbeek et ailleurs, pourquoi pas ?

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Vers une definition de la philosophie

8 Juin 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

Vers une definition de la philosophie

L’astronomie est l’étude des étoiles et l’entomologie est l’étude des insectes. Voilà qui est « clair et distinct », et ni les entomologistes ni les astronomes ne passent beaucoup de temps à définir leur discipline. Mais il existe d’innombrables définitions de la philosophie. C’est presque comme si chaque philosophe devait redéfinir son travail, s’enlisant d’ailleurs souvent dans une phraséologie labyrinthique qui embrume plus qu’elle n’éclaire le sujet ! Un Martin Hiedegger, par exemple, consacrait tout un livre, en 1954, à essayer de répondre à la question « Was heist denken ? », et en 1991 encore, Gilles Deleuze et Félix Guattari s’associaient pour publier un ouvrage de plus de 200 pages Qu’est-ce que la philosophie ?

Pour ma part, ayant étudié de manière historique et critique les différents systèmes de pensée (poésie, mythes, religions, science, philosophie…), je suis arrivé à enserrer la recherche philosophique dans deux définitions complémentaires, une dualité fondamentale caractérisant le concept « philosophie ».

D’abord, la philosophie est la tradition qui rejette toutes les traditions. Pour entrer en philosophie, il faut commencer par se libérer de toutes les croyances de sa tribu, même celles magnifiées par les poètes ou celles sacralisées par les prêtres. C’est le geste sublime et grandiose – et dangereux – de Thalès de Milet, qui récuse toutes les cosmogonies, geste répété par Aristote, qui rejette les constructions naïves de ses prédécesseurs, par Descartes, qui invente le « doute méthodique », par Husserl encore, qui reprend à zéro la méditation cartésienne et fonde la phénoménologie par la « mise entre parenthèses » de tous les présupposés et de toutes les doctrines…

Ensuite, la philosophie est la discipline qui rejette tout enfermement disciplinaire. Ayant rejeté les traditions (d’ailleurs invérifiables), le philosophe entreprend de déterminer les caractéristiques de l’Être qui pourraient influencer sa vie, essayant de ne pas laisser dans l’ombre une réalité inaperçue pouvant être décisive dans sa recherche du bonheur. Ainsi la philosophie n’est-elle pas une discipline qui s’enferme par principe dans l’étude d’une partie déterminée du Réel, comme l’entomologie qui n’observe que les insectes ou comme la sociologie qui n’étudie que les collectivités humaines. La philosophie est l’étude de l’Être dans sa totalité, c’est l’étude de tout ce qui existe vraiment. Rien de ce qui existe ne lui est étranger.

J’arrive ainsi à une définition programmatique : la philosophie est l’étude de Tout à partir de Rien.

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Le philosophe et le diplomate

26 Mai 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Politique

Pourquoi le philosophe ne pourrait-il pas dire à un hindouiste, à un animiste océanien ou à un chrétien catholique que ses travaux le mènent à l’athéisme, et à penser les religions comme relevant de la psychiatrie et de l’illusion ? Pourquoi le philosophe ne pourrait-il pas dire à un activiste de l’ultra-gauche ou à un syndicaliste ou à un journaliste français qu’il analyse le socialisme violent comme une sociopathie basée sur les idées délirantes de l’égalitarisme et du progrès universel ? Pourquoi le philosophe ne pourrait-il pas dire à un Vietnamien ou à un Congolais que les éléments les plus structurants de la Civilisation sont d’origine occidentale : logique (Aristote), mathématique démonstrative (Euclide), libre examen critique des traditions, démocratie, droits égaux de l’homme et de la femme, théorie de la relativité, mécanique quantique, biologie moléculaire ? Pourquoi le philosophe ne pourrait-il pas dire à un Arabe ou à un Amérindien que toutes les cultures se valent quand il s’agit de divertissement (musique, danse, poésie, littérature, arts décoratifs…), mais qu’elles sont hiérarchisées quand il s’agit de la gestion de la violence ou du statut de l’homme et de la femme ? Pourquoi le philosophe ne pourrait-il pas dire son scepticisme quand il converse avec un astrologue, un radiesthésiste ou un chiromancien ? Pourquoi le philosophe ne pourrait-il pas dire aux acharnés de toutes les causes, aux militants de tous les programmes et aux défenseurs de valeurs suprêmes qu’il n’a pas trouvé de fondement solide et apodictique à quelque valeur que l’on prétende, si ce n’est celle de la conservation de soi ?

Pourquoi le philosophe devrait-il faire preuve de diplomatie et de politesse, c’est-à-dire d’hypocrisie ?

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Le bilan de Jean Baudet

22 Mai 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

Après soixante-douze ans de vie terrestre, je vais bientôt mourir. Je suis très fatigué, et je n’ai plus qu’à me souvenir de mes espérances trompées, de mes projets inaboutis, de mes chagrins et de mes peines, en attendant de nouvelles souffrances et les abjectes humiliations du vieillissement. Je n’ai plus qu’une œuvre à accomplir, et c’est de dresser mon bilan et d’établir le compte de mes résultats, avec pertes et profits.

J’ai fait des études de philosophie (à l’Université Saint-Louis à Bruxelles), puis de biologie (à l’Université de Bujumbura), et après avoir exercé, avec une certaine ferveur, les métiers d’enseignant, de chercheur, de journaliste et d’éditeur, je suis devenu philosophe et écrivain. Je suis marié et père de deux filles, et je n’ai ni parents, ni amis véritables, ni proches en dehors de ma femme et mes enfants. C’est que je suis d’un naturel peu sociable, n’aimant guère les conversations mondaines, les bavardages de salons, les cérémonies de parade, les hypocrisies, le partage des émotions, et me trouvant d’excellentes raisons, hélas, de me rapprocher de la misanthropie. Au temps de « ma jeunesse folle » (Villon), j’eus cependant quelques amis et amies, que « le vent a emportés » (Rutebeuf). Où êtes-vous, douces compagnes et gentils compagnons ?

J’ai publié plusieurs centaines d’articles scientifiques, philosophiques ou journalistiques, ainsi que quelques poèmes, et 42 livres. J’ai fondé une revue d’histoire de la science et de la technologie, qui a duré de 1978 à 1989, Technologia, et un magazine, Ingénieur et Industrie, qui a paru de 1979 à 1996.

Le bilan de cette vie studieuse et souvent solitaire ? Des mots, rien que des mots, des milliers de phrases imprimées et dispersées dans quelques bibliothèques. Quelques dizaines de milliers de lecteurs, si je cumule les ventes déclarées par mes éditeurs. Mais, au sein de ce lectorat, combien d’âmes ayant vibré avec moi à la recherche de la vérité ? Comment faire une « œuvre » avec des contributions à la génétique des légumineuses, à la taxonomie des céréales, à la sociologie des ingénieurs, à l’histoire des systèmes de pensée (religions, philosophie, science), avec des poèmes, des billets d’humeur, et des ouvrages de philosophie ?

Je vais bientôt, « dans un mois, dans un an » (Sagan), rejoindre quelques hommes que j’ai admirés, quelques autres que j’ai détestés, et beaucoup d’autres qui m’indiffèrent, « dans la fosse commune du temps » (Brassens). Parmi ceux que j’ai aimés : Aristote, Boèce, Descartes, Spinoza, Lavoisier, Beethoven, Schopenhauer, Nietzsche, Einstein, Bachelard, Jolivet, Jean Rostand, Thelonious Monk, Miles Davis, John Coltrane, et Louis Armstrong quand il chantait « What a beautiful world » ou « On the sunny side of the street »…

Bref, une « passion inutile » (Sartre), comme les passions d’Aristote, de Boèce, de Descartes, de Spinoza, etc.

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De la science et de la philosophie

3 Mai 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Science, #Philosophie

De la science et de la philosophie

Mon itinéraire intellectuel fut une longue marche partant de la science pour aboutir à la philosophie, c'est-à-dire de la physique à la métaphysique, en passant par les littératures, les mythes et les religions. Ce parcours fut émaillé d'une quarantaine de livres et de nombreux articles, ainsi que de quelques poèmes. Pendant cinquante années, j'ai tenté de comprendre comment l'esprit humain fonctionne et progresse, ce qui impliquait une attention toute particulière à l'histoire de la science et à l'histoire de la philosophie.

Je viens de résumer tout ce travail, fait d'érudition historienne et de réflexion épistémologique, dans deux ouvrages de synthèse, tout récemment parus chez La Boîte à Pandore (Paris) : Les plus grandes dates de la science (317 pages), Les plus grandes dates de la philosophie (319 p.). Il s'agissait non seulement d'effectuer, pour la science et pour la philosophie, une opération de réduction à l'essentiel, c'est-à-dire de résumer au plus simple 26 siècles de pensée philosophique et de recherche scientifique, en écartant fermement les soi-disant subtilités du bavardage et les fausses profondeurs des logomachies, mais il fallait en outre exposer, dans la simplicité, les acquis de mes propres réflexions. En rejetant également les charmes fallacieux de l'anecdote et de l'érudition pointilliste.

Si je mérite quelques émules, c'est me semble-t-il d'avoir fondu en une seule recherche l'histoire de la science et celle de la philosophie, et aussi l'histoire de la technique et l'histoire des religions, jetant ainsi quelques bases d'une histoire critique des systèmes de pensée.

Et le résultat de toutes ces recherches est d'une simplicité lumineuse : tandis que la science propose des vérités vérifiables et que les religions veulent imposer des vérités invérifiables, la philosophie pose les questions importantes, et n'a pas encore les réponses.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Une nouvelle histoire de la philosophie

28 Avril 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Histoire

Une nouvelle histoire de la philosophie

Voilà ! Mon dernier livre est paru ! Sous le titre Les plus grandes dates de la philosophie, je viens de faire publier, par les éditions La Boîte à Pandore (Paris), un ouvrage de 379 pages qui résume et explique l’histoire de la philosophie. Bien entendu, c’est une histoire « résumée », qui s’efforce de mettre en évidence les penseurs essentiels, ceux qui ont vraiment fait progresser la réflexion philosophique, depuis Thalès de Milet jusqu’à Michel Onfray. Il sera donc vain de me reprocher d’être « incomplet » (connaissez-vous une histoire « complète » de la philosophie ?), ou de me critiquer parce que j’ai « oublié » tel auteur obscur du Moyen Âge ou tel professeur, évidemment éminent, du Collège de France. C’est d’ailleurs le principal mérite du travail historique, de séparer l’essentiel de l’accessoire, et de retenir Auguste Comte, et de négliger Léon Ollé-Laprune. Car il s’agit non pas seulement d’aligner des dates et des noms, mais il fallait surtout montrer la filiation des idées, mettre à jour les mécanismes mentaux (négation, analogie, généralisation…) qui firent que l’on passe de Platon à Aristote, ou de Kant à Fichte puis à Hegel…

En fait, cet ouvrage est vraiment mon « dernier livre » car, prétextant l’objectif d’écrire une histoire de la philosophie, c’est-à-dire de la plus haute et plus exigeante pensée, il s’efforce également de proposer une synthèse de mes propres réflexions, qui m’ont amené à une hésitation indécidable entre le scepticisme (les sophistes et Pyrrhon) et le matérialisme (Spinoza, La Mettrie, Nietzsche…).

La « morale de l’histoire » ? Vers 600 avant notre ère, Thalès invente la philosophie, c’est-à-dire la pensée libre (le « libre examen » des choses et des valeurs), la pensée libérée des traditions religieuses, et la pratique philosophique s’arrête au début du Moyen Âge, sous les coups fanatiques et furieux du christianisme (et de l’islam). Les soi-disant « philosophes » médiévaux sont en fait des théologiens, sans exception, acceptant sans le moindre esprit critique les évangiles ou le Coran. La pratique de la philosophie reparaît, en terre chrétienne, au XVIème siècle, et se développe jusqu’à nos jours. Mais peut-être qu’un nouveau Moyen Âge se prépare, la pensée libre disparaissant bientôt sous les coups de l’islamisme. L’homo sapiens sera-t-il remplacé par l’homo credulus ?

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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La triple racine de l'editologie

23 Avril 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Editologie, #Epistémologie, #Philosophie

J’ai développé le concept d’éditologie au début des années 1980. Le néologisme « éditologie » désigne une démarche philosophique basée sur trois déterminations. L’éditologie est une épistémologie (1) historique (2) qui accorde une importance décisive à la technique (3).

Epistémologie : de manière très classique, l’éditologie est d’abord la construction d’une théorie de la connaissance, car il faut d’abord savoir s’il est possible de savoir (et comment ?) avant d’entreprendre des investigations concernant l’Être, et avant de proposer une éthique.

Histoire : contrairement aux épistémologies de la grande tradition universitaire allemande (Kant, Fichte, Husserl…), l’éditologie préconise une épistémologie a posteriori et non a priori. C’est dire qu’il faut analyser les facultés cognitives de l’esprit humain non par le raisonnement seul (à la façon de Descartes, de Kant, etc.), mais par l’examen critique de la manière dont les connaissances (qu’elles soient d’ailleurs vraies ou fausses) sont apparues et se sont répandues au cours de l’évolution de la pensée, depuis la préhistoire jusqu’à nos jours. Il faut commencer la quête philosophique par l’étude approfondie de l’histoire des systèmes de pensée (l’expression est de Michel Foucault).

Technique : la position la plus originale de l’éditologie est de constater, vers 1980, le désintérêt paradoxal, de la part des philosophes dominants, du fait technique, alors qu’il apparaît facilement que la technique est la toute première production culturelle. Les humains ont inventé l’outil de bois ou de pierre avant même d’avoir inventé le langage ! Ce primat de la technique – et l’oubli de la technique par de très nombreux philosophes – est le fondement le plus spécifique de l’éditologie.

J’ai donc, depuis 1980, basé ma démarche philosophique sur trois « évidences », 1° la nécessité d’une théorie de la connaissance, 2° le besoin d’une étude diachronique de la pensée, 3° la reconnaissance du primat de la technique (et donc du caractère humanisant de la technique). Voir mes publications : « Penser la technique », Revue Générale 1989(12) : 35-40 ; « Le critère de l’humain », IBM Informations 1994(12) : 10-11, 1994 ; Le signe de l’humain – Une philosophie de la technique, L’Harmattan, Paris, 172 p., 2005.

L’éditologie s’inscrit évidemment dans la suite de la philosophia perennis, avec Platon comme premier auteur d’une théorie approfondie de la connaissance, avec Gaston Bachelard (précédé par Léon Brunschvicg) comme promoteur d’une épistémologie historique, et avec Karl Marx comme premier penseur de la technique (Voir Kostas Axelos : Marx, penseur de la technique – De l’aliénation de l’homme à la conquête du monde, Minuit, Paris, 324 p., 1961).

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Materialisme, idealismes, scepticisme

18 Avril 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Scepticisme

Materialisme, idealismes, scepticisme

La Terre est entourée d’une écorce en trois parties : lithosphère (les roches formées surtout de silicium, d’aluminium et d’oxygène), hydrosphère et atmosphère. Cette écorce est peuplée d’une phytosphère (les végétaux) et d’une zoosphère (les animaux). De celle-ci a émergé au cours du temps une anthroposphère, par orthogenèse du système cérébro-spinal de certains singes, qui est l’ensemble des hominiens (les diverses espèces d’australopithèques et du genre Homo). Après l’invention du langage, l’anthroposphère a généré une noosphère (ensemble des idées produites par les systèmes cérébro-spinaux), qui à son tour à généré une logosphère (ensemble des mots correspondant aux idées). Enfin, s’est développée une technosphère, qui est l’ensemble des outils, des machines et des systèmes techniques produits par l’Humanité.

Ce schéma correspond à la description scientifique du monde (géologie et biologie), acceptée par la philosophie matérialiste. L’homme est un animal distingué par le développement de son système nerveux central, dont le développement intellectuel résulte d’un mouvement dialectique entre le corps et la pensée (issue du corps) qui produit la Technique – les mots étant les outils de la pensée. « Au commencement était le Singe », et pas « au commencement était le verbe ». Les innombrables idéalismes (religions, platonisme, cartésianisme, hégélianisme, marxisme, socialisme, existentialisme, etc.) récusent vigoureusement ce schéma, ne pouvant admettre que l’homme n’est qu’un corps, et attachant une « valeur » particulière à l’intelligence (noos) et à la parole (logos).

Remarquons que le marxisme (comme la plupart des humanismes) est un idéalisme, malgré sa qualification de « matérialisme dialectique ».

Le scepticisme – seule position philosophique vraiment rigoureuse – pose que le choix entre matérialisme et idéalisme est apodictiquement indécidable. Tout homme – descendant du singe, ou créature d’un dieu, ou concrétisation d’une Idée, ou étant jeté inexorablement dans le monde à la recherche de l’Être – est seul dans sa nuit, être-pour-ignorer.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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