Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Jean C. Baudet

Ethique et doute

29 Octobre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Ethique, #Editologie

L’éditologie est une philosophie inachevée. Mais il en va ainsi, à vrai dire, de toutes les entreprises humaines tragiquement marquées du sceau noir de la finitude et de la rupture. Même Husserl, malgré une œuvre immense, n’a pas su aboutir à une définition claire, distincte et achevée de la Conscience. Même Heidegger, malgré une production textuelle considérable, n’a pas su achever son élucidation des mystères de l’Être.

Toute recherche philosophique a un programme bien défini déjà par Aristote. Elle doit élaborer une épistémologie (la Connaissance), une ontologie (l’Être), une axiologie (les Valeurs), une éthique (l’Action), une politique (le Vivre ensemble), l’ontologie étant classiquement divisée en une cosmologie (le Monde), une anthropologie (l’Homme), une théologie (l’Absolu), une eschatologie (les Fins dernières).

Tout au long d’une vie pourtant longue, je n’ai trouvé ni le temps, ni la force, ni les circonstances favorables, pour achever et publier le « Traité d’éditologie » qui aurait été un exposé systématique des résultats de mon travail. Mais j’ai, bien entendu, dans mes publications (y compris dans ce blog), laissé percevoir mes observations, mes raisonnements, mes idées, et l’on trouvera un exposé documenté de mon épistémologie dans deux ouvrages parus aux éditions L’Harmattan, à Paris (Mathématique et vérité, Une philosophie de la poésie), un exposé de mon ontologie dans trois ouvrages parus chez Vuibert, à Paris (Penser la matière, Penser le monde, Histoire de la physique), une esquisse de mon anthropologie dans Le signe de l’humain (L’Harmattan), et les principaux linéaments de ma théologie dans Curieuses histoires de la pensée (Jourdan, Bruxelles).

J’ai très peu publié sur les questions morales (éthique et politique). Au risque de caricaturer ma propre pensée, je dirais que mon travail m’a conduit à n’admettre l’existence autonome (distincte des productions de « l’esprit humain ») ni des dieux, ni des valeurs. On ne peut donc édicter des règles éthiques et politiques sur aucun sacré, sur nulle transcendance, sur aucun impératif catégorique (cette négation repose sur le doute auquel aboutit l’épistémologie déduite des acquis de l’éditologie). On ne peut donc proposer des règles de vie (car il faut bien vivre !) qu’à partir du doute, ce qui exclut tout dogmatisme menant toujours, comme le montre l’Histoire, aux pires fanatismes. L’éthique du doute conduit à la recherche permanente, à l’ouverture d’esprit, à la tolérance, au respect (pas à la sacralisation) de l’autre. Pour l’éditologie, il n’est point besoin d’aller chercher les tables de la loi au sommet d’une montagne, il faut construire ses propres lois sans illusions.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Le Non-Dit de Michel Joiret

28 Octobre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Poésie, #Belgique

Mon article « Les Belges et la philosophie », paru dans ce blog le 16 juillet 2016, vient d’être publié dans le numéro 113 (daté d’octobre 2016) de la revue Le Non-Dit (Bruxelles). Celle-ci, qui est trimestrielle, a été fondée par Michel Joiret, poète, romancier, essayiste et critique littéraire, en 1988, et continue de paraître sous la valeureuse direction de son fondateur. Valeureuse ? C’est qu’il faut un courage certain et une certaine abnégation pour éditer une revue littéraire en papier dans un pays (la Belgique de langue française) dont les autorités ne manifestent pas une attention aiguë à la littérature, à une époque où les médias électroniques (radio, télévision, réseaux) concurrencent de plus en plus les productions typographiques et la lecture sans images et sans sons, à un moment aussi où le marasme économique a endetté les pouvoirs publics, ce qui ne leur laisse qu’une faible « marge de manœuvre » pour soutenir financièrement l’activité des écrivains et des éditeurs. Je note toutefois que la revue de Joiret bénéficie du soutien du Fonds national de la Littérature, ainsi que du Département Culture de la Ville de Bruxelles.

Le dernier numéro du Non-Dit est presque entièrement dédié à la poésie, avec d’intéressantes études consacrées à des poètes belges disparus (Jean-Luc Wauthier, Liliane Wouters, Marie-Claire d’Orbaix, Jean Dumortier, Adrien Jans) et à des poètes encore vivants (Daniel Soil, Rose-Marie François, Dominique Aguessy, Noëlle Lans). Ces évocations d’œuvres poétiques importantes sont dues aux plumes érudites et amicales de Michel Joiret, de Joseph Bodson, de Renaud Denuit, de Thierry-Pierre Clément.

On trouvera aussi dans cette livraison un texte d’inspiration surréaliste de Louis Mathoux et deux poèmes de T.P. Clément.

Lire la suite

Les aphorismes : litterature ou philosophie ?

25 Octobre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Littérature, #Parémiologie

Il y a un jour ou deux, j’ai écrit sur ma page Facebook : « Le socialisme est un rêve merveilleux, magnifique et enchanteur ». Et il s’est trouvé des lecteurs pour trouver cela « un peu court », ou même « simpliste ». Pardi ! N’est-ce pas le métier du philosophe de chercher le simple nouménal sous la complexité des phénomènes, de procéder à la réduction eidétique pour déterminer l’essentiel (eidos) de l’Être et des étants, d’exposer en formules lapidaires (pour éviter les subterfuges de la rhétorique et les pièges de l’érudition) le fond des choses, de se hisser au niveau du concept en négligeant l’accessoire ? Reproche-t-on à Socrate la brièveté de son « gnôthi seauton », à Descartes la simplicité de son « cogito ergo sum » ? La science n’a-t-elle pas démontré de brillante façon la puissance cognitive du réductionnisme (tout le contraire d’un simplisme) en réduisant la matière à une centaine d’éléments, en réduisant les éléments aux combinaisons diverses de quelques particules, en réduisant le phénomène de la vie (rien n’est connu de plus complexe) à un ensemble de « simples » réactions chimiques ?

Du reste, n’est-il pas évident que le socialisme (comme d’ailleurs d’autres programmes politiques) soit un rêve : le projet utopique d’un « monde meilleur » ? On a écrit des milliers de pages sur le socialisme, mais l’essentiel ne réside-t-il pas dans cet aphorisme : « Le socialisme est un rêve merveilleux, magnifique et enchanteur » ?

Cette question pose également le problème des formules courtes (aphorismes, formules sentencieuses, proverbes, dictons…) étudiées par la parémiologie : les « parémies » ne sont-elles qu’une forme littéraire valorisant la concision du propos, ou ont-elles la valeur philosophique d’une réduction phénoménologique ayant accédé à l’essentiel ? Les maximes de La Rochefoucauld, les phrases courtes de Cioran sont-elles de la philosophie ? Ou ne sont-ce que des habillements littéraires d’une pensée qui veut impressionner, mais qui doit aller encore plus loin dans le dépouillement des détails ? Le socialisme est-il plus qu’un rêve ?

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Sur la question de l'Etre

18 Octobre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

Finalement, la seule question qu’il importerait de résoudre est la question de l’Être, puisque d’elle découlent toutes les problématiques qui assaillent l’esprit humain (esthétique, éthique, politique…). Mais voilà déjà qu’à peine formulée la question nous place devant une inextricable difficulté, qui est celle du lien causal, dont l’existence est indispensable pour que l’on puisse développer des réflexions discursives (rationalisme) ou des observations démonstratives (empirisme). La connaissance de l’Être ne peut conduire à des connaissances dérivées que si le principe de causalité est valable, c’est-à-dire s’il existe effectivement une liaison absolue et objective entre l’Être et la raison, et donc entre l’Être et le langage par lequel la raison s’exprime. C’est, en philosophie, le truisme (et l’immense difficulté) de l’interdépendance de l’ontologie et de la gnoséologie. Parménide d’Elée, un des premiers penseurs à avoir résolument arraché la question de l’Être aux traditions archaïques du mythe, pensait avoir trouvé la clé du « logos » dans la négation qui oppose l’Être au non-Être, c’est-à-dire au Néant, annonçant les ambitieuses synthèses d’Aristote, de Descartes et Spinoza (et donc de Husserl qui reprend la méditation du cogito), de Hegel… Cela conduit aux conceptions « dialectiques » de l’Être, comme le marxisme, qui « résolvent » la question du changement (passage mystérieux de l’être au non-être) par l’attribution à l’Être d’une capacité dynamique, dialogique, proposée déjà par Héraclite d’Ephèse. C’est en somme l’explication, toute verbale et peut-être naïve, du mouvement par le moteur (Aristote), de la modification par l’agent capable de modifier.

Constatant les apories auxquelles conduit l’usage seul de la raison dans le travail philosophique, Protagoras, Gorgias et d’autres que l’on a appelés les sophistes ont initié une nouvelle tradition de recherche qui est un « retour au concret », un examen de la « condition humaine », conduisant à ce que les contemporains appelleront les existentialismes, qui sont des « humanismes ». Des formules comme « l’homme est la mesure de toutes choses » (Protagoras), « connais-toi toi-même » (Socrate), « chez l’homme, l’existence précède l’essence » (Sartre) expriment ce courant de pensée.

J’ai tenté, au début des années 1980, d’effectuer un « retour au concret » (une approche indirecte de la question de l’Être) par la considération du primat de la Technique. Cette-ci étant l’ensemble des moyens dont se dote l’homme pour répondre à ses besoins, il s’agissait de développer une philosophie à partir des besoins humains, c’est-à-dire de la situation des hommes face à la souffrance. Car « être », c’est toujours « avoir besoin », souffrir, tôt ou tard.

Mais comment passer de l’être souffrant de l’homme à l’Être dans sa plénitude et son mystère ? La formidable difficulté de ce passage me conduit au scepticisme. Mais je cherche encore…

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Bob Dylan est-il un poete ?

17 Octobre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Poésie, #Littérature

La récente attribution du prix Nobel de Littérature au chanteur Bob Dylan pose trois questions intéressantes. Primo, la production de Dylan est-elle de la poésie ? Secundo, la poésie est-elle de la littérature ? Tertio, qu’est-ce qui distingue la littérature parmi les productions textuelles ? Cette troisième question intéresse tout particulièrement l’épistémologue, car il faut se demander en quoi certaines formations discursives sont « littéraires », comme on se demande en quoi certains textes sont « scientifiques ».

J’ai étudié certains aspects des relations entre littérature et poésie dans mon livre Une philosophie de la poésie (L’Harmattan, Paris). La question est délicate, car la poésie et la littérature (orale) sont nées bien avant l’invention de l’écriture, et l’on ne dispose donc d’aucuns textes permettant de documenter la genèse du « poétique » et du « littéraire ».

Pour tenter de définir la poésie au sein des diverses manifestations culturelles (musique, art, technique, religion, etc.), il faut s’efforcer – malgré le vide documentaire – d’établir les modalités de son apparition et de son évolution après l’invention du langage. On peut, avec prudence, se baser sur l’étude de l’apprentissage du langage par les enfants (les comptines…), se baser sur l’étude psychiatrique des troubles du langage (écholalie…), se baser sur l’étude des textes produits par les peuples primitifs situés encore dans l’oralité, et bien sûr se baser aussi sur l’étude de l’apparition des littératures chez les peuples connaissant l’écriture. On découvrira ainsi facilement que la poésie précède la prose, et que l’apparition de la poésie coïncide avec le développement des rites (prières) et des mythes (récits des origines).

Ainsi, existe-t-il une profonde connivence entre les apparitions du rituel, du mythique et du poétique, c’est-à-dire entre religion et poésie. Dans les temps contemporains, les religions cèdent partiellement la place aux idéologies, et l’on ne s’étonnera pas que les chansons de Dylan soient « engagées ».

Ainsi, « blowin’ in the wind » de Dylan, « am stram gram » des enfants, « frères humains qui après nous vivez » de Villon, et tant d’autres poèmes, ou plaisants, ou sublimes, ont leurs racines dans les plus archaïques et plus intenses émotions du cœur humain, et qui sont la Peur (le soleil noir de la mélancolie) et l’Espérance (là tout n’est qu’ordre et beauté) !

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Pour quoi ecrire encore ?

14 Octobre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie, #Philosophie

Et maintenant, au seuil de l’agonie, que vais-je faire ? Au-delà de la question égoïste, il y a ici questionnement universel, car il vient pour chacun le temps de la mort proche, quand les forces déclinent et que l’on se demande pour quoi l’on a vécu. Les démographes estiment à cent milliards le nombre de mes « semblables » déjà disparus. Quels furent leurs apports à la Civilisation, si tant est que l’on accorde une quelconque valeur aux avancées civilisationnelles ? Et quelle humilité quand on voit ce qu’on laisse soi-même par rapport à quelques dizaines de grands destins : Aristote, Spinoza, Lavoisier, Einstein !... Quel démon de la perversité me pousse à ajouter à cette liste glorieuse les noms de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, ou de Maurice Maeterlinck et de Romain Rolland ?

Or donc, je vais bientôt mourir. Ma mémoire s’affaiblit, j’écris péniblement, la lecture me pèse, mes organes se détériorent les uns après les autres, mes enthousiasmes ont disparu, mes passions sont éteintes, je m’approche, dans l’angoisse de nouvelles douleurs, de mon néant. Il est temps de faire le bilan de ma vie, encore que ce dernier exercice ne servira à rien.

Outre quelques travaux de biologie, au temps lointain de ma jeunesse, et quelques poèmes, j’ai consacré la plus grande partie de ma vie à la recherche épistémologique, espérant apporter une contribution à la question de la connaissance. C’est dans cette perspective que j’ai résumé, en quelques milliers de pages, l’histoire des systèmes de pensée : la technique (fondatrice d’humanité) ; les religions (avec les inventions des rites, des mythes, des dogmes…) ; la philosophie ; la science (mathématique, physique, chimie, biologie) ; la technologie (fille de la science ayant permis l’actuelle « mondialisation » des hommes). Au total, une quarantaine de livres, et quelques centaines d’articles.

Pourquoi (ou pour quoi) continuer ? Malgré la magnifique splendeur de cet esprit humain qui sort lentement des ténèbres de l’animalité par l’invention d’outillages de plus en plus efficaces (dont le langage) pour atteindre des vérités sublimes, malgré mon admiration pour Epicure, pour Galilée, pour Newton, pour Mendéléev, tout mon travail de déconstruction du progrès intellectuel m’a conduit au pessimisme le plus noir, au nihilisme le plus strict, mais débarrassé de l’ultime illusion nietzschéenne du « surhomme ». Pourquoi alors transmettre mes idées et les questions laissées pendantes aux nouvelles générations – qui, d’ailleurs, ne me lisent pas, sacrifiant à de nouvelles idoles : la Nature, le Vivant, la Démocratie, la Justice, l’Ethique… A quoi sert-il d’expliquer à des jeunes gens obnubilés par le « retour du spirituel », tentés par le bouddhisme, l’évangélisme, l’islamisme, ou qui vénèrent les chansons de Bob Dylan, que la philosophie, c’est le doute perpétuel ? Que deux millénaires de haute pensée, malgré la découverte des galaxies et des quarks, malgré les téléphones portables de Samsung et les fusils-mitrailleurs de Kalachnikov, n’ont pas fait progresser beaucoup l’esprit des hommes par rapport aux positions de Socrate, qui savait qu’il ne savait rien.

Et pourtant, s’ils acceptaient le doute philosophique, les hommes ne connaîtraient plus le fanatisme destructeur des religions, la démagogie perverse des promesses électorales et des idéologies, les illusions (conduisant aux pires atrocités) proférées par les hommes providentiels et leurs prophètes, et les humains pourraient vivre tranquillement, en cultivant leur jardin. Mais cela ne les empêcherait pas de connaître, tôt ou tard, la douleur, les souffrances et la mort. En attendant, écoutons Beethoven…

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Le vrai et le cru

13 Octobre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Croyance

Le vrai et le cru

Il faut se rendre à l'évidence ! Le cru est beaucoup plus puissant, pour orienter l'action individuelle ou collective, que le vrai. D'où le vif succès de l'astrologie, des régimes pour maigrir, des lotions pour faire pousser les cheveux des chauves, de l'islam, du bouddhisme, de l'hindouisme, de l'évangélisme, du racisme, du nazisme, du communisme, de la chiromancie, de la numérologie, etc.

Les meilleurs représentants de l'Humanité ont, pendant de nombreux siècles, cru à l'hépatoscopie, au polythéisme, à l'alchimie, aux quatre éléments, à l'harmonie des sphères, à la sorcellerie, à la quadrature du cercle, à la machine à mouvement perpétuel...

C'est que les savoirs vrais s'édifient grâce à l'intelligence, alors que les croyances se construisent grâce aux émotions.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Matérialisme ou idealisme ?

8 Octobre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Matérialisme, #Idéalisme

Ma recherche épistémologique m'a conduit au scepticisme relatif, c'est-à-dire à la position de Kant, qui est aussi la position du "bon sens" : l'esprit humain n'est pas de nature à connaître et à comprendre la totalité de l'Être, ce que Kant expliquait par sa théorie du phénomène et du noumène. Ayant examiné dans l'Histoire de très nombreux systèmes de pensée, je ne vois vraiment pas d'autre option soutenable. Et quand je qualifie mon scepticisme de "relatif", c'est pour indiquer que certaines connaissances sont quand même possibles, celles qui sont acquises par "la science" (c'est ce qui distingue mon scepticisme du pyrrhonisme).

Je ne pourrais pas suivre un penseur qui voudrait invalider l'héliocentrisme ou la circulation sanguine ou l'arithmétique !

Mais une fois le scepticisme reconnu comme incontournable, que reste-t-il à faire pour le philosophe ? Le "je sais que je ne sais rien" de Socrate est extrêmement sage, mais conduit au silence. Je continue donc ma recherche, qui devient ontologique, et qui s'exprime de manière toute simple : y a-t-il une "scission dans l'Être" (Karl Jaspers), c'est-à-dire n'y a-t-il que des corps et des produits de ces corps (les atomes de Démocrite, les éléments d'Empédocle, l'étendue de Descartes, la matière de La Mettrie...), ou y a-t-il en plus "autre chose", de nature différente (le monde des Idées de Platon, le monde divin des religions, la liberté de l'humanisme sartrien, etc.) ? Bref, soit le monisme de la matière (généralisation du corps animal), soit le dualisme des idéalismes : Ciel et Terre, Créateur et créatures, monde des Idées et monde sensible, esprit et matière, culture et nature, transcendance et immanence, etc.

Dans l'état actuel de ma recherche, étant donné ce que j'ai vécu, je penche fort du côté du matérialisme. Les conséquences logiques du matérialisme s'opposent - c'est l'évidence - en plein aux différentes aspirations des différents idéalismes. Je rencontre la farouche résistance des bigots et des curés de toutes les religions, des humanistes de toutes les sortes, des gendarmes de la pensée unique sociale et humanitaire, des admirateurs de l'indicible et des chantres du "non-encore-aperçu" (Heidegger). C'est fatal ! L'opposition entre matérialisme (unique) et idéalismes (multiples) est le coeur de la réflexion philosophique et la source des guerres de religions. Il faut se demander pourquoi tant d'hommes, malgré les évidences de l'Histoire, de l'Actualité, de la Vie, voudraient que le Réel coïncide avec l'Espéré ? Mais ma recherche n'est pas terminée... Comme je voudrais qu'un doux Jésus m'accueille dans son paradis éternel !!!

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite