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Jean C. Baudet

L'avenir de la France

27 Mai 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #France

Voilà maintenant que nous savons, grâce aux élections européennes de dimanche, que 25% des électeurs français sont pour le FN, 20% pour l'UMP et 15% pour le PS. Et d'assister, sur les plateaux de télévision, aux gymnastiques verbales des Français les plus intelligents et les mieux éduqués (ENA, ENS, Sciences Po, plus rarement Polytechnique...) pour déduire de ces chiffres l'avenir de la France et le Destin de l'Europe. Mais fallait-il une élection pour connaître les risques qui menacent les Européens en général, et les Français en particulier ? Si le scrutin avait donné 15% FN, 20% UMP et 25% PS, l'avenir de l'Europe serait-il vraiment différent ?

Quels que soient les votes, à quoi est voué un pays qui ne fait plus d'enfants, et qui se réjouit d'une croissance démographique due à l'immigration de gens dont une partie importante se montre adversaire féroce des "valeurs de la République" ? Faut-il, pour penser le sort de la France, faire des calculs invérifiables sur votes d'adhésion et votes de protestation, ou faut-il observer l'Histoire et l'Actualité ? Et si le sort de la France et de l'Europe dépendait de Boko Haram, d'Al Qaïda, et des groupes analogues qui se formeront demain ?

Quels que soient les votes, à quoi est voué un pays qui ne construit plus d'usines, et dont les "élites" insultent à tout propos ceux qui malgré tout essayent de produire autre chose que des paroles et des slogans ?

Quels que soient les votes, à quoi est voué un pays dont les finances ne permettent plus d'équiper une armée et une police efficaces, alors que ledit pays est la cible d'ennemis de plus en plus nombreux ?

Depuis des années, des décennies, l'intelligentsia française analyse la situation géopolitique de la France avec les vieilles lunettes du marxisme, qui nous apprend que tous les patrons sont des salauds, que tous les autres sont "égaux", et que la France a les meilleures idées, les meilleurs fromages et les meilleurs vins du monde (c'est vrai pour les vins et les fromages), avec un mélange de détestation de la réussite et de l'excellence, de l'américanophobie et de déni des lois économiques... Et si la situation de la France était le résultat fatal des discours dominants de ses intellectuels ? C'est l'hypothèse que j'ai envisagée en préparant mon dernier livre "Les agitateurs d'idées en France", paru chez Jourdan.

Alors, les politiciens français, "tous pourris" par la propagande marxisto-cohn-bendito-sartro-caroniste, par la Pensée Unique halal-socialiste ? Je n'irai pas jusque là, et j'ai repéré, dans la production intellectuelle contemporaine, chez les Français, des lucides et des courageux. Mais j'ai parfois envie de dire "tous aveugles"...

Et d'ailleurs, l'avenir de la Désunion Européenne n'est-il pas tout tracé, dès lors que l'on y parle des dizaines de langues différentes, que l'on y refuse l'énergie nucléaire et les OGM, et que l'on dépense le peu d'argent qui reste pour maintenir dans un semblant de vie des vieillards cacochymes toujours plus nombreux ?

Pour info :    

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences : 

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Télé Bruxelles, interview sur ma philosophie :  

www.telebruxelles.net/portail/emissions/magazines-a-voir-en-ligne/rencontre/21416-041012-jean-baudet

Canal C (Namur), interview sur mes travaux sur l'invention technique :  

www.canalc.be/index.php?option=com_content&view=article&id=100001595:entree-libre-de-jean-baudet-&catid=114:entree-libre&Itemid=56

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Les structures de l'Ego

26 Mai 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Moi

Mon billet d'hier, sur la distinction métaphysique entre Je et Moi, m'a valu de nombreuses remarques, d'ailleurs très intéressantes et stimulantes. Un tel me rappelle que l'on trouve déjà chez Marcel Proust des distinctions semblables entre le Moi connu (et passé) et le Je connaissant (et présent). C'est toute la question difficile du rapport entre la littérature et la philosophie. Un autre me signale que la dualité de l'ego est la source de la schizophrénie, et voilà indiqué un autre axe de recherche, celui des rapports entre psychiatrie et épistémologie. Un autre encore me renvoie aux Upanishads, et en effet la pensée védique, pour archaïque qu'elle soit, avait déjà compris la complexité de la conscience et, si l'on suit les analyses de Georges Dumézil, serait peut-être à la source de la théorie platonicienne de la tripartition de l'âme (exposée dans la République), qui est comme on sait la base doctrinale de la politique du fondateur de l'Académie.

Cette vicariance pensée par Platon entre les trois fonctions psychiques et les trois fonctions sociales est bien intéressante. A la tripartition "raison, volonté, appétit" de l'âme correspondraient les rôles de "philosophes, guerriers, producteurs" nécessaires dans toute collectivité humaine, ce qui correspond bien à ce que Dumézil a longuement étudié, qu'il appelait l'idéologie tripartite des Indo-Européens. On songe alors aux freudo-marxismes qui voulaient faire la synthèse de la psychanalyse et de la doctrine de Marx (une politique greffée sur une psychologie), deux théories visant l'une à libérer l'homme de la maladie mentale (aliénation) et l'autre de la servitude sociale.

Mais je penserai un autre jour aux conséquences politiques envisageables d'une ontologie de l'ego, c'est-à-dire d'une anthropologie philosophique. La dualité Je-Moi n'épuise évidemment pas la complexité de la conscience, et il faut au moins adjoindre à ce bipôle temporel (le temps comme réflexion) les instances découvertes par Freud, le "moi", le "ça" (les pulsions corporelles, notamment sexuelles) et le "sur-moi" (la pression sociale source d'éthique). Je crois pouvoir, au moins en première approximation, assimiler le "moi" de Freud au Je de ma propre analyse, et nous avons alors l'équation :

Ego = Je + Moi + ça + sur-moi.

Le ça relie le Je à mon corps et le sur-moi le relie à la communauté à laquelle j'appartiens. Et nous retrouvons les difficultés abyssales des "rapports", entre Je et ça et entre Je et sur-moi, c'est-à-dire entre ma conscience (ma personne, mon être...) et à la fois mon corps et la société. Toute analyse conduit à des "éléments", et l'effort de compréhension consiste à tenter d'obtenir des éléments en petit nombre, mais comment ne pas aboutir à des irréductibles ? Les quatre "éléments" que je trouve dans l'Ego sont comme les fermions et les bosons que la Physique a découverts dans la matière. Mais au-delà des bosons ? Mais au-delà de Je et de Moi ?

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Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences : 

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Le Je et le Moi

25 Mai 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Epistémologie, #Moi

Si la question centrale de la philosophie est de savoir ce qui m'attend, avec la question corrélative de déterminer les actions que je dois entreprendre en vue d'atteindre un futur aussi agréable que possible, c'est-à-dire si la question éthique doit être envisagée à partir de la solution du problème gnoséologique, ce qui implique une connaissance à édifier, il est clair que la philosophie doit d'abord examiner les moyens par lesquels le Moi peut arriver à connaître de manière opérationnelle (suffisante pour permettre l'action efficace) le monde, visible ou invisible mais agissant (le Non-Moi), ce qui correspond d'ailleurs à la priorité constante des grands efforts de pensée depuis les premiers philosophes.

Or je ne peux connaître "les choses" que par le contact entre le Moi et le Moi (le "connais-toi toi-même" de Socrate) et par l'autre contact entre le Moi et le Non-Moi, si tant est que la distinction entre ces deux contacts est une réalité, et pas seulement un distinguo imposé par les limitations d'une expression verbale peut-être imparfaite. On reconnaît ici la source des difficultés épistémologiques qui conduisent au solipsisme.

Quand Je pense à Moi, Je et Moi désignent-ils exactement la même réalité, ou y a-t-il dans la conscience humaine une entité pensante et une entité pensée ? Dès que Je pense à Moi, je me retourne sur moi-même, je me penche sur mon passé, et le Je et le Moi ne sont pas exactement contemporains : le Moi précède le Je, comme tout objet observé précède l'observateur. Pour moi-Je (pour le philosophe entamant un exercice d'introspection), le moi-Moi est "donné", "présenté", déjà là, c'est un spectacle, exactement comme l'étoile est présente mais antérieure à l'astronome. On peut même aller jusqu'à dire que la vie d'un homme est la constante transformation de son Moi en un Je, qui se souvient et qui espère...

Voilà alors une question délicate. Le rapport (de connaissance) entre Je et Moi est-il de même essence que le rapport entre Je et le Non-Moi ? Si j'adopte par exemple le schéma kantien, la connaissance du Moi par Je correspond à un passage du Moi nouménal au Moi phénoménal appréhendé par la sensibilité du Je et transféré à l'entendement du Je. Mais qu'est-ce qui m'autorise à affirmer que le Moi ainsi "connu" correspond au Je "connaissant" ? Que le Je est un avatar du Moi ? Le problème épistémologique de la connaissance de soi (Moi par Je) est maintenant pollué par les lieux communs de la psychologie populaire : on exagère ou minimise ses propres qualités, on se ment à soi-même, la vie est "recherche de sens", etc. Ce problème est également occulté (ou éclairé ?) par la vision médicale de l'être humain, avec son système nerveux central, son cerveau, ses neurones et ses synapses, ses états de veille et de sommeil (est-ce Je ou Moi qui rêve ?), ses "facultés mentales", etc. Et il y a enfin les traditions religieuses, depuis les mythes de la Préhistoire jusqu'aux superstitions les plus modernes (spiritisme, utilisation populaire des rudiments de la psychanalyse, astrologie...) toujours basée sur la dualité de l'âme et du corps.

La tension entre Je et Moi est de nature temporelle, et nous rejoignons ici Heidegger qui, dans Sein und Zeit (1927) faisait du Temps le constituant principal de l'Être.

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Philosophie ou litterature ?

23 Mai 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

J'ai déjà expliqué, ici-même, que ce blog est la continuation de mon Journal (1962-2010). En décembre 2010, en effet, je passais de l'écriture intime au stylographe (encre bleue ou noire) à l'écriture publique au clavier d'ordinateur. Avec d'abord la constatation considérable qu'il est moins fatiguant de frapper sur des touches que de serrer et guider un porteplume, et dès lors ma productivité (nombre de phrases par jour) a augmenté. Mais il y a aussi l'inconvénient que j'écrivais ce que je pense dans mon Journal, alors que j'évite certains propos dans mon blog. A quoi bon, d'ailleurs, noter ici que Monsieur H. est un imbécile prétentieux et que Madame S. est une pimbêche ridicule ? Si j'ai des lecteurs, qu'importe ? Et si je signale la disponibilité de mes dernières phrases à quelques correspondants, c'est par un vieux réflexe de sociabilité. Mais l'essentiel est destiné à moi-même, car la philosophie n'est pas autre chose qu'un dialogue avec soi.

A ceux qui parfois m'interrogent sur mes travaux, je déclare généralement que je suis un écrivain qui se moque de la littérature et un philosophe qui se méfie de la philosophie. Car la philosophie, qui de Thalès à nos jours ne peut se pratiquer qu'en écrivant, c'est-à-dire en construisant des phrases, qui sont des séquences de pressions digitales sur un clavier, car la philosophie, dis-je, risque à tout moment dans sa production verbale de dégénérer en littérature, c'est-à-dire perdre son sérieux (à vrai dire, son tragique) pour sombrer dans l'élégant, le subtil, le pittoresque, le poétique, l'humoristique, etc. L'acte le plus élémentaire du philosophe consiste - on ne peut pas aller plus au fond dans l'analyse - à choisir la touche suivante sur laquelle taper du bout d'un doigt : vais-je taper "s" (pour peut-être écrire "sottise") ou "c" (pour "connerie") ? La distinction entre les lettres, et donc entre les mots, voilà l'acte philosophique fondamental. Dans mon billet d'hier, je m'interrogeais par exemple sur la distinction à faire entre "islam" et "islamisme"...

Mon blog est donc le premier état - brut, pas encore enjolivé par quelques couches de rhétorique et d'érudition - de mon travail philosophique. J'ai naguère exercé d'autres métiers. Quelle différence ! Par exemple, je fus chercheur scientifique en biologie dans les années 1970. Les textes que j'ai publiés étaient destinés exclusivement à la communauté scientifique internationale (biologistes, botanistes, agronomes, pharmacologues) et nullement au "public". Les textes bruts de mon blog sont destinés à moi-même. Car dans l'étude de l'Être, qui se décline en étude du Moi, du Non-Moi et du rapport (phénoménologique, transcendantal, herméneutique, existentiel...) entre ma conscience et les choses, ce qui m'importe c'est le Moi, ou plus exactement le Devenir du Moi.

Et il me vient une idée "littéraire". L'écrivain belge France Bastia publie régulièrement, dans la Revue Générale, avec une belle régularité et un remarquable talent, une chronique "Ce mois qui court" qui est en fait une sélection d'extraits de son journal intime. Mais elle aurait pu titrer aussi bien sa chronique "Ce moi qui court", car c'est bien de son existence qu'il s'agit, même quand elle médite sur le dernier attentat islamiste ou sur l'éclosion des jonquilles dans son jardin. Ou, pour illustrer autrement le rapport entre littérature et philosophie, je signalerai que j'ai réservé une notice à Montaigne et à Camus dans mon livre "Les agitateurs d'idées en France", mais pas dans mon ouvrage "La vie des grands philosophes". Avec sa plume cruelle, on le sait, Sartre se séparant de son ami a insisté sur le fait que "Camus n'est pas un philosophe", lors de la brouille des années 1950 à propos des rapports entre la violence et la politique. Les prises de position de Camus, en effet, résultaient plus du sentiment que de la réflexion.

Ainsi, je viens de remarquer - vieux lieu commun - que la philosophie et la littérature sont, d'abord, des jeux de mots (moi, mois, moisi...). Mais alors, qu'est-ce qui les distingue ? Quelle différence entre les enchantements de Sophocle et d'Amélie Nothomb, et les dépaysements d'Aristote et de Georg W.F. Hegel ? N'est-ce pas - autre vieux lieu commun - la différence entre le coeur et la raison ?

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Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences : 

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Télé Bruxelles, interview sur ma philosophie :  

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Menace sur l'Union Europeenne

22 Mai 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Qu'est-ce qui menace le plus dangereusement les valeurs de l'Union Européenne ? Ce n'est certainement ni les USA, ni le Japon, ni Israël, ni la Russie. Ce n'est pas davantage "les banques" ou "les patrons". Et d'ailleurs, que deviendraient les Européens sans entreprises et sans finances ? Le plus grand péril qui s'annonce, qui est déjà cruellement agissant et qui ne cesse de monter en puissance, c'est l'islamisme. Ni les producteurs de fromages au lait cru, ni les amateurs de foie gras d'oie ou de canard, ni les poètes minimalistes ne menacent sérieusement les grandes valeurs européennes d'égalité entre les hommes et les femmes et de liberté de penser et de s'exprimer ! Reste à faire la distinction entre islam et islamisme, et à éviter les amalgames trop faciles. Penser, c'est toujours chercher ce qui sépare... Et le courage, c'est toujours de s'opposer à des dangers réels, pas à des menaces fantasmatiques.

Le problème est donc de savoir si, de l'islam à l'islamisme il y a différence de degré ou de nature. Le fait est que des organisations comme Al-Qaïda ou Boko Haram se revendiquent de l'islam, et le fait est, tout aussi massif et incontournable, que la guerre sainte est un des piliers du mahométisme. Il est en tout cas - l'Histoire et l'Actualité le montrent clairement - évident qu'il est plus facile de faire un djihadiste avec un musulman qu'avec un témoin de Jéhovah.

En examinant l'histoire du dernier siècle, on ne peut s'empêcher de comparer nos jours, vis-à-vis de l'islamisme, aux jours de 1938 vis-à-vis du nazisme. Mais il y a deux différences, qui rendent le danger plus considérable et l'aveuglement de l'opinion occidentale plus grand. Primo, Hitler ne disposait que de panzers et de stukas ; le djihadisme possède des explosifs super-puissants, capables de faire des centaines de victimes en un seul coup, et même des Etats islamocratiques disposent de l'arme nucléaire (Pakistan aujourd'hui, Iran demain...). Secundo, pour des pays comme la Pologne, la France, la Grande-Bretagne, le nazisme était un danger extérieur. Aujourd'hui, l'islamisme est un danger intérieur, les islamistes sont disséminés dans la population sur le territoire de l'Union Européenne, du fait d'une immigration massive.

Gouverner, c'est prévoir les vrais dangers. L'homosexualité, l'homophobie, la chasse aux escargots, la spéculation boursière, la vitesse des automobiles, le tabac, les OGM, la musique assourdissante, les boissons énergisantes, le saut à l'élastique, l'astrologie, les dépenses publiques, l'austérité budgétaire ? Ou l'islamisme qui viole, qui asservit, qui rançonne, et qui tue ?...

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Propos sur les souffrances

18 Mai 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

La pratique de la philosophie est dominée par l'exercice de l'introspection, car ce n'est que dans l'étude approfondie du Moi que l'on peut trouver un chemin vers le Non-Moi et vers les déterminations de l'Être. Au fond de mon coeur... Entrons donc au plus profond de notre Dasein. Je suis là, à penser, et vers quoi s'oriente ma méditation ? D'où me viennent des idées, et quelle est leur coloration ? Je ne pense pas au beau soleil de printemps, ni à l'Europe sur le déclin, ni même à mon prochain livre, je pense à mes souffrances, actuelles et futures. Quand j'étais plus jeune, je n'y pensais guère, étant en meilleure santé, et surtout étant pris par la préoccupation, une visite à faire, une référence à vérifier, une conférence à préparer. Mais quand on n'a plus rien à faire ? L'esprit, libéré des tracas quotidiens et en somme futiles, se tourne alors vers les questions vraiment sérieuses : vais-je bientôt goûter aux douleurs taraudantes d'un cancer du colon, de la vessie, ou du pancréas ? Vais-je avoir à subir l'humiliation des incontinences ? Quelle sera la puanteur de mes déchéances ? De quoi vais-je souffrir demain, dans ma chair et dans mes affections ?

Là est la véritable angoisse, et non dans la finitude abstraite de Heidegger. Car je m'en réjouis, de savoir que ma vie cessera bientôt. Mais, en attendant, quelles horreurs me faudra-t-il supporter ? Vais-je avoir la poitrine qui brûle ? La tête qui chavire ? Le bas-ventre qui se déchire ?

Voilà pourquoi je déteste les optimistes, les sots consolateurs, les professionnels de l'espérance. "Cela ira mieux demain", "après la pluie le beau temps", "tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir", "l'amour est plus fort que tout". Ces bobards sont non seulement ineptes, mais ce sont des insultes à mes souffrances, à mes tiraillements d'estomac, à mes ulcères, à mes vertiges, à mes noires anxiétés.

Mais l'introspection du philosophe doit conduire à des conclusions et à une oeuvre. J'ai donc, dans l'attente des malheurs, publié trente livres, huit cents articles et poèmes, et cinq cents billets dans ce blog. Cette oeuvre n'est certainement pas un "hymne à la joie". Elle est une prise de conscience des douleurs et une détestation des imbéciles aux espoirs béats. Elle est l'affirmation d'une équation : Vérité = Souffrance. C'est moins glorieux que l'herméneutique de Hans-Georg Gadamer ou que l'empirisme transcendantal de Gilles Deleuze, c'est moins "bon chic, bon genre" germanopratin que les amabilités de Luc Ferry et que l'éthique d'Alain Badiou, mais faut-il se payer de mots quand on est tremblant de fièvre ?

Allons. Ce petit exercice introspectif m'a épuisé. Changeons-nous les idées en nous informant de l'Actualité. Horreurs islamistes, mineurs ensevelis dans leur mine, discours électoraux stupides, remous en Ukraine, criminels en liberté, dilapideurs des caisses de certains Etats impunis, émeutes pour "travailler moins et gagner plus"... Au fond, c'est rigolo. J'ai peur de mes souffrances à venir. Mais que cela ne nous empêche pas de rire de la bêtise des sots.

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L'avenir de l'Union Europeenne

15 Mai 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Après deux tentatives de suicide, en 1914 puis en 1940, l'Europe est bien partie, en 1957, avec la constitution d'un marché commun (traité de Rome), mais depuis elle se dissout dans les fantasmes. C'était bien vu, de vouloir fonder une Europe de la production industrielle et du commerce, car l'Européen a besoin de pain, de vin, de beurre et de canons avant de réaliser des utopies. Il fallait donc construire une Europe économique (et économe de ses ressources) avant d'édifier une Europe sociale et culturelle. Car qu'est-ce qu'une collectivité humaine durable ? Car comment réunir des hommes pour qu'ils puissent vivre ensemble, dans une prospérité durable de génération en génération ?

Petite remarque piquante, les pères fondateurs de l'Union Européenne, en 1957, reconnaissaient le bien-fondé du principe fondamental du... marxisme. Car Marx avait bien vu, avant de sombrer dans les délires totalitaires de "dictature du prolétariat", que le moteur de l'Histoire est le développement des "moyens de production"... Avant d'avoir de la culture, c'est-à-dire des séries télévisées avec des meurtres de plus en plus sanglants, de la musique avec des bruits de plus en plus assourdissants, du tourisme de plus en plus lointain et de la poésie de plus en plus insignifiante, il s'agit d'avoir de quoi manger et de quoi boire. C'est-à-dire qu'il faut travailler, et qu'il faut travailler de mieux en mieux. On ne construit rien de durable sur l'endettement, sur le déni des réalités physiques, biologiques et économiques, sur de belles paroles.

Pour fonder une collectivité humaine avec un avenir (encore que, à long terme nous serons tous morts...), il faut une langue commune, des valeurs communes et des ennemis communs. Ne peuvent pas faire partie de la même communauté des hommes qui ne peuvent pas se parler, et l'avenir de l'Europe passe par la promotion d'un petit nombre de langues, et l'idéal serait de n'en avoir qu'une. Il faudrait choisir entre l'anglais et le breton ou le serbo-croate. Car le cancer de l'Union Européenne, c'est le multilinguisme, conséquence d'un processus d'élargissement véritablement frénétique. Valeurs communes ? Et donc ennemis communs, car il est dans le vaste monde des hommes qui n'acceptent pas les valeurs européennes qui sont - je cite dans le désordre : la liberté de penser, la liberté de s'exprimer, la liberté de posséder et d'entreprendre, l'égalité politique des hommes et des femmes, la priorité de la réflexion sur la tradition, le primat de la recherche expérimentale sur le bavardage sentimental...

Dans l'état actuel du monde, l'Union Européenne a ses principaux amis en Amérique, en Israël, en Australie, au Japon, en Corée du Sud. La proximité géographique n'est pas une assurance de convergence axiologique, et il suffit de s'intéresser aux grands titres de l'actualité pour savoir où l'on empêche les jeunes filles de s'instruire et où l'on massacre les adversaires d'une Pensée Unique.

L'avenir de l'UE ? Il se trouve dans la compréhension du rapport nécessaire entre le pain et les jeux. Mais depuis quand les foules vociférantes sont-elles capables de comprendre ? Je suis plutôt pessimiste. Les Européens ont des jeux, de plus en plus de jeux, et ils "s'éclatent" en sautant à l'élastique ou en fumant du chanvre. Mais bientôt, ils n'auront plus de pain.

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Pourquoi pas Gerard Depardieu ?

9 Mai 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Mon dernier livre vient, il y a quelques jours, de sortir de presse, et déjà quelques lecteurs me font part de leurs observations, remarques, commentaires et interprétations. Il s'agit de "Les agitateurs d'idées en France de Montaigne à Zemmour", publié par les éditions Jourdan, qui comporte 343 pages, qui raconte et explore la Pensée française, que dis-je, la Haute Pensée française, depuis les premiers temps de l'imprimerie jusqu'à l'époque des débats télévisés. Cela se présente comme une suite de notices, parfois longues (René Descartes, par exemple), parfois courtes (Jean Guéhenno...). Des amis d'une profonde sagacité m'ont fait remarquer qu'il y a des omissions. Bien vu ! Je présente 300 "intellectuels", mais c'est le trois-cent-et-unième qui manque ! Et l'on me demande pourquoi j'ai oublié Roland Cayrol, Caroline Fourest, Pascal Boniface, Pierre Giacometti, d'autres encore. Curieuse critique qui parle d'un livre en signalant ce qui n'y est pas et en taisant ce qui s'y trouve. Mais critique qui met le doigt, et même la main tout entière, sur la grande question de l'importance, et sur la plus grande question encore de l'importance des hommes. En quoi Jean-Paul Sartre est-il plus important, en tant qu'agitateur d'idées, que Roland Cayrol, et en quoi Caroline Fourest l'est-elle moins que Voltaire ?

Je suis resté, et c'est un reproche que l'on peut me faire, imprégné par certains réflexes de la tradition universitaire, et j'ai privilégié les auteurs de textes édités (conformément aux idées de l'éditologie). Mais si ceux qui agitent les idées en France sont des écrivains comme André Gide, des philosophes comme Léon Ollé-Laprune ou des historiens comme René Grousset - que l'on trouve dans mon livre -, il faut faire une place peut-être de plus en plus grande aux humoristes et aux comédiens, et aux artistes généralement, qui ont aussi des choses à dire sur l'islamisme, sur l'industrie chinoise, sur le ras-le-bol fiscal, sur le millefeuille administratif, sur les qualités nutritives de la viande de cheval, sur le séparatisme en Belgique ou en Ukraine, ou sur les mensonges de Christiane Taubira. Et c'est vrai qu'à côté de Luc Ferry, j'aurais pu présenter Jean-Marie Bigard, et qu'à côté de Jean Salem, j'aurais pu citer Gaspard Proust. Mais rire d'une question sérieuse, est-ce agiter des idées, est-ce inciter à penser, et l'humour n'est-il pas une démission de l'esprit ?

J'aurais dû évoquer certains propos radiophoniques ou télévisés de Gérard Depardieu, qui agitent peut-être plus l'opinion publique en France que les philosophèmes d'André Comte-Sponville ou que les graphiques économétriques de François Lenglet. J'aurais dû énumérer tous ceux, intellos ou rigolos, qui plutôt que des agitateurs d'idées, sont des empêcheurs de penser. Il y en a beaucoup, depuis le "retour du spirituel".

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Itineraire philosophique : 1977

4 Mai 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

C'est en 1977 - j'ai trente-trois ans - que se situe le grand tournant de ma vie intellectuelle. Je décide de revenir à la philosophie, que j'avais enseignée pendant quelques années en Afrique, et je quitte mon emploi à la Faculté Agronomique de Gembloux, où j'étais chargé de recherches en biologie végétale, travaillant dans l'équipe de Guy Le Marchand à différentes questions de taxonomie, de biochimie et de génétique des plantes vivrières. Je cesse mon travail de laboratoire, mais je consacre encore une partie de mon temps à la rédaction de diverses publications, dont un livre " Les Céréales mineures " qui paraîtra en 1981.

Or donc, en 1977, je décide de reprendre la méditation philosophique et j'envisage la création d'une revue pour me donner un  lieu d'expression. Je suis, à cette époque, domicilié à Ixelles (rue du Mail), un faubourg de Bruxelles, et je comprends vite que, les Belges étant peu philosophes, une revue de philosophie est presque certainement vouée à l'échec. J'ai alors l'idée de fonder une revue consacrée à l'histoire de la pensée (les Belges ont de bons historiens, si leur production philosophique est médiocre), et comme la pensée la plus aboutie est la pensée scientifique, je fonde une revue consacrée à l'histoire de la science et de la technologie. J'étais déjà convaincu (cela va se préciser au cours de mes travaux) de la primauté épistémologique de la technique sur la science, et je baptise ma revue " Technologia ". Cela n'a l'air de rien mais, en 1977, c'était une véritable provocation. L'intelligentsia belge (elle existe, je l'ai rencontrée) voulait bien admettre la valeur de la science, de la science "pure" comme ils disent, mais n'avait que mépris pour la technique, trop "manuelle" pour les uns, trop proche de l'activité économique et donc "bassement utilitaire" pour les autres, et trop marquée dans ses récents progrès par les Américains pour les troisièmes ! Et donc, la première livraison de ma revue Technologia sort de presse le 18 avril 1978, avec un article de moi : "Ambiguïté des relations entre science et technologie".

Petite astuce commerciale : pour étendre le marché de ma revue (il faut trouver des abonnés), je la dédie à l'histoire de la science et de la technologie, mais aussi à l'archéologie industrielle, discipline nouvelle en plein essor en 1978, et qui avait de nombreux amateurs, grâce notamment à l'activisme de trois Belges, Georges van den Abeelen, Claude Gaier et Adrien Linters, que je rencontrai, bien entendu, et qui me soutinrent dans mon projet. Il s'agissait bien de philosophie, sous les apparences plus "sexy" pour le public belge de l'histoire, car en étudiant les origines de la machine à vapeur ou le développement des télégraphes électriques je me donnais les moyens de réfléchir à la grande question des rapports entre la Connaissance et l'Action. Je réalise que la science, la technique et aussi l'industrie sont étroitement liées épistémologiquement, et je fonde mon premier concept, STI (science-technique-industrie), que je propose en opposition au concept idéaliste de "technoscience" proposé par l'Américain Don Ihde. A propos des Américains, je dois me souvenir qu'en préparant le lancement de ma revue un de mes modèles fut la revue US Technology and Culture, fondée et dirigée par Melvin Kranzberg. J'aurai d'ailleurs la chance et le plaisir de rencontrer ce pionnier de l'histoire des techniques lors de son passage à Bruxelles.

Me suis-je trompé en décelant la continuité épistémologique qui unit la S, la T et l'I dans un ensemble homogène (les chercheurs, les ingénieurs et les industriels), et en opposant la STI, empire de la vérification, à la Culture, royaume des rêves et des sentiments ? Et la Civilisation, est-elle autre chose qu'une collaboration et non une opposition entre la Culture et la STI ? Entre les cigales et les fourmis ?

Pour info :  

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences : 

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Télé Bruxelles, interview sur ma philosophie :  

www.telebruxelles.net/portail/emissions/magazines-a-voir-en-ligne/rencontre/21416-041012-jean-baudet

Canal C (Namur), interview sur mes travaux sur l'invention technique :  

www.canalc.be/index.php?option=com_content&view=article&id=100001595:entree-libre-de-jean-baudet-&catid=114:entree-libre&Itemid=56

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Itineraire philosophique : 1964

1 Mai 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Souvenir, souvenir... En consultant les pages de l'année 1964 de mon Journal (j'étais alors étudiant à la Faculté Saint-Louis, à Bruxelles), je me souviens que j'avais assisté, les 25 et 26 novembre 1964, dans le grand amphithéâtre de la Faculté, à un cours donné par Paul Ricoeur, qui était professeur à la Sorbonne. Le cours s'intitulait "Herméneutique et phénoménologie", et j'ai retrouvé les quelques pages de notes prises ces jours-là, et que j'ai pieusement conservées. Je me souviens que l'avais été très impressionné par l'exposé du "grand philosophe", que j'en avais presque le vertige, admirant comment Ricoeur évoluait sur l'estrade en donnant l'impression de penser à mesure même qu'il prononçait ses phrases. Vertige ? Je me demande, cinquante ans plus tard, s'il fut causé par la profondeur de l'expression ou par la vacuité de l'exprimé ?

Car je relis, dans mes notes, que Ricoeur nous a appris, ces jours-là, qu'il "y a interprétation dès qu'il y a signe par rapport à la réalité". Quand on a vingt ans, c'est très impressionnant, la formule "signe par rapport à la réalité". Mais quand on a soixante-dix ans - dont cinquante années de lectures, y compris "phénoménologiques" -, on se contente de dire qu'il "y a interprétation quand il y a quelque chose à interpréter" ! Ricoeur m'a aussi appris, remarque d'une insondable profondeur, que "la lecture se fait toujours de quelque part". En herméneutique, on fait tout un mystère de ce "quelque part". Avant de m'inscrire à la Faculté Saint-Louis pour m'initier à la philosophie, j'avais fait des études de physique et de chimie, et j'avais appris qu'en science il faut déterminer l'équation personnelle de tout observateur, pour évaluer la fiabilité de ses observations... C'est moins subtil et moins amphigourique, mais c'est calculable !

Dans ce cours, Ricoeur fit une comparaison intéressante entre le marxisme (et plus généralement l'hégélianisme) et la psychanalyse, notant qu'il s'agit de deux "critiques de la culture", le sens étant cherché soit dans les contradictions sociales, soit dans les structures de la vie inconsciente. Ce qui conduisit Ricoeur à formuler une belle opposition, entre le marxisme "téléologie du sujet" et le freudisme "archéologie du sujet".

Ricoeur a également affirmé, si j'en crois mes notes, qu'il "faut remonter de Heidegger à Husserl", ce qui l'entraîna à cette formule bourrée d'intelligence herméneutique : "comprendre est un mode d'être : le mode de l'être en comprenant".

Bref, au soir du 26 novembre 1964, j'étais devenu un homme nouveau, illuminé par le feu d'artifices du professeur en Sorbonne, j'étais prêt à consacrer toute ma vie pour m'approcher du mode de l'être en comprenant, et je commençais à méditer sur la dernière phrase que j'ai notée de ce cours fameux : "il faut perdre le MOI pour trouver le JE". Cela fait en effet cinquante années que je cherche le JE, et j'en trouve quelques bribes dans mon Journal.

J'aime bien la métaphore du feu d'artifices. Le cours fut comme une belle démonstration pyrotechnique, qui vous enthousiasme, vous émeut, vous arrache des "oh" et des "ah" admiratifs, et c'est réellement d'une somptueuse splendeur. Mais que reste-t-il, quand on a tiré la dernière fusée ?

Pour info :  

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences : 

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Télé Bruxelles, interview sur ma philosophie :  

www.telebruxelles.net/portail/emissions/magazines-a-voir-en-ligne/rencontre/21416-041012-jean-baudet

Canal C (Namur), interview sur mes travaux sur l'invention technique :  

www.canalc.be/index.php?option=com_content&view=article&id=100001595:entree-libre-de-jean-baudet-&catid=114:entree-libre&Itemid=56

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