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Jean C. Baudet

Bilan poético-littéraire 1962-2011

Ecrivain dégoûté de la littérature, philosophe saturé de réflexions et de savoirs, chercheur sans objet autre que l’inconnu du néant, je traîne dans ma vie comme dans ma chambre, en pyjama ontologique et mal peigné, car pourquoi les soins de l’apparence dans l’indifférence, et quelle œuvre accomplir pour une génération que je hais et pour une postérité que je dédaigne ?

 

Mes livres sont d’atroces plaisanteries, des crachats à ceux qui se pavanent dans les salons et qui déclament les « vérités » de la pensée indigente des pédagogues, des dramaturges, des démagogues et des bouffons. Je ricane – c’est mon véritable plaisir – des sottises et des gloires. J’ai rédigé quatre mille pages publiées (sans compter mes tiroirs) pour expliquer que la très grande majorité des intellectuels sont des imbéciles, et il y eut même de ces intellectuels qui m’applaudirent ! J’ai consacré quatre cent pages (deux ou trois auraient suffi) pour exposer l’inanité de la philosophie universitaire et des phénoménologies, et des philosophes de métier m’ont approuvé gravement ! A quoi servirait d’ailleurs de dire à un homme qu’il est foncièrement stupide ? Puisque la vérité est noire, elle ne peut éclairer que ceux qui savent déjà…

 

Mes livres sont les grimaces de mon intelligence, les haussements d’épaule de ma déréliction et comme des ricanements dans l’attente de mes ultimes douleurs.

 

Mais il me reste le plaisir d’emmerder les cons, et ça, j’y arrive assez bien !

Vous savez, ceux qui « ne se prennent pas au sérieux », ceux qui « ont des racines », ceux – pire encore – qui « ont des convictions et qui n’en changent pas », ceux qui proclament « la fin des certitudes », ceux qui dénoncent « les pouvoirs de l’argent » et demandent des subsides, ceux qui découvrent « l’universel dans leur singularité », ceux qui attendent « les lendemains qui chantent », ceux qui veulent civiliser les barbares, ceux qui aiment les assassins et détestent les victimes, ceux qui ignorent les différences, ceux qui dédaignent le commerce, qui flétrissent le « commercial » et qui touchent des droits d’auteur pour le dire, ceux qui sont pleins de déontologie et qui arrangent leurs petites affaires, ceux qui prennent les messies pour des lanternes, ceux qui marchent en rangs serrés et qui pensent en troupeaux, ceux qui se lèvent du pied gauche, ceux qui admirent Rimbaud, ceux qui sont tristes parce que le petit chat est mort.

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