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Jean C. Baudet

Philosophie, histoire et pornographie

31 Octobre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Histoire

J'ai commencé mon travail philosophique en 1978, après quelques années d'enseignement (enseigner la philosophie n'est pas "faire" de la philosophie) et puis un épisode de recherche (en biologie) qui fut comme une parenthèse - j'abandonnais la philosophie pendant quelques années, mais j'acquérais une connaissance approfondie et vécue de la praxis scientifique. Car au vrai j'avais entamé mon questionnement déjà plus tôt, pendant les naïvetés romantico-poétiques de l'adolescence. Conformément à la tradition scolastique, j'envisageais un programme en trois étapes : épistémologie, ontologie, éthique, et j'entamai donc mes travaux par la réflexion épistémologique, que je croyais devoir appuyer sur l'étude critique de l'histoire de la science - modèle de chemin de connaissance qu'il s'imposait de "déconstruire". Cela me prit beaucoup de temps, car je dus exercer le métier d'éditeur qui me laissait peu de loisir pour la méditation (pécuniairement improductive), comme d'autres furent mercenaires (Descartes), polisseurs de lentilles de verre (Spinoza), dramaturges (Sartre).

En 1997, j'abandonnais l'édition et j'entreprenais un premier opus : la réalisation d'une "Histoire de la science", qui occupera plus de 3 000 pages imprimées réparties en 10 volumes (parus chez Vuibert). En 2005 et 2006, tout en poursuivant la rédaction de cette "Histoire", je pouvais décliner mes positions épistémologiques dans trois ouvrages (L'Harmattan) : Mathématique et vérité, Le signe de l'humain, Une philosophie de la poésie. Je me rendais évidemment compte que mon travail sur la science n'abordait qu'un seul mode d'acquisition de savoir (mais le plus important et le plus solide), et qu'après l'examen du logos je devais aborder l'étude du mythos, c'est-à-dire qu'il me restait à produire une "Histoire de la non-science" (littératures, religions, idéologies) pour faire pendant à mon "Histoire de la science".

C'est ainsi que je fis paraître, en 2011 et en 2013, les deux premiers volumes d'une "Histoire des religions" (Jourdan). J'ai (provisoirement ?) interrompu ce travail, car dans une perspective gnoséologique l'approfondissement des mécanismes de formation des croyances se révélait moins intéressant et moins fécond que l'approfondissement des mécanismes de formation des théories scientifiques. Je donnai encore en librairie quelques ouvrages d'histoire de la science consacrés à divers thèmes, comme ceux de l'erreur ou de la situation des femmes dans l'évolution de la science.

J'interrompis mon projet d'un traité d'Histoire des religions, et je commençai (en 2013) à travailler à une "Histoire de la philosophie", qui devrait me permettre, sous les apparences du récit - avec forcément des personnages et des conflits - d'exposer en un texte explicatif les résultats de ma pensée, non seulement épistémologiques, mais aussi ontologiques et éthiques.

Ma première production dans cette direction fut La vie des grands philosophes (Jourdan, 2013) qui est une histoire fortement résumée de la philosophie situant l'évolution des idées dans leur inscription biographique chez 40 philosophes majeurs.

Du biographique (épistémologie) au pornographique (éthique) il n'y a qu'un pas, que je n'ai pas encore franchi, celui qui va de l'idéalisme humaniste éperdu attendant les lendemains qui chanteront au matérialisme radical.

http://www.geocities.ws/jeanbaudet/

 

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Les aventures du Moi

29 Octobre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Moi

C'est Montaigne qui, à l'aube de la pensée française (voir J.C. Baudet : "Les agitateurs d'idées en France", La Boîte à Pandore, 2014), redécouvre le Moi, déjà identifié par Socrate comme la source et l'objet de toute méditation sérieuse. Tout travail intellectuel qui néglige l'inspection du Moi est ainsi aliénation, et l'historien oublie son être et son destin tragique dans l'érudition, l'artiste l'oublie dans la production illusoire et inutile d'une Oeuvre, l'entrepreneur - économique, politique ou militaire - le perd dans l'édification de ses projets de production, de réforme sociale ou de conquête.

Voilà un acquis plus solide que l'éditologie, que l'histoire de la STI ou que la compréhension du fait religieux : le Moi comme fondation de toute philosophie. Et si les plus grands penseurs (voir J.C. Baudet : "La vie des grands philosophes", Jourdan, 2013) ont retrouvé, chacun dans son style, l'importance du Moi, ils n'ont pu s'y tenir, aliénés par des aspirations sociales diverses : Descartes s'enlise dans les rapports de l'âme et du corps, Hegel se perd dans une fantastique et fantasmatique interprétation de l'Histoire, Marx s'épuise à s'intéresser au sort des misérables, Baudet se disperse en racontant des histoires...

Si l'examen du Moi ne peut conduire qu'à l'Angoisse, au moins puis-je me féliciter d'en avoir conçu l'importance et de m'être dépêtré des consolations esthétiques et des divertissements infantiles. Ainsi mon Oeuvre (de scientifique, de philosophe, de poète et de calembourinaire) s'achève-t-elle dans la conscience la plus aiguë de ma conscience, dans la perception la plus intense et imparable de mon identité et de ma substance pathétique, et de ma douloureuse spécificité. Mon Moi comme soubassement, terrain de manoeuvres pensantes, tension perpétuelle pour persister dans l'être venue de l'Être, et comme objectif de souffrance et d'anéantissement (l'être de mon Moi étant de paraître puis de disparaître). On apprend à garder le silence (1), malgré tout.

(1) Note d'érudition pour les amateurs de Haute Culture : j'ai trouvé la belle expression "on apprend le silence" dans l'opéra Proserpine de Lully. Quant au jeu de mots avec paraître et disparaître, je l'ai trouvé dans le dialogue de Prévert pour Drôle de drame.

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Sur l'imposture des poetes belges

24 Octobre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Poésie

Non, certes, TOUS les poètes belges contemporains ne sont pas des imposteurs, et mon titre généralisant relève de la rhétorique par exagération et métonymie (prendre la partie pour le tout). Mais il existe une mafia de poètes, en Belgique, dits "minimalistes", qu'il convient de dénoncer avec ardeur et fermeté. Je ne donnerai pas de noms, les intéressés se reconnaîtront, si du moins ils consentent à me lire, ce qui serait étonnant, car je ne suis pas de l'une de leurs chapelles. Et je salue au passage, en ne les nommant pas davantage, les poètes authentiques qui s'efforcent encore d'inventer du poétique, malgré la submersion du marché de la poésie par la médiocrité financièrement soutenue par certaines instances officielles.

L'imposture en question est audacieuse, mais des lecteurs un peu balourds ou fortement snobs s'y laissent prendre, y compris des critiques littéraires patentés. Il s'agit de rassembler quelques mots (le moins possible) sur quelques pages (le plus possible), et de prétendre, avec des airs de mamamouchi, que ce "travail" est une "recherche de sens", ou une "recherche de soi", une "plongée dans l'indicible, révélatrice de déterminations secrètes", une "mise au jour du non-encore-aperçu", bref le poète (belge contemporain adulé par la Haute Culture Officielle et Subventionnée) est un voyant extra-lucide, un découvreur d'infinités, un capteur d'absolu (par résonance poétique), un dissecteur de miettes verbales, un déconstructeur de la langue française dans tous les sens. Il "renouvelle" la poésie, il "réinvente" la beauté verbale par l'abandon des vers, des rythmes et des images, et par la prétention philosophique.

Au fond, c'est ridicule et rigolo, et les poètes belges que je désigne ne seraient que des clowns inoffensifs s'ils ne détournaient à leur profit les maigres subventions que peuvent encore distribuer les autorités publiques compétentes en matière culturelle, et surtout s'ils ne contribuaient pas à répandre dans le grand public la confusion entre les vessies et les lanternes, entre la recherche sérieuse des philosophes, des sociologues, des historiens, et la "quête de sens" des illusionnistes verbeux et des distillateurs de simagrées. Admirateurs des shakespitreries de Maeterlinck, les poètes du minimalisme belge répandent l'idée du n'importe quoi, sèment la confusion entre la pensée véritable et les jeux de mots, ce qui pourrait bien être un danger pour la démocratie si elle détourne des hommes de ce qui devrait faire leur dignité : penser.

J'ai développé le soubassement théorétique de ma dénonciation de l'imposture d'une certaine poésie postmoderne, avec tout l'appareil critique nécessaire, dans mon livre "Une philosophie de la poésie" (L'Harmattan, Paris, 153 pages).

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A bas les collaborateurs !

23 Octobre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Islamisme

Quand une collectivité humaine A est en conflit avec une communauté B, il arrive très souvent que des membres de A soutiennent B par des discours, par des écrits, ou même par des actes. On dit dans ce cas que ces individus de A sont des collaborateurs de B, ou "collabos", ou "traîtres". Du point de vue de A, ils doivent être dénoncés fermement, pourchassés et mis hors d'état de nuire. Il en va de l'existence même de A.

L'Histoire offre de nombreux exemples de collaboration.

Les hommes politiques d'aujourd'hui, dans quelque collectivité A que ce soit, ont d'abord pour mission suprême de défendre les intérêts de la population A, et en tout premier lieu de protéger la vie et l'intégrité des A, face aux prédateurs externes ou internes. Le rôle d'un dirigeant politique n'est pas d'élaborer des règles éthiques (il y a des philosophes pour cela, du moins dans les pays avancés), ni de dénoncer les collaborateurs du passé (il y a des historiens pour ça). Le rôle d'un dirigeant politique, que ce soit au Canada, en France, en Wallonie, en Irlande, en Grèce (et il y a bien d'autres pays civilisés où hélas le fanatisme religieux est présent...), est de dénoncer, de pourchasser et de mettre hors d'état de nuire les collaborateurs de l'islamisme, qui concernent le présent et le futur. Toute faiblesse envers les terroristes et candidats-terroristes renforce le terrorisme. Il n'est pas de saison de dénoncer les collabos du temps des guerres napoléoniennes ou d'autres conflits passés. Il y a les menaces présentes et grandissantes de l'islamisme, et de ses milliers de collaborateurs dans les pays qui préfèrent la liberté de penser à la théocratie.

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Les femmes sont-elles intelligentes ?

19 Octobre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Intelligence, #Femme

Les femmes sont-elles intelligentes ?

J'ai consacré une grande partie de mon travail philosophique à la question épistémologique, qui est de savoir si l'esprit humain est capable de savoir. Il s'agissait donc d'élaborer une "théorie de la connaissance", et il m'a semblé nécessaire d'effectuer des enquêtes approfondies sur deux sortes de "discours de vérité" (des prétentions au savoir), les religions d'un côté, la science de l'autre. C'est pourquoi j'ai consacré de nombreuses publications à l'histoire des religions et, surtout, à l'histoire de la science (et de la technique et de l'industrie). La science méritait, me semble-t-il, les recherches les plus approfondies, du fait à la fois de son extension et de sa complexité.

Tenter de déterminer si et comment les humains sont capables de connaître et de comprendre le Réel (ou l'Être) revient à établir quelle est la portée de l'intelligence humaine. Or l'étude de l'histoire des systèmes de pensée montre à l'évidence une grande variabilité dans les capacités intellectuelles humaines. Il suffit de noter que, par exemple, tous les hommes ne sont pas capables de comprendre le mystère de la Sainte Trinité, ou que, quand Einstein a publié sa théorie de la relativité (en 1905), de très nombreux humains (même parmi les physiciens) ne comprenaient pas où voulait en venir cet ingénieur de l'Office des brevets à Berne.

Ayant passé beaucoup de temps à étudier l'oeuvre des mathématiciens, des physiciens et autres scientifiques, je me suis un jour posé la question, que d'aucuns trouveront saugrenue, de savoir si les femmes sont capables, comme les hommes, de faire progresser la science ? J'avais en effet constaté depuis longtemps que de nombreuses caractéristiques morphologiques et comportementales permettaient de distinguer, au sein de l'Humanité, des hommes et des femmes (même si certains cas sont douteux). J'ai donc réexaminé ma documentation (accumulée pendant des décennies), et j'ai pu repérer, de l'Antiquité à la fin du XXème siècle, une quarantaine de femmes savantes, de dames et de demoiselles ayant apporté des réelles et importantes avancées à la science (en me limitant aux sciences "dures" : mathématiques, astronomie, physique, chimie, biologie).

J'ai étudié la biographie de cette quarantaine de savantes, j'ai résumé leur oeuvre scientifique, et cela a formé un livre, qui vient de sortir de presse.

Mon ouvrage "Les plus grandes femmes de la science" est édité par La Boîte à Pandore (Paris, 312 pages). Il rassemble plus de quarante portraits, et l'on découvrira par exemple que la marquise du Châtelet, qui était la maîtresse de Voltaire, est celle qui a introduit en France les théories mathématiques et physiques de l'Anglais Newton, ou encore (ce qui me semble particulièrement savoureux) que le biologiste qui a découvert que le sexe est déterminé par les chromosomes est une femme, l'Américaine Nettie Stevens. C'est donc une femme qui a montré que l'on est (que l'on naît) femme, par le déterminisme chromosomique, contrairement à la célèbre affirmation de la maîtresse de Jean-Paul Sartre qui prétendait "on ne naît pas femme, on le devient".

La question de l'égalité des hommes et des femmes me paraissant intéresser un public assez large, je me suis efforcé de rester lisible par le plus grand nombre, et même par les hommes incapables de comprendre les expériences de biologie moléculaire de Gerty Cori ou les réflexions théoriques de physique nucléaire de Maria Goeppert-Mayer.

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Le mystere belge des ingenieurs et des historiens

18 Octobre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Ingénieur, #Belgique

Le mystere belge des ingenieurs et des historiens

La Belgique est le premier pays du monde à avoir utilisé les outils de la Révolution industrielle anglaise du XVIIIème siècle, et c'est l'industrialisation de la Belgique qui, de 1800 à 1974, lui a assuré une prospérité remarquable, un développement durable (pendant deux siècles), lui donnant même les moyens de réalisations culturelles admirables comme les bâtiments de Victor Horta, les romans de Georges Simenon, les toiles de James Ensor. Les agents de cette industrialisation ne sont pas les avocats et les notaires belges (il y a des juristes dans nos provinces depuis le temps des ducs de Bourgogne), ni les étruscologues belges, ni les sénateurs, ni les curés, ni les sigillographes, ni les instituteurs, ni les médecins... Ce sont les ingénieurs : Cockerill, Vifquain, Simons et De Ridder, Vierendeel, Solvay, Empain, Dulait, Francqui, Frankignoul, et bien d'autres. Le processus de désindustrialisation a commencé en 1974, à la suite du "premier choc pétrolier", mais aussi du fait de la propagation d'idéologies délétères anti-science, anti-technique, anti-industrie, conduisant automatiquement à une paupérisation qui ne peut aller qu'en s'accélérant, avec les inévitables conséquences de l'ignorance, de l'obscurantisme et du fanatisme.

L'industrialisation a permis notamment le financement des universités, et la production de régiments toujours plus nombreux d'historiens toujours mieux formés. C'est parce que les Belges ont su vendre de l'acier et des machines dans le monde entier qu'ils ont pu offrir une chaire à des génies de l'étude du Passé comme Henri Pirenne et Jean Stengers. Chaque Belge devrait faire un examen de conscience et se demander d'où vient l'argent qui lui permet d'acquérir sa bière et ses frites.

Quand j'ai commencé à m'intéresser à la profession d'ingénieur, à la fin des années 1970, je m'attendais donc à trouver une historiographie abondante sur les ingénieurs. Consternation ! Pas un seul ouvrage d'ensemble sur l'histoire des ingénieurs en Belgique !!! Aussi étonnant que cela paraisse, dans un pays où l'on multipliait les études approfondies des chartes du Moyen Âge ou sur la condition ouvrière sous Léopold II, aucun livre, pas un seul, n'avait été publié sur l'histoire des ingénieurs dans un pays qui leur devait son existence même (je veux dire la matérialité des routes, des chemins de fer, des usines). Ecrire l'histoire de la Belgique sans signaler les ingénieurs, n'est-ce pas décrire une ruche sans parler des abeilles ?

Et aujourd'hui, je dois bien admettre que les seuls ouvrages publiés sur l'histoire des ingénieurs en Belgique sont les miens :

- Les ingénieurs belges, APPS, Bruxelles, 171 pages,

- Les plus grands ingénieurs belges, La Boîte à Pandore, Paris, 284 pages.

Je terminerai par un petit slogan :

" Il faut à la Belgique, aujourd'hui et demain,

Des ingénieurs en plus et des parleurs en moins. "

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Les erreurs de la science

14 Octobre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Science, #Epistémologie

Les erreurs de la science

Mon dernier livre vient de paraître ! Trente-sixième titre, si ma comptabilité est à jour, et sans tenir compte de quelques brochures auto-éditées (par exemple mon roman "Les mystères de Konioss"), d'articles dans des revues et magazines, de billets dans le quotidien belge "L'Echo" (2008-2009, si ma mémoire est bonne), de poèmes et nouvelles dans des revues littéraires, et de plus de 500 billets de (méchante) humeur dans ce blog. Bref, une oeuvre "culturelle" pour démontrer l'inanité de la "culture" (voir billet précédent).

Néanmoins (et oreilles en plus, j'aime bien cette expression de San Antonio), je continue, et donc voici que vient de sortir de presse "Les plus grandes erreurs de la science", chez l'éditeur La Boîte à Pandore (Paris, 237 pages).

Il s'agit en fait d'une réédition mise à jour de "Curieuses histoires de la science - Quand les chercheurs se trompent", ouvrage paru chez Jourdan (Bruxelles) en 2010 et qui fut bien accueilli par le public, d'où la réédition.

Il s'agit à la fois d'un recueil d'historiettes édifiantes, parfois cocasses et parfois horrifiques (la transfusion sanguine d'un mouton à un homme au XVIIème siècle !), et d'un essai de réflexion épistémologique : comment la science peut-elle progresser, alors que les hommes, même les plus savants du monde, peuvent se tromper, prendre des vessies pour des lanternes, être hallucinés (voir l'incroyable histoire de la "découverte" des rayons N), être menteurs et faussaires ?... Bref j'ai voulu, à partir de 25 "grandes erreurs" (depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours) de la recherche scientifique, examiner concrètement, sur le terrain de l'Histoire, la "grande question" de la Vérité et de l'Erreur.

A une époque sans doute cruciale pour le sort de l'Humanité de résurgence du "spirituel" avec les manifestations odieuses d'obscurantisme et de fanatisme que nous révèle l'Actualité, il est nécessaire de réfléchir sérieusement à l'origine et à la valeur des "discours de vérité". La science n'est pas infaillible, elle peut se tromper, mais elle reconnaît ses erreurs et progresse en les éliminant. Je ne vois pas, hélas, les religions et les idéologies (qui possèdent chacune la Vérité Unique Absolue), remettre en cause leurs dogmes les plus "sacrés".

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La culture et Patrick Modiano

11 Octobre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Culture, #STI

Je pense ici à la culture qui s'oppose à la STI (science-technique-industrie), et non au sens anthropologique du mot "culture". Je pense à cette culture que les hommes importants ou qui se croient importants étalent comme de la confiture. Qu'est-ce que c'est ? Quelle est la détermination ontologique du "culturel" ? Il est facile de répondre phénoménologiquement, pour peu que l'on ait eu l'occasion de faire l'expérience (le vécu) de la lecture d'un roman ou de la visite d'un musée. Car lire un texte de Patrick Modiano, écouter un concerto brandebourgeois ou contempler un fétiche nègre, c'est toujours passer son temps, c'est toujours s'oublier, oublier sa propre existence pour porter toute son attention et la totalité de ses affects à un réel qui nie le Réel, ou qui du moins le met entre parenthèses, le temps d'un concert ou d'une projection cinématographique. Car vivre avec Roméo et Juliette ou avec l'Etranger de Camus, c'est précisément oublier sa propre vie, c'est se laisser captiver par une occupation qui occulte les préoccupations de l'être-là-pour-souffrir. Admirer les phrases de Modiano, c'est oublier ses dettes et ses hémorroïdes, et Baudelaire, le Grand Cultivé, disait qu'il faut s'enivrer, c'est-à-dire dénier et oublier.

C'est en ce sens que les axes du scientifico-industriel et du culturel sont rigoureusement inverses, le premier se dirigeant vers une appréhension toujours plus rapprochée du Réel, quoique dans l'Angoisse, le second s'éloignant toujours plus des réalités, avec les deux ingrédients inséparables de l'imaginaire (ce que l'on imagine et qui n'est pas) et du sentiment (ce que l'on désire et qui n'est pas). Jusqu'au délire et à l'aliénation libératrice (on a assez remarqué la complaisance pour la folie et pour les primitifs dans la culture postmoderne). Combien de Grands Ecrivains n'ont-ils pas célébré les psychopathes et le dérèglement de tous les sens ?

On comprend alors que la modernité ait entraîné l'Art dans des rejets véhéments, avec une conviction d'autant plus hargneuse que les progrès de la STI devenaient plus spectaculaires. La Musique a rejeté la mélodie et l'harmonie, et certaines de ses formes les plus vulgaires ne servent qu'à assourdir (écouter pour ne plus entendre) ; la Peinture a rejeté la figuration ; le Nouveau Roman a voulu éliminer les personnages et les intrigues ; et la Poésie, qui a commencé modestement par rejeter les points et les virgules, est arrivée aux suprêmes délices de l'anéantissement du vers et de la justification signifiante. La Haute Culture du siècle des vidéo-téléphones portatifs est devenue un magma de bruit et de fureur ne signifiant plus rien. On a bien besoin de l'empirisme transcendantal de Gilles Deleuze pour trouver son chemin dans le tohu-bohu du postmodernisme.

Dans ce sens que j'ai retenu, on peut l'affirmer : "toutes les cultures se valent". Elles sont égales à zéro !

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Science et culture

10 Octobre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Culture, #STI

L'étude de l'histoire des sciences m'a conduit, déjà dans les années 1980, à comprendre le lien épistémologique qui lie la science (S) à la technique (T), et la fréquentation du monde belge des ingénieurs me montrait aussi l'évidente relation entre la technique et l'industrie (I), ce qui m'incita à forger le concept de STI. C'était aussi une réaction au pseudo-concept de "technoscience" proposé, dans les années 1970, par le philosophe américain Don Ihde. La STI est un ensemble d'attitudes (la méthode scientifique, la gestion d'entreprise...) et de productions (hypothèses, théories...) ayant la mathématique pour "noyau dur", celle-ci étant une extension de la logique, elle-même systématisation de l'empirie (et remontant à Aristote et à ses précurseurs comme Parménide). Je me suis rendu compte plus tard que la STI n'apparaît dans toute sa profondeur qu'au XVIe siècle, avec l'apparition de l'instrumentation.

Les "preuves" de la STI sont innombrables, et le moindre produit de l'activité économique montre ses rapports obligatoires avec les lois mathématiques (comptabilité, par exemple). La logique permet, à partir du concept de STI de construire celui de non-STI, qui rassemble toutes les productions "culturelles" ou "intellectuelles" que l'on ne peut pas ranger dans la STI : mythes et religions, rites et folklores, musique et autres arts, littérature, et même une grande partie des "sciences humaines" qui sont souvent plus littéraires que scientifiques...

J'appelle "culture" (sensu stricto) la non-STI, étant bien conscient que dans le vocabulaire courant le mot "culture" (sensu lato) peut englober la STI. Cette dualité est la systématisation philosophique d'un antagonisme que l'on trouve déjà chez Pascal (le coeur de la "culture" et la raison de la "science"), d'une psychologie rudimentaire que l'on connaît déjà au lycée quand on appose les lettreux aux matheux, et l'on peut même remonter aux premiers temps de la pensée grecque, quand les Hellènes inventaient leurs dieux. Car Homère, Hésiode et les premiers penseurs de l'hellénisme ont bien compris en quoi s'opposaient les déesses rivales Aphrodite et Athéna, la première déesse "de la beauté et de l'amour", la seconde étant la déesse "de l'intelligence et de la guerre". Bref, dans une pensée encore mystique, la sourde compréhension de la dualité des facultés mentales humaines : l'intelligence liée à la vérification d'une part, le sentiment lié à l'imagination d'autre part.

Ainsi l'épistémologie est un approfondissement de la psychologie qui doit éviter le psychologisme. Il est très stimulant d'apprendre que les sciences neurocognitives d'aujourd'hui reconnaissent la dualité (intellective et émotive) du système nerveux central. Popper avait sans doute raison, mais insuffisamment. Le "scientifique" (au sens STI) est vérifiable, toujours orienté vers le réel, le "non-scientifique" (le religieux, le poétique, le littéraire, l'artistique) est invérifiable, toujours porté vers l'espoir...

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Ce que je crois

7 Octobre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Aphorismes

Dans les années 1950, l'éditeur Grasset a publié une collection "Ce que je crois", dans laquelle il donnait la parole à quelques intellectuels en vue afin qu'ils exprimassent leurs convictions. Je me souviens avoir, dans mon adolescence, particulièrement apprécié le volume rédigé par le biologiste Jean Rostand, qui affirmait, dans le style clair et avec l'ironie délicieuse d'un Descartes ou d'un Voltaire, son matérialisme et son athéisme, au grand scandale de nombreux lecteurs. Je ne trouverais pas, en notre siècle pudibond, "spirituel" et droits-de-l'hommiste, d'éditeur pour publier mon "Ce que je crois". Car la France de François Hollande et de Bernard-Henri Lévy (et a fortiori la Belgique de Geluck et d'Annie Cordy) s'étranglerait d'indignation en apprenant ce que je crois.

Car je pense, après plus de cinquante années de lecture, de travail philosophique (de déconstruction de la phénoménologie et de l'existentialisme) et d'écriture, que :

la science est l'unique chemin de connaissance,

la technique est ce qui distingue l'homme de la bête,

l'industrie est la seule gloire de l'Humanité,

les religions et la "spiritualité" sont "le sale de l'homme",

la littérature n'est pas autre chose qu'un divertissement, comme le bilboquet ou le jeu de quilles,

de nombreux poètes belges célébrés par les instances de promotion des "lettres belges" sont des imposteurs,

toutes les cultures ne se valent pas, et la culture des Anglais au XVIIIe siècle fut supérieure, par exemple, à celle des Romains sous Claude ou sous Caligula,

une collectivité humaine ne doit pas dépenser plus que ce qu'elle gagne,

une collectivité humaine doit soutenir ses producteurs à produire des biens (utiles) et des services (nécessaires),

une collectivité humaine doit inciter ses consommateurs à devenir producteurs,

la "dignité humaine" n'existe pas plus que celle du ver de terre, mais si elle existait elle serait la recherche du savoir et la maîtrise de la production,

l'énergie nucléaire était une chance pour la Civilisation, mais les civilisés ont préféré les fantasmes de l'Espoir aux données de la Science,

l'homme n'est pas plus "sacré" qu'un morpion ou qu'un moustique,

il faut aimer son prochain moins que soi-même et plus que son lointain,

l'union des Européens et plus largement des Civilisés est le seul espoir de la France, hélas...

la France va bientôt disparaître, physiquement sous les inondations et culturellement du fait de l'immigration musulmane.

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