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Jean C. Baudet

Articles avec #scepticisme tag

Le scepticisme et le stoicisme indepassables

26 Août 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Scepticisme

Le scepticisme et le stoicisme indepassables

Il faut se rendre à l’évidence ! Vingt-six siècles de philosophie, depuis le glorieux fondateur Thalès de Milet jusqu’à nos jours déboussolés, n’ont pas conduit l’élite intellectuelle de l’Humanité (les masses se contentent des religions et des idéologies) à résoudre le problème de la Connaissance (gnoséologie) ni celui de l’Action (éthique). Nous ne savons pas ce que nous pouvons savoir, et nous ignorons ce que nous devons faire. C’est-à-dire qu’en matière de connaissance, nous ne sommes pas plus loin que le scepticisme de Pyrrhon d’Elis, qui fonde une école de philosophie à Athènes en 322 avant notre ère : les facultés intellectuelles de l’esprit humain sont insuffisantes pour connaître le tout du monde. C’est une détermination de ce que plus tard on appellera la finitude de l’homme : la connaissance absolue est absolument impossible. C’est-à-dire, aussi, qu’en matière d’action, de comportement (et donc de politique), nous ne savons pas s’il existe des « valeurs » qui s’imposent à nous pour nous donner des règles de vie : pouvons-nous accepter l’avortement, la peine de mort, les drogues, le burkini, l’ingénierie fiscale ? Nous n’avons qu’une seule certitude : les souffrances et la mort sont inéluctables. Nous ne pouvons que l’accepter, et tenter d’élaborer des règles de vie et de résignation pour orienter nos existences jusqu’à la fin inéluctable. Cela signifie que nous ne sommes pas plus loin que le stoïcisme de Zénon de Cittium, qui fonde une école de philosophie à Athènes en 301.

Est-ce à dire que la philosophie est inutile, qu’il ne faut pas « perdre son temps » à lire Aristote, Spinoza, Schopenhauer et Michel Onfray ? Je ne le pense pas. Il me semble même que l’étude de la philosophie nous apprend le doute, nous incite à user en toutes choses d’esprit critique, et à nous prémunir contre les objurgations des prophètes, les imprécations des prêtres, les espérances des idéologues, les rêves fallacieux (mais si consolateurs…) des poètes. La philosophie nous apprend à nous méfier des illusions, et à rejeter les fanatismes. C’est là, dans un tragique non-savoir, que se trouve « l’honneur de l’humanité ». Nous devrons nous en contenter.

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Sur le scepticisme philosophique

9 Août 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Scepticisme

Sur le scepticisme philosophique

La raison humaine n’est pas assez puissante pour connaître seule la totalité de l’Être, cela est difficilement contestable. C’est la position philosophique que l’on appelle « scepticisme », pour la première fois soutenue par Pyrrhon d’Elis (d’où « pyrrhonisme »), et peut-être déjà avant lui par les sophistes Protagoras d’Abdère et Gorgias de Léontium. Les textes manquent pour préciser ce point d’histoire. La raison humaine n’est qu’une partie du tout de l’Être, et comment la partie, munie de ses seules ressources (intelligence, mémoire, imagination, intuition), pourrait-elle atteindre le tout, qui la dépasse de toutes parts ? Il y a d’ailleurs un argument du scepticisme qui, pour sembler simpliste, est cependant imparable : il est impossible pour quiconque d’avoir lu tous les livres…

Mais si la raison des hommes est impuissante seule, elle peut se faire aider par l’observation et, mieux encore, par l’instrumentation. La pensée humaine est alors guidée dans certaines directions, elle est assistée dans ses choix, et elle peut même vérifier certaines de ses « idées ». Aussi vénérable soit la raison humaine, seule elle ne peut reconstruire le monde. Soutenue par l’observation à l’aide d’instruments de plus en plus sophistiqués, elle peut en connaître (et de mieux en mieux au cours de l’Histoire) les lois, et il est remarquable que ces lois soient de mieux en mieux vérifiées. Grâce à ses télescopes, l’astronome connaît de mieux en mieux les étoiles et, à l’aide de ses microscopes, le biologiste a inventorié les microbes les plus inattendus. La raison seule ne peut pas affirmer « Dieu existe », ni « Dieu n’existe pas », ni « tous les hommes sont égaux », et le scepticisme triomphe toujours des assertions uniquement « rationnelles » (c’est-à-dire basées sur l’exercice du raisonnement sans le concours de l’observation). Mais l’homme qui raisonne et qui observe est passé du doute à la certitude pour affirmer que « les électrons existent ». Il ne voit certes pas les électrons de manière immédiate, mais il utilise son ordinateur, son téléphone, son rasoir électrique (si du moins il se rase), bref toute une technologie basée sur l’existence des électrons, établie il y a un peu plus d’un siècle par Crookes, Thomson, Perrin et quelques autres. Le lecteur qui voudrait me contredire devrait aller jusqu’à nier l’existence d’Internet !

Ainsi l’Humanité s’est-elle tragiquement divisée en deux camps, en un dramatique face à face entre d’un côté le petit groupe des philosophes (animés par le doute) et des scientifiques (animés par l’expérience) et de l’autre côté la troupe immense des « croyants », animés par le respect (qui peut aller jusqu’au fanatisme et à la violence) de traditions invérifiées.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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Materialisme, idealismes, scepticisme

18 Avril 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Scepticisme

Materialisme, idealismes, scepticisme

La Terre est entourée d’une écorce en trois parties : lithosphère (les roches formées surtout de silicium, d’aluminium et d’oxygène), hydrosphère et atmosphère. Cette écorce est peuplée d’une phytosphère (les végétaux) et d’une zoosphère (les animaux). De celle-ci a émergé au cours du temps une anthroposphère, par orthogenèse du système cérébro-spinal de certains singes, qui est l’ensemble des hominiens (les diverses espèces d’australopithèques et du genre Homo). Après l’invention du langage, l’anthroposphère a généré une noosphère (ensemble des idées produites par les systèmes cérébro-spinaux), qui à son tour à généré une logosphère (ensemble des mots correspondant aux idées). Enfin, s’est développée une technosphère, qui est l’ensemble des outils, des machines et des systèmes techniques produits par l’Humanité.

Ce schéma correspond à la description scientifique du monde (géologie et biologie), acceptée par la philosophie matérialiste. L’homme est un animal distingué par le développement de son système nerveux central, dont le développement intellectuel résulte d’un mouvement dialectique entre le corps et la pensée (issue du corps) qui produit la Technique – les mots étant les outils de la pensée. « Au commencement était le Singe », et pas « au commencement était le verbe ». Les innombrables idéalismes (religions, platonisme, cartésianisme, hégélianisme, marxisme, socialisme, existentialisme, etc.) récusent vigoureusement ce schéma, ne pouvant admettre que l’homme n’est qu’un corps, et attachant une « valeur » particulière à l’intelligence (noos) et à la parole (logos).

Remarquons que le marxisme (comme la plupart des humanismes) est un idéalisme, malgré sa qualification de « matérialisme dialectique ».

Le scepticisme – seule position philosophique vraiment rigoureuse – pose que le choix entre matérialisme et idéalisme est apodictiquement indécidable. Tout homme – descendant du singe, ou créature d’un dieu, ou concrétisation d’une Idée, ou étant jeté inexorablement dans le monde à la recherche de l’Être – est seul dans sa nuit, être-pour-ignorer.

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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