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Jean C. Baudet

Histoire de la cuisine

31 Décembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Cuisine

Histoire de la cuisine

La Cuisine est la plus formidable, la plus sensationnelle, la plus époustouflante, la plus belle, la plus passionnante, la plus captivante construction de l'esprit humain. Elle n'est pas un dogmatisme fanatique comme les religions - elle se remet constamment en questions. Elle n'est pas un passe-temps surévalué par ses producteurs comme la Littérature - elle débouche sur des plats délectables et assimilables. Elle n'est pas un ensemble de discours contradictoires agitant l'agressivité des humains comme la Politique - elle rassemble les hommes dans la paisible sérénité des agapes et des festins. Elle n'est pas une collection de propositions difficilement vérifiables - et parfois peu compréhensibles - elle réalise (donne accès à l'existence) de somptueuses saveurs, des odeurs délectables et, nourrissant le corps, elle permet à ceux qui en ont le développement de l'esprit. Car on peut se passer des subtilités mathématiques du physicien, on peut se passer des profondeurs aporétiques du philosophe, on peut se passer des imprécations du prophète, on peut se passer ses soupirs de la sainte et des cris de la fée (Nerval), mais l'on ne peut pas se passer de pain, de maïs, de riz ou de couscous ! En tout cas, je ne me passe pas de "carbonnades flamandes", de "boulets à la liégeoise", de "filet américain", de "spéculoos", de "gaufres de Bruxelles", de "chicons", de "cramique", et je n'oublie ni le bordeaux, ni le minervois, ni le cahors, ni le beaujolais, ni le bourgogne, ni le château-neuf-du-pape, ni même (mais avec modération) le coca-cola.

Et si Jean-Paul Sartre a dit que chez l'homme "l'existence précède l'essence", je proclame que chez l'homme "la cuisine précède l'existence". Essayez de vous "engager" entre l'être et le néant l'estomac vide...

Au vrai, si la Technique est le coeur vibrant de l'Humain, comme je l'ai montré dans mon essai "Le signe de l'humain - Une philosophie de la technique" (2005), la Cuisine est la source originaire de la Technique, et l'homme a d'abord inventé l'outil pour étendre ses sources nutritionnelles. Voilà pourquoi il me fallait étudier de manière approfondie et critique l'origine et l'évolution de la cuisine. Et j'ai fait paraître mon "Histoire de la cuisine - Une philosophie du goût" chez Jourdan, en 2013.

Pour être un homme cultivé, il faut connaître les rugissements du violoncelle chez Zoltan Kodaly et savoir apprécier les vers de Nerval, mais il peut être plus radicalement nécessaire de connaître l'histoire de la sauce Béchamel, de la crêpe Suzette, du baba au rhum, du poulet Marengo...

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Histoire de la physique

29 Décembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Science, #Philosophie, #Histoire

La Physique est la plus formidable, la plus sensationnelle, la plus époustouflante, la plus belle, la plus passionnante, la plus captivante construction de l'esprit humain. Elle n'est pas un dogmatisme fanatique comme les religions - elle se remet constamment en questions. Elle n'est pas un passe-temps surévalué par ses producteurs comme la Littérature - elle débouche sur des propositions vérifiables concernant la place de l'homme dans l'Univers. Elle n'est pas un ensemble de discours contradictoires agitant l'agressivité des humains comme la Politique - elle se développe dans la paisible sérénité des laboratoires. Et si vous n'aimez pas la Physique, c'est parce qu'elle situe l'homme comme une chose parmi les choses, qu'elle décrit l'Univers comme un Être immense, muet et aveugle, parce qu'elle ridiculise les espérances, qu'elle démasque comme fantasmes et illusions. La Physique est le comble de l'humanisme, parce qu'elle en démantèle les illusions fondatrices tout en situant l'homme au-dessus de l'Univers, qui l'accable mais que quelques hommes sont capables de penser...

J'ai publié, chez Vuibert (Paris), une "Histoire de la physique" en deux volumes, totalisant 714 pages : "Penser le monde" (2006) et "Expliquer l'Univers" (2008), respectivement consacrés à la physique depuis Thalès de Milet (qui invente le mot "physique") jusqu'en 1900 et à la physique de 1900 à nos jours. La césure en 1900 s'imposait : c'est alors que Max Planck pose les premières bases de la Mécanique quantique, à l'origine de la Théorie quantique des champs et du Modèle standard des particules élémentaires.

En 714 pages, je n'ai pas eu (cela devrait aller de soi) la prétention de tout dire. On comparera d'ailleurs mon travail à d'autres "Histoires de la physique" en français, comme celles de Reichen (1963 : 112 pages), de Locqueneux (1987 : 127 p.), de Maury (2000 : 231 p.), et de Boudenot (2001 : 367 p.).

La Physique, fondée vers 600 avant Jésus de Nazareth par le Grec Thalès, est le premier pas de la recherche débarrassée des préjugés des traditions qui sera la philosophie. Le contraste est saisissant entre l'accumulation extraordinaire des résultats (amplement vérifiés par de très nombreux contrôles) de la Physique et l'absence totale d'acquis indiscutables de la philosophie en dehors de la physique (appelée jusqu'au XVIIIème siècle "philosophie naturelle"). Personne ne peut nier l'existence des atomes, des neutrons, de la gravitation. Mais je voudrais bien connaître une seule, une unique proposition de la philosophie qui atteindrait le même degré de certitude.

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La Lettre de l'AEB

27 Décembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Littérature

Je lis toujours avec bonheur, et avec même un vif sentiment d'admiration, la "Lettre de l'AEB", publication périodique de l'Association des Ecrivains belges. Car c'est un bonheur et une fête pour l'esprit de découvrir, chaque mois ou presque, un échantillon, toujours choisi avec intelligence et finesse, de la récente et si variée production littéraire des hommes et des femmes qui, en Belgique, se livrent à l'absorbant et délicat travail d'écriture. Ne dit-on pas que la Belgique, minuscule par son territoire et modeste par sa démographie (et encore, tous les Belges ne parlent pas le français), est grande et belle par ses contributions à la Littérature Française, un des fleurons de l'Esprit humain ?

Dans la livraison de décembre, la "Lettre" nous offre les comptes rendus de quelques-uns des meilleurs ouvrages parus récemment, dus à des membres de l'AEB et judicieusement sélectionnés par des membres de l'AEB. C'est ainsi que France Bastia (romancière, directeur de la "Revue Générale" et président d'honneur de l'AEB) nous donne les recensions de deux romans. "La solitude du papillon" (Laurence Bertels), d'après Bastia, est "un roman sur l'amour et l'amitié", et dans "Trop lourd pour moi" (Daniel Charneux), nous révèle la même, "que de tableaux délicats, que de descriptions pleines de finesse, que de poésie" !

En fait de poésie, deux recueils de poèmes sont analysés avec subtilité dans la "Lettre" de décembre. Marcel Detiège nous parle, avec sa pénétration critique coutumière, du dernier livre de Claire Anne Magnès, "La maison des horloges", en notant que "les amoureux se remémoreront le vertige d'un émoi qui est toujours premier quand on l'éprouve". Et Philippe Leuckx, tout aussi apte à capter les fines résonances des mots du poète, nous parle de "Elle sait" (Françoise Lison-Leroy), qui est un ensemble de "beaux poèmes en prose, autour de deux sujets, la femme et le temps".

Il y a aussi le théâtre, avec le compte rendu, par Anne-Michèle Hamesse, du dernier ouvrage d'Isabelle Bielecki, écrivain russo-polono-belge (je veux dire née d'un père russe, d'une mère polonaise et vivant en Belgique) : "Les déracinés". Il s'agit d'un ensemble de trois pièces qui, comme le dit si bien Hamesse, "en nous livrant des figures attachantes de femmes et d'hommes, nous enferment dans un cercle enchanté".

Enfin, pour compléter cette belle brochette de belles évocations de beaux livres, Renaud Denuit (vice-président de l'AEB, philosophe, poète, ancien journaliste...) nous parle avec l'enthousiasme qui convient de la biographie enthousiaste par Marc Danval d'un polyenthousiaste (aux hommes exceptionnels il faut des qualificatifs exceptionnels), Goffin. Le titre de l'essai : "Robert Goffin, avocat, poète et homme de jazz". L'excellente notice de Denuit se termine par une judicieuse observation : "une oeuvre poétique immense, qui démontre que la grandeur littéraire n'est pas réservée aux monomaniaques de la littérature". Je rappelle que Robert Goffin, entre autres hauts faits, fut le premier écrivain, en Belgique, à s'intéresser (avec enthousiasme) au jazz, et à donner d'excellentes études historiques sur cette musique.

Et je peux conclure. Les écrivains belges existent. Je les ai rencontrés !

Une vidéo de l'auteur à la librairie Filigranes, à Bruxelles :

https://www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Pour une epistemologie des mathematiques

24 Décembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

Mes recherches épistémologiques, résumées dans trois ouvrages (1), m'ont conduit à reconnaître que le progrès mathématique résulte de l'effet de deux fonctions mentales, la généralisation et la négation. L'on pourrait certes taxer cette proposition de psychologisme, mais je vois mal comment un progrès intellectuel ne viendrait pas de l'usage de l'intelligence. Celle-ci étant conçue dans son acception la plus large de "facultés mentales", comprenant bien sûr la mémoire et l'imagination. Qu'il existe un "progrès mathématique" est le point d'évidence d'où doit partir la réflexion épistémologique, et toute l'histoire des nombres (arithmétique) et des formes (géométrie) montre sans possibilité sérieuse de contestation que le savoir mathématique s'est construit historiquement, et qu'il s'est construit à partir de concepts empiriques très simples, comme "un (isolé) et deux (accouplé)", ou comme "droit et courbé". On peut avec profit doubler l'étude de l'histoire des mathématiques par celle des acquisitions mathématiques chez l'enfant (par exemple les beaux travaux de Jean Piaget : La naissance du symbole chez l'enfant, 1945), ce qui confirme que l'esprit humain, dans son développement individuel comme dans son histoire, passe du simple au compliqué. Cela se confirme d'ailleurs dans l'histoire des autres systèmes de pensée (physique, biologie, philosophie, et même dans la "pensée religieuse", la théologie chrétienne d'aujourd'hui étant plus complexe que celle du concile de Nicée en 325).

La généralisation est le processus mental par lequel on passe de A à B, B étant plus "général" que A. Jean Pelseneer (Esquisse du progrès de la pensée mathématique, 1935) a bien montré que chez les primitifs la numération a commencé par "un, deux, beaucoup", les peuplades les plus primitives ne disposant que d'un vocabulaire restreint pour la numération. La généralisation est une continuation, une marche en avant : ayant 1 puis 2, je découvre 3 en continuant dans la même direction, et ainsi se construit l'ensemble N.

La négation est le processus mental par lequel on passe de A à non-A, par exemple quand on considère un objet "droit" puis un objet non-droit, c'est-à-dire "courbe". Contrairement à la généralisation qui est une continuation, la négation est un retour.

Les grandes étapes de la mathématique sont ainsi des négations (les nombres négatifs Z par rapport à N, les géométries non-euclidiennes par rapport à la géométrie de l'espace ordinaire...) ou des généralisations (de l'espace tridimensionnel à l'espace à n dimensions, des nombres aux vecteurs puis des vecteurs aux tenseurs...).

Je ne vois pas d'inconvénient à qualifier cette épistémologie de "hégélienne" (négation de la thèse à l'antithèse, et généralisation qui mène à la synthèse), voire même de "aristotélicienne" (on sait que le Stagirite a centré toute sa logique sur l'opération mentale de négation).

Mais pourquoi l'esprit humain est-il capable de généraliser (de marcher toujours plus loin) et de nier (de revenir sur ses pas) ? Et surtout, pourquoi, sur des milliards d'individus, n'y en a-t-il que si peu s'étant effectivement servi de leurs facultés de généralisation et de négation ?

Psychologisme ? En tout cas, le philosophe doit prendre en compte que l'intelligence, si elle est bien répandue, est rarement bien utilisée.

(1) JCB : Nouvel Abrégé d'histoire des mathématiques, Vuibert, Paris, 2002.

JCB : Mathématique et vérité, L'Harmattan, Paris, 2005.

JCB : Histoire des mathématiques, Vuibert, 2014.

Une vidéo de l'auteur à la librairie Filigranes, à Bruxelles :

https://www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Sur l'epistemologie des mathematiques

24 Décembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Mathématiques

Mes recherches épistémologiques, résumées dans trois ouvrages (1), m'ont conduit à reconnaître que le progrès mathématique résulte de l'effet de deux fonctions mentales, la généralisation et la négation. L'on pourrait certes taxer cette proposition de psychologisme, mais je vois mal comment un progrès intellectuel ne viendrait pas de l'usage de l'intelligence. Celle-ci étant conçue dans son acception la plus large de "facultés mentales", comprenant bien sûr la mémoire et l'imagination. Qu'il existe un "progrès mathématique" est le point d'évidence d'où doit partir la réflexion épistémologique, et toute l'histoire des nombres (arithmétique) et des formes (géométrie) montre sans possibilité sérieuse de contestation que le savoir mathématique s'est construit historiquement, et qu'il s'est construit à partir de concepts empiriques très simples, comme "un (isolé) et deux (accouplé)", ou comme "droit et courbé". On peut avec profit doubler l'étude de l'histoire des mathématiques par celle des acquisitions mathématiques chez l'enfant (par exemple les beaux travaux de Jean Piaget : La naissance du symbole chez l'enfant, 1945), ce qui confirme que l'esprit humain, dans son développement individuel comme dans son histoire, passe du simple au compliqué. Cela se confirme d'ailleurs dans l'histoire des autres systèmes de pensée (physique, biologie, philosophie, et même dans la "pensée religieuse", la théologie chrétienne d'aujourd'hui étant plus complexe que celle du concile de Nicée en 325).

La généralisation est le processus mental par lequel on passe de A à B, B étant plus "général" que A. Jean Pelseneer (Esquisse du progrès de la pensée mathématique, 1935) a bien montré que chez les primitifs la numération a commencé par "un, deux, beaucoup", les peuplades les plus primitives ne disposant que d'un vocabulaire restreint pour la numération. La généralisation est une continuation, une marche en avant : ayant 1 puis 2, je découvre 3 en continuant dans la même direction, et ainsi se construit l'ensemble N.

La négation est le processus mental par lequel on passe de A à non-A, par exemple quand on considère un objet "droit" puis un objet non-droit, c'est-à-dire "courbe". Contrairement à la généralisation qui est une continuation, la négation est un retour.

Les grandes étapes de la mathématique sont ainsi des négations (les nombres négatifs Z par rapport à N, les géométries non-euclidiennes par rapport à la géométrie de l'espace ordinaire...) ou des généralisations (de l'espace tridimensionnel à l'espace à n dimensions, des nombres aux vecteurs puis des vecteurs aux tenseurs...).

Je ne vois pas d'inconvénient à qualifier cette épistémologie de "hégélienne" (négation de la thèse à l'antithèse, et généralisation qui mène à la synthèse), voire même de "aristotélicienne" (on sait que le Stagirite a centré toute sa logique sur l'opération mentale de négation).

Mais pourquoi l'esprit humain est-il capable de généraliser (de marcher toujours plus loin) et de nier (de revenir sur ses pas) ? Et surtout, pourquoi, sur des milliards d'individus, n'y en a-t-il que si peu s'étant effectivement servi de leurs facultés de généralisation et de négation ?

Psychologisme ? En tout cas, le philosophe doit prendre en compte que l'intelligence, si elle est bien répandue, est rarement bien utilisée.

(1) JCB : Nouvel Abrégé d'histoire des mathématiques, Vuibert, Paris, 2002.

JCB : Mathématique et vérité, L'Harmattan, Paris, 2005.

JCB : Histoire des mathématiques, Vuibert, 2014.

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Materialisme et idealismes

16 Décembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

Mes études, mes réflexions, mes enquêtes m'ont conduit au matérialisme, avec il est vrai une forte dose de scepticisme : sait-on jamais ? Le matérialisme est unique, parce que la matière est unique, ontologiquement identique à mes réalités corporelles qui sont la base du concept de matière. Je ne sache pas qu'un seul philosophe ait jamais soutenu l'idée d'une diversité de nature ontologique entre les corps de messieurs Dupond, Dupont et Machin... Par contre, les idéalismes, qui s'opposent au matérialisme, sont innombrables, car l'esprit humain peut imaginer sans limites des "réalités" non corporelles, et l'on trouve parmi les idéalismes les religions (qui d'une manière ou d'une autre admettent l'existence d'un monde "spirituel" distinct du monde de la matière, observable et palpable, full of sound and fury), les idéologies (qui affirment l'existence d'un monde des "valeurs"), plusieurs philosophies. A commencer par celle de Platon, car le platonisme, avec son monde sensible et son monde des idées, n'est pas autre chose qu'un essai de rationalisation du dualisme des religions.

Mais ce qu'il est intéressant et curieux d'observer dans l'espèce humaine, c'est à quel point la plupart des idéalistes détestent les matérialistes. Cette détestation va, on le sait par l'Histoire et par l'Actualité, jusqu'à l'assassinat et les massacres, et au nom de leur "idéal" (Dieu le Père infiniment bon, ou Allah qui est si grand, ou l'Esprit de Hegel et de Bergson...) la plupart des idéalistes vouent les matérialistes aux gémonies, et les injurient quand ils ne sont pas en mesure de les abattre ! Pourquoi, mais pourquoi diable (ou dieu, ou valeur quelconque) cela dérange-t-il tant les idéalistes qu'on ne partage pas leurs croyances ? Pourquoi tant de haine ?

Je n'éprouve pas le besoin d'insulter, de mépriser ceux qui croient en des réalités non matérielles. J'ai la conviction qu'ils ont tort, mais pourquoi des insultes ? Quand j'étais (il y a bien longtemps) chercheur en biologie, je me suis plusieurs fois trouvé en désaccord avec des botanistes ou des agronomes. Nous en discutions calmement, sans insultes, et cela me paraît être un des caractères de dignité de l'Esprit humain, même si je ne crois pas à l'Esprit. Mais aujourd'hui, dans certains milieux, quand vous mettez en doute l'existence des anges, des démons ou des droits-de-l'homme, vous devez vous attendre aux pires injures !

Par quel mécanisme psycho-social la croyance en une réalité invérifiable engendre-t-elle la haine la plus noire pour ceux qui ne la partagent pas ? La foi ne soulève pas des montagnes, mais elle conduit à l'épouvantable. La colère de bébé est terrible quand on casse ses jouets.

Une vidéo de l'auteur à la librairie Filigranes, à Bruxelles :

https://www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Le primat de la Technique

14 Décembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Technique

L'idée fondamentale à la base de tout mon travail philosophique est particulièrement simple et totalement évidente, c'est la constatation que l'humanité (le caractère distinctif de l'animalité) est la conséquence de la Technique, que c'est l'outil qui a créé l'homme. Je ne sais pas encore avec certitude si chez l'homme l'existence précède l'essence (Heidegger, Sartre), mais ce qui me semble certain c'est que chez tout homme la Technique précède l'existence. Etre, c'est d'abord vivre, et l'on ne peut vivre qu'en mangeant, et il faut des moyens "techniques" pour se procurer de la nourriture. Le plus acharné de mes contradicteurs, après son déjeuner ou son petit déjeuner, ne pourra pas le nier, la Technique est primordiale, dans le sens fort et ontologique du terme : elle fonde l'humain. Et le plus fanatique des spiritualistes, qui me répétera, dans les transes de la foi, que c'est un dieu qui a créé l'homme, ne nie pas que l'homme a besoin de riz ou de pain, et que les aliments ne peuvent être produits que par la Technique (voir, chez les chrétiens, le très significatif miracle de la multiplication des pains).

Cette idée semble à d'aucuns vulgaire, voire simpliste, et cette "vulgarité" a nui à la diffusion de ma philosophie. Les intellectuels germanopratins préfèrent méditer sur l'inconscient (Freud), sur la liberté (Sartre) ou sur le plan d'immanence (Deleuze) plutôt que sur les locomotives, les métiers à tisser ou les lampes à pétrole. Le parisianisme préfère parler de concepts que de réalités. Mais ce dédain pour la technique (et pour la science qui en découle, Heidegger ne disait-il pas que "la science ne pense pas") est instructif. Cette forclusion des réalités techniciennes par la majorité des "penseurs" (même Bachelard n'a pas écrit un seul paragraphe sur la technique), est révélatrice : l'homme pensant veut ignorer ses origines, il veut s'halluciner en croyant que le propre de l'homme est dans la pensée, dans le langage, dans le rire, dans la culture...

Certes, l'Humanité ne vit pas que de tenailles, d'arbres à cames et de pétrochimie, elle a aussi besoin de rêves, et elle a inventé la démocratie (qui, au fond, est d'abord une technique de gestion des conflits sociaux), la musique (qui est peut-être d'abord une technique de lutte contre l'ennui) et les contrepèteries. Mais, d'abord et avant tout, pour son existence même, elle a d'abord besoin d'outils, de machines et de systèmes technologiques.

J'aurais bien aimé fonder ma réflexion sur des constatations plus exaltantes, sur l'enthousiasme nietzschéen du sur-homme ou sur la détestation évangélico-marxisto-socialiste des riches, par exemple. Mais je n'ai trouvé, pour distinguer l'homme de la bête, que la Technique (dont dérivent les rites et les religions, les mythes et la philosophie et la science, les littératures et les beaux-arts). Mais je n'ai trouvé comme signe distinctif que l'intelligence créatrice d'instruments permettant à l'homme (ce singe technicien) de résister aux persécutions de la nature, et d'abord à celles de son estomac.

Simpliste ? Dites-le à un affamé, si c'est simpliste de "trouver" à manger...

Sur la Technique, voir mes livres :

- 2003 : De l'outil à la machine,

- 2004 : De la machine au système,

- 2005 : Le signe de l'humain - Une philosophie de la technique,

- 2011 : Curieuses histoires des inventions.

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Histoires belges

12 Décembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Belgique

J'ai fait paraître, sans compter quelques articles dans des revues, cinq livres consacrés à divers aspects de l'histoire de la Belgique, petit royaume (11 millions d'habitants) n'existant que depuis 1831, enclavé entre la France et l'Allemagne, les deux pays qui ont dominé l'histoire de l'Humanité pendant quelques siècles. Maintenant, c'est fini, la France et l'Allemagne étant en voie de sous-développement. Quant à la Belgique, elle est ravagée par les grèves et les discours haineux contre ceux qui tentent de produire, et elle va disparaître par islamo-socialisme multiculturel.

Ces livres sont "Les ingénieurs belges" (1986), "Histoire des sciences et de l'industrie en Belgique" (2007), "A quoi pensent les Belges ?" (2010), "Les plus grands Belges" (2014), "Les plus grands ingénieurs belges" (2014). A ce jour, mes deux ouvrages sur les ingénieurs sont les seules études qui existent sur l'histoire de cette profession dans l'historiographie de la Belgique.

J'ai tenté de remettre à leur place quelques "gloires nationales", mais je ne me suis pas empêché d'écrire en toute subjectivité, l'histoire n'étant pas une science exacte. Mais c'est plus qu'un travail littéraire, c'est une tentative de réflexion sur l'importance relative des personnages historiques. Emile Verhaeren est-il plus ou moins important que Lucien Noullez ou qu'Yves Namur ? Ernest Solvay est-il plus ou moins important que le Grand Jojo ou que Michel Ducobu ? Ilya Prigogine est-il plus ou moins important qu'Isabelle Bielecki (deux Belges d'origine russe) ? René Magritte est-il plus ou moins important que Louis Mathoux ? Chaïm Perelman est-il plus ou moins important que Michel Meyer ? Adolphe Sax est-il plus ou moins important que Jacques Van Rillaer ? Les banquiers sont-ils plus importants que les syndicalistes ? Les philosophes (rares en Belgique) sont-ils plus importants que les chanteurs de music-hall ?

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Les elements chimiques

11 Décembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Chimie, #Histoire

Dans mon livre "A la découverte des éléments de la matière" (Vuibert, Paris, VI+170 pages), j'ai reconstitué l'histoire des découvertes successives des éléments chimiques (une centaine !). Je me suis attaché tout particulièrement à montrer les chemins par lesquels les chimistes sont passés pour, à partir de l'idée de "corps simple" (Antoine-Laurent de Lavoisier, 1789), aboutir au tableau des éléments de Dimitri Mendéléev (1869). J'ai repéré et analysé les travaux de quelques précurseurs de la classification "périodique", tels que Johann W. Döbereiner, Leopold Gmelin, John A.R. Newlands, William Odling, Alexandre-Emile Béguyer de Chancourtois, et quelques autres.

Véritable roman de l'aventure de l'esprit humain aux prises avec le Réel, ce livre raconte des faits passionnants et des idées parfois étonnantes. Son intérêt épistémologique est évident, puisqu'il montre concrètement (j'ai travaillé à partir des textes mêmes des auteurs) comment se fonde et se vérifie une théorie scientifique. Et il s'agit d'une théorie particulièrement importante, puisqu'elle est devenue la base de toute la chimie. Je montre, en particulier, le rôle décisif des observations quantitatives : détermination des masses atomiques.

Les enseignants de physique et de chimie (et aussi de philosophie) verront aussi l'intérêt pédagogique d'une telle recherche. Pour "expliquer" le tableau de Mendéléev, quoi de mieux que de montrer comment, dans l'histoire de l'Humanité, il s'est réellement construit ?

Quant au grand public, il aura l'occasion de comprendre la différence qu'il y a entre une proposition "scientifique" et une fumisterie. A notre époque, ça peut servir !

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Marre de la Pensee Unique !

1 Décembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique

Est-ce que l'Humanité comporte 7,4 milliards d'individus, oui ou non ?

Est-ce que la France comporte 0,06 milliard d'individus, oui ou non ?

Est-ce que les salaires sont plus élevés en France qu'en Chine, oui ou non ?

Est-ce que la compétitivité des entreprises dépend des salaires, oui ou non ?

Est-ce que le terrorisme islamiste est en progrès depuis 40 ans, oui ou non ?

Est-ce que l'Humanité comporte 1,5 milliard de musulmans, oui ou non ?

Est-ce que les terroristes islamistes sont de confession musulmane, oui ou non ?

Est-ce qu'en multipliant les grèves on crée des emplois, oui ou non ?

Est-ce que la mer Méditerranée touche le territoire français, oui ou non ?

Est-ce que la République française est criblée de dettes, oui ou non ?

Est-ce que les catastrophes naturelles détruisent des richesses, oui ou non ?

Est-ce que le vandalisme et les sabotages détruisent des richesses, oui ou non ?

Est-ce que les intellectuels doivent chercher la vérité, oui ou non ?

Est-ce que la courbe du chômage va s'inverser prochainement, oui ou non ?

Est-ce que le fanatisme religieux va disparaître prochainement, oui ou non ?

Est-ce que la population humaine diminue malgré deux guerres mondiales, plusieurs génocides, de nombreuses famines, la tuberculose, le cancer, l'obésité, les déficiences mentales, le sida, l'ébola, les fièvres aviaires ?

Est-ce que les intellectuels sont capables de répondre à ces questions sans être emportés par une hystérie idéologique due à la une structure présuppositionnelle engendrée par des conditionnements d'origine émotionnelle et non intellective, et sans agiter compulsivement les fétiches des droits-de-l'homme, de la démocratie, de l'herméneutique (Gadamer), de la médiologie (Debray), de la problématologie (Meyer), de la "différance" (Derrida), de l'éthique (Badiou) ?

Est-ce que les penseurs submergés par les masses humaines sont encore capables de penser, avec pour avenir la violence démographique et pour horizon la souffrance ?

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