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Jean C. Baudet

Articles avec #politique tag

Sur l'elitophobie et la sottise ordinaire

19 Juillet 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Terrorisme

La dernière bêtise à la mode sera donc le mépris des élites, accusées d’incapacité à gouverner les grands pays (la France), et même les petits (la Belgique). Les incultes et les ignares ont tout compris des problèmes économico-budgéto-technico-juridico-socio-politiques qui doivent être résolus par les gouvernements, et ils décèlent avec intelligence et même finesse les insuffisances de « ceux qui nous mènent droit dans le mur » ! A vrai dire, cette élitophobie n’est pas entièrement nouvelle, mais elle prend des proportions effroyables.

Mais réfléchissons un peu, même si c’est beaucoup demander aux foules hurlantes qui scandent des slogans imbéciles. Qui va soigner les malades, sinon des médecins ? Qui va construire des ponts, sinon des ingénieurs ? Et qui va rédiger des lois, sinon des législateurs ?

Faudra-t-il, pour diriger la Belgique ou la France, faire appel à une « non-élite », à de braves gens titulaires d’un brevet de débilité mentale ou d’un diplôme d’ignorance ?

Un musulman fanatisé massacre quelques dizaines de Parisiens, ou quelques dizaines de Niçois : est-ce de la faute du ministre de l’Intérieur, du Premier ministre, du Président de la République ? Ne serait-ce pas plutôt de la faute de l’islamisme radical, euphémisme inventé pour désigner le djihad ou « guerre sainte » ? Peut-on exiger d’un service public quelconque de ne faire ni erreurs ni omissions, quand tout le monde nous rappelle « qu’il n’y a pas de risque zéro » ?

Car ceux qui ne font pas partie de l’élite savent comment faire pour « sécuriser » les peuples. Il niaca emprisonner tous les salafistes, il niaca interdire tous les rassemblements de plus de cent personnes, il niaca disposer des blocs de béton aux entrées de toutes les zones piétonnisées, il niaca déclarer la guerre à l’Arabie Saoudite et à quelques autre pays qui ne respectent pas les droits de l’homme au nom de l’islam (bien entendu, « sans faire d’amalgames ») !

Quand on aura débarrassé la France et la Belgique de ses élites (incompétentes, vénales et corrompues), la masse pourra s’attaquer victorieusement aux « vrais problèmes des gens » : le réchauffement climatique, les inondations, les feux de forêt, le terrorisme, le chômage, le cancer, la myopie, l’obésité, la drogue, la vaisselle à laver, le linge à repasser, l’explosion démographique… Déjà pendant la Révolution, les juges qui envoyèrent Lavoisier à la guillotine savaient que « la République n’a pas besoin de savants ». Mais je me demande si la République n’a pas besoin d’intelligence ?

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Litanie en forme de poeme, ou l'inverse

2 Juillet 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Poème, #Politique

Je déteste les racistes, les islamistes, les extrémistes, les anarchistes, les communistes, les syndicalistes (violents), les gauchistes, les marxistes, les léninistes, les maoïstes, les trotskistes, les gauchistes (et même certains socialistes), les fumistes, les activistes.

J'exècre les hindouistes, les bouddhistes, les personnalistes, les shintoïstes, les confucianistes, les mahométistes, les animistes, les papistes, les tristes, les idéalistes, les spiritualistes, les phénoménologistes, les spinozistes, les kantistes, les néokantistes, les cyclistes, les automobilistes (quand ils roulent trop vite), les équilibristes, les accordéonistes (quand ils jouent faux), les guitaristes altruistes, les juristes, les droits-de-l'hommistes, les surréalistes, les lettristes.

Je hais les avant-gardistes, les nudistes, les puristes, les journalistes (pas tous, cependant), les pigistes (avec beaucoup d'exceptions), les moralistes, les humanistes véhéments, les cégétistes, les doloristes, les théistes, les panthéistes, les déistes, les manichéistes, les jansénistes, les calvinistes, les baptistes, les évangélistes.

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Propos sur le brexit

1 Juillet 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Histoire

En 1914, la France a eu bien besoin de la Grande-Bretagne (et aussi des USA) pour repousser la menace du germanisme. En 1940, la France a eu bien besoin de la Grande-Bretagne (et aussi des USA) pour repousser la menace du nazisme. En 2016, la France et les autres pays d’Europe ont encore bien besoin de la Grande-Bretagne (et aussi des USA) pour repousser la menace de l’islamisme.

Mais ne nous attachons pas à des considérations militaires, et encore moins à de sordides préoccupations financières et commerciales « bassement matérielles », élevons-nous au niveau des idées, des concepts, des valeurs, de l’humanisme, de la culture et de la civilisation, et de « l’honneur de l’esprit humain ».

Pensons par nous-mêmes, écartant les mensonges et les sophismes des politiciens scélérats, trompeurs des peuples (si vertueux !). Que serait l’Europe, et que serait même l’Humanité, sans les Anglais, les Gallois, les Ecossais et les Irlandais – ou du moins sans certains d’entre eux ? Que serait la Civilisation (avec un C majuscule) sans le théâtre de Shakespeare, sans la musique de Haendel, sans l’empirisme de Francis Bacon, les logarithmes de John Napier et d’Henry Briggs, la circulation sanguine de William Harvey, le libéralisme de John Locke, la gravitation universelle et la mécanique céleste d’Isaac Newton, l’économie politique d’Adam Smith, la machine à vapeur de Thomas Newcomen et de James Watt, la locomotive de Richard Trevithick, l’atomisme de John Dalton, le télégraphe électrique de Charles Wheatstone, la théorie de l’évolution de Charles Darwin, l’électromagnétisme de James Clerk Maxwell, les romans d’Arthur Conan Doyle, le pneumatique de John Boyd Dunlop, la radio d'Oliver Lodge, la logique mathématique de George Boole et de Bertrand Russell, l’électron de Joseph J. Thomson, le proton d’Ernest Rutherford, les isotopes de Frederick Soddy, le neutron de James Chadwick ? Que serions-nous sans whisky, sans chapeau boule et sans parapluie, sans sandwiches, et surtout sans tennis et sans football ?

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Le monde en 2016

29 Juin 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Politique

La surface de la planète Terre, à peu près partout du Nord au Sud, est souillée par les déjections de 1,3 milliard de Chinois, de 1,2 milliard d’Indiens, et de beaucoup d’autres, ce qui est une situation absolument inédite dans la longue histoire des hommes. Pour la première fois depuis des millions d’années, l’animal humain s’est répandu universellement, dans les étendues glacées des pôles comme dans les étouffantes forêts équatoriales. Cette novation inouïe s’accompagne d’une autre nouveauté, le développement extraordinaire de la Technique, qui s’est transformée en une Technologie époustouflante. Il est banal de remarquer que l’Humanité a pu exister et croître grâce à la Technique, et que la « mondialisation » est le résultat des possibilités de la Technologie : moyens de transport et de télécommunications. Cette aventure de l’Homme est la conséquence de l’intelligence de quelques humains, des techniciens puis des ingénieurs qui, au lieu d’adorer le monde comme les primitifs, au lieu de comprendre le monde comme les philosophes puis les savants, ont voulu comprendre le monde et devenir « maîtres et possesseurs de la nature » (René Descartes). Hegel croyait pouvoir interpréter l’Histoire comme l’évolution dialectique de l’Esprit. Mais qu’est-ce que l’Esprit – l’Esprit qui toujours nie – sinon l’intelligence technicienne capable d’établir un lien entre le moi et le non-moi, entre la conscience des besoins et des désirs et le monde des ressources et des limitations ? Marx l’avait bien compris en voyant dans les « moyens de production » le moteur de l’Histoire – de la multiplication des hommes – puisque ces « moyens » ne sont rien d’autre que la Technique devenant (par une transfiguration dialectique initiée par le développement de la Science) Technologie.

Mais, dès l’invention du premier outil, la Technique se révèle clivante, instituant une séparation radicale entre ceux qui possèdent l’outil, et ceux qui ne l’ont pas. En plus, elle se révèle limitée dans ses possibilités : elle ne peut pas satisfaire tous les besoins et tous les désirs. Malgré les avancées sensationnelles de la Technologie, l’homme est encore et toujours condamné aux souffrances physiques et aux chagrins.

En 2016, l’Humanité est devenue son propre problème, la multiplication des hommes s’accélérant plus que la multiplication des ressources. Coincée entre la lithosphère, l’hydrosphère et l’atmosphère, l’anthroposphère subit les conséquences de plus en plus dévastatrices du réchauffement climatique (tornades, inondations, feux de forêt…) et son accroissement même provoque des rencontres engendrant des conflits et des guerres.

L’Humanité est donc dans une situation radicalement nouvelle ! En effet ! Et alors ? Ne savons-nous pas, depuis bien longtemps, que « tous les hommes sont mortels » ? En attendant, il faut bien vivre, et autant bénéficier du confort des avions de l’Américain William E. Boeing, du plaisir des randonnées en voitures de l’Américain Henry Ford, de la somptuosité des illuminations électriques rendues possibles grâce aux lampes de l’Américain Thomas A. Edison, des plaisirs sexuels sans soucis grâce aux pilules de l’Américain Gregory G. Pincus, en buvant du coca-cola de l’Américain John S. Pemberton (mais je préfère le beaujolais), et en composant des poèmes avec un ordinateur des Américains Bill Hewlett et Dave Packard.

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Le philosophe et le diplomate

26 Mai 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Politique

Pourquoi le philosophe ne pourrait-il pas dire à un hindouiste, à un animiste océanien ou à un chrétien catholique que ses travaux le mènent à l’athéisme, et à penser les religions comme relevant de la psychiatrie et de l’illusion ? Pourquoi le philosophe ne pourrait-il pas dire à un activiste de l’ultra-gauche ou à un syndicaliste ou à un journaliste français qu’il analyse le socialisme violent comme une sociopathie basée sur les idées délirantes de l’égalitarisme et du progrès universel ? Pourquoi le philosophe ne pourrait-il pas dire à un Vietnamien ou à un Congolais que les éléments les plus structurants de la Civilisation sont d’origine occidentale : logique (Aristote), mathématique démonstrative (Euclide), libre examen critique des traditions, démocratie, droits égaux de l’homme et de la femme, théorie de la relativité, mécanique quantique, biologie moléculaire ? Pourquoi le philosophe ne pourrait-il pas dire à un Arabe ou à un Amérindien que toutes les cultures se valent quand il s’agit de divertissement (musique, danse, poésie, littérature, arts décoratifs…), mais qu’elles sont hiérarchisées quand il s’agit de la gestion de la violence ou du statut de l’homme et de la femme ? Pourquoi le philosophe ne pourrait-il pas dire son scepticisme quand il converse avec un astrologue, un radiesthésiste ou un chiromancien ? Pourquoi le philosophe ne pourrait-il pas dire aux acharnés de toutes les causes, aux militants de tous les programmes et aux défenseurs de valeurs suprêmes qu’il n’a pas trouvé de fondement solide et apodictique à quelque valeur que l’on prétende, si ce n’est celle de la conservation de soi ?

Pourquoi le philosophe devrait-il faire preuve de diplomatie et de politesse, c’est-à-dire d’hypocrisie ?

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Propos sur le chomage

2 Mai 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Chômage

En France, en Belgique, dans beaucoup d’autres pays d’Europe, le chômage ne cesse d’augmenter depuis 1974 (hausse brutale du prix du pétrole). A l’évidence, un phénomène socio-économique qui persiste pendant plus de 40 ans est structurel et non conjoncturel. Analysons. Le chômage signifie qu’un nombre important de membres adultes d’une population ne travaille pas (vivant donc aux dépens de la collectivité), soit parce qu’ils ne trouvent pas d’emploi, soit parce qu’ils refusent les emplois proposés. Le manque d’offres d’emplois résulte fatalement de la concurrence grandissante des pays non-européens. Un milliard de Chinois et un milliard d’Indiens (sans compter les autres) constituent une concurrence imbattable pour 500 millions d’Européens. L’industrialisation du Tiers Monde est donc la source première du chômage.

Mais il y a des causes secondes qui aggravent la situation. Le coût de la main-d’œuvre ne cesse d’augmenter (salaires, cotisations sociales, réglementations diverses…) en Europe, du fait d’une politique d’acceptation démagogique des revendications ouvrières, demandant inéluctablement plus de pouvoir d’achat. Ce coût de la main-d’œuvre rend les machines (automatismes, informatique, robotique, intelligence artificielle), malgré leur prix élevé, de plus en plus aptes économiquement à remplacer les bras et les cerveaux. Le progrès technologique et la concurrence des pays nouvellement industrialisés rend donc le chômage inévitable dans les pays à hauts salaires et à législation complexe sur le travail.

Enfin, il y a l’évolution profonde des sociétés européennes depuis les années 1960, due aux progrès de la technologie médicale (contraceptifs, prothèses, greffes d’organes…). Cette évolution induit un vieillissement spectaculaire de la population, et des comportements nouveaux de la jeunesse (drogues, sports violents, alimentation déséquilibrée conduisant à l’obésité et au diabète). Il est clair que les créateurs d’emplois sont les chefs d’entreprises, et ceux-ci ne se trouvent pas chez les vieillards ou les drogués ou les malades, mais au sein de la population adulte en bon état de santé, moralement et physiquement.

Il est plus facile de casser des vitrines, de détruire des usines, d’incendier des entrepôts, de molester des chefs d’entreprises, de blesser des policiers, d’insulter des politiciens, et de rester debout pendant la nuit, que de fabriquer et de vendre des biens et des services.

Avec en plus le terrorisme islamiste et le réchauffement de l’atmosphère, soyez donc optimistes ! Faites de beaux rêves…

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Sur un detail de l'Histoire

8 Avril 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Politique

L'Histoire est la suite d'événements qui concernent un groupe de mammifères terrestres que l'on appelle l'Humanité. Pour le biologiste, ces mammifères "humains" appartiennent à plusieurs espèces, dont les plus anciennes constituent le genre Australopithecus. Les espèces les plus récentes, très diversifiées, appartiennent au genre Homo. Ces espèces, dont les aventures forment l'Histoire, ont proliféré. Les démographes estiment, très grosso modo, qu'il y eut sur Terre quelque 100 milliards d'individus de ces différentes espèces, dont 7,5 milliards sont encore en vie, polluant la lithosphère, l'hydrosphère et l'atmosphère de leurs déjections puantes, et la noosphère de leurs idées nauséabondes.

Chaque événement est un "détail de l'Histoire", par exemple l'avènement de Clovis, roi des Francs, en 481, ou la prise de Constantinople par les Turcs en 1453, ou la proposition de l'héliocentrisme par Copernic en 1543, ou la parution des Fleurs du mal de Baudelaire en 1857, ou la Commune de Paris en 1871, ou le massacre des Tutsis par les Hutus du Rwanda en 1994, ou les récents attentats islamistes, en mars dernier, dans ma belle ville de Bruxelles. Et même les parutions successives de mes livres ne sont que des "détails de l'Histoire".

Je pourrais me scandaliser que certains idéologues veulent attribuer plus d'importance qu'ils n'en méritent à certains faits historiques. Mais à quoi bon ? La bêtise des fanatiques, qu'est-elle de plus qu'un "détail de l'Histoire" ?

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Tous les hommes sont-ils egaux ?

15 Février 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Politique

J’ai envie de consacrer ma chronique de ce beau jour d’hiver à une question philosophique et politique cruciale et particulièrement obscure. Que l’on ne s’y trompe pas ! Je ne prétends pas la résoudre en quelques lignes, mais je voudrais prendre le problème par le biais de la physique et de la métaphysique, ce qui est le programme du philosophe. Il ne s’agit pas de se laisser envahir par les bons ou les méchants sentiments, qui conduisent à un égalitarisme niais ou à des formes de racisme plus niaises encore. La question est : tous les hommes (femmes comprises) sont-ils égaux ? Ont-ils la même valeur ? La même importance ? Et peut-on accorder la même considération à Ludwig van Beethoven, à Albert Einstein, à Adolf Hitler et à Angela Merkel (je prends comme exemples des Allemands, pour simplifier en éliminant la question des nationalités, car « les Français valent-ils les Allemands ? » est un aspect du problème égalitaire que je ne vais pas aborder aujourd’hui).

De célèbres déclarations solennelles prétendent que « tous les hommes sont égaux », et précisent « égaux en droit », car enfin il serait difficile d’admettre que les hommes sont égaux à tous points de vue : qui oserait nier la différence entre un chauve et un chevelu, entre un surdoué et un imbécile (je rappelle que les psychologues établissent statistiquement que dans toute population suffisamment vaste il y a environ un quart d’imbéciles, que l’on peut appeler, selon ses choix terminologiques, des oligophrènes ou des cons).

On admet généralement – et il me semble difficile de le nier – que les caractères, particularités, capacités et compétences d’un être humain dépendent d’un double déterminisme, qu’avant le XXème siècle on appelait l’inné et l’acquis, et que l’on définit aujourd’hui comme la détermination génétique (l’ADN des gènes portés par les chromosomes) et comme la détermination du milieu (l’environnement familial et social). Ces deux causalités expliquent de manière satisfaisante l’immense diversité des espèces humaines et préhumaines apparues sur Terre à des milliards d’exemplaires depuis quelques millions d’années. Avec par-dessus tout la grande différence entre les femelles (chromosomes XX) et les mâles (XY).

Comment passer de cette inégalité en fait considérable (comparez un prix Nobel avec un « homme de la rue ») avec l’égalité de droit ? Pourquoi, au nom de quoi, un tel devrait-il avoir les mêmes droits que tel autre ? C’est la question que se posait déjà Platon dans ses écrits proposant une organisation de la polis (la cité), c’est-à-dire une politique. C’est la question que se reposait Karl Popper dans son livre (en deux tomes) de 1945, après avoir pu observer les horreurs du nazisme de Hitler et du communisme de Staline : The open society and its enemies. 1. The spell of Plato ; The open society and its enemies. 2. The high tide of prophecy : Hegel, Marx and the aftermath (G. Routledge & sons, Londres).

Il me semble que la formation de l’égalitarisme correspond à l’idée d’une sacralisation de la personne humaine, que l’histoire de la pensée peut reconstituer depuis ses origines préhistoriques. C’est par la possession d’une « âme » (éventuellement créée par les dieux) que l’homme est sacré, transcendentalement distinct de la bête, ce qui fonde l’humanisme et l’égalitarisme politique. La physique, c’est-à-dire la science (basée sur l’observation commune), explique la diversité. La métaphysique, en réaction, invente l’égalité.

Comme la démocratie, l’égalitarisme est une invention, une technique de gouvernement. L’égalitarisme repose sur une idée invérifiable, celle de la valeur de toute personne humaine, qui est peut-être une superstition, et l’on donne les mêmes droits à un assassin pédophile, à un terroriste islamiste et à une paisible mère de famille. L’égalitarisme est indéfendable par la rationalité. Mais tous les autres systèmes politiques sont bien pires ! Popper voulait, après les désastres de 14-18 et de 39-45, une « société ouverte ». Nous n’y sommes pas encore. Et même, il me semble percevoir des signes de régression. La civilisation, comme l’économie, serait-elle cyclique ? Pour le philosophe, les hommes sont profondément inégaux, cela fait partie de leurs « existentiaux » (Heidegger). Mais il faut que, dans leurs différences, ils s’organisent pour vivre ensemble, comme s’ils étaient égaux. Ce problème politique ne ressemble-t-il pas à la quadrature du cercle des géomètres ?

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Manuel Valls ne s'est pas couché

17 Janvier 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #France

Manuel Valls ne s'est pas couché

Excellente, brillante et magistrale prestation télévisée de Manuel Valls, chef du gouvernement des Français, hier soir dans l'émission "On n'est pas couché" ! Je suis loin d'être socialiste, mais je salue sans réserves la vigoureuse défense par le Premier ministre de ses positions pour défendre les valeurs de la République française (liberté, égalité, fraternité, laïcité), qui sont quelques-unes des valeurs qui composent la Civilisation. Face à des journalistes qui semblent ne pas pouvoir se dépêtrer du conservatisme d'une idéologie périmée, et qui sont systématiquement "contre", il a posément et fermement exposé la nécessité de l'état d'urgence face à un terrorisme islamique qui veut détruire la France (et en fait tout le monde civilisé !), et dont la puissance de destruction augmente chaque jour, trouvant aisément des milliers d'écervelés prêts à massacrer, et capables de le faire sur les cinq continents. Le Premier ministre a également montré le caractère symbolique de la déchéance de nationalité des djihadistes, écartant à juste titre l'argument imbécile que la perte de la nationalité française n'empêchera pas un terroriste d'accomplir ses forfaits ! Il y a d'autres mesures pour combattre le terrorisme (repérer les djihadistes et les mettre hors d'état de nuire, frapper militairement les organisations terroristes, sans compter la lutte intellectuelle nécessaire pour libérer l'islam de ses courants fanatiques). La déchéance ne vise pas l'utilité dans une guerre féroce, mais elle vise à faire comprendre que la liberté accordée aux habitants de la France trouve ses limites dans la vie même de ces habitants, et que l'on ne saurait recevoir la nationalité française en ayant le projet de détruire la France.

Concernant l'état d'urgence, il est désolant de devoir constater qu'il se trouve des "faiseurs d'opinion" qui en discutent l'opportunité, comme la journaliste Léa Salamé, sous prétexte qu'il limite certaines libertés, ou en prétendant qu'il est inefficace. Quand il y a un incendie, on appelle les pompiers ! Quand bien même l'on sait que l'aspersion d'eau provoquera des dommages, ou que l'intervention sera peut-être vaine, car il arrive hélas que les pompiers n'arrivent pas à empêcher la totale destruction de la maison en feu.

Voltaire, qui fut un des inspirateurs des "valeurs de la République", le répétait souvent : "écrasons l'infâme".

Une vidéo de l'auteur :

https://www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Une catastrophe demographique

10 Décembre 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique

En 2010, la population mondiale était estimée à 6,84 milliards d’unités, et en 2015 il y a 7,5 milliards d’êtres humains sur une terre dont les ressources s’amenuisent chaque jour. Il est facile d’extrapoler, et l’on peut raisonnablement penser qu’il y aura plus de 9 milliards d’hommes dans seulement dix ans ! Le réchauffement du climat entraîne une accélération de la désertification et un relèvement du niveau de la mer, c’est-à-dire le rétrécissement inexorable des superficies terrestres habitables. En 1925, il y avait 2 milliards de terriens, ce qui fait que la population mondiale aura été multipliée par 4,5 en seulement un siècle (quatre générations) !

Mais est-ce un « problème » ? Si R représente la totalité des ressources exploitées pendant le temps t, et si P représente la population terrestre, le niveau de vie moyen vaut évidemment R/P. On peut espérer une légère augmentation de R grâce au progrès technologique, encore faut-il ne pas oublier qu’en technologie il n’y a pas d’avantages sans inconvénients.

Actuellement, avec une « charge humaine » de 7,5 milliards, la Civilisation a-t-elle atteint son maximum, et doit-on s’attendre à un renversement du progrès ? Pauvreté et misère, nouvelles maladies, illettrisme, phénomènes sectaires, idéologies illusoires, terrorisme, émeutes, guerres… Tout cela ne va-t-il pas s’amplifier ?

La philosophie ne peut pas répondre, car elle ignore l’avenir, contrairement aux dirigeants politiques qui savent si bien ce qui est bon pour les peuples. Je ne passerai donc pas du constat à la conclusion, et je ne propose pas de solution. Mais je me dis que l’histoire des hommes est une longue suite d’espérances trompées. Après tout, pourquoi les hommes seraient-ils heureux ?

Pour info :

https://www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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