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Jean C. Baudet

A propos de mes adversaires

30 Octobre 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Philosophie poesieJe suis très conscient que j'ai de nombreux adversaires, et je renonce à en faire le compte exact. Quand je refuse toute valeur cognitive aux traditions, j'ai contre moi environ 7 milliards de chrétiens, de musulmans, de socialistes, de bouddhistes et de croyants en d'autres superstitions. Quand je pense que l'intuition n'est qu'une illusion ou une réminiscence et qu'elle n'a dès lors aucune valeur pour nous approcher du Réel, j'ai contre moi tous les poètes, les artistes, les distillateurs de quintessence, ceux qui croient que les objets inanimés ont une âme, ceux qui pense que les albatros sont les princes du savoir, les femmes sensibles, les hommes d'esprit (es-tu là ?), les enfants de leur petit village, les nostalgiques du passé, les réformateurs sociaux du futur, les processionnaires d'idées généreuses et ceux qui trouvent je ne sais trop quoi "au plus profond de leur coeur", sans compter les disciples attardés de Bergson.

 

Aussi n'ai-je jamais rêvé de m'entourer d'apôtres. Au vrai, si la fantaisie me prenait de rassembler des disciples, je n'en trouverais pas douze, par même cinq, pour leur jouer le coup de la dernière scène. Et c'est très bien ainsi, je n'ai pas besoin d'approbations, j'ai besoin d'arguments, pour ou contre.

 

Et, n'ayant trouvé comme moyens de connaissance que l'observation et le raisonnement, j'observe et je raisonne, et je me résouds à vivre mes chagrins, mes cancers et mes furoncles dans l'ignorance de ce fameux "sens de la vie" que connaissent si bien 7 milliards de gens, mais que moi je n'ai pas encore rencontré.

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Connaissance et illusions

29 Octobre 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Cur PenseeLa question centrale de la philosophie reste, après deux mille et six cents années d'effort pour y répondre, celle de la connaissance : comment puis-je connaître, non pas le monde (comme disait Albert Camus dans Le mythe de Sisyphe : je me fous du mouvement des planètes ou du nombre des bosons - il le disait avec plus d'élégance et de retenue), mais ce que je dois attendre du monde - c'est-à-dire de mon Avenir : Paradis, Enfer ou Néant ? Toutes les autres questions ne sont que des divertissements, des amusettes, comme le disait un autre littérateur, Blaise Pascal.

 

Car il n'y a pas à douter de mon existence, ni de toutes ces choses qui affectent mon désir d'être - désir qui se développe et s'amplifie dans le bonheur (quand le Réel, le Monde, l'Être me procure du plaisir) et qui s'atténue ou même disparaît quand le Réel me procure souffrances et chagrins.

 

D'où le primat de l'épistémologie, et la disqualification des idéologies et des superstitions quand elles omettent de réfléchir à l'origine de leurs pseudo- savoirs. C'est un exercice facile pour l'historien des systèmes de pensée de découvrir les mythes fondateurs de toutes nos croyances...

 

Depuis Kant - mais certains précurseurs s'étaient déjà rapprochés de cette position - nous savons que la conscience (autre nom du Moi et du Je) ne se remplit d'intellects qu'à partir d'affects venus des sens - en contact avec un univers "extérieur" (extérieur au Moi, pas nécessairement extérieur au corps). A partir de la critique kantienne (die Sinnlichkeit und der Verstand), j'ai développé une épistémologie - appelée "éditologie" pour des raisons circonstantielles - qui ne reconnaît que deux moyens de connaissance, l'observation (Sinnlichkeit) et le raisonnement (Verstand). Toute ma méditation - qui a commencé à Bujumbura le 5 octobre 1968 - n'a pas encore trouvé de "troisième voie" pour la construction de savoirs fiables, et je réfute (dans l'état actuel de ma recherche) la valeur cognitive de l'intuition, des traditions, ou de la "démarche poétique" (voir Jacques Sojcher : La démarche poétique, 1969). Quand on ignore, il faut savoir que l'on ignore.

 

 NB.- Schéma de la cognition : affect ---> intellect ---> concept.

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Science et religions

14 Octobre 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Et voici la Voie octuple du Savoir.
 
1.- Les religions sont multiples ; la science est unique.
2.- Les religions sont archaïques ; la science est très récente.
3.- Les religions sont simples ; la science est difficile.
4.- Les religions sont pauvres ; la science est complexe.
5.- Les religions sont dogmatiques ; la science est en recherche.
6.- Les religions sont fermées ; la science est ouverte.
7.- Les religions sont invérifiables ; la science est vérifiable.
8.- Les religions sont fanatiques ; la science est sereine.
 
Pour étudier les origines psychologiques et historiques des religions :
J.C. Baudet : Curieuses histoires de la Pensée,
éditions Jourdan, Bruxelles, 2011, 601 pages.
Cur Pensee
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Isabelle Bielecki ou "Le Jouir et le Néant"

13 Octobre 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Bielecki.jpgVoici une très belle vidéo du poète belge Isabelle Bielecki, que l'on peut admirer en cliquant sur le lien:

 

Le texte est admirable, les couleurs sont d'une belle intensité et le spectacle poético-visuel se déroule dans une tension soutenue qui entraîne le spectateur dans un des coins les plus secrets de l'être - ou du néant ! Il me semble que l'on pourrait aller jusqu'à dire, comme le Poète Absolu: "les images, les couleurs et les sons se répondent".

 

La proximité de l'onirique et de l'érotique (deux sources du poétique, deux chemins détournés vers le Vrai) est magnifiquement évoquée, et je retiens "je renie ma pudeur pour devenir oiseau de septembre", ou encore le terrible et peut-être définitif "ma chute vers le Néant".

 

Le film est réalisé à partir du recueil "Les Jalousies d'Aphrodite", éditions Le Coudrier.

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Julien Ries et les religions

10 Octobre 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Monseigneur Julien Ries, né à Arlon (Belgique) en 1920, et qui a été fait cardinal tout récemment, vient de faire paraître aux éditions Cerf (Paris) un excellent livre "Les origines des religions", magnifiquement documenté et pourvu d'une très riche iconographie, dont de nombreuses illustrations en quadrichromie. Héritier de Georges Dumézil, de Mircea Eliade et de Rudolf Otto, et immense lecteur, Mgr Ries s'est efforcé de donner une synthèse de tout ce que l'on sait sur l'origine et le développement du fait religieux. Bien entendu, il n'oublie pas qu'il est cardinal de l'Eglise catholique romaine, et son point de vue est celui d'un croyant, et même d'un prêtre. Mais il n'oublie pas non plus qu'il a appris à penser selon la "méthode scientifique", et il montre très clairement ce que l'on peut tirer des témoignages que l'on a de la vie religieuse - qu'il s'agisse d'ailleurs des primitifs ou des contemporains, et qui ne sont que de deux sortes : les témoins archéologiques (les monuments) et les témoins philologiques (les textes). Fétiches africains, bas-reliefs mayas, statues égyptiennes ou mésopotamiennes, peintures pariétales préhistoriques, tout cela forme une espèce de bric-à-brac mystique (et un beau livre) qui donne à penser. Très classiquement, le cardinal nous propose d'étudier ces faits selon les trois degrés successifs de l'histoire, de la phénoménologie et de l'herméneutique. Et il organise son exposé à partir de trois "faits", le symbole, le mythe et le rite. Passionnant ! Ne serait-ce que pour prendre conscience de cette réalité psychologique que l'être humain, qu'il soit dans la vallée de l'Amazone ou dans le désert du Sinaï, qu'il soit d'il y a cent mille ans ou d'aujourd'hui, répond toujours par les mêmes idées aux mêmes questions. 

 

On comprendra que dans mon blog je parle aussi de mes livres, et je convie évidemment mes "visiteurs" à comparer l'ouvrage de Julien Ries avec le mien, qui traite exactement du même sujet, et qui s'intitule "Curieuses histoires de la pensée" (Jourdan, 2011). Mon livre n'est pas illustré, mais comporte 601 pages (contre 239 chez Ries). Je ne prétends pas que la valeur d'un livre tient au nombre de ses pages, mais l'on a quand même un élément de comparaison. J'ai tenté de retracer (sur base des documents archéologiques et philologiques) les origines de la pensée humaine dans sa totalité, y compris l'avènement et les premiers développements de la philosophie - dont Mgr Ries ne parle pas, ce que l'on peut comprendre étant donné les relations "tendues" entre les prêtres et les philosophes.

 

On comprendra aussi que Julien Ries est pour moi un adversaire, mais un adversaire dont je salue et admire même, très sincèrement, la vaste érudition, la profonde intelligence et l'étonnante puissance de travail. Est-ce le démon qui me pousse à écrire que je ne peux pas en dire autant de tous mes adversaires ?

 

Pour info, trois vidéos :

Télé Bruxelles

Canal C (Namur)

www.canalc.be/index.php?option=com_content&view=article&id=100001595:entree-libre-de-jean-baudet-&catid=114:entree-libre&Itemid=56

Librairie Filigranes (Bruxelles)

 

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