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Jean C. Baudet

Articles avec #politique tag

A propos de l'islam

24 Septembre 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Islamisme, #Politique

Les intellectuels et les politiciens des pays civilisés doivent réfléchir à partir des faits, et pas à partir des idéologies. Mais en sont-ils capables ? Voici deux faits tout récents.

- 21 septembre 2013 : une douzaine d'islamistes "shebab", venus de Somalie et liés à Al-Qaïda, attaquent un centre commercial à Nairobi et font (bilan provisoire) 68 morts et 175 blessés.

- 22 septembre 2013 : deux kamikazes talibans pakistanais attaquent une église chrétienne à Peshawar et font (bilan provisoire) 81 morts et 131 blessés.

Ces centaines de victimes en seulement deux jours donnent à penser. N'est-il pas temps de réfléchir sérieusement au sens historique de l'islam en général (et même des religions, plus généralement encore), et de l'islamisme en particulier ? N'y a-t-il pas urgence, et les gouvernements ainsi que les faiseurs d'opinion ne doivent-ils pas analyser le terrorisme religieux avant de se perdre en discours (futiles par rapport à la mort violente) sur la vitesse sur les autoroutes, sur l'âge de la retraite, sur le montant des allocations familiales, sur la présence de viande de cheval dans certains plats préparés, ou sur la confidentialité des messages électroniques ? N'est-il pas désinvolte et puéril de se soucier des loups dans les Pyrénées ou de discourir sur la réinsertion sociale de quelques meurtriers de droit commun quand le terrorisme islamiste fait de plus en plus de partisans et de plus en plus de victimes ? La "sécurité" des Français ne doit-elle pas être la plus immédiate préoccupation du gouvernement français, c'est-à-dire la vie même des gens de France ? L'existence précède l'essence, disait judicieusement Jean-Paul Sartre (un penseur de gauche, s'il en fut jamais !). C'est-à-dire qu'il faut vivre, avant de vivre avec ceci ou cela ! Et comment les Français ne se sentiraient-ils pas en insécurité, contrairement à ce que veulent affirmer certaines "élites" irresponsables et arrogantes qui nient le réel avec suffisance ? Un seul terroriste bien armé (par qui, au fait ?) peut faire, à Marseille ou à Lille aussi bien qu'à Peshawar, une centaine de morts en quelques minutes !

La philosophie est l'étude des "valeurs", c'est-à-dire de l'importance. Au temps des talibans et des idéologies, les intellectuels et les politiciens des pays civilisés ont besoin d'un supplément de philosophie.

 

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Contradictions postmodernes

6 Septembre 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique

Cur Pensee- Ces politiciens français qui veulent punir un Syrien qui a tué des Syriens en Syrie mais qui renoncent à punir les délinquants et les criminels en France.

- Ces ouvriers, de France et d'ailleurs, qui veulent des emplois mais qui sabotent les entreprises.

- Ces politiciens français qui réclament la libre circulation des personnes dans l'Union Européenne mais se scandalisent quand Gérard Depardieu s'installe en Belgique.

- Ces consommateurs de partout qui veulent qu'augmente leur pouvoir d'achat mais qui refusent de manger de la viande de cheval mélangée à du boeuf pour en diminuer le prix.

- Ces politiciens européens qui envoient des tentes et des couvertures dans de lointains pays alors qu'il y a de plus en plus de clochards en Europe et que les pays européens sont endettés.

- Ces parents qui redoutent les pédophiles et qui habillent leurs petites filles en artistes de music-hall.

- Ces politiciens européens qui veulent interdire le tabac dans des pays où les soins aux vieillards de plus en plus nombreux coûtent de plus en plus cher.

- Ces intellectuels qui prétendent qu'un homme égale un homme mais qui hurlent au scandale quand une entreprise remplace ses ouvriers français par des ouvriers en Pologne ou en Roumanie.

- Ces syndicalistes qui préfèrent la fermeture inéluctable d'une usine dans deux ans à des réductions de salaire aujourd'hui qui pourraient prolonger la vie de l'entreprise.

- Ces journalistes qui proclament le droit à la liberté d'opinion et d'expression mais qui refusent le dialogue avec certains courants de pensée.

- Ces activistes qui au nom des droits de l'homme jettent des pavés sur les représentants du Droit.

- Ces démocrates passionnés qui veulent des mesures "démocratiques" qui menacent l'existence même des démocraties.

- Ces philosophes qui dénoncent les contradictions de la sottise humaine alors que tout cela n'a aucune importance.

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Que devient Gerard Depardieu ?

20 Juin 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique

On ne parlait que de lui, naguère, quand il quittait la France pour s'installer sous des cieux fiscalement plus cléments. La chose est faite. Gérard Depardieu est domicilié je ne sais où, et le tapage médiatique a cessé. Une information inutile chasse l'autre. Car enfin, que nous importe qu'un acteur de cinéma paye ses impôts en France, en Belgique, en Russie ou à Madagascar ? Est-ce cela, se tenir informé de l'évolution de l'Humanité, que de savoir ce que devient une partie des revenus d'un saltimbanque ? Et la France est-elle si près de la ruine qu'elle doive tenter de retenir dans ses filets de fiscalité tel ou tel gagne-gros ? Et n'ai-je pas mieux à faire qu'à réfléchir à la libre circulation des personnes, à la liberté de choisir la nation à laquelle verser une partie de ses gains, à la liberté de gagner sa vie en faisant des grimaces, en serrant des boulons ou en construisant, dans des discours à la Mélenchon, des "projets de société" ? Ne faut-il pas plutôt, pour tenter d'évaluer ce que sera l'avenir de la Civilisation, se soucier de la puissance des Talibans, de la fortune des émirs, du fanatisme, de l'obscurantisme, du sentimentalisme et du mysticisme ? Et surtout, ne faut-il pas se demander d'où vient l'intérêt des foules pour les gestes, propos et attitudes de Gérard Depardieu ?

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A propos de quelques massacres a venir

9 Juin 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Iran

Si l'Iran, par des bombardements nucléaires, détruit Israël et massacre par le feu neutronique ses 7,8 millions d'habitants. Si la Corée du Nord, par des bombardements nucléaires, détruit Séoul et massacre ses 10,6 millions d'habitants. Si encore les Hutus du Rwanda et du Burundi "achèvent le travail" en massacrant - avec des bâtons et des couteaux de cuisine - les quelque 3 millions de Tutsis et de Hutus modérés rescapés du génocide de 1994... Cela ferait disparaître de la surface de la Terre environ 21,4 millions d'hommes, de femmes et d'enfants. Et alors ? Eclairons-nous par l'arithmétique. La population mondiale est estimée aujourd'hui à 7,136 milliards d'unités. Elle passerait donc, après les opérations des Iraniens musulmans, des Nord-Coréens communistes et des Rwandais catholiques, à 7,114 milliards. C'est-à-dire que l'effet global serait à peine visible, et qu'il faudrait toujours, pour nourrir plus de 7 milliards de bouches, autant de maïs, de blé et de riz. Et si l'on considère qu'Israël et la Corée du Sud sont actuellement des zones de concentration de savoir scientifique et technologique, on voit que la situation économique mondiale, au lieu de s'améliorer par une baisse de la demande, se détériorerait encore par la perte d'un haut savoir qui ne se reconstitue que très lentement.

Bien entendu, je ne sais pas si l'Iran bombardera Israël ni si la Corée du Nord attaquera la Corée du Sud, de même que les observateurs de la vie politique les mieux informés, en 1938, ne savaient pas si Adolphe Hitler envahirait la Pologne et puis l'Europe presque entière.

L'avenir nous est inconnu. Mais il est peut-être possible de distinguer l'impossible du probable. Et il y a des chefs d'Etat, pas uniquement en Corée du Nord et en Iran, qui proclament sans ambiguïté leurs intentions.

Bien entendu encore, les idéalistes diront que je m'égare - mais comment peut-on s'égarer avec l'arithmétique ? Est-il FAUX qu'il y a plus de 7 milliards d'humains, et que ce nombre ne cesse d'augmenter ? Et il y a aussi la biologie. Est-il FAUX que chaque humain dépend des exigences d'un estomac ? Allons, optimistes de tous les pays, unissez-vous ! Après la guerre advient la paix.

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Les vraies questions

8 Juin 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Démographie

Les véritables problèmes qui se présentent à l'Humanité sont de nourrir, de vêtir et de loger demain 8 milliards de personnes, et après-demain 9, 10, 11 milliards... Les décideurs politiques, les réformateurs sociaux et les faiseurs d'opinion ont là un immense chantier de réflexions et d'actions. Plutôt que de "lutter" contre le tabagisme, l'homophobie ou les crottes de chien sur les trottoirs, ou de "se mobiliser" pour la conservation des vieux quartiers et pour la consommation de cinq fruits et légumes par jour, les pouvoirs politiques et les autorités intellectuelles doivent penser et agir pour assurer une production suffisante de maïs, de riz et de blé, de textiles, de bois , de ciment et d'acier... Car ce n'est pas avec des fantasmes, des superstitions et des idéologies que l'on assurera une vie "digne" à des milliards de gens, qui certes ont besoin de rêver et de "vivre ensemble", mais qui ont besoin de vivre d'abord, c'est-à-dire de manger.

Certes, on dénoncera avec véhémence mon "réductionnisme", et l'on chantera les antiennes habituelles de l'humanisme et des droits de l'homme. J'entends déjà les clameurs vengeresses des champions de la solidarité, de la générosité et de l'égalité des chances. Ils voudraient que l'on donne à tous les hommes, dès leur naissance, un revenu garanti jusqu'à la mort, et ils voudraient en outre que la vie soit la plus longue possible. Mais comment produire pour assurer de tels besoins ? Je n'ignore pas les beautés sublimes des Fleurs du mal ou des contes du Bénin, et j'admire sans réserves la 9ème symphonie de Beethoven, la 5ème de Mahler, la samba brésilienne, les romans russes, le Kamasutra indien et la merveilleuse architecture chinoise (les quatre cultures BRIC). Et je suis ému jusqu'aux larmes par les tableaux de Hugo van der Goes, et j'éprouve une intense nostalgie en relisant parfois Candide de Voltaire ou certaines aventures d'Ulysse ou de Sherlock Holmes. Je suis même prêt à admettre que, peut-être, le "sens de la vie" réside quelque part dans les musées, dans les bibliothèques et dans les salles de concert. Mais l'on ne visite pas un musée l'estomac vide, et les ventres affamés n'ont pas d'oreilles, même pour écouter Beethoven.

Le problème des ressources matérielles est primordial : question de vie ou de mort, autrement urgente que la question de la cigarette électronique, ou de l'évasion fiscale, ou de la réforme de l'orthographe. La quadrature du cercle, l'âge de l'Univers et la poésie, ainsi que la liberté, l'égalité et la fraternité viennent ensuite. Il faut d'abord du pain, du vin, du fromage, des boudins, et si possible un bon dessert. Bien entendu - car il y a toujours des préalables - avant même de manger il faut vivre, et les hommes ont besoin de se défendre contre d'autres hommes. Car les tubes digestifs humains se battent entre eux, et de plus en plus férocement. La civilisation a besoin de maïs, de riz et de blé, elle a aussi, hélas, besoin d'armes et de munitions. Les groupes sociaux qui ne voudront pas l'admettre disparaîtront, massacrés par leurs ennemis ou affamés par la disette. 

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Sur les races humaines

29 Mai 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique

Mes billets précédents concernant les races humaines m’ont valu de nombreuses et intéressantes réactions qui m’incitent à revenir sur le sujet. Je m’adresse évidemment à des lecteurs désireux de se hisser au niveau des concepts et prêts à la réflexion sereine. Car je n’ai pas le moins du monde l’idée de mener à la rivière des ânes qui n’ont pas soif – ce qui est la règle d’or de toute entreprise pédagogique.

Il me semble qu’il convient d’abord de comprendre qu’une race humaine (que le concept soit ou non fondé) est une catégorie, c’est-à-dire résulte de l’idée que l’on peut désigner par un même terme des objets distincts mais possédant certains caractères communs. Si bien que d’emblée les comparaisons sont éclairantes : la 7ème compagnie n’existe pas, mais seuls existent les soldats qui en font partie. Ou bien encore, on se souviendra que les arbres cachent la forêt, et l’on accordera l’existence aux arbres qui composent la forêt qui, elle, « n’existe » pas.

Il faut distinguer trois niveaux d’utilisation du terme « race » : le niveau naïf ou spontané (le fameux « homme de la rue ») ; le niveau scientifique (en l’occurrence la communauté internationale des biologistes professionnels) ; le niveau épistémologique ou critique (les philosophes qui s’occupent de « théorie de la connaissance »). En passant, je note qu’évidemment on peut prétendre que la « communauté des biologistes » n’existe pas !

1° La conception naïve des races est très ancienne. On en trouve déjà une trace dans un vieux livre hébraïque, la Genèse (il y a environ 2 500 ans). Le verset 18 du chapitre 9 commence ainsi : « Les fils de Noé, qui sortirent de l’arche, étaient Sem, Cham et Japhet (…) C’est par eux que fut peuplée toute la terre ». Selon cette conception archaïque, il y aurait trois groupes (ou « races ») : les Sémites (Hébreux et Arabes), les Japhétites (habitant l’Europe et l’Asie), les Chamites ou Hamites (les noirs d’Afrique). On voit que deux types de caractères sont utilisés pour former ces trois catégories, un critère morphologique et un critère chorologique. La conception naïve des races humaines (celle de la Genèse et celle de tous les racismes, même aujourd’hui) se base sur des observations sommaires, sans critique approfondie.

2° La conception scientifique des races est forcément postérieure à 1543 (j’ai montré dans mes travaux d’épistémologie et d’histoire des sciences que la science sensu stricto commence en 1543, voir ma bibliographie). Cette conception a considérablement évolué depuis les premiers travaux des zoologistes et des botanistes de la Renaissance jusqu’à nos jours. Linné (1758) marque une étape décisive en proposant une classification des vivants (hommes compris). Il ne reconnaît qu’une espèce humaine (Homo sapiens), mais y distingue quatre formes différentes. Une autre étape importante est la découverte de l’évolution des formes vivantes par Darwin (1859), dont le mécanisme ne sera élucidé qu’après 1953 (découverte de la structure de l’ADN par Watson). L’on pense que, de génération en génération, il y a transmission d’un équipement génétique (des molécules d’ADN) qui peut s’altérer, et qui commande les caractères morphologiques. L’environnement « sélectionne » les gènes et à partir d’une population homogène initiale il se forme des sous-groupes si l’expansion territoriale amène les descendants dans des environnements différents (c’est ce que l’on appelle la « spéciation »). Ceci signifie 1° qu’il n’y aurait pas de races chez l’homme si la surface de la terre était strictement homogène : il n’y aurait aucune pression évolutive, et les humains n’auraient aucune raison de différer les uns des autres ; 2° que les « races » sont des entités dynamiques, constamment changeantes, comme d’ailleurs tous les groupements (armées, professions, orchestres, que sais-je encore ?). Notons que le terme « race » n’est plus utilisés par les biologistes comme UTO (unités taxonomiques opérationnelles), qui distinguent plus finement, dans une espèce donnée, les sous-espèces, les variétés et les formes. Le mot « race » est encore utilisé par les éleveurs et les zootechniciens pour parler des groupes d’animaux domestiqués. C’est d’ailleurs la nécessité d’éviter les croisements pour maintenir la « pureté de la race » des chiens ou des chevaux qui démontre le caractère labile des « races ».

L’étude des génomes des primates a montré qu’il y a très peu de gènes différents entre l’homme et le chimpanzé, mais personne ne nie que ces deux animaux appartiennent à des espèces différentes.

3° La conception épistémologique des « races » consiste à examiner de manière critique les utilisations du terme (et plus généralement de tous les taxons reconnus en biologie). Il n’est pas difficile de remarquer qu’à côté d’une utilisation scientifique exigeante des catégories taxonomiques (pas uniquement chez l’homme, d’ailleurs), il y a des utilisations abusives du terme, qui relèvent de l’idéologie, pour justifier ou condamner les diverses attitudes politiques prises face à la diversité morphologique de l’espèce Homo sapiens. L’épistémologie reconnaît aux catégories (collections, ensembles, races, espèces, etc.) une existence « mentale » ou « intelligible » et seulement aux éléments formant ces catégories une existence « réelle » ou « ontologique ». Mais cette distinction conduit à des abîmes de difficultés (voir mon livre Mathématique et vérité, L’Harmattan, Paris, 2005).

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Races, langues, religions

26 Mai 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique

La Convention européenne des Droits de l'Homme stipule, dans son article 14, intitulé "Interdiction de discrimination", qu'aucune distinction entre les personnes ne peut être fondée sur "la race, la langue, la religion"... Que je sache, cela ne signifie pas que ladite Convention proclame l'inexistence des races, des langues et des religions. Les auteurs de ce texte vénérable sont des politiciens et des juristes, font oeuvre juridique et législative, et ne prétendent pas contribuer à la science biologique ! Il me semble même que signaler que l'on ne peut pas discriminer les personnes d'après leur race implique l'existence des races...

Et si l'on veut lutter contre le racisme en niant l'existence des races, il faut semblablement lutter contre les querelles linguistiques en niant l'existence des langues, et lutter contre les guerres de religion en niant l'existence des religions. Après tout, les langues n'existent pas, il n'y a que des locuteurs. Et les religions n'existent pas davantage, il n'y a que des religieux, plus ou moins fanatiques et dangereux.

Pour comprendre sérieusement cette question des races, qui est un des aspects de la grande question de l'existence des catégories, il convient de se préparer par une réflexion épistémologique approfondie. J'ai tenté d'apporter une contribution à cette question difficile dans un livre paru en 2005, "Mathématique et Vérité" (L'Harmattan, Paris), en examinant les soubassements du concept de nombre, et en montrant que "les nombres existent" ou "les nombres n'existent pas" selon la compréhension que l'on accepte du terme "nombre". On peut remplacer "nombre" par "race", ou par n'importe quelle catégorie taxonomique.

Que les législateurs promulguent des lois utiles pour le maintien de l'ordre social et pour le progrès de la civilisation (ce n'est pas facile !), que les biologistes étudient la biodiversité, y compris la diversité chez Homo sapiens (qui n'échappe pas aux lois que l'on découvre petit à petit qui s'imposent à tous les êtres vivants), et que les journalistes ne confondent pas les lois, les idéologies, les sentiments et la science, "et les vaches seront bien gardées". Et chez les vaches, personne ne met en doute l'existence des races.

Dernière remarque : la race, en biologie (même si le terme est remplacé par d'autres termes taxonomiques), est une notion dynamique : une "race" ne se maintient pas au cours du temps, du fait des migrations et des métissages. C'est justement parce qu'ils évoluent, que les êtres vivants se distinguent des objets inertes. En biologie, "tout bouge tout le temps", ce qui ne permet pas de conclure "puisque ça bouge, cela n'existe pas" !

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Sur l'existence des races humaines

25 Mai 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique

C'est effarant ! Il y a des intellectuels, d'ailleurs nombreux, qui prétendent avec une véhémence inquiétante, que : "il n'y a pas de races humaines" !!! C'est comme si, en astronomie, on nous disait "il n'y a pas d'étoiles", ou comme si, en chimie, on voulait nous faire admettre que le sel n'est pas soluble dans l'eau. Et le plus inquiétant, c'est que les révisionnistes de la biologie prétendent se fonder "sur la Science" !!! Cela montre à quel point les idéologies et les religions, ou plus fondamentalement les "bons sentiments", sont capables d'inhiber l'observation et le raisonnement. Ce qui me semble grave, c'est que des individus veulent pour décider de la Vérité, remplacer le travail sérieux des scientifiques (avec les controverses que cela implique) par des décisions politiques. Désormais, on va organiser des référendums pour décider de l'existence du boson de Higgs ou pour savoir combien il y a d'électrons dans l'atome de carbone !

Quand j'étais étudiant, dans les années 1960 (comme le temps passe !), je m'en souviens très bien, tous mes condisciples avaient la peau blanche, sans la moindre exception ! En 1968, je me rendis au Burundi pour enseigner, et quelle ne fut pas ma surprise de constater que tous mes étudiants, sans la moindre exception, avaient la peau noire ! Les races auraient-elles disparu, depuis 1968 ? Peut-être à cause des slogans badigeonnés sur les murs de Paris cette année-là ?

Que nous apprend la biologie ? D'abord un principe général, jamais encore mis en défaut : les êtres vivants, végétaux et animaux (humains compris), sont caractérisés par une très grande variabilité morphologique. Hors le cas des jumeaux homozygotes, il n'y a pas deux chiens, deux haricots ou deux humains parfaitement semblables ! Cela s'explique très bien par les résultats de la recherche génétique : tout caractère (la forme du nez, la couleur de la peau...) résulte de l'action, lors du développement de l'individu, de molécules appelées gènes. Ces gènes se transmettent de génération en génération, et produisent la belle diversité que nous connaissons, avec des petits blancs et des grands noirs, et aussi des grands blancs et des petits noirs. Ensuite, la biologie tente (c'est la question difficile de la "biodiversité") de situer les individus qu'elle observe dans des arbres phylétiques qui représentent l'évolution des espèces, c'est-à-dire des groupes d'individus qui se ressemblent tellement (malgré les différences individuelles) qu'on les désigne par un nom déterminé. Ainsi on appelle "Canis familiaris" tous les animaux à quatre pattes, à poils et qui aboient (en anglais "dog"). Mais il ne faut pas confondre avec "Canis lupus", qui désigne les loups, ni avec "Canis vulpes", qui désigne les renards. Quand les variations morphologiques sont importantes au sein d'une espèce, on définit des sous-espèces, éventuellement subdivisées en variétés, celles-ci étant subdivisées en formes. Le mot "race" n'est donc que peu utilisé par les biologistes, mais le concept correspond à "subdivision de l'espèce".

Et chez l'homme ? Eh bien, non seulement il existe des races (d'ailleurs de définition difficile, mais une réalité complexe n'est pas une réalité inexistante !) au sein de la population humaine actuelle, mais dans le passé la diversité de l'humain est tellement grande que les paléoanthropologues ont identifié au moins une dizaine d'espèces, c'est-à-dire de groupes encore plus différents entre eux que les races actuelles. Voici les noms de ces espèces humaines : "Homo antecessor", "H. cepranensis", "H. erectus", "H. floresiensis", "H. georgicus", "H. habilis", "H. heidelbergensis", "H. neanderthalensis", "H. rhodesiensis", "H. sapiens" (la seule espèce qui a survécu). Il serait tout de même étonnant qu'il y ait dix espèces dans le genre "Homo", mais une seule race dans l'espèce "H. sapiens". Soit dit en passant, toutes les espèces ont pour origine "Homo habilis", qui apparaît en Afrique il y a plus de deux millions d'années.

Alors, quand les politiciens auront imposé que l'on apprenne dans les écoles que "les races n'existent pas", en véritables talibans de la biologie, quelle sera leur prochaine affirmation ? Que l'économie est fausse et qu'il n'y a pas de lois du marché ? Que le cancer n'existe pas ? Que l'intelligence est rigoureusement égale chez tous ? Que François Hollande est grand et qu'Alain Badiou est son prophète ?

L'Humanité, péniblement, a construit des arts, des langues, des littératures, des religions, des idéologies, des cuisines (mais peut-être que "les cuisines n'existent pas") et... une seule Science. C'est l'unicité et l'universalité de celle-ci qui en fait la valeur. Elle est en danger, car des talibans de l'Egalité entre les Humains veulent la remplacer par la consultation populaire. Mais qu'est-ce que la démocratie : rassembler le plus grand nombre d'ignorants pour leur demander de répondre à une question difficile ! Va-t-on organiser des référendums pour savoir si Hitler a existé, si Napoléon n'est pas un mythe, si le thon rouge contient des "oméga-3" ?

Certes, il me reste quelques doutes sur l'existence de certaines races humaines telles que décrites par certains scientifiques de l'ère précédant le développement de la biologie moléculaire (de même que l'on met en doute les travaux des astronomes avant 1543, voir Copernic). Mais si même les races n'existent pas, une chose est sûre. Les sots existent. J'en ai rencontrés.

NB.- Je dédie avec émotion le présent billet à la mémoire de mes étudiants de "race tutsi" massacrés par des génocidaires de "race hutu", en 1972 et 1973.

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Methode Gahungu, Burundi et Rwanda

27 Mars 2013 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique

Je dois avouer mon ignorance, je ne sais pas qui est Méthode Gahungu. J'ignore s'il est rwandais ou burundais, s'il est twa, tutsi ou hutu, mais je sais qu'il vient d'écrire un beau livre, et qu'il est "un homme de bonne volonté". Vous me direz qu'on ne fait pas de bons livres avec de la bonne volonté, et vous aurez raison, mais Gahungu a aussi derrière lui une vie de chercheur (il a publié, à ma connaissance, deux livres, chez L'Harmattan, sur le rôle des pères blancs dans la formation intellectuelle des Africains au temps de la colonisation) qui le rend capable d'écrire des choses intéressantes, et il a une bonne plume, qu'il ne met pas à son chapeau mais qu'il trempe dans l'encre de l'espoir d'une réconciliation entre les tribus de ce que les Belges appelaient, avant 1962, le Ruanda-Urundi. Gahungu vient donc de publier un nouveau livre, tout à fait passionnant : Burundi et Rwanda : réconcilier les ethnies (L'Harmattan, Paris, 2013, 291 pages). Je rappelle que le Burundi et le Rwanda sont deux pays d'Afrique centrale très semblables, habités par deux groupes ethniques principaux, les Batutsi et les Bahutu (le préfixe "ba" marque le pluriel dans les langues bantoues). L'antagonisme (cfr le massacre de près d'un million de Tutsis au Rwanda en 1994, sans compter de nombreux autres épisodes sanglants depuis l'Indépendance) entre les deux ethnies principales est fort bien analysé par Gahungu, qui résume notamment la "vision" que l'on se fait habituellement des deux groupes (page 24) : "Quant aux Hutu, ils sont définis comme des personnes gaies, impulsives, naïves, portées vers le surnaturel. Les Tutsi, au contraire, sont indiqués comme des individus intelligents, habiles et éduqués, égoïstes, vindicatifs, paresseux : le travail manuel est, pour eux, peu digne de leur race de seigneur".

Dans la première moitié de son livre, l'auteur tente de reconstituer l'histoire des deux pays, ce qui est bien difficile du fait que l'écriture était ignorée par les peuples concernés avant l'arrivée d'Européens, et qu'il faut donc se baser sur des traditions orales d'interprétation délicate. Dans la seconde moitié de l'ouvrage, il essaye de trouver des voies de réconciliation. Il note que "pour une réconciliation véritable, il faut avoir le courage d'aller à la recherche des causes principales des conflits sociaux" (p. 140). Dès le début de son livre, Gahungu avait d'ailleurs osé une généralisation, hélas bien exacte : "les Africains d'ethnies différentes sont presque incapables de vivre pacifiquement ensemble" (p. 9).

L'ouvrage de Méthode Gahungu est basé sur une documentation solide, comme le montre son abondante bibliographie. Je m'étonne toutefois de ne pas y voir mentionner les travaux, pourtant décisifs, des Belges Francis Rodegem (son dictionnaire rundi-français est cependant mentionné) et Jan Vansina. Celui-ci a notamment publié L'évolution du royaume rwanda des origines à 1900 (1962) et La légende du passé : traditions orales du Burundi (1972) qui sont deux des ouvrages les plus substantiels de l'historiographie des deux pays.

Et je me dis qu'il n'y a pas qu'au Rwanda et au Burundi qu'un peuple "gai, naïf et porté vers le surnaturel" rêve d'anéantir un autre peuple "intelligent et éduqué"... En essayant de trouver, dans ces beaux pays de collines verdoyantes, les causes des conflits sociaux, Gahungu a peut-être trouvé la clé de la condition humaine : la différence, mère de la jalousie.

Pour info : Télé Bruxelles

Canal C (Namur)

www.canalc.be/index.php?option=com_content&view=article&id=100001595:entree-libre-de-jean-baudet-&catid=114:entree-libre&Itemid=56

Librairie Filigranes (Bruxelles)
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La déchéance de l'Europe

30 Décembre 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Politique

 

Toute l'Histoire n'est que la synthèse de quelque 100 milliards d'existences humaines. Celles-ci connaissent toutes le même destin : naissance, croissance, décrépitude, disparition. La montée en qualité du Sujet de l'Histoire - l'Humanité - n'est possible que par le fait des pensées et des actes de quelques hommes. On l'appelle Civilisation. Qui ne peut progresser que par les effets cumulés de pensées "vraies" et d'actes "bons". Mais aussi vraies soient leurs pensées et aussi bons leurs actes, les hommes ne peuvent pas éviter les déterminations de leur condition : l'essence de l'humain précède les existences ! Il s'agit des "données" de la Nature. Et d'abord, les pensées vraies sont rares et les actes bons incertains. Les hommes, nus et incapables de penser et d'agir à la naissance, sont pour la plupart destinés à ne développer que fort peu leurs aptitudes "vraies" et "bonnes". Non seulement l'Humanité comporte un pourcentage élevé de crétins congénitaux, mais les systèmes éducatifs à mettre en place pour développer les aptitudes civilisationnelles chez les enfants sont complexes, et délicats, et dès lors coûteux.

Depuis quelques années - depuis 1933 avec Monsieur Hitler, ou peut-être déjà depuis 1870 avec Monsieur Bismarck - l'Europe, qui fut pendant quelques siècles le moteur civilisateur de l'Humanité, sombre dans la déchéance et l'abjection. L'Europe qui a donné au reste de l'Humanité la logique (Aristote), l'algèbre (Diophante), l'expérimentation physico-mathématique (Galilée), l'opéra (Monteverdi) et la phénoménologie (Husserl) n'a plus à proposer que les sketches vulgaires et abêtissants de quelques humoristes et les gesticulations pornographiques de quelques chanteurs, ou des idéologies déniant les évidences de la technique et de l'économie. Pour entretenir des misérables toujours plus nombreux, les élites politico-démagogiques des pays européens empruntent l'argent nécessaire aux Chinois, aux Indiens et aux Arabes, auxquels ces mêmes pays ont d'ailleurs appris... la technique et l'économie.

La déchéance européenne, qui apparaît sous forme de dettes publiques abyssales, de budgets monstrueusement déficitaires, de systèmes d'enseignement stupidement inadaptés aux évolutions du monde, conduit à des comportements de plus en plus aberrants.

Les populations européennes sont marquées par l'obésité, par la surdité, par la drogue, par la violence, l'envie, le vieillissement, les troubles du comportement sexuel, et par des anomalies cognitives. Ces populations pensent que "chacun a sa vérité" (!), que "tous les hommes sont égaux" (!!), qu'il "vaut mieux donner que recevoir" (!!!). Elles n'en ont donc plus pour longtemps.

Pour bien comprendre l'ampleur de l'apport civilisationnel des Européens, voir mon "Histoire générale des sciences et des techniques" (Vuibert, Paris, 2002-2015, onze volumes). On consultera aussi avec profit, me semble-t-il, mes livres récents "Curieuses histoires des inventions" (Jourdan, Bruxelles, 2011) et "Les grands destins qui ont changé le monde" (Jourdan, 2012).

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles)
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