Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Jean C. Baudet

Sur la politique en France

31 Mars 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique

Voilà donc que la Droite a gagné les élections municipales en France ! Et alors ? Cela va-t-il remettre la France sur la voie du progrès économique et social ? Cela va-t-il rendre les Français plus heureux ? D'après les discours et les débats, j'ai l'impression que ce que demande le peuple de France, c'est une augmentation sensible de son pouvoir d'achat. Toutes les revendications, des chômeurs comme des retraités, des homosexuels comme des hétérosexuels, des provinciaux comme des Parisiens, des médecins comme des infirmières, me semblent toujours pouvoir se ramener à cette seule demande : améliorer le pouvoir d'achat des Français. Et si d'aventure d'autres revendications se manifestent, comme améliorer la sécurité dans certains quartiers, ou créer des musées, ou construire des infrastructures sportives ou culturelles, c'est encore d'argent qu'il s'agit ! Mais voilà, pour "créer" des ressources financières, en France comme ailleurs, il faut... travailler. Il n'y a pas d'alternative. C'est la loi d'airain de la condition humaine. Pour vivre, il faut des moyens d'existence, et ces moyens ne peuvent qu'être produits par le travail ou qu'être appropriés par le vol, l'impôt étant une sorte de vol organisé, d'ailleurs nécessaire. La Droite saura-t-elle faire comprendre aux Français qu'il faut travailler pour vivre, et travailler davantage pour vivre mieux ? Saura-t-elle inverser la mentalité (d'origine christiano-marxiste) de ceux qui veulent consommer avant de produire, et faire comprendre qu'il faut produire avant de consommer ?

La France est dangereusement endettée. Comment une collectivité humaine, même dirigée par un personnel politique intelligent, bien informé, travailleur, dévoué et créatif, peut-elle augmenter ses ressources, si ce n'est en remboursant ses dettes (qui les paye s'enrichit) et en produisant des biens et des services ? Alors ? La Droite fera-t-elle mieux que la Gauche, avec des caisses vides et une volontaire incompréhension des mécanismes économiques par une importante partie de la population ? Winston Churchill, au début de la seconde guerre mondiale, a promis du sang et des larmes aux Anglais. Voilà ce qui s'appelle de la perspicacité et du courage politique. Peut-on imaginer François Hollande ou Nicolas Sarkozy - ou tel autre, qui fanfaronne avec ses solutions radicales - promettre aux Français encore quelques années de misères, avec augmentation du désespoir des "plus démunis", qui se traduit en violences diverses, vols à main armée ou à main nue, pillages, émeutes, incendies, massacres ?

Bref, les Français prendront-ils conscience que la France n'est plus un "pays riche", qu'il faut abandonner les slogans imbéciles comme "tout travail mérite salaire" ? Car il y a des travaux inutiles...

Lire la suite

Inverser la courbe du chomage

28 Mars 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique

Soyons logiques. Pour "inverser la courbe du chômage", il faut diminuer le nombre de chômeurs, ce qui ne se peut faire que de deux façons, en les détruisant ou en les transformant en travailleurs, c'est-à-dire en leur procurant un emploi.

J'élimine la première branche de l'alternative, reste donc à créer des emplois. L'Etat français doit donc créer des entreprises nouvelles et développer les entreprises existantes, et tout spécialement des entreprises utilisant une main-d'oeuvre abondante, y compris non qualifiée. Il faut en outre, pour que l'effet sur l'emploi soit durable, que lesdites entreprises exportent des produits en réalisant un bénéfice suffisant pour assurer leur pérennité.

Pour créer une entreprise, quel que soit d'ailleurs son secteur d'activité et quels que soient les marchés visés, il faut en premier lieu des capitaux et des capitalistes. Ce n'est hélas pas suffisant, mais c'est indispensable.

Etant lourdement endetté par une gestion budgétaire désastreuse depuis des décennies, l'Etat français n'a plus de capitaux disponibles pour créer ne serait-ce qu'une entreprise de chaussettes "made in France" ou qu'une fabrique de couteaux suisses (d'ailleurs, les Suisses s'en chargent). Quant aux capitalistes, il est d'autant plus difficile de les trouver en France que les "élites" françaises ne cessent de traiter les patrons et les banquiers de salauds et de voleurs (cette manie, devenue un réflexe conditionné, remonte, au moins, à Proudhon...).

Conclusion : sans capitaux et sans capitalistes, il y aura de plus en plus de chômeurs en France, ce qui mécaniquement va entraîner des "problèmes sociaux", c'est-à-dire des émeutes, des cortèges, des destructions, des incendies et des massacres.

Antienne (je le répète depuis... 1978) : il faut en France (et en Europe) plus d'ingénieurs et moins d'intermittents du spectacle, plus de comptables et moins d'anthropologues, plus de mécaniciens et d'électriciens et moins d'historiens de l'art. Plus de fourmis et moins de cigales. Un peu plus de manuels et beaucoup moins d'intellectuels (surtout façon germanopratine).

Correctif : l'avenir de la France est sombre, mais des lueurs d'espoir subsistent. Le pays qui a inventé le champagne, la pomme de terre frite, la poire Belle-Hélène, la crème Chantilly, la sauce béchamel, le foie gras, la saucisse de Toulouse, le cassoulet, le camembert, le roquefort, et qui produit du bordeaux, du minervois, du beaujolais, du bourgogne, du rosé d'Anjou, du noir de Cahors et du sauvignon, possède peut-être encore des réserves de créativité...

Lire la suite

Avec Julien Sturbois

26 Mars 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Technique, #Histoire

Curieuses hist InventionsCe matin, de 9 à 11 heures, en compagnie de Julien Sturbois sur les ondes radio de Bel RTL, dans le cadre de l'émission "Beau Fixe". Je suis interrogé, sur fond de chansons et de spots publicitaires, sur mon livre "Curieuses Histoires des Inventions" (éditions Jourdan). L'exercice est amusant, et montre in vivo combien il est difficile d'informer le grand public en matière de "science, technologie et industrie". Car la connaissance "STI" ne consiste pas à savoir que le chimiste Lavoisier fut décapité en 1794, ou que le frein-parachute pour ascenseur fut mis au point par l'Américain Elisha Otis en 1853, ou que la vulcanisation du caoutchouc se fait par addition de soufre, ce qui sature les liaisons éthyléniques du poly-isoprène, selon un procédé inventé par l'Américain Charles Goodyear... Il faudrait parler du rapport épistémologique entre technique et science, du rapport ontologique entre technique et humanité, du rapport psychologique entre science et industrie, entre ceux qui contemplent et ceux qui produisent.

Mais j'ai cependant passé une belle matinée, dans une grande maison dévouée au divertissement populaire et à l'industrie culturelle. C'est toute la condition du philosophe : s'il ne peut pas inciter à penser, il peut au moins amuser et distraire, passant du statut de philosophe à celui d'écrivain. Et au fond, n'est-il pas plus digne et honorable de faire rire que de faire pleurer ? La philosophie pratique pourrait bien n'être qu'un analgésique existentiel, un sédatif de la condition humaine.

Lire la suite

Zakaria Soumare et le genocide des Tutsis

24 Mars 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Rwanda

Quand le Rwanda accède à l’indépendance, en 1962, le pays compte 3 millions d’habitants, environ 85 % de Hutus et 15 % de Tutsis. Aujourd’hui, à la suite d’une formidable explosion démographique, la population du pays compte 11,5 millions d’unités, soit une augmentation de 283 % par rapport à 1962. Pendant ce temps, la population de la Belgique, l’ancienne puissance coloniale, passait de 9,2 à 11,1 millions d’unités, soit une augmentation de 20 %. Si l’on estime qu’un territoire est d’autant plus favorable à une espèce animale (Homo sapiens, en l’occurrence) que celle-ci s’y multiplie davantage, on dira qu’il est 283/20 = 14 fois plus facile de vivre au Rwanda qu’en Belgique. C’est bien connu par les géographes et par les zoologistes : les diverses régions du monde ne présentent pas les mêmes conditions pour la prolifération des espèces.

Il faut noter, cependant, que la croissance démographique a failli être compromise en 1994, quand les Hutus se mirent à massacrer, avec une hallucinante sauvagerie, à l’aide de bâtons et de machettes, un million de Rwandais, surtout des Tutsis, mais également quelques Hutus qui voulaient s’opposer à la tentative de génocide. L’opération n’a duré que trois mois. Il est impérieux que tous les humanistes, quelle que soit leur orientation idéologique, se souviennent du massacre de 1994, dans ce splendide pays « des milles collines », où la douceur d’un climat d’altitude alliée à la productivité agricole des régions tropicales rend la vie magnifiquement agréable.

Nous rappeler cette horreur, c’est ce qu’a entrepris Zakaria Soumaré, mauritanien, docteur de l’Université de Limoges, dans un livre émouvant, que viennent de publier les éditions L’Harmattan (Paris) : Le génocide rwandais dans la littérature africaine francophone (231 pages). Avant de se focaliser sur le génocide des Tutsis par les Hutus, l’auteur analyse en profondeur le mécanisme des génocides et, plus généralement, des massacres d’une certaine ampleur, en nous rappelant d’ailleurs que, durant le XXème siècle, deux cents guerres ont fait deux cents millions de morts. Concernant le génocide rwandais, le docteur Soumaré analyse notamment la complicité de l’Eglise rwandaise (le catholicisme n’a-t-il pas une compassion toute spéciale pour les faibles et les dominés, surtout s’ils sont les plus nombreux ?). Enfin, l’auteur analyse quelques romans publiés par des Africains et inspirés par l’abomination rwandaise. Une dure réalité presque insoutenable, où l’on découvre que la haine de l’homme pour l’homme peut aller jusqu’au bout de la nuit de toutes les épouvantes.

Lire la suite

Sur l'origine des ideologies politiques

23 Mars 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Religion

Les idéologies politiques sont le résultat d'un processus historique de laïcisation des religions : la sacralisation se déplace du Divin vers l'Humanité ou vers la Nature, aboutissant à l'idée de "valeur" qui est comme un résidu intellectuel de l'idée de transcendance (tabou).

C'est ainsi qu'il est évident que le sionisme dérive du judaïsme, ou que l'islamisme est le résultat fatal de l'évolution de la religion musulmane.

Le christianisme, à la fin du Moyen Âge, donne naissance à l'humanisme, l'Homme remplaçant Dieu comme Absolu et ultime référence. L'humanisme évoluera alors dans deux directions opposées, le socialisme (qui dérive du catholicisme) et le libéralisme (dérivant du protestantisme). Le marxisme, le stalinisme et les gauchismes sont, très clairement, des avatars récents du socialisme dont les origines remontent, via le christianisme, à la compassion des prophètes juifs (Isaïe, Jésus de Nazareth, Paul de Tarse) pour les faibles et les miséreux. L'écologisme est en grande partie une réanimation de l'animisme ou religion de la Nature, dont le romantisme fut une étape.

La formation d'une idéologie consiste donc, par filiation historique des idées, à débarrasser une superstition archaïque de ses éléments mythologiques pour passer du "spirituel" au "temporel". L'observation du jeu politique montre que l'ardeur idéologique peut égaler en intensité l'ardeur des religions. Le noeud psychologique réside dans ce que l'on peut appeler l'imaginaire espérant, source de tous les mythes anciens et de toutes les utopies modernes.

Lire la suite

Sur la Pensee Unique en France

21 Mars 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique

Je mets actuellement la dernière main à une étude sur les intellectuels français qui m'a conduit à une archéologie des systèmes de pensée en France. De Guillaume Budé et Montaigne à Natacha Polony et Zemmour, on peut mettre à jour une stratification des mouvements d'idées, ce qui permet de proposer le schéma suivant :

1.- Christianisme (Moyen Âge)

2.- Humanisme (Renaissance)

3.- Protestantisme (XVIe s.)

4.- Rationalisme (XVIIe s.)

5.- Athéisme (XVIIIe s.)

6.- Socialisme (début XIXe s.)

7.- Marxisme (fin XIXe s.)

8.- Existentialisme et gauchismes divers (milieu XXe s.)

9.- Féminisme et antiracisme (fin XXe s.)

10.- Islam (début XXIe s.).

Cette "théorie des dix couches" n'est évidemment que le squelette d'une évolution idéologique qu'il faut affiner et étoffer de l'effet sur la pensée dominante des grands événements (juillet 1789, mai 1940...) et de l'action des grands politiques (Napoléon, de Gaulle...). Et si j'avais le goût des prophéties, je me demanderais si la France, née des actes vigoureux d'un Barbare (Clovis) - ce qui a mené à dix siècles de Moyen Âge - retrouvera sa place dans le monde restreint de la Pensée Libre grâce aux accomplissements d'un Immigré - qui conduiront les Français à je ne sais quelle nouvelle ère médiévale.

Lire la suite

Litterature et philosophie

20 Mars 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Hier soir, j'ai assisté à la 484ème "Soirée des lettres" de l'AEB, l'Association des Ecrivains belges, à Bruxelles, sous la présidence de Jean Lacroix. J'ai même pu dire, à un public attentif et éclairé, quelques mots de mes deux dernières parutions : Histoire de la cuisine, La vie des grands philosophes (chez Jourdan). Parmi les interventions remarquables, je retiens celle d'Anne-Michèle Hamesse (vice-président de l'AEB) qui déclare "on écrit pour se cacher la réalité", et qui a développé cette idée que la littérature n'est finalement qu'un divertissement, une évasion du Réel. C'est en effet le paradoxe de l'écrivain (romancier ou poète) de vouloir donner une impression de réel avec du fictif, et de faire évoluer son lecteur dans les malheurs de Madame Bovary ou de Roquentin pour qu'il oublie ses propres malheurs.

De l'excellente remarque de Madame Hamesse, on tire immédiatement ce corollaire que, si la littérature est l'évasion du Réel, la philosophie en est l'exact contraire, puisqu'elle s'efforce d'atteindre et de décrire non seulement le Réel phénoménal (coïncidant avec le projet de la science), mais même le Réel nouménal, c'est-à-dire la Réalité Ultime. La philosophie est l'exact contraire du divertissement, même si l'on peut se divertir en lisant certains passages de l'oeuvre de Kant, de Schopenhauer, de Husserl ou d'Alain Badiou. La philosophie entraîne le lecteur à penser, la littérature invite le lecteur à oublier. La mission du littérateur est possible, et je me souviens de moments de bonheur (fictif, hélas) en lisant Julien Green. La mission du philosophe est presque impossible. Car qui voudrait méditer ses souffrances à venir et son ignorance des fins dernières ? Allons, les romanciers et les poètes réunis de l'AEB ont encore de quoi faire. Faire oublier...

Lire la suite

Sur mon projet de vie

14 Mars 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Alors que je m'approche de plus en plus de ma fin de vie, je cerne de mieux en mieux, contemplant dans la rêverie nostalgique les chemins parcourus, quel fut exactement mon projet de vie intellectuelle. Je me souviens très bien - c'était il y a cinquante ans - de la lecture de deux livres quand je n'étais encore qu'un étudiant, c'est-à-dire un ignorant pas très conscient de ses ignorances : La Vie intellectuelle de Sertillanges, et Le Travail intellectuel de Guitton. Je ne savais pas encore que penser. Aujourd'hui, les chemins s'éclairent et je me rends compte de ce que fut mon ambition majeure, qui est philosophique et non scientifique, c'est-à-dire (grossièrement dit) générale et non spécialisée. Certes, il y eut deux tentations scientifiques dans ma vie, dues aux circonstances autant qu'à mes inclinations, et j'ai connu une époque où je fus chercheur en biologie (avec pour patrons Guy Le Marchand et Raymond Schnell), puis une autre où je devins spécialiste en sociologie (patron: Claude Dubar) et en histoire (patron: Robert Fox) des ingénieurs. Mais ce ne furent que des escapades, que je mis d'ailleurs à profit pour faire de l'épistémologie "de l'intérieur".

Or donc, mon projet maintenant devenu clair et parfaitement explicite est de fonder une philosophie sur une nouvelle critique de la Connaissance, et cela implique deux enquêtes préalables, l'histoire de la Science et l'histoire des superstitions (religions et idéologies). J'ai donc entrepris, cela remonte au lancement de ma revue Technologia (1978), l'analyse historique comparée des savoirs "scientifiques" et des convictions "spirituelles". Je me suis souvent trouvé pris dans les pièges de l'érudition, mais comment faire autrement ? Ecrivant des textes par la force des choses, je me mis aussi à écrire des poèmes et à succomber parfois aux appâts rances de la littérature. Mais l'essentiel de mon travail m'apparaît maintenant dans la lumière cruelle du vieillissement. J'ai publié une "Histoire de la Science", assez approfondie, et j'ai fait paraître le début d'une "Histoire des religions". Ce sont les deux bases de mon "éditologie", que je conçois comme une méditation herméneutique sur le travail des Grecs puis des Européens (et aujourd'hui de l'élite mondiale) tentant d'aller "au fond des choses" dans le rejet héroïque des traditions archaïques. Que je fus contraint de placer la Technique (et donc la Cuisine) à l'origine de la Pensée me semble d'une grande importance épistémologique d'abord (cela prolonge l'épistémologie popperienne par la découverte du rôle de l'instrument comme fondateur de scientificité), ontologique ensuite, car cela conduit au matérialisme. Peut-on aller plus loin ? Ai-je encore quelque chose à dire ? Mes analyses du progrès scientifique et du fait religieux (qui en est le négatif) sont-elles assez poussées ?

Une synthèse de la méthode rationnelle et instrumentée et de l'espérance sentimentale est-elle le Grand Espoir d'une humanité "en recherche de repères", ou n'est-elle qu'une Nouvelle Grande Illusion ? Voilà qui constitue mon projet de restant de vie.

Lire la suite