Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Jean C. Baudet

Articles avec #politique tag

Sur la bonne politique

14 Mars 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #France

La bonne politique est une synthèse réussie du capitalisme et du socialisme. Le capitalisme, dans son essence première, est l’optimisation de la production de richesses à partir de ressources en constante diminution. Le socialisme, dans son fondement radical, est l’optimisation de la distribution des richesses à des populations en constante augmentation. Ainsi la source de la politique est-elle économique, il s’agit d’organiser production et consommation, ce que manifeste l’importance attribuée au « pouvoir d’achat » dans les discours et les programmes des politiciens et des réformateurs sociaux. Il ne faut pas s’étonner de cette prévalence de l’économique sur le politique, car « vivre ensemble », c’est d’abord « vivre », et vivre c’est consommer.

Mais la synthèse peut-elle être réussie, quand les uns veulent privilégier la production en augmentant l’offre et quand les autres veulent développer la consommation en augmentant la demande ? Ladite synthèse n’est-elle pas utopique, comme tout « projet de société » qui se heurte irrémédiablement aux tensions de la condition humaine, dues à la finitude du Da-sein ? Les synthèses proposées par les différentes idéologies, concrètement, ne peuvent être que des bricolages mêlant socialisme plus ou moins radical et capitalisme plus ou moins assumé.

Les Français, lors des prochaines élections présidentielles, vont devoir choisir entre les propositions de Le Pen, de Fillon, de Macron et de quelques autres. Les programmes proposés ne peuvent échapper aux déterminations de toute collectivité humaine : il faut des capitaux et des idées (c’est la technologie, forcément capitalistique) pour produire les biens et les services nécessaires, et il faut des règles et des contrôles pour répartir ces services et ces biens de manière à diminuer le plus possible les tensions sociales.

Qui, parmi les candidats-présidents, propose à la France la bonne politique ?

Lire la suite

Qu'est-ce que la politique ?

23 Février 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique

D’excellents auteurs (je songe par exemple à Maurice Duverger) ont défini la politique comme l’art de gérer les conflits. Autrement dit, il s’agit de se battre, d’user de violence mentale ou physique. C’est donc une affaire sérieuse, puisqu’il peut y avoir mort d’homme. L’on peut classer les conflits en trois groupes, différents par les adversaires mis en présence. Il y a d’abord les conflits entre communautés distinctes : les « guerres étrangères ». L’Histoire en comporte d’innombrables, depuis l’extermination des hommes de Néandertal par les hommes de Cro-Magnon jusqu’aux récentes « guerres mondiales », qui ont conduit le combat politique jusqu’à une espèce de perfection. Il y a ensuite les conflits au sein d’une même tribu ou d’une même nation, ce sont les « guerres civiles ». Il s’agit, pour deux groupes en présence (les plébéiens et les patriciens, les royalistes et les révolutionnaires…), de tenter d’accéder au pouvoir, soit par la force brutale (coups d’Etat…), soit par la persuasion des discours, à grands renforts de rhétorique et de démagogie. C’est le combat entre ceux qui gouvernent et ceux qui voudraient gouverner.

Enfin, il existe un troisième groupe de conflits, qui n’opposent plus des dirigeants à des dirigeants (de communautés différentes ou d’une même communauté), mais des dirigeants à des dirigés. C’est la tension, pouvant aller jusqu’à la révolte et aux émeutes, qui existe toujours entre ceux qui détiennent le pouvoir et ceux qui le subissent.

Dans tous les cas, la violence est centrale, l’homo politicus est un homme insatisfait, prêt à atteindre ses objectifs de puissance (recherche de souveraineté, de liberté, d’espace vital, de ressources diverses…) par la désobéissance, par l’intimidation des rassemblements, ou par la lutte armée. Insatisfait, l’homme politicien veut « changer l’ordre des choses ». Certains y parvinrent : Alexandre le Grand, Jules César, Napoléon, Bismarck, Staline, Hitler, Mao Tsé-Toung. Nous observerons peut-être bientôt les changements accomplis par Marine Le Pen ou par Jean-Luc Mélenchon. De glorieux combats en perspective…

 

Lire la suite

Les 3 sortes d'hommes

27 Novembre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Anthropologie, #Politique

La logique classificatoire, qui est une des bases de la pensée scientifique, est impitoyable et irrécusable. Ainsi nous indique-t-elle qu’il existe trois sortes d’hommes, et cette trichotomie est incontournable, malgré tous les discours égalitaristes des idéologies politiquement correctes, et malgré les aspirations les plus soutenues du « coeur » et de l’humanisme sentimental. Il y a, dans toute société, trois classes d’individus, les utiles, les inutiles et les nuisibles !

Cette taxonomie est basée sur les trois activités de l’humain : consommer, produire et détruire. Les consommateurs-producteurs forment la classe des personnes utiles (du point de vue de la société dont elles assurent l’existence face à la nature) : artistes, chercheurs scientifiques, artisans, commerçants, banquiers, industriels, ingénieurs, ouvriers, médecins… C’est que les hommes ont des besoins, qui ne peuvent être satisfaits que par la production : eau potable, aliments, habitat, chauffage, etc. Les consommateurs nets (c’est-à-dire ceux qui consomment sans rien produire) forment la classe des inutiles : vieillards, malades, handicapés, chômeurs… Enfin, il existe dans toute société une troisième classe, nuisible, celle des consommateurs-destructeurs, qui consomment et qui, au lieu de participer à l’effort productif de la collectivité, détruisent. Ce sont les assassins, les voleurs et les vandales, les escrocs et les menteurs, les falsificateurs et les faussaires, les terroristes, les incendiaires, les casseurs des manifestations, les violeurs…

Considérant que, dans une société donnée, tous les individus sont forcément consommateurs, on peut légitimement se demander quelle est la pertinence de l’idée de « société de consommation ». En tout cas, il est clairement impossible de faire vivre une « société de non-consommation » !

Enfin, il faut noter que si les enfants sont des consommateurs nets (à moins qu’ils ne travaillent), on ne les considérera pas comme inutiles, dès lors qu’ils sont appelés à devenir adultes et à participer à l’effort collectif de production.

Nous pouvons nous risquer à formuler un projet de société : des personnes utiles en grand nombre, des personnes inutiles en petit nombre, et le moins possible de personnes nuisibles.

Mais cela pose au philosophe une question qui comporte des abîmes de difficultés : pourquoi (pour quelle raison ?) et pour quoi (dans quel but ?) formuler un projet de société ? Cela est-il utile ?

 

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Sur le peril demographique

19 Septembre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Démographie

Il me semble percevoir, en consultant les médias, un début de prise de conscience du péril démographique chez certains dirigeants politiques, et même dans les couches les plus instruites de l’opinion publique. C’est qu’il est assez facile de comprendre que de très nombreux problèmes qui assaillent l’Humanité et menacent la Civilisation sont la conséquence directe ou indirecte de la formidable explosion démographique des dernières décennies. Les effrayantes suites des changements du climat, tornades dévastatrices, inondations meurtrières, feux qui détruisent des milliers d’hectares de forêts, canicules prolongées, dépendent à l’évidence de l’augmentation inouïe du nombre d’hommes. Les diverses pollutions de l’air, de l’eau, des sols sont également des conséquences bien visibles de l’expansion de la population mondiale. Le chômage, présent partout, et le marasme économique sont dus à une augmentation constante de la main-d’œuvre disponible. La raréfaction des ressources (espace, eau potable, pétrole, terres arables, minerais…) est également le fait du trop-plein d’hommes, de même que la diminution hélas spectaculaire de la biodiversité. Les migrations, parfois calamiteuses, résultent aussi de la natalité surpassant de plus en plus la mortalité, à l’échelle du globe terrestre. Et les conflits armés ne peuvent que s’amplifier quand il y a de plus en plus d’hommes et de moins en moins de ressources à partager. Comble de malheur, la natalité est la plus élevée, en général, dans les régions du monde les moins bien équipées en systèmes d’éducation et non seulement il y a de plus en plus d’hommes, mais en outre la proportion d’humains ayant accès à la pensée libre et autonome et à la haute culture ne cesse de diminuer !

On me demandera peut-être non de proposer un constat (facile), mais d’apporter des solutions. C’est extrêmement délicat, mais il me semble que face à tout problème il faut commencer par une analyse sérieuse, objective, débarrassée de tout présupposé. La première chose que devraient faire les dirigeants de l’ONU, c’est d’admettre que problème il y a !

On pourrait certes envisager, dans les pays les plus touchés par l’augmentation explosive de la population, d’organiser des campagnes de contraception et d’avortement. Mais je vois d’ici les récriminations des belles âmes pour qui « il n’y a de richesses que d’hommes ». On pourrait aussi cesser les aides alimentaires aux régions sous-développées, mais je prévois aussi des réactions scandalisées. Comment arriver à des « maternités responsables », à un « développement démographique durable » ? Je ne sais pas. Peut-être, après tout, faut-il laisser faire… La nature se chargera bien, tôt ou tard, d’imposer des limites à l’Humanité, quand la température atmosphérique sera devenue intenable, que la désertification se sera bien développée, et que la faim, la soif et les maladies mettront un terme définitif à l’aventure du Descendant du Singe, qui avait si bien commencé !

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Du fric avant toutes choses

10 Septembre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Economie, #Politique

Pour indemniser les victimes des inondations, des tornades, des feux de forêts, il faut de l’argent, beaucoup d’argent. La France (mais c’est vrai pour tous les pays), que ce soit les pouvoirs publics ou le secteur privé (les compagnies d’assurance), doit disposer de ressources financières suffisantes pour lutter contre les effets dévastateurs de ces catastrophes, qui d’ailleurs iront en s’aggravant avec le changement du climat. De même, pour protéger la population des agressions meurtrières du terrorisme islamiste, la France (mais c’est vrai pour tous les pays visés par le djihadisme) doit avoir de l’argent pour payer les salaires et les équipements de l’Armée, de la Gendarmerie, de la Police et des établissements pénitentiaires, et si l’on parvient à détruire Daech, il faudra quand même encore de l’argent pour lutter contre les autres organisations combattantes qui naîtront de la violence inhérente à l’idéologie islamiste. De même, pour lutter contre le chômage, la France (mais c’est vrai pour la plupart des pays paléo-industrialisés) doit avoir de l’argent pour créer des entreprises viables : il faut des bâtiments, des machines, des matières premières, des véhicules, et il faut rémunérer la main-d’œuvre. Et ce n’est pas encore tout ! Même si la France dispose de suffisamment de moyens de payement pour résoudre les trois grandes questions (vitales) du changement climatique, de l’islamisme et du chômage (c’est-à-dire de la concurrence de plus de 7 milliards d’individus), il lui faut encore de l’argent, toujours de l’argent, pour les musées et les hôpitaux, pour les écoles et les théâtres, pour les routes et les chemins de fer, pour la poste et les asiles d’aliénés, pour la télévision et les manifestations sportives…

D’où cet argent vient-il ? Des bénéfices réalisés par les entreprises exportatrices qui parviennent à vendre des biens et des services « made in France » ! Il n’y a pas d’autres sources de moyens financiers que les entreprises ayant suffisamment de commandes, qu’il s’agisse de vendre du vin ou du fromage, des avions de combat ou des bateaux de plaisance, des logiciels ou des chansons.

Et il se trouve des imbéciles qui prétendent que « l’argent ne fait pas le bonheur » ! Je me demande avec quoi ils achètent leurs téléphones portables, leurs skis pour l’hiver, leurs bikinis ou burkinis pour l’été, et leur pain quotidien, leur couscous, leur maïs, leur riz ou leur sorgho ?

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Caterpillar ferme ses installations a Gosselies

4 Septembre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Economie, #Politique

Je continue de penser avec tristesse aux employés de la multinationale Caterpillar qui vont perdre leur emploi à Gosselies. Sans compter les collaborateurs des sous-traitants et des fournisseurs également menacés de chômage, dans ce pays de Charleroi déjà fortement désindustrialisé. On y remplace les usines manufacturières par des musées, alors que les usines produisent des richesses, quand les musées ne produisent aucune « valeur ajoutée ».

Les responsables politiques, ministres fédéraux et régionaux rassemblés (ce qui, en l’occurrence, est plutôt sympathique), font de belles et pathétiques déclarations volontaristes : « nous mettrons tout en œuvre pour sauver l’emploi ». Que peuvent-ils faire ? Que pourront-ils inventer de plus que lors des disparitions des ACEC, des Forges de Clabecq, de Cockerill, de la SABENA, de Ford à Genk, de Renault à Vilvorde ?...

Au-delà de l’analyse journalistique, que peut-on penser de toutes ces fermetures d’entreprises en Belgique ? La gauche et l’extrême gauche y voient la conséquence d’une anthropologie binaire : l’Humanité est formé des bons (les ouvriers et les employés, c’est-à-dire le prolétariat) et des méchants (les actionnaires, les dirigeants, les ingénieurs et les cadres, c’est-à-dire la bourgeoisie), et l’Histoire est la poursuite implacable de la lutte acharnée des méchants contre les bons. C’est la fameuse « lutte des classes ». Je n’ai pas la place, dans ce billet, pour analyser finement la question, mais il me semble que certains indices montrent que la Belgique, et spécialement la Wallonie, est fortement imprégnée de marxisme, et c’est peut-être une des causes de la désindustrialisation du pays. Quand de nombreux médias insultent régulièrement le patronat, quand de nombreux intellectuels annoncent régulièrement la fin du capitalisme, quand de nombreux écrivains dénoncent régulièrement la voracité des multinationales (et même de tous les entrepreneurs), quand des grèves sont régulièrement organisées par les activistes des syndicats et des partis marxistes, quand l’éducation nationale préfère former des historiens de l’art et des sociologues plutôt que des ingénieurs, des mécaniciens et des gestionnaires, on ne peut pas dire que la Belgique, et spécialement la Wallonie, soit une terre d’accueil pour les initiatives industrielles pourvoyeuses d’emplois !

Faut-il prévoir, à Gosselies, des grèves, des émeutes, du vandalisme, des destructions et des pneus brûlés, et peut-être pire ? Penser plus loin ? Il faut se demander pourquoi une entreprise peut se développer sans ouvriers (robots et ordinateurs), mais ne peut pas subsister sans actionnaires. Ni d’ailleurs sans clients, mais avec 7,5 milliards d’individus, l’Humanité reste un marché pour longtemps !

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Caterpillar, Gosselies et l'aveuglement

2 Septembre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Economie, #Wallonie

Caterpillar, Gosselies et l'aveuglement

C’est fascinant de voir à quel point les commentateurs de la fermeture de l’usine de Caterpillar à Gosselies s’entêtent à ne pas vouloir regarder en face les réalités d’une Humanité mondialisée ! Imbibés jusqu’à la moelle des os par le marxisme et par la détestation des entreprises et des industriels, ils refusent (journalistes, syndicalistes, politiciens et même certains économistes…) d’admettre les principes les plus fondamentaux et d’ailleurs fort simples de la vie industrielle : une entreprise doit faire des bénéfices, ou disparaître. Et elle ne peut réaliser des bénéfices que si elle peut, à qualité égale, produire à moindres coûts que ses concurrents. Si les salaires sont plus élevés, si les taxes sont plus lourdes, si les règlementations sont plus astreignantes, la fin est inéluctable.

La fin de l’industrialisation de la Wallonie est inéluctable, les géographes sérieux et les économistes compétents le savent depuis… 1960 (la fermeture des charbonnages), ou depuis… 1974 (l’augmentation brutale du prix du pétrole). Charbonnages, usines sidérurgiques, entreprises carbochimiques, ateliers de construction mécanique ont disparu. Aujourd’hui, c’est Caterpillar qui ferme, avec quelques sous-traitants. Demain, les dernières entreprises manufacturières (aérospatial, chimie fine, pharmacie) cesseront leurs activités, concurrencées par un milliard de Chinois, par un milliard d’Indiens et par tous les autres.

Dans dix ans, et peut-être avant, la Wallonie sera un pays de homes pour vieillards, de sites touristiques, de musées et de friches industrielles, aux routes défoncées, aux infrastructures délabrées, et avec une immense dette publique.

Aurait-on pu éviter cette marche annoncée vers le sous-développement ? Je ne le sais pas. Mais les responsables sont clairement identifiés, ce sont ces « décideurs » qui ont préféré la démagogie et les dépenses publiques improductives à l’analyse prospective, à la rigueur et à l’austérité. Que les Wallons se consolent. Déjà l’admirable Athènes et la Rome admirable ont connu le même sort. Il est difficile d’éviter l’aveuglement quand le passé est glorieux.

Lire la suite

A propos de Winston Churchill

24 Août 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Politique

Hier, grande et belle soirée de télévision sur une chaîne française. Le flamboyant Stéphane Bern présentait avec enthousiasme une émission, magnifiquement documentée, consacrée à la vie et aux œuvres de Winston Churchill, citoyen britannique, officier intrépide, journaliste de talent, peintre très honorable, écrivain de génie, orateur incomparable, grand fumeur et buveur considérable, et surtout politicien habile, volontaire, lucide, courageux et intelligent. Churchill, à vrai dire, fut l’homme le plus remarquable du vingtième siècle, non seulement par les traits extraordinaires de sa personnalité, avec une perspicacité et une puissance de travail purement fantastiques, mais par les conséquences de ses décisions et de ses actes. Un homme est grand non par ce qu’il est, ni même par ce qu’il fait, mais par le résultat de son action sur la condition humaine. Je ne vois guère que des hommes comme Ernest Rutherford (le découvreur du noyau des atomes) ou comme James Watson (le découvreur de la structure moléculaire de l’ADN) ou comme Bill Gates (le pionnier de la microinformatique et de l’ordinateur pour tous) à égaler Churchill par les changements décisifs qu’ils apportèrent à la condition humaine. A moins que l’on ignore ce que la maîtrise de l’énergie nucléaire, le développement du génie génétique et Internet (vaste réseau d’ordinateurs « personnels ») ont modifié dans la condition de l’Humanité ! Churchill a su vaincre le nazisme et rendre la liberté aux Européens et, par voie de conséquence, aux peuples colonisés. En quoi les œuvres, pourtant si admirées, de Picasso, de Stravinsky, de Brigitte Bardot, de Marcel Proust, de Coluche, de Husserl, ont-elles changé la condition humaine ?

Certes, Winston Churchill, premier ministre du Royaume-Uni, n’a pas vaincu tout seul le national-socialisme ! Il fut, encore grandi par les circonstances, le chef admirable d’un peuple admirable, et l’Angleterre remporta la Victoire de 1945 avec le renfort des Américains, des nations du Commonwealth et de la France. De la France, du moins, du général de Gaulle.

Churchill a vaincu le fascisme noir de Mussolini et de Hitler, et il a vu, après avoir fini le job, que la réconciliation franco-allemande serait indispensable pour vaincre le fascisme rouge de Staline.

J’étais très impressionné, ému même, hier soir, en fermant mon poste de télévision après les dernières images de ce beau « sujet ». Je me disais qu’une Humanité où l’on rencontre des hommes comme Churchill, comme de Gaulle, comme aussi Rutherford, Watson, Gates et quelques autres héros de la pensée ou de l’action, n’est peut-être pas si méprisable. Mais y a-t-il encore des Churchill, au temps des Trump, des Clinton, des Hollande ? Après le fascisme noir, après le fascisme rouge, voici venu le temps du fascisme religieux qu’est l’islamisme. Trouvera-t-on un chef clairvoyant, comme Churchill, et un peuple courageux, comme les Britanniques de 1940, pour débarrasser l’Humanité de cette peste nouvelle ?

Lire la suite

Contre une pornographie de l'entreprise

15 Août 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Economie, #Politique

Contre une pornographie de l'entreprise

Il est très remarquable que la gauche ignore (ou fasse semblant d’ignorer) les principes les plus élémentaires de l’entreprise. Rappelons-les ! Pour créer une entreprise (et donc pour créer des emplois), il faut réunir des « moyens de production », que l’on peut répartir en sept facteurs. 1° il faut de l’énergie ; 2° il faut des matières premières (ne serait-ce que du papier pour établir l’indispensable comptabilité) ; 3° il faut des équipements (locaux, mobilier, machines…) ; 4° il faut de la main-d’œuvre intellectuelle (cadres, ingénieurs, comptables…) ; 5° il faut de la main-d’œuvre manuelle ; 6° il faut des clients solvables ; 7° il faut un climat socio-politique qui ne soit point hostile à l’idée même d’entreprise et d’entrepreneur.

Ces sept moyens sont rigoureusement indispensables : si l’un d’eux manque, l’entreprise ne tarde pas à faire faillite. Les facteurs 4 et 5 sont bien distincts, on ne peut pas mettre dans la même catégorie celui qui balaye les ateliers et celui qui dirige la production ou qui négocie avec les fournisseurs et les clients. Même dans une société unipersonnelle, l’entrepreneur solitaire doit effectuer des tâches dont certaines sont intellectuelles et d’autres manuelles (ne serait-ce que taper le courrier ou prendre régulièrement les poussières).

Les facteurs 1 à 5 doivent être achetés ou loués, il faut donc, avant même d’entamer une quelconque activité, de l’argent, c’est-à-dire des capitaux. Sans capital initial, pas d’entreprise, quels que soient les talents, la créativité et la ténacité du candidat-entrepreneur. Il est intéressant de noter que ces cinq facteurs, aussi différents soient-ils, sont en quelque sorte « unifiés » par le moyen de les acquérir : il faut de l’argent aussi bien pour acheter une machine-outil que pour louer des bureaux ou pour rémunérer des ouvriers. Pas d’entreprise sans capital, et pas d’entreprises pérennes sans bénéfices. On comprend mieux la haine des entreprises et de leurs cadres et patrons chez les intellectuels de gauche, qui sont dans leur grande majorité rémunérés par l’Etat (enseignants, fonctionnaires, et même journalistes, salariés de médias subventionnés par les pouvoirs publics…). C’est même amusant de noter que l’idéologie marxiste est basée sur une exécration du « Capital », pourtant indispensable pour faire tourner l’économie de n’importe quelle collectivité humaine !

Il est intéressant aussi de s’arrêter un moment à la séparation des facteurs 4 et 5. Les collaborateurs intellectuels dont les entreprises ont impérativement besoin sont rares, et ne sont pas interchangeables : on ne transforme pas, même en quelques mois, un juriste en ingénieur électromécanicien, ni un comptable en informaticien. C’est qu’il faut de nombreuses années pour former un juriste, un ingénieur, un comptable. Alors que l’on forme un manutentionnaire en quelques jours, et un balayeur en quelques heures. Dans un pays comme la France, la « réserve » de balayeurs est plus que suffisante. Par contre, il y a une insuffisance grandissante de travailleurs intellectuels, ce qui devient un facteur limitant pour la création et la croissance d’entreprises. Voilà un des éléments qui expliquent la « courbe du chômage », et l’on comprend que cela irrite ceux qui affirment que « tous les hommes sont égaux ». Il y aurait aussi beaucoup à dire sur un système d’enseignement qui forme plus de sociologues que de mécaniciens, et davantage d’historiens de l’art que de chimistes.

Les facteurs 6 (clients) et 7 (climat socio-politique) ne s’achètent pas, mais n’en sont pas moins indispensables. Ils sont subis par l’entrepreneur qui devra constater sans recours qu’un client passe à la concurrence, ou qui devra observer que la mentalité d’une partie de la population n’éprouve que peu d’appétence pour certains métiers. On constate aisément que la « mondialisation » actuellement en cours intensifie l’importance de ces facteurs. La concurrence des producteurs des pays naguère sous-développés ne peut que croître, et les idéologies anti-entreprise se développent dangereusement. Pourquoi un patron ferait-il l’effort de créer une entreprise en France (ou dans d’autres pays à forte imprégnation socialiste), s’il doit redouter des grèves, des sabotages, des absences pour maladie imaginaire, voire même des insultes, des séquestrations et des violences physiques ? L’entreprisophobie, qui donne lieu à toute une littérature cacographique ou pornographique (slogans sur les murs, banderoles de manifs, prises de parole à la télévision de détestateurs du monde patronal, presse de gauche…), freine à l’évidence la création d’entreprises, et la courbe du chômage ne s’inverse pas !

J’ai étudié les mécanismes de la création d’entreprise dans mon livre récent Les plus grandes entreprises (La Boîte à Pandore, Paris, 319 pages).

Il faudra étudier en profondeur les sources historiques et psychologie de l’entreprisophobie, particulièrement insidieuse en France, et clairement liée à la pensée de gauche. On découvre en tout cas facilement que l’entreprisophobie (comme l’antisémitisme) a de profondes racines chrétiennes : Jésus n’a-t-il pas chassé les marchands du Temple ?

Et pourtant ce même Jésus avait d’authentiques talents d’entrepreneur. Il savait s’entourer de collaborateurs dévoués, les apôtres, et aurait pu faire fortune dans le secteur agroalimentaire, car il connaissait le moyen de changer l’eau en vin.

Mais au fait, quelle est la plus ancienne, la plus riche et la plus grande « multinationale », dans le monde d’aujourd’hui ? N’est-ce pas l’Eglise catholique romaine ? Qui a su développer et vendre un produit-miracle (forcément !), qui a de nombreux clients : l’espérance.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Sur l'elitophobie et la sottise ordinaire

19 Juillet 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Terrorisme

La dernière bêtise à la mode sera donc le mépris des élites, accusées d’incapacité à gouverner les grands pays (la France), et même les petits (la Belgique). Les incultes et les ignares ont tout compris des problèmes économico-budgéto-technico-juridico-socio-politiques qui doivent être résolus par les gouvernements, et ils décèlent avec intelligence et même finesse les insuffisances de « ceux qui nous mènent droit dans le mur » ! A vrai dire, cette élitophobie n’est pas entièrement nouvelle, mais elle prend des proportions effroyables.

Mais réfléchissons un peu, même si c’est beaucoup demander aux foules hurlantes qui scandent des slogans imbéciles. Qui va soigner les malades, sinon des médecins ? Qui va construire des ponts, sinon des ingénieurs ? Et qui va rédiger des lois, sinon des législateurs ?

Faudra-t-il, pour diriger la Belgique ou la France, faire appel à une « non-élite », à de braves gens titulaires d’un brevet de débilité mentale ou d’un diplôme d’ignorance ?

Un musulman fanatisé massacre quelques dizaines de Parisiens, ou quelques dizaines de Niçois : est-ce de la faute du ministre de l’Intérieur, du Premier ministre, du Président de la République ? Ne serait-ce pas plutôt de la faute de l’islamisme radical, euphémisme inventé pour désigner le djihad ou « guerre sainte » ? Peut-on exiger d’un service public quelconque de ne faire ni erreurs ni omissions, quand tout le monde nous rappelle « qu’il n’y a pas de risque zéro » ?

Car ceux qui ne font pas partie de l’élite savent comment faire pour « sécuriser » les peuples. Il niaca emprisonner tous les salafistes, il niaca interdire tous les rassemblements de plus de cent personnes, il niaca disposer des blocs de béton aux entrées de toutes les zones piétonnisées, il niaca déclarer la guerre à l’Arabie Saoudite et à quelques autre pays qui ne respectent pas les droits de l’homme au nom de l’islam (bien entendu, « sans faire d’amalgames ») !

Quand on aura débarrassé la France et la Belgique de ses élites (incompétentes, vénales et corrompues), la masse pourra s’attaquer victorieusement aux « vrais problèmes des gens » : le réchauffement climatique, les inondations, les feux de forêt, le terrorisme, le chômage, le cancer, la myopie, l’obésité, la drogue, la vaisselle à laver, le linge à repasser, l’explosion démographique… Déjà pendant la Révolution, les juges qui envoyèrent Lavoisier à la guillotine savaient que « la République n’a pas besoin de savants ». Mais je me demande si la République n’a pas besoin d’intelligence ?

Lire la suite
1 2 3 4 5 6 7 8 > >>