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Jean C. Baudet

Articles avec #civilisation tag

Sur la civilisation

15 Janvier 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Civilisation

Il faudra quand même tirer les conclusions du fait que la civilisation qui a découvert la gravitation universelle, la relativité du temps, la mécanique quantique, les particules subatomiques, le mécanisme de l’hérédité ; que la civilisation qui a donné à l’Humanité la bicyclette, l’automobile, le téléphone, l’avion, la télévision, l’ordinateur, les vaccins et les antibiotiques est aussi celle qui a critiqué le judaïsme, le brahmanisme, le bouddhisme, le christianisme, l’alchimie, l’astrologie, l’animisme, l’islam, le spiritisme, et qui a développé le doute philosophique.

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La Civilisation et les douleurs

21 Novembre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Civilisation, #Philosophie

De nombreux hommes se soucient du sort de l’Humanité et de l’avenir de la Civilisation. C’est qu’il y a de quoi s’inquiéter : chômage, famines, réchauffement de l’atmosphère, misère, obscurantisme religieux, terrorisme islamiste, disparition annoncée des baleines et des éléphants, immigrations massives, drogues, développement de l’autoritarisme (Corée du Nord, Russie, Turquie…), etc. Mais que peut-on faire ? Voter pour Clinton plutôt que pour Trump ? Soutenir Juppé plutôt que Fillon ? On voit bien que l’individu ne peut guère influencer les tendances lourdes de l’Histoire, et pourtant de nombreux hommes se soucient du sort de l’Humanité. C’est pour éviter d’avoir à penser à leur propre destin. Car il est « écrit », et rien ne peut le changer : vieillissement, douleurs, agonie, mort ! C’est pour échapper à la pensée sur soi et sur son inéluctable déchéance que l’homme se préoccupe de l’Humanité. Il se réfugie dans « l’oubli de l’Être » (Heidegger), qui est en fait l’oubli de son être et de son devenir, pour ne pas penser. Car « penser », ce n’est pas spéculer sur les énergies « renouvelables », sur le développement « durable », sur le commerce « équitable », sur le « vivre-ensemble » et sur la bonne « gouvernance », penser c’est avoir pleinement conscience de sa finitude et des souffrances qui attendent chacun. Pascal, déjà, avait compris que ce qu’il appelait le divertissement n’est qu’un subterfuge du vivant pour oublier la mort et pour entretenir une plaisante insouciance. Et malgré leur splendeur parfois sublime, l’Art, la Musique, la Littérature et la Poésie ne sont que d’astucieuses machinations du vivant pour éviter de penser à la mort. Même les histoires les plus tristes imaginées par les dramaturges, même les romans les plus noirs ou les chants les plus désespérés ont pour but de nous distraire de la « vraie vie », de ce que Heidegger, encore lui, appelait « Être et Temps ».

Ainsi, la philosophie vraiment « profonde » n’est pas l’érudition des professeurs qui décortiquent pendant toute une vie studieuse les dialogues de Platon, ou qui tentent de déterminer si le spinozisme était un matérialisme ou un panthéisme. Ainsi, la philosophie vraiment « authentique » ne consiste ni à forger des concepts, ni à rassurer le bon peuple avec de belles phrases sur l’honneur de l’humanité, sur la liberté et l’égalité, et sur l’amour, comme dans les chansons. La philosophie vraie n’est ni l’étalage d’un savoir rare, ni une consolation. C’est la recherche du réel. Peut-être y a-t-il « quelque chose » après la mort mais, en attendant, il y a au moins la certitude, pour chacun dans sa solitude « existentielle », de douleurs à venir, chagrins inconsolables ou souffrances physiques insupportables. C’est moins amusant qu’une chanson de Charles Trenet ou qu’un monologue de Raymond Devos. Mais, si ça vous fait du bien, vous pouvez chanter Y a de la joie ! en imaginant le « changement de système » (sic) qui apportera le bonheur à 8 milliards de mammifères doués d’une conscience et empoisonnant les sols, les eaux et l’atmosphère de leurs déjections.

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Sur la mort de Jean Baudet

12 Novembre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie, #Civilisation

Je suis prêt à mourir. Je ne suis pas vraiment pressé, mais le plus tôt sera le mieux. Car j’en ai marre de ce monde qui me dégoûte et me fait vomir, ce monde de bêtise, d’aveuglement sentimental, de pensée encadrée par les fanatismes les plus abjects ou par les bons sentiments bêlants ouvrant la porte à toutes les illusions. J’en ai marre des souffrances, des douleurs, et singulièrement des humiliations insupportables du vieillissement et des dégénérescences. Certes, j’admire encore les splendeurs trop rares de la Civilisation, dues à quelques hommes peu nombreux dans une population de milliards d’individus : la Science (le Polonais Copernic, l’Anglais Newton, le Suédois Linné, le Français Lavoisier, le Russe Mendéléev, l’Ecossais Maxwell, le Néerlandais van der Waals, l’Allemand Einstein, le Danois Bohr, l’Américain Hubble, l’Autrichien Schrödinger, le Wallon Lemaître, le Néo-Zélandais Rutherford, l’Américain Lawrence, le Japonais Yukawa, l’Italien Fermi, l’Américain Pauling, l’Américain Watson, l’Américain Feynman, l’Américain Gell-Mann, l’Américain Nirenberg…), la Technologie (Siemens, Peugeot, Bell, Edison, Ford, Boeing, von Braun, Gates…), la Musique (Mozart, Beethoven, Rachmaninov, Louis Armstrong, Miles Davis, Thelonious Monk, Messiaen, Jolivet…), la Littérature (Hergé et Simenon)… Certes aussi, je me réjouis encore parfois de ces autres merveilles civilisationnelles que sont la blanquette de veau, le gratin dauphinois, la choucroute, les saucisses de Francfort, le cassoulet, les saucisses de Toulouse, le foie gras, le chili con carne, le hamburger (avec du ketchup), le coq au vin, le filet américain (avec des pommes frites et beaucoup de mayonnaise), la sole meunière, le baba au rhum, la tarte Tatin, les spaghettis à la bolognaise, la truite aux amandes, le saumon fumé, la moussaka, le bœuf Stroganov (tout cela arrosé de champagne, de bordeaux, de corbières, de minervois, de rosé d’Anjou, de beaujolais, de bourgogne, et même de chianti et de valpolicella).

Mais toutes ces bonnes et belles choses n’occultent pas les misères du vieillissement individuel, ni les horreurs du déclin de la Civilisation, de plus en plus menacée de l’intérieur par la déchéance de la pensée critique et de l’extérieur par les fanatismes combattant venus des lointains déserts de sable.

Et ne venez pas, chers frères humains qui après moi vivrez, me consoler avec vos « pensées positives », votre « intelligence du cœur », votre « force de l’amour », votre « tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir », et autres « après la pluie le beau temps »… J’ai trop mal au ventre, ma vue se brouille, mes bras tremblent… Je vais réécouter un disque de Louis Armstrong. Cela s’appelle « What a beautiful world ». En attendant l’agonie.    

 

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Contre l'europeocentrisme

18 Septembre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Civilisation

Contre l'europeocentrisme

Les intellectuels de tous les pays doivent s’unir pour lutter contre l’européocentrisme, ce hideux révisionnisme historiographique qui privilégie et exagère les apports des Européens à la Civilisation de l’Humanité, en oubliant systématiquement les contributions décisives à la Civilisation des peuples d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et de l’Amérique précolombienne.

Les historiens des systèmes de pensée ont pu établir l’origine de nombreuses découvertes et inventions, et je me suis efforcé, dans mes travaux d’épistémologie, de tenir compte des avancées les plus récentes de la science historique. Il faut, disait un juif il y a deux mille ans, « rendre à César ce qui est à César », et ce judicieux principe reste la règle de tout travail historique se prétendant « scientifique ».

C’est ainsi que l’on peut considérer les faits suivants comme acquis.

Dès l’Antiquité, les Grecs Thalès, Pythagore, Euclide et quelques autres inventent l’arithmétique et la géométrie démonstratives, qu’il ne faut pas confondre avec les techniques rudimentaires du comptage et de l’arpentage, pratiquées dès la fin de la Préhistoire par les peuples les plus divers. Les mathématiques d’aujourd’hui, dans les universités du monde entier, utilisent encore les concepts helléniques de démonstration, de théorème, d’axiome…

Vers 250 de notre ère, le Grec Diophante invente l’algèbre. Vers 300, Zosime de Panopolis invente les manipulations « chimiques » qu’au Moyen Âge on appellera « alchimie ». C’est aussi pendant les premiers siècles de notre ère que sont inventés les chiffres décimaux (improprement appelés « chiffres arabes ») et le zéro. Il est établi que les mathématiciens et astronomes indiens étaient initiés aux mathématiques grecques.

En 1543, le Polonais de langue allemande Copernic propose l’héliocentrisme qui est la base de l’astronomie contemporaine. En 1610, l’Italien Galilée découvre l’existence d’étoiles invisibles à l’œil nu. En 1637, le Français Descartes invente la géométrie analytique. En 1687, l’Anglais Newton établit les équations de la gravitation universelle, qui sont encore utilisées aujourd’hui par les physiciens et les ingénieurs du monde entier, notamment pour calculer les trajectoires des fusées, des satellites artificiels et des sondes spatiales. En 1712, l’Anglais Newcomen invente la machine à vapeur, qui est le point de départ du développement de tous les moteurs thermiques. En 1735, le Suédois Linné invente la nomenclature binomiale des êtres vivants, utilisée universellement par les biologistes et les agronomes. En 1789, le Français Lavoisier met au point la chimie quantitative. En 1819, le Danois Oersted découvre l’électromagnétisme. En 1839, l’Allemand Schwann développe la théorie cellulaire des êtres vivants, base de la biologie et de la médecine contemporaines. En 1869, le Belge Gramme invente la dynamo, qui va permettre le développement de l’électrotechnique. En 1877, le Français Pasteur découvre le rôle pathogène des microbes. En 1895, les deux frères français Lumière inventent le cinématographe. En 1905, le juif allemand immigré en Suisse Einstein invente la théorie de la relativité, explique l’effet photoélectrique et découvre l’inertie de l’énergie. En 1912, l’Anglais Rutherford (d’origine néo-zélandaise) découvre le noyau des atomes. En 1927, le Belge Lemaître découvre l’expansion de l’Univers, base de la cosmologie contemporaine. En 1932, l’Anglais Chadwick découvre le neutron. En 1934, l’Italien Fermi réalise la fission de l’atome d’uranium, qui va permettre la maîtrise de l’énergie nucléaire. En 1946, le Français Réard invente le bikini.

Tout cela pose de nombreuses questions. Notamment celle-ci : que serait la Civilisation sans mathématique, sans astronomie, sans physique, sans chimie, sans biologie ?

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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La Civilisation une et indivisible

14 Septembre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Civilisation

La Civilisation une et indivisible

La Civilisation est l’ensemble des productions culturelles positives de l’Humanité. Elle rassemble toutes les réalisations, matérielles ou idéelles, qui concourent à l’amélioration de la condition humaine, et qui proviennent des innombrables cultures. Il ne faut donc pas confondre les cultures, liées à des collectivités ethniques ou linguistiques (la culture basque, celle des Noirs d’Amérique du Nord, la culture danoise, la culture arabe, etc.), avec la Civilisation, unique, qui en est la synthèse. Phénomène historique (et peut-être dialectique au sens de Hegel), la Civilisation est en constante évolution, et la Civilisation en 2016 est devenue très différente de ce qu’elle était en 1940 ou au temps de Jules César. Chaque culture, au cours de l’Histoire, a apporté à l’ensemble des hommes des éléments civilisationnels, parfois décisifs (l’écriture…), parfois dérisoires (le bilboquet…), et font donc partie de la Civilisation aussi bien la Grande muraille des Chinois que la tour Eiffel, les opéras de Puccini que le théâtre sanscrit, l’avion à réaction que la pince à linge (j’ignore au sein de quelle culture elle a été inventée), le Mahabharata que les évangiles, le Coran (lu comme un texte arabe du VIIème siècle) que les aventures du commissaire Julie Lescaut… Ainsi les diverses cultures diversifient les hommes, identifient, séparent, isolent et opposent, quand la Civilisation unifie les hommes, rassemble, relie et réconcilie. La Civilisation est le bien commun de l’Humanité, et être humain, c’est être civilisé, c’est partager avec des milliards d’hommes ce que des milliers d’hommes ont découvert et inventé pour résister aux agressions de la Nature : la faim et la soif, le trop froid et le trop chaud, l’ennui et les illusions, etc.

Qu’est-ce que la Civilisation ? C’est la démocratie, la liberté de penser et d’écrire, la recherche constante du sens de l’existence, le doute. C’est la pensée de Confucius, d’Averroès, de Kant, d’Onfray. C’est la chimie de Zosime de Panopolis, de Lavoisier, de Pauling. C’est la théorie de la relativité d’Einstein et la théorie de l’évolution de Darwin. C’est la géométrie d’Euclide, la trigonométrie d’Hipparque, l’arithmétique de Nicomaque, l’algèbre de Diophante, les chiffres décimaux de Brahmagupta, la géométrie analytique de Descartes, le calcul différentiel de Newton, le calcul intégral de Leibniz, le calcul tensoriel de Voigt, la théorie des ensembles de Bourbaki. C’est le cassoulet de Castelnaudary, c’est la saucisse de Francfort, c’est le jambon de Parme, c’est le riz cantonais des Chinois, c’est le chili les Mexicains. C’est le jazz de Louis Armstrong, c’est le rock and roll de Little Richard, c’est Hollywood et Bollywood, c’est toute la musique du monde. C’est le marteau et la faucille, le couteau et la fourchette, l’automobile et l’avion, le téléphone et l’ordinateur, la fusée et le robot, le bikini et le monokini.

La Civilisation ? C’est tout ce que détestent les islamistes.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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La Civilisation et les cultures

28 Mai 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Editologie, #Civilisation

Les termes « civilisation » et « culture » sont souvent plus ou moins confondus, et leur définition varie d’un auteur à l’autre. Ce manque de rigueur sémantique conduit à des malentendus malencontreux et à des débats interminables. En 1952, l’anthropologue américain Alfred L. Kroeber (1876-1960), dans son ouvrage Culture : a critical review of concepts and definitions, pouvait signaler plus de 100 définitions du mot « culture » !

Afin de distinguer les concepts et d’éviter la confusion avec des notions mal délimitées, nous proposons de définir les deux termes comme suit, à partir des résultats de l’éditologie, qui est l’étude historique et critique des systèmes de pensée.

Je propose d’appeler « culture » l’ensemble des productions d’une société donnée. Les productions humaines mettant forcément en œuvre l’intelligence, la précision « productions intellectuelles » est inutile. La distinction manuel-intellectuel est en effet peu relevante : la production d’une hache magdalénienne en pierre taillée ou la production d’une hutte en torchis ou la production d’un chapeau chinois nécessitent l’usage de l’intelligence. Ce sont des productions « culturelles » autant qu’une symphonie de Beethoven, un roman de Simenon ou une théorie de physique.

Les sociétés humaines sont des communautés, c’est-à-dire des ensembles d’individus capables de communiquer par le partage d’une même langue. Il existe des milliers de langues, et donc autant de cultures : la culture akkadienne, la culture coréenne, la culture italienne, etc.

Les sociétés humaines étant essentiellement historiques, leur évolution implique des transformations culturelles qui peuvent être très importantes, et l’on distinguera la culture française sous Louis XIV, sous Napoléon, sous François Hollande, etc.

Il y a donc, dans le temps et dans l’espace, autant de cultures que de sociétés délimitées, et la description de toutes ces cultures est un travail immense, exténuant, dévolu aux historiens, aux sociologues, aux ethnologues, aux anthropologues…

On peut alors se contenter d’employer le mot « civilisation » comme un synonyme parfait de « culture », et l’on rencontre effectivement dans la littérature scientifique et philosophique les expressions « civilisation akkadienne », « civilisation arabe », etc.

Mais je préfère réserver pour ce terme un sens distinct, correspondant à un nouveau concept, qui prend en compte le caractère évolutif des cultures. Je propose d’appeler « Civilisation » (avec un C majuscule, car elle est unique par définition) l’ensemble des cultures, avec une restriction axiologique sur laquelle je reviendrai. Une telle définition de « la » Civilisation implique l’universalité (à tout moment de l’Histoire, la Civilisation est le bien commun de l’Humanité, on pourrait dire son « patrimoine »). On distinguera des états successifs de la Civilisation au cours du temps, et il est possible de distinguer la Civilisation néolithique de la Civilisation paléolithique, et même on pourrait aller jusqu’à distinguer la Civilisation de 2016 de celles de 1914 ou de 1815.

L’idée d’évolution implique celles de progression et de régression. Il faut ici recourir au concept d’efficacité en vue d’une amélioration de la condition humaine. De nombreux traits culturels sont neutres à cet égard : un chapeau rond et un chapeau pointu ont la même « valeur », et il n’y a pas de « progrès » de Mozart à Debussy, ou de Botticelli à Picasso. Mais personne ne peut nier qu’il y a progrès du tam-tam au téléphone portable ou de la tente en peau de bête à la maison en briques. Et la plupart des politologues s’accordent pour admettre que la démocratie, comme mode de gouvernement, est meilleure que la dictature.

Ainsi, j’en viens à dire que la Civilisation est l’ensemble des productions intellectuelles dont l’application permettrait d’améliorer la condition humaine. Reste à savoir si la Civilisation – qui n’appartient à aucune société particulière, mais est la somme de traits culturels d’origines diverses – peut être « mondialisée », c’est-à-dire être partagée par tous les hommes. Les utopies sont des caractéristiques de certaines cultures…

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Qu'est-ce que la Civilisation ?

17 Avril 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Civilisation

J’emploie le terme « Civilisation » (avec une initiale majuscule) dans un sens défini, c’est-à-dire que je veux en faire le signe d’un concept et non d’une simple notion. Il est devenu d’usage de confondre les mots « civilisation » et « culture », ce qui entraîne un brouillamini peu favorable à une réflexion en profondeur, or il importe de penser le monde à partir du constat de la diversité des cultures et de chercher le « meilleur » dans cette multiplicité.

Nous définissons la Civilisation comme l’ensemble des productions intellectuelles dont l’application permettrait d’améliorer la condition humaine. Une saine scolastique voudrait que l’on s’efforce de définir chacun des éléments de la définition, mais il me semble que l’on peut prendre les notions « intellectuel », « amélioration », « condition humaine » comme des notions primitives, comprises universellement. Tout homme sait bien qu’il préfère une nourriture variée et abondante à une alimentation insuffisante !

Chaque collectivité humaine organisée possède sa propre culture, car ses membres ont dû au moins résoudre quelques problèmes vitaux : trouver de la nourriture en suffisance, se protéger contre les agressions naturelles, élaborer des moyens de résoudre les conflits. D’où les trois composantes de la Technique, présentes dans toutes les cultures, même les plus primitives : Alimentation, Construction, Organisation. Je signale, entre parenthèses, que ceci confirme ma thèse du « primat de la Technique » (voir mon livre Le Signe de l’humain, L’Harmattan, Paris, et mon Histoire de la cuisine, Jourdan, Bruxelles).

Ainsi, la Civilisation change-t-elle au cours de l’Histoire. Elle intègre les solutions les meilleures (les plus efficaces) des diverses cultures d’une époque pour amener l’Humanité (en fait, une partie seulement de la population humaine) à un état civilisationnel permettant le « progrès ». On peut difficilement nier, par exemple, que l’agriculture des néolithiques est meilleure que la cueillette des paléolithiques, et l’on m’accordera, je l’espère, que le Code civil des Français sous Napoléon est supérieur au Code des Assyriens sous Hammourabi.

La Civilisation est donc l’ensemble de ce qu’il y a de mieux dans les diverses cultures contemporaines, qu’il s’agisse des cuisines, des bâtiments, des vêtements, des méthodes d’éducation, des divertissements (musiques, représentations décoratives, poèmes, chansons, contes…), des procédés de défense contre les prédateurs internes (police) ou externes (armée), des visions du monde (mythes, religions, philosophie, science), de la lutte contre les maladies (magie, médecine), de la résolution des conflits (duel, coutumes, droit écrit), de l’organisation sociale (politique).

Au cours de l’Histoire, les cultures, isolées ou en contact, se complexifient et se diversifient. Il en résulte qu’avec le temps – et l’expansion démographique – la Civilisation comporte des éléments de plus en plus nombreux et compliqués. Il n’y a qu’à comparer les téléphones portables disponibles aujourd’hui partout avec le tam-tam. Il est dès lors difficile d’établir la liste des éléments de Civilisation, c’est-à-dire des particularités culturelles qui conduisent à un progrès. Il faut même tenir compte des régressions possibles, et tenir compte du fait que des pratiques culturelles peuvent être anti-civilisationnelles.

Et la question devient : aujourd’hui, en 2016 après Jésus-Christ, la Civilisation est-elle en train de se répandre dans le monde (grâce à la mondialisation) et le progrès se poursuit-il pour améliorer la condition humaine, ou des courants de pensée venus du fond des âges sont-ils en train de saper la Civilisation, conduisant à une régression semblable à celle qui caractérisa le Moyen Âge ?

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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La fin de la Civilisation

19 Août 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Islamisme, #Civilisation

Développant mes réflexions à partir de l'option matérialiste, admise après un examen comparatif approfondi de différents systèmes de pensée (foi, intuition, traditions, voyance extra-lucide, méthode expérimentale...), je n'attache aucune importance à l'avenir des hommes qui, pour le matérialiste, ne sont que de futurs cadavres (sans résurrection des morts). Je me moque donc, avec même une certaine jubilation, de la disparition prochaine de l'Humanité. Oh, j'admets que ce fut un bel essai ! Avec des représentants comme Alexandre le Grand, Sigmund Freud, Emile Durkheim, Albert Einstein, Beethoven, Stravinsky et quelques autres, j'aurais même pu l'aimer ! Mais par une loi statistique qui se vérifie d'autant mieux qu'elle s'applique à des populations plus nombreuses, les hommes quelconques, "moyens", sont le plus grand nombre, et d'après la courbe de Gauss (qui n'était pas un homme quelconque), il y a 25 % d'imbéciles parmi les humains. Et parmi ceux qui ont une intelligence supérieure à la moyenne, nombreux sont ceux qui ne s'en servent guère ! Pourquoi regretter leur disparition, d'ailleurs inéluctable ?

Mais je suis un homme (vieillissant), moi aussi, avec mes faiblesses, et j'ai celle de m'attrister sur la mort annoncée de la Civilisation. J'en suis bien triste. Ce sera la fin des symphonies, des poèmes et des théorèmes, des débats d'idées, de l'observation des galaxies, des découvertes et des inventions. Il n'y aura plus, comme au temps du commencement des espèces humaines (le pluriel est confirmé par la paléoanthropologie), que des rites et des mythes, c'est-à-dire le contraire absolu du mouvement civilisationnel. L'islamisme (dont la source est bien l'islam, et ni l'animisme des Iroquois ni le bouddhisme) faits des progrès constants, se nourrissant de l'explosion démographique dans des régions misérables, et se trouve des défenseurs véhéments jusque parmi les intellectuels nourris d'humanisme (sic), de libre pensée (resic), de droits de l'homme (reresic) et de laïcité (rereresic). Il est vrai que le communisme de Staline trouvait des admirateurs même en France (le pays de Descartes et de Voltaire !), et de même le nazisme de Hitler trouva chez les Français des approbateurs enthousiastes et des collaborateurs nombreux. La menace islamiste n'est plus uniquement idéologique et marginale, comme au XXème siècle. Elle est devenue militaire et démographique. Car il coûte mille fois moins de former un djihadiste que de former un astronome, un historien, un sociologue... Il est mille fois plus facile, et donc moins coûteux, de fermer un esprit que de l'ouvrir...

Certes, les Etats qui luttent fermement contre le djihadisme et l'islamisme le font avec maladresse et n'évitent pas les bavures, comme il y en a dans toutes les guerres. Mais entre ces Etats (même avec des dégâts collatéraux) et le fanatisme religieux, la violence et le terrorisme, les châtiments corporels et la peine de mort pour ceux qui ne se convertissent pas à l'islam, il faut choisir. Si du moins le mot "éthique" a un sens, ce qui ne va pas de soi pour un matérialiste.

On me fait souvent la judicieuse remarque qu'il faut distinguer entre islam et islamisme, aussi m'y suis-je appliqué. La philosophie ne commence-t-elle pas, justement, par des distinctions ? Aussi me souviens-je que l'islam est une religion fondée au VIIème siècle par un chef de secte qui s'imposa aux Arabes par les armes, dont le premier grand exploit fut un massacre de juifs qui ne voulaient pas se convertir, à Médine (626), et qui se répandit dans le monde par des actions militaires. Par contre, l'islamisme est un mouvement politique né au XXème siècle en milieu musulman. 

Pour info :                      

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences : 

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

 

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Propos sur le Brésil

20 Octobre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Civilisation, #Brésil

Hier, avec Marianne, à l'Espace Culturel ING (Bruxelles), au vernissage de presse de l'exposition "Terra Brasilis", elle représentant le Bulletin des Amis de la Nature, moi la Revue Générale. Dans le cadre d'Europalia, il s'agit de montrer au public belge une synthèse de l'histoire du Brésil. Remarquable ! Et même, tant par la qualité des objets exposés que par l'art muséographique mis en oeuvre, presque exceptionnel de réussite à la fois documentaire, didactique, esthétique et, comme le diront certains, "humaine" ! C'est que les organisateurs ont fait les bons choix, et ont su mettre en scène dans un décor sobre des collections du plus haut intérêt. Décor au service du public, assurant une bonne visibilité des matériels présentés, et pas au service d'une esthétique prétentieuse et tapageuse... Autant je fus déçu par l'exposition au Palais du Cinquantenaire sur les Indiens du Brésil, autant je fus émerveillé par le talent muséal déployé et par le pittoresque et la puissance évocatrice des objets en vitrine. Ce beau résultat est vraisemblablement dû à une certaine connivence entre Patricia De Peuter (directeur à la banque ING) et Eddy Stols, historien spécialiste du Brésil, professeur à l'Université Catholique flamande de Louvain, les deux chevilles ouvrières de l'exposition. C'est du moins ce que j'ai perçu lors de la conférence de presse, où les deux "commissaires" ont communiqué à un public de journalistes toute leur passion et leur bonheur d'avoir pu rassembler tant de tableaux, tant de belles pièces en argent, et surtout tant de spécimens zoologiques et botaniques. Ajoutons que le catalogue de l'exposition - un fort volume de 280 pages - mérite toutes les louanges. Lors de son speech, le professeur Stols a expliqué qu'il est plus difficile de construire une exposition que de faire un livre. J'ajouterais, puisqu'il s'adressait à des journalistes, qu'il est plus difficile de publier un livre que d'écrire un article dans un journal, ou dans un blog.

Mais après l'émerveillement de la visite, vient le moment de la réflexion. Ce qu'il faut retenir, ce qui s'impose à l'esprit face à ces témoignages historiques, après avoir vu ces nombreux gros ouvrages (splendidement illustrés, Marianne était admirative, elle qui fut dessinatrice scientifique au Jardin Botanique National de Belgique) de sciences naturelles décrivant minutieusement la biodiversité brésilienne, c'est qu'un sous-continent qui n'était peuplé, en 1500, que d'autochtones vivant à l'Âge de la Pierre, pratiquant l'anthropophagie et n'ayant d'autres savoirs que la magie des primitifs, est devenu aujourd'hui une des grandes puissances du monde. Ce sont des Européens - pas uniquement des Portugais - qui ont accompli cette oeuvre immense de civilisation et de valorisation d'un territoire recouvert de forêts presque impénétrables et de savanes improductives. Des Européens ont introduit des cultures importantes (la canne à sucre, le caféier...) et ont industrialisé le pays. Le contraste est saisissant entre l'état naturel, misérable, des Indiens en 1500, et les efforts civilisationnels successifs des Portugais, des Hollandais, des Français...

Et l'on peut continuer à réfléchir... Pourquoi l'Amérique du Nord fut-elle industrialisée dès le milieu du XIXe siècle, et devint-elle une grande puissance dès le début du XXe siècle, alors qu'il faudra attendre la fin du XXe siècle pour que l'on puisse compter le Brésil parmi les grandes puissances ? La superficie du Brésil et celle des USA sont presque égales, et les deux territoires avaient donc, à l'arrivée des Européens, grosso modo les mêmes ressources... Et allons plus loin encore. Pourquoi le Brésil est-il maintenant une grande puissance montante, pourquoi l'Europe est-elle une grande puissance déclinante, et pourquoi l'Afrique n'est-elle que ce qu'elle est devenue depuis les indépendances ?

La civilisation, c'est-à-dire le processus qui mène des sauvages à un état de développement scientifique, technique et industriel, existe. Je l'ai rencontrée à l'Espace ING. Mais cela ne signifie pas que j'ai compris pourquoi certaines collectivités humaines réussissent leur développement, et pourquoi d'autres échouent... Le sens de l'Histoire peut être évoqué dans quelques vitrines. Mais ces vitrines ne suffisent pas pour l'expliquer.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Propos sur l'économicophobie

17 Octobre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Civilisation

Essayons de comprendre. En 1940, l'Humanité comporte 2 milliards d'individus, dont grosso modo la moitié aux Etats-Unis, en Europe (Russie, Ukraine et Géorgie comprises) et au Japon, qui disposent d'un bon système éducatif et qui ont donc les cadres nécessaires pour faire tourner une économie cependant déjà insuffisante (par manque de ressources naturelles) pour procurer un haut niveau de vie à toute la population. L'autre moitié de l'Humanité connaît la misère et la croissance démographique qui l'accompagne. Conclusion : il y a des pauvres dans les pays industrialisés (comme il y en eut partout depuis les origines du genre humain) ; il y en a plus encore dans les pays sous-développés.

Il se passe alors un fait historique (en 1940, en fait un peu avant) qui n'a rien d'anecdotique, qui vraiment ébranle le monde, et dont les effets se font encore sentir. Pour des raisons complexes, l'Allemagne attaque le reste de l'Europe et le Japon attaque le reste de l'Asie et même les Etats-Unis. Ces deux folies simultanées (des erreurs politiques énormes) vont avoir pour conséquences :

1° l'appauvrissement des pays industrialisés qui s'épuisent dans les combats ;

2° la décolonisation ;

3° une redistribution des forces politiques, avec la montée en puissance des pays arabo-musulmans ;

4° une implosion démographique des pays industrialisés ;

5° une explosion démographique des pays sous-développés ;

6° un développement des comportements aberrants dans les sociétés avancées : drogue, criminalité, tourisme frénétique, retour des tatouages et auto-mutilations, graffitis sauvages, superstitions ;

7° une multiplication des idéologies délétères : socialisme nationaliste, maoïsme, islamisme terroriste, mai 68, mouvement hippie, écologisme mystique, hypermoralisme "politiquement correct", technophobie et industrialophobie, replis régionalistes, apologie des langues indigènes, retour du spirituel...

Aujourd'hui, l'humanité compte 7 milliards d'individus, qui disposent d'une Terre appauvrie radicalement depuis 1940. Certains gouvernements de grands et de petits pays ont, de 1940 à nos jours, dépensé plus que leurs ressources (les dettes dites "souveraines", ce qui en français simple signifie "imbéciles"), essentiellement pour alimenter des dépenses sociales improductives. Pour améliorer le niveau de vie de leur population plus rapidement que ne le permet le travail productif.

En quoi les banques et les financiers sont-ils responsables de ce mouvement historique, des gabegies et de l'impéritie de nombreux gouvernants ? Est-ce la faute des banques si l'on produit des textiles moins chers en Chine qu'en France et de l'acier moins cher en Inde qu'en Belgique ? D'où fermetures d'entreprises, chômage, et perte de clientèle pour... les banques ! Est-ce la faute des banques si le prix du pétrole a été multiplié par 10 en 1973 ? D'où diminution des marges bénéficiaires des entreprises pour lesquelles les produits pétroliers sont des matières premières, et appauvrissement ! Est-ce la faute des banques si certains Etats ne parviennent plus à garantir la sécurité de certaines zones de leur territoire ? D'où pertes patrimoniales et diminution de l'activité économique !

Réguler les activités bancaires ? Pourquoi ne pas, d'abord, réguler les prévaricateurs, les délinquants et les criminels ?

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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