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Jean C. Baudet

Histoire de la science et de la non-science

28 Juillet 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie, #Histoire, #Science

Entre 2002 et 2009, j’ai publié aux éditions Vuibert, à Paris, une « Histoire de la science » déclinée en 9 volumes, totalisant plus de 3 000 pages. C’était une synthèse critique (conçue comme une introduction à la question épistémologique) de mes propres recherches et des travaux de Ferdinand Hoefer, de George Sarton, de Gaston Bachelard, de Thomas S. Kuhn, de René Taton, de Bertrand Gille et de bien d’autres. Il s’agissait de repérer dans l’Histoire, depuis les origines préhistoriques de la pensée jusqu’à nos jours, les découvertes et inventions les plus décisives de l’esprit scientifique, afin d’expliquer dans la diachronie les mécanismes cognitifs. En 2009, ce travail étant achevé, je conçus le projet complémentaire de publier une « Histoire de la non-science », c’est-à-dire d’étudier l’évolution de la pensée ne faisant pas appel à la « méthode scientifique », qui a produit les mythes, les religions et la philosophie.

Je parvins à produire deux premiers volumes, publiés aux éditions Jourdan, à Bruxelles : Curieuses histoires de la pensée (2011, 601 pages) et Histoire de la pensée de l’an Un à l’an Mil (2013, 335 pages). Le premier tome analysait l’apparition de la pensée et son développement depuis les commencements de l’hominisation jusqu’au début de l’Empire romain (c’est-à-dire avant le début du christianisme). Le deuxième tome étudiait le déclin et la quasi disparition de la philosophie pendant qu’apparaissaient des religions nouvelles : christianisme, gnosticisme, manichéisme, islam. Il me restait à traiter l’évolution des idées de l’an 1000 au début du XXIème siècle, ce que j’envisageai de réaliser en trois volumes, mais les premiers symptômes du vieillissement me privèrent des forces nécessaires pour mener à bien ce programme devenu trop ambitieux.

Je réussis cependant à produire encore quelques ouvrages, et j’eus la satisfaction de faire paraître, aux éditions La Boîte à Pandore, à Paris, en 2016 : Les plus grandes dates de la science et Les plus grandes dates de la philosophie.

 

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

 

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A quoi pensent les Belges ?

23 Juillet 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie

En 2010, j’ai publié un livre chez Jourdan, à Bruxelles, qui est une étude historique et critique de la pensée en Belgique, c’est-à-dire de la production par des auteurs belges en philosophie, en sciences humaines et en littérature, ce que l’on appelle communément « les lettres ». Le titre de l’ouvrage : A quoi pensent les Belges ? (361 pages). Il s’agissait en somme de tester, en prenant l’exemple de la Belgique, où je vis et que je peux donc observer aisément, mon hypothèse d’une opposition radicale (psychologique et épistémologique), dans le monde intellectuel, entre la « culture » et la « STI » (science-technique-industrie), entre les sciences et les non-sciences, entre, pour citer Pascal, le cœur et la raison. J’avais en effet précédemment, chez le même éditeur, publié une Histoire des sciences et de l’industrie en Belgique.

Ce qui m’a le plus frappé dans ce travail, c’est le contraste entre l’importance prise par la science et la technique, dans mon pays, avec des étoiles de première grandeur comme Etienne Lenoir (l’automobile), Zénobe Gramme (l’électrotechnique), Georges Lemaître (qui met en équations l’origine de l’Univers), Ilya Prigogine (qui met en équations l’origine de la Vie), et la modestie des résultats obtenus par les philosophes et les écrivains. Il n’y a guère que Georges Simenon et Hergé à avoir acquis une renommée internationale (et dans des genres populaires, le roman policier et la bande dessinée), et il ne se trouve pas chez les Belges de philosophes de la taille d’un Jean-Paul Sartre chez les Français, ou d’un Martin Heidegger chez les Allemands.

Il y a sept ans, déjà. Je me souviens avec une douce nostalgie de mon ardeur à lire de nombreux textes, à dépouiller de nombreuses revues, à prendre de nombreuses notes, à la Bibliothèque Royale, à Bruxelles, et des conversations auxquelles je pris part dans les salons de l’Académie de langue et de littérature françaises ou de l’Association des Ecrivains belges, et j’évoque avec une mélancolie poignante quelques disparus que j’eus le bonheur de rencontrer, le dramaturge Georges Sion, les poètes Raymond Quinot, Jean-Luc Wauthier et Emile Kesteman, la romancière France Bastia, le romancier Alain Bertrand, les historiens des sciences Jean Pelseneer et Guy Hirsch (auxquels je dois beaucoup), le linguiste Firmin Rodegem, les historiens Maurice A. Arnould et Jean-Pierre Nandrin, et quelques autres. Que sont-ils devenus ?

 

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Pour une necrologie de Jean Baudet

19 Juillet 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie

Jean Claude Gaston Jules Baudet est né à Bruxelles, rue Haute, en Belgique occupée par les nazis allemands, le 31 mai 1944, à 11 heures du matin, fils du Wallon Emile Baudet et de la Bruxelloise Marguerite de Souter. Il est marié à Marianne Allard, de Tournai, et est père de deux enfants, Sylvianne et Christine. Il a fait ses études à l’Institut Saint-Boniface, à Ixelles, à l’Athénée de Wavre, à l’Athénée d’Ixelles, à l’Institut Supérieur Industriel de Bruxelles (chimie et sciences nucléaires), à l’Université Saint-Louis, à Bruxelles (philosophie), à l’Université de Bujumbura (biologie et botanique) et à l’Université Pierre et Marie Curie Paris-VI. Il est docteur de l’Université de Paris.

Jean C. Baudet a été enseignant (mathématiques, histoire des sciences, philosophie) au Collège jésuite Saint-François-Xavier, à Kikwit (Congo ex-belge), au Collège Notre-Dame, à Gitega (Burundi), et au FNRS (Fonds National belge pour la Recherche Scientifique) dans le cadre du Programme d’enseignement de troisième cycle de l’histoire des sciences.

Il fut botaniste à Butembo, au Zaïre, biologiste (phytochimie, taxonomie, génétique) à la Faculté des Sciences agronomiques, à Gembloux, éditeur, journaliste, poète, écrivain et philosophe. Il a fondé la revue d’histoire de la science et de la technologie Technologia (1978-1989) et le magazine Ingénieur et Industrie (1979-1996).

J.C. Baudet fut président-fondateur de l’Association pour la Promotion des Publications scientifiques en langue française, administrateur de la SRBII (Société royale belge des Ingénieurs et des Industriels), secrétaire du Comité belge d’Histoire des sciences, membre du Centre national belge d’Histoire des sciences, administrateur du Comité Sluse d’Histoire des sciences et des techniques (Université de Liège), administrateur de l’association PIWB (Patrimoine industriel Wallonie-Bruxelles), membre de l’AJPBE (Association des Journalistes périodiques belges et étrangers), membre du Conseil supérieur belge de la langue française, membre du Comité de rédaction de la Revue Générale, chroniqueur au quotidien L’Echo, membre de l’association belge de poètes Grenier Jane Tony, membre de l’AREAW (Association Royale des Ecrivains et Artistes de Wallonie), administrateur de l’AEB (Association des Ecrivains belges).

Il a publié plusieurs centaines d’articles scientifiques, d’articles historiques et philosophiques, d’articles journalistiques et de billets d’humeur, de comptes rendus de lecture, de poèmes et de nouvelles, ainsi qu’une quarantaine d’ouvrages parus chez les éditeurs ACCT (Paris), APPS (Bruxelles), Vuibert (Paris), L’Harmattan (Paris), Jourdan (Bruxelles), La Boîte à Pandore (Paris) et De Boeck (Louvain-la-Neuve).

La pensée de J.C. Baudet s’est développée à partir de l’idée d’éditologie, qu’il a proposée au début des années 1980, et qui est une épistémologie diachronique qui vise à résoudre le mystère de la Connaissance (donc de la Conscience, et donc de l’Être) en intégrant dans une méditation philosophique (et par moments poétique) les données de l’histoire des systèmes de pensée, des neurosciences, de la psychologie cognitive et de l’intelligence artificielle. L’éditologie découvre le primat (historique et gnoséologique) de la Technique, qui conduit à théoriser l’antagonisme entre les cultures et la STI (science-technique-industrie), actualisant l’opposition pascalienne entre le cœur et la raison. La pensée de Jean C. Baudet débouche sur un matérialisme sans illusions, tempéré par un scepticisme prudent. Elle a pour principaux inspirateurs Aristote, Spinoza, La Mettrie, Feuerbach, Nietzsche, Popper, George Sarton, Bachelard, Bertrand Gille.

Certains écrits de J.C. Baudet sont caractérisés par un humour noir et féroce, qui dénonce les chimères des superstitieux de toutes sortes et qui se dresse contre les menaces que le « politiquement correct » fait peser sur la liberté de penser.

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Logique et pessimisme

15 Juillet 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Pessimisme

La logique est implacable et désolante. L’étude comparative des nombreux systèmes de pensée (religions et idéologies) conduit au scepticisme (l’absence de spirituel). Le scepticisme conduit au matérialisme (la « matière » existe, je l’ai rencontrée !). Le matérialisme conduit à l’athéisme (l’absence de dieux, d’anges et de démons). L’athéisme conduit au nihilisme (l’absence de valeurs transcendantes et d’impératifs catégoriques). Le nihilisme conduit à l’anti-humanisme (l’homme est un animal comme les autres). L’anti-humanisme conduit à l’hédonisme (la recherche du plaisir). L’anti-humanisme conduit au pragmatisme (l’efficacité dévoile le véritable). Le pragmatisme conduit au cynisme (fais ce que voudras !). Le cynisme conduit au pessimisme (le mal finit toujours par gagner).

Mais il est de braves gens qui rejettent la logique, ce qui revient à dénier le réel de la faim et de la soif, des blessures et des maladies, des chagrins et des deuils, du réchauffement climatique, des progrès du fanatisme et du terrorisme, et de la diminution de la biodiversité. Ce sont les optimistes : émotifs, sentimentaux, mystiques, illuminés, bigots, bondieusards, dévots, superstitieux, consolateurs, soldats du Christ, fidèles d’Allah, témoins de Jéhovah, admirateurs du Bouddha, adorateurs du Grand Manitou, socialistes révolutionnaires, socialistes réformistes, gauchistes, maoïstes, trotskystes, hamonistes, mélenchonistes, nationalistes, populistes, lepénistes, philippotistes, trumpistes, macronards, idéalistes. Ils sont heureux !

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Inventaire amoureux

10 Juillet 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie

Les amours sont toujours électives, c’est-à-dire discriminantes, car il s’agit d’attribuer une valeur éminente à l’être aimé, et donc de fonder une hiérarchie entre les êtres, sous l’action de mystérieuses et peu compréhensibles pulsions et répulsions incoercibles venues du conscient et de l’inconscient.

Voici un catalogue (incomplet !) de mes amours et amitiés, que j’assume pleinement, même si je ne puis établir la profonde origine de mes dilections particulières. Pourquoi la sympathie vers l’un et l’antipathie vers l’autre ?

J’aime ma femme, mes enfants, mes amis, les Bruxellois, les Flamands, les Wallons, les juifs, les Israéliens, les Japonais, les Sud-Coréens, les Américains, les Canadiens, les Argentins, les Français, les Polonais, les Russes, les mathématiciens, les physiciens, les astrophysiciens, les chimistes, les cosmochimistes, les biologistes, les botanistes, les palynologues, les généticiens, les chasseurs, les industriels, les ingénieurs, les chefs d’entreprises, les commerçants, les gendarmes, les policiers, les pompiers, les romanciers, les dramaturges, les poètes (à l’exception des minimalistes), les armateurs, les subrécargues, les violoncellistes, les phytogéographes, les constructeurs de ponts et de chaussées, les fumeurs de tabac, les buveurs de vins, les mangeurs de boudins, les peintres (sur toile), les menuisiers, les ébénistes, les aquarellistes, les compositeurs de concertos ou de pavanes, les vitriers, les rémouleurs, les tourneurs, les fraiseurs, les ajusteurs, les affûteurs, les chauffeurs de taxi, les marchands des quatre saisons, les marchands de crèmes glacées, les marchands de gaufres, les marchands de frites et de sauce andalouse, les bouchers, les charcutiers, les armuriers, les avionneurs, les chapeliers, les actuaires, les agents de change, les capitaines au long cours, les professeurs (à l’exception des cuistres), les bijoutiers, les strip-teaseuses, les danseuses nues, les prostituées, les call-girls, les ménagères de moins de 50 ans, les ménagères de plus de 50 ans, les historiens de l’Antiquité, les historiens du Moyen Âge appelés médiévistes, les paléographes, les sigillographes, les préhistoriens, les philologues, les grammairiens, les lexicographes, les métaphysiciens, les sceptiques, les agnostiques, les nihilistes, les athées, les anticléricaux, les blasphémateurs.

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Je fus ce que je fis (poeme en prose)

5 Juillet 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Poème

Alors, ce fut au temps des enthousiasmes, je construisis mes rêves. Je bâtis mes espoirs, je développai mes programmes, j’édifiai des hypothèses et des synthèses, j’élaborai mes doctrines et mes doutes, j’inventai même une Poésie Nouvelle, expurgée des émotions, débarrassée du sentiment, épurée de tout ésotérisme bavard, et je fis de grands voyages.

Alors, ce fut au temps des découvertes, je visitai des villes et des villages, des forêts et des plages, j’observai les merveilleux nuages, je contemplai les charmants paysages, je rencontrai de mystérieux mirages, j’aperçus de très lointains rivages, je parcourus des routes et des chemins sauvages, je connus des femmes, je bus de très bons vins, je lus beaucoup de livres, je conçus d’immenses théories, j’ai entendu de suaves musiques, j’ai vu des tableaux exaltants, j’ai reçu des médailles et des décorations, j’ai goûté maintes soupes et différents potages, j’ai fréquenté des doctes et des savants au triste visage.

Alors, c’est maintenant venu le temps des larmes et des pleurs, le temps des bilans et des palmarès, le temps des tambourins et des bandonéons, et j’ai fait l’étude magique des douleurs.

Je bâtis mes désespoirs, je développe mes regrets et mes peines, j’édifie des tristesses et des désolations, je compte mes blessures, mes maladies, mes fièvres et mes rancunes, je compte mes amis disparus et les visages que je ne verrai plus, je fais l’inventaire de mes apprentissages, de mes savoirs, de mes écrits et de mes incertitudes. Femmes aimées, bouteilles vidées, liqueurs savourées, salades dégustées, galeries d’art visitées, promenades et randonnées, symphonies écoutées, lectures achevées, conférences prononcées, interviews accordées, où êtes-vous parties ?

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