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Jean C. Baudet

Articles avec #philosophie tag

La philosophie et les sciences humaines

6 Octobre 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

Il ne faut pas confondre la philosophie et les sciences humaines. Le philosophe, d’une part, le psychologue, le linguiste, le sociologue, d’autre part, ne travaillent pas dans le même champ. Les sciences humaines se définissent par leur méthode (la méthode « scientifique ») et par leur objet : l’existence humaine terrestre, ce que l’on appelle aussi la « condition humaine ». Les sciences humaines donnent des limites à leurs recherches, se bornant à l’observable : les maladies mentales, les croyances religieuses, les productions textuelles, les organisations politiques, les échanges économiques, etc. Par contre, la philosophie n’a pas de méthode arrêtée – elle est en perpétuelle quête de moyens de connaissance – et son objet est l’existence humaine (le Dasein de Heidegger) sans limite d’horizon. Pour reprendre le vocabulaire heideggérien, les sciences psychosociales étudient les hommes en tant qu’étants, la philosophie étudie l’être des hommes. La dialectique de Hegel, la psychanalyse de Freud, la phénoménologie de Husserl, l’analytique existentiale de Heidegger, l’ontologie phénoménologique de Sartre, l’herméneutique transcendantale de Gadamer, la déconstruction et la grammatologie de Derrida (mais il ne s’agit peut-être que de philologie et de critique littéraire), l’archéologie des systèmes de pensée de Foucault (et l’éditologie qui s’y rattache par certains aspects), la prospection du plan d’immanence de Deleuze, sont autant de tentatives récentes pour construire de nouveaux chemins vers l’Être inaccessible par la méthode expérimentale (observation et réflexion). Chemins qui jusqu’à présent, selon un titre de Heidegger, n’ont « mené nulle part ». Car malgré deux siècles depuis la dissection dialectique de l’Esprit (Geist) par Hegel et ses émules, malgré un siècle de travaux exténuants pour arriver à dévoiler l’Être (Sein) par Heidegger et ses disciples, nous ne savons toujours pas si l’homme est autre chose qu’une « passion inutile » (Sartre), et si les hommes connaîtront une vie – délimitée ou éternelle – après leur mort.

Une vidéo de l'auteur à la librairie Filigranes, à Bruxelles :

https://www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Technique et ontologie

23 Septembre 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Technique

Technique et ontologie

On ne peut espérer réaliser le projet ontologique, c'est-à-dire la détermination de l'Être, que grâce au recours aux facultés cognitives de l'instance désignée par "on", formulation prudente pour dire le "moi" du philosophe, de son "esprit", puisqu'aussi bien le projet de connaître l'Être n'a de sens que s'il permet d'évaluer l'impact des propriétés de l'Être sur le futur du moi, futur qui se présente comme un paysage inconnu, inexploré, à découvrir, dont l'horizon cache toujours, malgré les progrès de l'esprit humain, un à-venir redouté. Depuis maintenant un peu plus de deux siècles, depuis les résultats navrants de la critique (Kant) qui situent désespérément le sujet à l'intérieur même de l'objet (et c'est plus qu'une intériorité topologique, c'est une appartenance consubstantielle, car il paraît difficile de soutenir que le sujet n'a pas sa source dans l'objet), la connaissance de l'Être est admise comme impossible, alors même que l'Histoire montre des territoires toujours plus vastes et plus profonds de l'Être soumis à la pénétration opérative de l'esprit de l'homme, qui par la Technique se soumet aux déterminations perçues et en reçoit en retour des effets prouvant l'adéquation de plus en plus parfaite des actions techniciennes et des résultats.

Il est vrai que la Technique n'atteint qu'une partie de l'Être, et que cette partie est peut-être, par on ne sait quel maléfice, justement la partie la moins significative des choses existant réellement (y compris leur source originaire). Il faut toutefois noter que cette partie de l'Être efficacement atteinte par la Technique correspond à de nombreux soucis non seulement de l'homme ordinaire des foules, mais aussi de l'intelligentsia la mieux éduquée. Reste que le choix ontologique (monisme ou dualisme) est à la fois impossible dans l'absolu et fortement éclairé par l'efficience technicienne. Le monde perçu (et maîtrisé par la Technique, justement parce qu'il est perceptible, qu'il donne prise aux stratégies de l'esprit) est certes étrange, jusqu'à l'absurde, mais n'en présente pas moins des cohérences qu'une herméneutique subtile doit reconnaître comme autant de signes. Et de quoi la Technique est-elle le signe ?

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Heidegger et l'oubli de l'Etre

17 Septembre 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

Que veut dire Heidegger avec « l’oubli de l’être » ou, mieux, « l’oubli de la question de l’être », et pourquoi ne l’a-t-il pas dit clairement, comme on définit de manière univoque et compréhensible tout étant ? Parce que, justement, Heidegger a découvert la différence radicale entre l’être et les étants, entre les choses et la source jaillissante qui donne l’être aux choses qu’il appelle « étants », puisqu’elles sont, en effet. Le terme « être » renvoie à un concept plurivoque, et il faut (au moins) distinguer « l’ensemble des choses » et « l’origine de l’ensemble des choses ». Mais était-ce vraiment oublié, comme le prétend Heidegger, par Platon, par Aristote, et dès lors par toute la métaphysique occidentale ? L’ « être en tant qu’être » d’Aristote (to on è on) est-il vraiment de moindre qualité philosophique que le « Sein » de Heidegger, ou que la physis des philosophes présocratiques, qu’il admire tant ? Ou bien toute tentative d’explicitation de l’oubli de l’être serait-elle vouée à l’échec, par nature même de cet oubli, et le philosophe allemand refuse-t-il l’emploi de mots trop simples pour expliquer une conception trop complexe, trop mystérieuse, trop impénétrable, inaccessible à l’esprit humain, et faut-il parler de l’être (et a fortiori de l’oubli de l’être) en évitant la simplicité, qui enlèverait l’aura de « profondeur » (inaccessible aux hommes vulgaires non philosophes) à l’être, à propos duquel « il faut se taire », et l’être dans son acception heideggérienne devient-il alors comme les dieux auréolés de mystère des devins et des théologiens, dont on ne parle qu’en chuchotant ?

Les mots de la tribu sont-ils insuffisants pour dire aux hommes qu’il y a des choses, que ces choses « existent », et qu’on ne sait ni comment ni pourquoi ? Et d’ailleurs, comment Heidegger sait-il que l’être est « voilé », et que vaut le dévoilement qu’il nous propose, et qui est l’Art et la Poésie, autrement dit l’imagination inspirée, autant dire la révélation par une entité invisible – ce que les penseurs moins avancés que Heidegger appellent un ange ou un dieu ? Heidegger et ses émules disséquant le Dasein (l’être capable de poser la question de l’être) ou Aristote et ses successeurs observant la « nature » (un ersatz de l’être) : qui a raison ?

Heidegger, dans une œuvre abondante et superbe, ne pose-t-il pas, au fond, la question fondamentale de l’opposition entre le matérialisme et les idéalismes, entre une pensée qui ne trouve le « spirituel » nulle part et une conception qui invente des dieux et des valeurs (des êtres mystérieux) pour répondre aux angoisses de l’ignorance, non pas de ce qui est, mais de ce qui va advenir ? Car que révèle le « dévoilement de l’être », sinon des souffrances inéluctables qui, quoi qu’on fasse, finissent par nous assaillir ? Heidegger use d’un euphémisme pour définir l’homme un « être-pour-la-mort », c’est « être-pour-souffrir » qu’il fallait dire.

Heidegger en arrive à opposer l’Art et la Technique. Ici, je le rejoins tout à fait, avec ma propre terminologie, quand j’oppose la Culture à la STI (science-technique-industrie). Ce sont bien deux modes d’être pour le Dasein. Mais je pense – vilipendé, bien sûr, par tous les croyants, plus ou moins heideggériens – que l’Art est une illusion, un divertissement qui nous fait oublier l’être, et que c’est la Technique qui nous dévoile l’être, dans sa hideuse réalité. L’homme a beau passer sa vie au concert, au musée ou au bordel, il finit toujours dans un cercueil, après une agonie plus ou moins longue. Platon, Aristote et Heidegger sont morts.

Une vidéo de l'auteur à la librairie Filigranes, à Bruxelles :

https://www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Sur les origines des religions

9 Septembre 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Religion, #Philosophie

Mon article "Les origines des religions" vient de paraître dans la livraison de septembre 2015 de la Revue Générale (150ème année). Toute religion est un phénomène culturel qui comporte obligatoirement trois éléments : une liturgie (un ensemble de rites), un dogme (un ensemble de mythes) et un clergé (un ensemble de prêtres). Toute religion est un phénomène cognitif, puisque son développement historique implique, chez les soumis ou fidèles, la croyance au sacré.

L'analyse épistémologique et anthropologique montre que le fait religieux remonte à la Préhistoire, et que les rites sont antérieurs à l'invention du langage (période gestuelle), que les mythes se formèrent (période verbale) ensuite, et que les clergés ne se constituèrent qu'avec les premières organisations sociales (fin du Paléolithique), en rapport avec l'invention de l'institution royale.

La question est de comprendre comment des êtres humains en sont arrivés à accepter, avec une insistance qui peut aller jusqu'au fanatisme massacreur, des "vérités" invérifiables. Une tentative de réponse est proposée en considérant que le fait de la croyance apparaît dans les sociétés archaïques, alors que la raison est encore inhibée par l'émotivité, notamment par l'angoisse existentielle.

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Les penseurs de la Technique (liste incomplete)

22 Août 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Technique

J’ai proposé une philosophie de la Technique dans mon livre Le Signe de l’humain (L’Harmattan, Paris). Ce travail est basé sur les ouvrages des philosophes, sociologues et historiens suivants.

1787 02 27 -1879 01 10 Bigelow, Jacob

1800 -1875 Willis, Robert

1818 05 05 -1883 03 14 Marx, Karl

1844 05 23 -1922 02 24 Espinas, Alfred

1860 -1922 Du Bois-Reymond, Alard

1861 12 15 -1941 Duplan, Jean-Léopold

1873 11 04 -1940 08 15 Zschimmer, Eberhard

1878 07 22 -1956 09 26 Fèbvre, Lucien

1882 03 02 -1951 11 03 Turrettini, Fernand

1883 05 09 -1955 10 18 Ortega y Gasset, José

1884 06 30 -1966 04 12 Duhamel, Georges

1889 09 26 -1976 05 26 Heidegger, Martin

1891 08 04 Engelhardt, Viktor

1895 10 19 -1990 01 26 Mumford, Lewis

19?? Beaune, Jean-Claude

19?? Ebacher, Roger

19?? Fallot, Jean

1905 01 02 -1983 Ducassé, Pierre

1909 -1998 10 17 Russo, François

1910 12 19 -1984 03 18 Daumas, Maurice

1916 02 26 -1990 11 Laloup, Jean

1916 10 08 -2006 04 13 Gies, Joseph

1917 11 22 -1995 12 06 Kranzberg, Melvin

1920 03 29 -1980 11 30 Gille, Bertrand

1921 09 07 -2007 11 26 Ladrière, Jean

1923 10 05 -Barbour, Ian G.

1924 06 26 -Axelos, Kostas

1924 10 02 -1989 02 07 Simondon, Gilbert

1925 Florman, Samuel C.

1929 04 27 Beck, Heinrich

1929 06 18 Habermas, Jürgen

1929 06 29 McLean, George F.

1932 03 23 Lenk, Hans

1932 05 14 Bernstein, Richard J.

1933 03 23 Ferré, Frederick

1933 07 06 Durbin, Paul T.

1933 11 15 -2011 07 05 Roszak, Theodore

1934 Ihde, Don

1941 Mitcham, Carl

1944 05 31 Baudet, Jean C.

1946 03 29 Hottois, Gilbert

1946 07 28 Banse, Gerhard

1947 04 13 -1997 01 Druet, Pierre-Philippe

1947 06 22 Latour, Bruno

1948 Coriat, Benjamin

1951 Zuboff, Shoshana

1952 Hubig, Christoph

1954 Gingras, Yves

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Histoire des religions et de la philosophie

12 Août 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Religion, #Histoire

J'ai publié cinq livres d'histoire des religions et de la philosophie.

- Curieuses histoires de la pensée - Quand l'homme inventait les religions (Jourdan),

- Histoire de la pensée de l'an Un à l'an Mil (Jourdan),

- La vie des grands philosophes (Jourdan),

- A quoi pensent les Belges ? (Jourdan),

- Les agitateurs d'idées en France (La Boîte à Pandore).

Je prépare un histoire générale de la philosophie, qui sera sans doute mon dernier travail.

J'ai également publié trois livres de philosophie pure, et plus d'une vingtaine de titres d'histoire de la science, de la technique et de l'industrie (STI). Il m'a semblé qu'il fallait savoir comment ont pensé les autres (du moins les plus grands philosophes et scientifiques) avant de prétendre penser par soi-même. J'ai spécialement étudié la pensée en France et en Belgique, parce que le français est ma langue paternelle et que je vis en Belgique. Malgré le caractère fort modeste de la pensée chez les Belges.

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Sur la condition humaine

3 Août 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Physique

Sur la condition humaine

En 1687, l’Anglais Newton publie sa découverte de la gravitation universelle. C’est la première force identifiée dans le monde. Aujourd’hui, l’on connaît trois forces : l’attraction gravitationnelle, la force nucléaire (le Japonais Yukawa) et la force électrofaible (le Français Coulomb). La gravitation est amplement démontrée par l’expérience quotidienne de la chute et par les milliers d’observations des astronomes. La force nucléaire permet le fonctionnement des centrales nucléaires. Et la force électrofaible est la source des phénomènes électriques et magnétiques, et c’est la force qui maintient les atomes unis dans les molécules. L’on peut dire que la force nucléaire « crée » les atomes et que la force électrofaible « crée » les molécules, la force gravitationnelle agissant surtout sur les « grandes » accumulations de matière. C’est par l’effet de la force électrofaible que les molécules interagissent et se transforment, y compris dans les phénomènes vitaux et psychiques. Ainsi peut-on dire que les instincts animaux et ce qui en dérive chez l’homme (la peur, le désir, la compassion, l’intelligence, la conscience, l’espoir…) sont des conséquences des caractéristiques des trois forces cosmiques. Si la force électrofaible était véhiculée par des bosons avec des particularités légèrement différentes, l’Univers ne serait pas ce qu’il est (l’Être des philosophes aurait d’autres propriétés), et il n’y aurait peut-être pas dans ce monde différent d’entités capables de connaître et de comprendre. La conscience humaine et la souffrance qu’elle engendre dépend peut-être du spin ou de la masse du boson W ou du boson Z !

Que l’on appelle les trois forces naturelles les trois interactions du Modèle Standard de la Physique, ou la Sainte Trinité, ou les trois principes du Grand Manitou, ne change pas grand-chose aux déterminismes de la condition humaine. Parce qu’il « y a » des protons (force nucléaire) et parce que les protons attirent les électrons (force électrofaible), il y a des hommes qui souffrent, des hommes qui pensent et des hommes qui espèrent. Faut-il se réjouir ou se lamenter : la civilisation est la conséquence de la valse des fermions et des bosons. Non seulement « il y a quelque chose plutôt que rien », mais en outre ce qu’il y a découle mécaniquement de ce qu’il y eut.

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Mes interets litteraires et philosophiques

23 Juillet 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

Au soir de ma vie, j'éprouve de vives émotions, très mélangées, à faire l'inventaire de mes intérêts successifs. J'ai commencé par m'intéresser à la flore du Kivu, au Congo ex-belge (prospections botaniques de 1973 à 1975), puis je me suis intéressé à la génétique et à la taxonomie des haricots (une douzaine de publications scientifiques), puis aux céréales (un livre, en 1981), puis à l'histoire de la Technique, puis à l'épistémologie et à l'histoire de la Science (nombreux livres et articles), puis aux ingénieurs (deux livres), puis à la philosophie (deux livres en 2005), puis à la poésie (plusieurs poèmes publiés et un livre), puis à la Belgique (plusieurs livres), puis à l'Actualité (collaboration régulière au journal L'Echo, 2008-2009), puis aux femmes savantes (deux livres), puis à l'histoire des religions et de la philosophie (trois livres), puis aux inventions (un livre), puis aux entreprises multinationales (un livre), puis à la cuisine (un livre), puis aux intellectuels français (un livre), puis à la phénoménologie transcendantale (0 livre), puis à la phénoménologie herméneutique (0 livre), puis à l'Être en tant qu'être (un livre en cours de rédaction), puis à l'état physiologique de mes organes vieillissants.

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Pour et contre Heidegger

20 Juillet 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

Pour et contre Heidegger

Martin Heidegger fut-il le plus grand philosophe du XXème siècle, et peut-être même le plus pénétrant philosophe de tous les temps, ou n'était-il qu'un littérateur astucieux, un imposteur de la pensée authentique, un confondeur de vessies et de lanternes, un équilibriste verbal, bref une somptueuse inutilité ? Cela fait cinquante ans (mais je ne me suis pas intéressé qu'à l'auteur de Sein und Zeit) que je me pose cette question, me demandant si je dois reprendre ma réflexion sur le dévoilement de l'Être façon "phénoménologie herméneutique", ou si je peux sereinement passer à côté des vertigineuses subtilités de l'analytique existentiale. Ma contribution personnelle au travail philosophique doit-elle être d'approfondir l'existentialisme heideggerien et de tenter de formuler de manière claire et distincte ma conception de l'Être, ou doit-elle être de mettre en garde contre les verbiages obscurs de chemins qui ne mènent nulle part ? Cela fait cinquante ans que j'hésite entre le haussement d'épaule et l'approfondissement de l'ontologie et de l'ontique de celui qui a peut-être le mieux compris ce qui détermine la condition humaine.

Quelle est l'importance de Martin Heidegger dans l'histoire de l'esprit humain ? Doit-il être associé aux grands noms d'Einstein, de Freud, de Durkheim, de Marx, de Gell-Mann, ou faut-il le ranger parmi les fumistes et les jongleurs de phrases, avec les poètes minimalistes et les autres vendeurs d'illusions ?

On peut, en première approximation, juger de l'importance d'un auteur par l'abondance de ses écrits et, plus encore, par l'abondance des écrits qui lui sont consacrés. Jean-Pierre Tafforeau, Jean-Paul Sartre, Renaud Denuit, Michel Haar, Jacques Taminiaux, Alain Boutot, Jacques Derrida, Jean-François Courtine, Dominique Janicaud et tant d'autres ont consacré au maître tellement d'ouvrages, parfois copieux, toujours subtils et raffinés, qu'il me paraît difficile de ne pas voir dans Heidegger un important agitateur d'idées.

Mais quand on a parcouru le chemin qui mène au sommet de la montagne, il faut bien redescendre, l'esprit encombré de merveilles, et dans la vallée il faudra bien accepter sa "finitude", c'est-à-dire la souffrance et la peine. Car je ne sais pas encore si l'homme est un "être-là", et je ne suis pas bien sûr que son existence précède son essence, mais je commence à comprendre (à dévoiler un non-encore-aperçu) que l'homme est un être-pour-souffrir.

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Science et philosophie (poeme pornographique)

26 Juin 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Science, #Poème

Science et philosophie (poeme pornographique)

399 avant Jésus le Christ (gloire à son Saint Nom) : Socrate découvre qu'il ne sait rien

30 : le juif Jésus (gloire à Lui au plus haut des cieux) invente la compassion pour les démunis

50 : le juif Paul invente l'antisémitisme

325 : le concile de Nicée découvre qu'il y a trois personnes en Dieu

1543 : Copernic découvre l'héliocentrisme

1637 : Descartes découvre qu'il pense

1637 : Descartes découvre qu'il est

1670 : le juif Spinoza invente le panthéisme

1687 : Newton découvre que les masses s'attirent

1803 : Dalton découvre les atomes

1842 : le Wallon Sax invente le saxophone

1848 : le juif Marx invente le communisme dialectique

1851 : le Wallon Fafchamps invente la mitrailleuse

1864 : le Wallon Lenoir invente l'automobile

1863 : le Wallon Solvay invente la soude à l'ammoniac

1869 : le Wallon Gramme invente la dynamo électrique

1872 : le juif Cantor invente la théorie des ensembles

1888 : le juif Hertz découvre les ondes électromagnétiques

1895 : Röntgen découvre les rayons X

1896 : le juif Freud invente la psychanalyse

1900 : le juif Husserl invente la phénoménologie

1905 : le juif Einstein découvre la relativité du temps

1912 : Rutherford découvre le noyau des atomes

1913 : le juif Bohr invente la mécanique quantique

1927 : le Wallon Lemaître découvre l'expansion de l'Univers

1927 : Heidegger découvre que l'homme est un être-pour-la-mort

1933 : Heidegger devient nazi

1950 : Heidegger est dénazifié

1953 : Watson découvre la structure moléculaire de l'ADN

1964 : le juif Gell-Mann découvre les quarks

1964 : le juif bruxellois Englert prévoit l'existence du boson ultime

1984 : le Bruxellois Baudet invente l'éditologie

2015 : le Bruxellois Baudet découvre qu'il ne sait pas grand-chose.

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