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Jean C. Baudet

Journal métaphysique 006 : la violence

30 Septembre 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Violence

Cur PenseeL'investigation philosophique part du Moi, mais d'un moi dans un monde, c'est-à-dire dans l'Histoire. D'où, tôt ou tard, la rencontre de la question de la violence, ne serait-ce que sous la forme de la " folk-history " qui retient surtout du passé la chronologie des batailles. Il faut donc analyser, dans le cadre d'une anthropologie non sentimentale, l'agressivité, la violence, la haine. Celle-ci, pendant la Préhistoire et l'Antiquité, fut essentiellement l'effet d'un désir d'appropriation, celui de posséder les biens de l'Autre. Tout conflit était guerre de conquête. Et la guerre de Troie est davantage motivée, dans le chef des Achéens, par les perspectives de pillage que par le souci de venger le cocu Ménélas (qui est une invention de poète). C'est avec le christianisme qu'apparaît, dans toute son horreur, la violence "pour des idées". Certes, Socrate fut condamné à mort pour irréligion, mais c'est un cas presque unique de violence faite, chez les Grecs, à un penseur pour ses pensées. Il est vrai qu'au temps de Socrate les penseurs étaient fort rares.

 

Si donc l'on doit remarquer que le christianisme invente la violence idéologique (contre les gnostiques, les manichéens, toutes les sortes d' "hérétiques", les juifs), on notera aussi que, dans la foulée de ce déchaînement de fureur contre les "pensées autres", la violence réapparaîtra successivement :

- chez les musulmans,

- chez les nationalistes de toutes sortes qui apparaissent à la fin du Moyen Âge quand les langues vulgaires commencent à concurrencer le latin (la guerre de Cent Ans est une guerre nationaliste, c'est-à-dire linguistique),

- chez les marxistes, précédés par les organisateurs de la Terreur, qui pensaient une espèce de marxisme avant Marx.

 

Il faut distinguer le cas christianisme-islam-marxisme, où la violence est d'ordre idéologique (il y a un " sacré " à imposer à l'autre, par les armes), du cas des nationalismes (fascisme italien, nazisme allemand, autonomismes basque, corse, flamand, catalan, écossais...) qui ont toujours une base linguistique. Les conflits non économiques concernent donc soit la pensée soit la langue, qui est l'instrument de la pensée.

 

Quelles sont alors les sources du rapprochement entre Pensée (ce qui est pour certains l'honneur même de l'Humanité) et la Violence (qui rend certains humains si détestables) ?

 

La violence idéologique, chez les hominidés, se développe forcément parce que les hominidés savent parler (la violence commence toujours par l'insulte), et que la plupart des hominidés, en parlant, croient qu'ils pensent.

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L'illusion d'un Coran alternatif

24 Septembre 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Religion

J’ai reçu cet intéressant commentaire, d’un certain Raman, à mon article « Pour un Coran alternatif ». Je le cite textuellement. Cela me paraît plus intelligent que les insultes habituelles.

Je rappelle qu’une citation, même longue, n’est pas nécessairement une adhésion aux idées exprimées. Je ne suis qu’un philosophe, et j’essaye d’observer le monde. Le texte de Raman me paraît bien documenté et dès lors intéressant. Il énonce des faits et ne cumule pas des invectives. Aurais-je été, comme tant de braves gens, entraînés dans l’idée naïve de l’existence d’un islam « modéré » ? Il y a matière à penser.

Citation :

C'est impossible pour une raison relativement simple. Les Portes de l'Ijtihad ("Connaissance profonde") sont fermées depuis le 15ème siècle. Les 4 écoles d'interprétation coranique principales (le malikisme, le hanafisme, le chaféisme, le hanbalisme) sont d'accord entre elles à quelques nuances près.

La différence fondamentale entre la Bible et le Coran, c'est que la Bible n'est que la Parole inspirée par Dieu, ce qui autorise une constante interprétation, une exégèse herméneutique. Les juifs s'y adonnent depuis toujours par le Talmud pour son aspect exotérique et par la Kabbale et la Guematria pour son aspect ésotérique. Les Chrétiens, particulièrement
les Catholiques et les Orthodoxes, aussi, par la voie mystique des différentes voies monastiques et, également, par le principe des conciles qui tendent à tout remettre à plat afin, tout en conservant le Credo intact, de le mettre sous une lumière nouvelle en rapport avec les changements du temps. En Islam, le Coran est la Parole directe de Dieu en Personne descendue via l'ange Gabriel à l'oreille du prophète Mahomet. De ce fait elle ne peut qu'être prise littéralement.

De plus, les musulmans ont le droit de pratiquer vis-à-vis des non-musulmans le double langage ("Al Takya"), le mensonge pieux qui peut faire avancer la cause de l'Islam.

La seule différence entre les musulmans dits "intégristes" et les musulmans dits "modérés" est une différence d'intensité et de degré de violence. Dans les deux cas le but est le même : propager leur Foi au-dessus des autres.

Il suffit de lire le Coran et de consulter les Hadîths. C'est très simple.

Sachez, de même, que lorsque vous tombez sur des sourates douces et modérées vis-à-vis des "Gens du Livre" (Juifs et Chrétiens), c'est que ce sont les sourates de la Mecque. Mais ces sourates ont été abolies par les sourates de Médine, lorsque Mahomet a proclamé la guerre aux gens du Livre à moins qu'ils ne passent à la soumission de l'islam, ou alors à la soumission du Protectorat en devenant des "dhimmis" ("protégés") en payant un impôt supplémentaire, la "Jizya" afin de pouvoir conserver leur Foi et être des "citoyens de seconde zone", n'appartenant pas à la "Oumma" (Communauté des Croyants)...

Les seuls "musulmans" intéressants sont ceux issus du soufisme. Le soufisme est la branche mystique de l'islam, mais lorsqu'on se penche sur l'origine du soufisme on réalise que les premiers soufis étaient, en fait, des gnostiques qui se sont "islamisés" afin de survivre. Ils se sont de ce fait autorisés à contextualiser le Coran sans cesse par le biais de la Raison
afin d'y puiser une herméneutique qui va bien au-delà de la conception littéraliste habituelle. Mais ils sont considérés, d'une manière générale, comme des hérétiques par les tenants de l'islam officiel. Les imams et muftis se servent du soufisme pour faire avancer leurs pions, toujours par le biais de leur double langage et de leur stratégie pour s'implanter partout. Mais partout où l'islam sunnite ou chiite est fortement implanté, les mystiques soufis sont quasiment inexistants car réduits à peu de chose par les pouvoirs en place.

Quand on lit le Coran, on comprend pourquoi le monde arabo-musulman est dans l'état dans lequel il est sur tous les plans.

Fin de citation.

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Pour un Coran alternatif

24 Septembre 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Religion

Il faut prendre les hommes comme ils sont, et non comme nous voudrions qu’ils soient. Les psychologues et les historiens s’accordent sur une donnée de la conditions humaine : les hommes peu cultivés ont besoin de croire en un au-delà avec l’intensité des émotions les plus fortes. D’où les religions. Il est donc utopique de vouloir répandre les résultats de la réflexion philosophique à tous les hommes, et au fond c’est inutile. L’Humanité pourrait se développer harmonieusement avec une petite élite instruite et agnostique et une grande masse inculte et religieuse. Car réfléchissons-y bien : il serait tout aussi impossible de répandre la connaissance et la pratique de l’agnosticisme parmi sept milliards de gens que de vouloir leur apprendre la Mécanique quantique ou la Biologie moléculaire.

Quand on dispose d’un bien, quel qu’il soit, et que l’on ne peut pas – pour quelque raison que ce soit – le distribuer à tout le monde, il faut le répartir à seulement quelques-uns. La réflexion philosophique et l’agnosticisme qui en découle ne peuvent pas être transmis à tous les hommes, comme il est impossible de donner du champagne à tous les habitants de la Planète. C’est une donnée du Réel, avec laquelle les dirigeants doivent compter, même dans leurs rêves les plus éthérés de Paix générale, d’Ethique généralisée et de Bonheur universel.

Mais la tâche de l’élite reste lourde et compliquée. Comme il est illusoire d’espérer le développement d’une religion unique pour la masse des peuples (vu la lourdeur des traditions régionales), il faudrait que les différentes religions puissent vivre dans l’harmonie – cela est possible, il y a des exemples dans l’histoire. Actuellement, seule la religion islamique pratique la violence contre ses « adversaires », et cela est dû à quelques passages du Coran qui sont interprétés comme des appels à la « guerre sainte » contre les non-musulmans.

Le christianisme a connu cette situation, organisant des croisades et des tortures inquisitoriales. Au fil du temps, grâce à certains de ses dirigeants, le christianisme a su se réformer et éliminer toute pratique violente à l’encontre des infidèles, entrant ainsi dans la modernité. Il appartient à l’élite de tous les pays (y compris à l’élite des musulmans modérés) de pousser les dirigeants du mahométisme à une telle réforme. Et l’on peut, avec un optimisme relatif, se souvenir des belles figures d’Avicenne et d’Averroès qui tentèrent déjà cette réforme il y a quelques siècles. Ce que les chrétiens ont su faire (lentement), les musulmans pourraient le faire, d’ailleurs plus rapidement grâce aux nouveaux moyens de communication. Il faut relire le Coran avec les acquis de la modernité, comme le concile de Vatican II a su relire l’Ancien et le Nouveau Testament à la lumière des avancées de la pensée humaine.

La certitude pour les peuples et le doute pour l’élite. N’est-ce pas réaliste, faisable ? Il faut savoir ne pas pousser les utopies trop loin.

Pour info, deux vidéos :

Canal C (Namur)

Librairie Filigranes (Bruxelles)
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Journal métaphysique 005 : penser

20 Septembre 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

Philosopher, c'est penser, et penser contre les autres et contre soi-même. Et il existe un excellent critère de la non-pensée : quand quelqu'un vous répond par l'invective et l'insulte, vous savez qu'il n'est plus dans la pensée, mais qu'il se soumet à une idéologie.

La recherche du consensus est le contraire absolu de la démarche philosophique. D'où de profonds malentendus. Comme le remarquait Martin Heidegger (1954 : Was heisst denken ? ) : "Que l'on montre un intérêt pour la philosophie ne témoigne encore aucunement que l'on soit prêt à penser".

Le commencement de la pensée commence avec l'étonnement (Aristote le notait déjà), et surtout avec le scandale : rencontrer une idée "scandaleuse", ou au moins "à laquelle on n'avait pas pensé". Je dis à un brave homme que l'art n'est qu'un loisir, un passe-temps, comme le tourisme ou les jeux de cartes. S'il est scandalisé et indigné, avant même d'avoir examiné les raisons de mon assimilation à ses yeux sacrilège, il ne sait pas penser. C'est que notre homme, cultivé, et justement parce qu'il est "cultivé", a été dressé à réagir par l'admiration et la dévotion à des noms comme Mozart, Mallarmé, Proust (ou Johnny Hallyday ou Lady Gaga, selon la culture qu'il a assimilée). Mais d'où vient cette valorisation de certaines activités par rapport à d'autres ? Est-il plus "humain", plus "valable", plus "porteur de sens" de composer un sonnet que de fabriquer une sonnette ? Est-il plus glorieux d'éviter l'ennui que de satisfaire la faim ? Où est la démarcation entre l'animal et l'humain ? Car c'est de là que viennent les cultures, et la valorisation de certains actes. Le système des valeurs (le Bien, le Beau, le Juste, voire le "Respectueux de la nature") vient toujours, dans quelque société que ce soit, de l'orgueil de l'homme qui se croit supérieur à la bête. Qui prétend posséder une "âme", et "immortelle", en plus !

Encore cette supériorité existe-t-elle. Mais en quoi ? J'ai passé ma vie à examiner selon la critique (apprise à l'université et par la lecture des philosophes, je suis bien conscient d'avoir moi aussi subi un dressage intellectuel) diverses histoires. L'histoire de la science, de la technique, de la littérature française, de la philosophie, des religions, et j'ai même consacré un peu de temps à l'histoire de l'art. Je n'ai pas vu de progrès de Phidias à Botticelli, ni de Botticelli à Warhol, et je n'en vois pas davantage de Jean-Sébastien Bach à André Jolivet. Mais il me semble difficile de nier (il faudrait une extraordinaire mauvaise foi) qu'il y a progrès de la marche à pied à l'automobile, ou de la théorie de Planck (1900) à la théorie d'Einstein (1905). Quel que soit le bout par lequel j'examine l'histoire "culturelle" des hommes, je ne parviens pas à penser la mise sur le même plan de ce que j'ai appelé la STI (science-technique-industrie) d'un côté, et tout le reste de l'autre, même si dans ce reste (la non-STI) il y a des éléments qui me ravissent, comme les quatuors de Beethoven ou les romans de Julien Green.

Mais je ne peux pas mettre dans un même sac la Gravitation de Newton et le Bourgeois gentilhomme de Molière (qui n'est qu'un divertissement, d'ailleurs "génial"), ou la Classification de Mendéléev et la Liberté guidant le peuple de Delacroix. Et encore moins l'Electromagnétisme de Maxwell et un fétiche arumbaya.

 

Il me paraît - c'est en tout cas le résultat de mon travail, mais peut-être ne suis-je pas encore allé assez loin dans l'analyse - que l'on passe de l'épistémologique à l'ontologique quand on découvre que la Science parcourt le temps alors que l'Art fait passer le temps. L'Être se dévoile dans les différents rapports de l'étant (l'homme) au Temps. Car lire un "bon" roman ou voir un "bon" film, n'est-ce pas s'échapper du Temps, oublier l'Être, et prendre - pendant un "bon" moment - ses désirs pour des réalités ?

 

Pour info, vidéo :

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Journal métaphysique 004 : le "social"

19 Septembre 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Le concret de ma douleur vient de mon corps ou des autres (le "social"). Les espaces infinis ne m'atteignent pas, ou ne m'atteignent que par le truchement de ma sensibilité, qui est corporelle. Il faut donc connaître la médecine et la sociologie. Celle-ci est arrivée à un haut niveau de savoir, que le philosophe peut réduire à quelques concepts. Résumons, allant au centre même des choses sociales - là où ça fait mal aux rêveurs.

 

Toute collectivité humaine qui vise la continuité de son existence ne peut perdurer que par l'élaboration d'une culture qui doit comporter quatre éléments : une Pensée, une Politique, une Production et un système de Loisirs.

La Pensée d'une tribu, c'est l'ensemble des croyances, des mythes qui fondent tous les raisonnements individuels des membres du groupe. Si l'on considère l'Humanité dans son ensemble (par l'étude de l'Histoire), malgré l'immense disparité des tribus qui la composent on trouve toujours trois systèmes de pensée successifs : avant la philosophie (600 avant notre ère), avant la science (1543), après l'avènement de la pensée scientifique, qui a sorti une partie de l'Humanité (une partie seulement, voir l'actualité !) de la Pensée archaïque.

La Politique d'une tribu, c'est l'ensemble des règles de comportement auxquelles elle soumet tous ses membres. Plus la Pensée est évoluée, plus la Politique est complexe, allant vers la Contradiction et la Fragilisation.

La Production est l'ensemble des moyens dont dispose la tribu pour rencontrer les besoins de ses individus. On peut, avec des nuances, parler de Technique ou d'Economie. A noter que les besoins ne correspondent qu'à deux réalités corporelles, le besoin de nutrition et le besoin de sommeil.

Le système de Loisirs correspond à des activités inventées pour occuper le temps libre des individus de la tribu quand ils ne participent pas à la Pensée, à la Politique ou à la Production. Il s'agit de rencontrer non le besoin mais le désir. Les sociologues et les historiens ont identifié de nombreuses formes de loisir : Musique, Danse, Littérature, Peinture, Sculpture, Sport, Tourisme...

 

Ma théorie des quatre composantes de la culture se base sur la théorie des trois composantes ou "fonctions" de toute religion de Georges Dumézil, sur l'épistémologie de Karl Popper et sur mes travaux en histoire de la Science, de la Technique, de la Philosophie et des religions. Elle permet de fonder d'intéressantes considérations sur les agrégats humains. Les sociétés les plus primitives (les plus proches de l'animalité) n'ont ni Pensée, ni Politique, ni Loisir, mais doivent au moins avoir une Production : il faut manger et dormir. L'humain est d'abord l'association d'un système digestif et d'un système nerveux (la sociologie doit se baser d'abord sur la médecine). Les sociétés plus avancées connaissent, au contraire, un surdéveloppement du Loisir par rapport à la Production. D'où un déséquilibre dangereux pour l'existence même de ces sociétés (le Loisir comme "drogue sociale"). Des confusions se développent, par exemple entre Pensée et Loisir : on prend, par exemple, la littérature pour un savoir, la poésie pour une philosophie, et des romanciers se proclament psychologues ou sociologues. Plus rarement, on prend certains travaux authentiquement philosophiques pour de la littérature...

 

Il est aussi intéressant de remarquer que la Pensée des sociétés archaïques est basée sur des certitudes (des savoirs "sacrés"), alors que la Pensée des sociétés les plus avancées est basée sur le doute et la recherche.

 

Pour info, deux vidéos :

Canal C (Namur)

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Journal métaphysique 003 : les inepties

18 Septembre 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Quand je quitte momentanément mon travail philosophique, ou plutôt quand je le prolonge en passant du concept au concret, et que j'observe le monde, je ne vois plus que de profondes inepties, souvent exprimées sous forme de slogans. Le réservoir de sottises est immense, et d'autant plus désolant qu'il émane d'une "élite" d'intellectuels et de politiciens. Je sais ! Il y avait déjà des sots au temps de Périclès ou à l'époque d'Aménophis Ier. Mais aujourd'hui, situation entièrement nouvelle, les sots, dotés de moyens puissants (technologiques) de destruction massive des consciences, menacent la Civilisation, plus sûrement que le fit la conjonction du christianisme et des barbares à la fin de l'Empire romain. Pour le dire clairement, le christianisme est remplacé par l'islam, et les barbares ne sont pas massés à d'inexistantes frontières, mais sont partout.

 

Ineptie que de chercher le boson de Higgs (cela coûte des milliards de dollars), dont on ne sait que faire, quand il faudrait utiliser des précieux milliards pour éduquer une jeunesse abrutie par la pédodémagogie "globale", les slogans écolo-gauchistes et le retour du spirituel.

Ineptie d'un système judiciaire qui accable d'amendes une gentille dame dont le chien a laissé sur un trottoir un étron de quatre centimètres, et qui ne fait rien pour lutter contre les voyous qui couvrent de tags les façades des édifices publics et des batiments privés.

Ineptie de ces Etats qui organisent, à coup de milliards de dollars (en temps de crise !), la recherche de formes de vie extraterrestres, et qui ne se donnent pas les moyens de résister aux formes de vie terrestres malfaisantes, comme les islamistes ou les malfrats de toutes sortes.

Ineptie de cet enseignement supérieur qui forme des diplômés inutiles (et revendicateurs) et qui est incapable de former en suffisance des comptables, des vendeurs, des scientifiques, des ingénieurs et des gestionnaires, dont la société a plus besoin que d'étruscologues.

Ineptie de ces grands écrivains qui dénoncent la commercialisation (la "marchandisation", comme ils disent) des objets culturels, comme si un livre n'était pas destiné à être vendu par des libraires à des clients.

Ineptie de ces moralistes qui tirent à boulets rouges sur les banquiers et qui demandent aux banques de prêter de l'argent aux Etats et aux entreprises pour "sauver l'emploi".

Ineptie de ces moralistes (ce sont souvent les mêmes) qui condamnent les entreprises qui ont fait des bénéfices de les répartir entre leurs dirigeants et leurs actionnaires : toute personne (morale ou physique) ne peut-elle pas faire ce qu'elle veut de l'argent qu'elle a honnêtement gagné ?

Ineptie de ces législateurs qui multiplient frénétiquement les règlements qui compliquent la vie des entreprises et qui voudraient que ces mêmes entreprises développent leurs exportations et engagent de nouveaux employés.

Ineptie de Barack Obama qui accuse la Chine de subventionner ses exportations d'automobiles. Il n'a qu'a faire la même chose, et subventionner la General Motors et la Ford Motor Company.

 

Pour info, deux vidéos :

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Le poète Michel Ducobu à Konioss

15 Septembre 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Konioss CouvertureL’écrivain et poète belge Michel Ducobu, l’auteur entre autres du roman Un Belge au bout de la plage (2003) ou du beau recueil de poèmes Sable seul (2011), vient de me communiquer une note de lecture de mon roman Les Mystères de Konioss. Je le remercie de cette analyse attentive que l’on trouvera ci-après, in extenso et ne varietur.

Jean C. Baudet,  Les Mystères de Konioss,  chez l’auteur, Bruxelles, 2012.

Un court roman poétique d’une quarantaine de pages qui commence et s’achève sur une musique de Count Basie.  Entre ces deux moments rythmés et suaves se déroule une étrange expédition : un petit groupe d’explorateurs cherche à atteindre Konioss… Un lieu, un être ? Un lieu d’épouvante ou d’espoir ? Un être suprême qui leur révèlera la certitude ? Plus que le terme, c’est le périple, l’aventure  tout autant physique qu’intellectuelle qui passionne l’auteur. On le reconnaît dès les premières lignes du texte, même s’il se sert cette fois de la poésie pour libérer ses démons, ses élans, sa soif de découvertes. Tout en progressant vers ce but énigmatique, par des sentiers abrupts et des paysages ingrats, hérissés d’aspérités et tapissés d’une flore hostile, l’auteur multiplie les questions fondamentales et se pare, pour se donner du courage, de mots rares, savants et puissants. Où est le fondement, le vrai commencement ? Y a-t-il une réalité derrière la réalité ? Qui dira le sens, la raison, la valeur de toutes nos angoisses ? Devons-nous souffrir pour être, avant même de penser ? Konioss, est-ce la lumière ultime, le temple du savoir (« konioss » rappelle l’étymologie latine : cognoscere…), l’ouverture tant espérée ou le néant fatal ? L’art, en comparaison, n’est-il que mensonge, supercherie, bouclier de pacotille ? Que nous reste-t-il pour vivre ? La formidable manne de connaissances que nous avons accumulées sous une pyramide de mots grecs et modernes ? Le génie de l’écriture pour en rédiger des myriades de livres ?  La poésie même, quoi qu’on dise des courtisans de la Muse, pour célébrer la marche, la fougue, le chant du monde, l’émerveillement ou le dérèglement des sens ?

Sous des vers splendides et une narration palpitante, le poète montre  au penseur désabusé que le sentiment, s’il n’est pas vague et imprécis, peut encore soulever des montagnes et illuminer le fond des cavernes…

Un voyage au centre de l’Être qui vaut le détour.

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Journal métaphysique 002

13 Septembre 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

La découverte de la profonde unité entre Penser, Être et Souffrir doit d'abord être recadrée dans l'histoire, et je dois constater que l'évolution de la conscience est passée par les trois étapes du Penser (Thalès), de l'Être (Aristote) et du Souffrir (Heidegger), et par le fait même de ces évocations ma méditation risque de s'enliser dans l'érudition ou, pire encore, dans la littérature. Car qu'importe que le lien entre pensée et existence ait été théorisé d'abord par Descartes, ou par Brentano, ou par Husserl ? Ce que je tiens pour un aboutissement - et peu importent les déterminations historiques dont je dépends - c'est d'avoir conceptualisé le lien entre souffrance et existence. Car l'être-pour-la-mort est encore une idée trop abstraite : ce n'est que la négation d'une affirmation, et la mort ne s'oppose à la vie que comme l'ombre à la lumière. Mais la réalité, c'est que je souffre, et pire encore, que je vais souffrir de plus en plus. Je n'ai pas encore vécu ma saison en enfer, mais elle approche.

 

Mon analyse observationnelle (les choses) et introspective (le moi) me conduit aux profondeurs abyssales de mon existence, avec ses déterminations que j'énumère dans mon autobiographie (le matériau du philosophe n'est rien d'autre que son autobiographie) : 1944, études de philosophie, conscience des rapports entre technique et culture (Henri Van Lier), enseignement de la philosophie (1966-1973, 1985-1993), historicité de la science (Gaston Bachelard), primat civilisationnel de la technique (Bertrand Gille), rencontres : Guy Le Marchand, Melvin Kranzberg, lectures, conférences, livres écrits, livres publiés.

 

Mais il faut sortir du moi pour aborder non pas le non-moi ni l'absolu - qui sont des rêves théoriques - mais l'être-pour-moi, c'est-à-dire le réel dont je dépends, et donc la réalité dont je souffre et dont je souffrirai. Car si mon être se conjugue au présent (moi est une présence), l'être-pour-moi se conjugue au futur (à l'avenir, je souffrirai).

 

D'où une vicariance ontologique : à la dualité "être-temps" de Heidegger correspondent le couple "technique-histoire" et le couple "humanité-besoin". Mais comment SORTIR du temps, de l'histoire, du besoin ? De quelque côté que j'aborde la question, je me cogne aux murs du moi, aux limites du je. Le saut ontologique me semble impossible de mon être souffrant à l'être de ma souffrance.

 

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Journal métaphysique 001

11 Septembre 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Il faut s'y remettre, pour la centième fois, plus sans doute, en se gardant de toute tentation littéraire, de tout sentiment, de toute intention, sauf celle de comprendre ou plutôt de savoir. Quel est l'être - puisque c'est le mot convenu, et qu'il faut prendre les mots disponibles pour avancer - dont je dépends ? Il faut se remettre au commencement de la pensée, de la recherche, de l'effort pour répondre à cette question : quelle est la chose, le fait, la détermination qui me conduit à mon destin ? Quelle est la cause de mes souffrances, et quand vont-elles s'arrêter définitivement ? Et, car je ne peux pas écarter les idées qui viennent des traditions que j'ai rencontrées au cours de cinquante années de recherche, que signifient "souffrance", "destin", et "arrêt définitif" ? Ne nous laissons pas envahir par les proliférations de vocabulaire. Une des clés (mais, au fond, peut-être plus "littéraire" que "philosophique") est sans doute de distinguer le vivre de l'être, et donc le penser de l'être. Inévitable retour aux grands schémas de l'Histoire. Comment un philosophe d'aujourd'hui pourrait-il oublier les grandes structures dévoilées par Descartes, Aristote, Hegel ?

 

Je dois reprendre la question : penser suffit-il pour connaître l'être dont mon propre être dépendra ? Au futur, car le passé et le présent sont sans intérêt. C'est le futur que j'attends, et avec quelle angoissante appréhension !

 

Et pourquoi se compliquer l'exercice de pensée en rédigeant les phrases de son raisonnement dans un blog ? N'est-ce pas une faiblesse, l'effet d'un sentiment dont je voulais me garder en commençant mon exercice ? A quoi bon partager mon effort avec des "semblables" ? Est-ce que Kant, à Königsberg, si Internet avait été disponible à la fin du XVIIIème siècle, aurait créé un blog pour annoncer au monde qu'il faut distinguer le phénomène et le noumène ? Puis-je sérieusement imaginer Descartes ou Leibniz pianotant sur un clavier d'ordinateur pour communiquer à des adolescents incultes ou à des adultes ignares les résultats de leur réflexion ? Et le fait que j'ai parfois des lecteurs qui ne sont ni incultes ni ignares y change-t-il quelque chose ? J'écris des phrases parce que j'ai appris que la pensée se délie dans l'expression verbale, et en outre j'ai écrit et publié des livres parce que c'est mon métier. Mais je ne gagne rien en alimentant mon blog. C'est comme si je donnais une conférence sans cachet, comme si je publiais un livre sans toucher de droits d'auteur ! Mais il y a, pour délier la pensée, les avantages du "traitement électronique des textes" par rapport à la plume et à l'encre. Voilà au moins un progrès !

 

Mais je n'ai pas totalement renoncé à l'encre et au papier. Dans mon Journal métaphysique, en date du 26 décembre 2010, j'écrivais : " Il est bien temps que je m'y mette ! J'ai piétiné pendant des années sur le seuil de la recherche de l'être. J'ai tourné en rond dans la science, dans l'érudition et dans les littératures, mais il faut que j'aborde décidément la question de mon existence [...] Les dernières semaines ont été pénibles, et j'ai beaucoup pensé à la souffrance. Comment aller plus loin que l'axiome philosophique du moi et du non-moi ? "

 

Voilà en tout cas un premier résultat.

 

Je suis donc je souffre. Je souffre donc je pense.

 

Faudra-t-il se satisfaire de ce seul savoir ?

   

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L'approche de la fin (poème exquis)

8 Septembre 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

L'approche de la fin élimine les nuances.

L'approche de l'acte final engendre des splendeurs d'abandon.

L'approche du pire révèle les vanités du meilleur.

J'approche.

Connaissant les rouages de la connaissance.

Connaissant les pièges et les risques et les artifices de l'abstraction.

Connaissant les immenses étendues chaudes et jaunes de l'ignorance.

Connaissant la chanson.

Je connais.

Et je poursuis cependant l'expérience.

Et je persiste tout de même dans la progression d'exigence.

Et je maintiens mes programmes et aligne mes mots.

Et j'ai trouvé des termes et des hypallages

dans les anfractuosités sombres.

 

Il faut donc que la quête s'achève, que le drame se noue, et l'éternité attend de déployer ses ultimes mystères, et nous serons contents de la fin de l'acte, et la raison se dissout dans l'espérance, et l'intelligence a trouvé son maître.

 

Et mes lignes écrites avec l'alphabet des trouvailles se sont accumulées, et le sens incertain des recherches n'apparaît qu'à l'enthousiasme ou à l'empathie, qui ne sont que mensonges.

 

Et l'homme habillé de noir à la face très blanche, comme de craie ou de chaux, l'a dit très justement, entouré de tous les livres. Mais je ne l'ai pas écouté.

 

Pour info, deux vidéos : Canal C (Namur)

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