Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Jean C. Baudet

Fondamentaux politiques

24 Février 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Machine au systemeLa campagne française pour les élections présidentielles est un véritable régal d'intelligence et de sottise : il y en a vraiment d'une extrême à l'autre ! Ce qui est frappant pour l'observateur un peu attentif, c'est l'absence presque totale dans les débats des deux déterminations radicales de la condition humaine en 2012.

1ère détermination : la Terre est unique, et ses ressources ne font que diminuer !

2ème détermination : la Terre portait 1,5 milliard d'humains en 1900 et en porte 7 milliards aujourd'hui !

 

Il faut ajouter à cela qu'il y avait 40 millions d'habitants en France en 1900, et qu'il y en a 63 millions aujourd'hui...

 

La mission du futur président de la République sera donc de permettre à un peuple (le peuple de France) de vivre le mieux possible dans un monde où, en un siècle, son "importance" est passée de 40/1,5 à 63/7, c'est-à-dire de 27 à 9 : la France est trois fois moins "importante" aujourd'hui qu'il y a un siècle !!!

 

Il faut ajouter à ce constat démographique qu'une partie importante du "monde" (tant à l'intérieur des frontières françaises qu'à l'extérieur) est hostile à la France, soit pour de simples raisons de concurrence économique, soit plus fondamentalement pour des raisons idéologiques : d'une part le souvenir de la colonisation, d'autre part la haine des croyants (en particulier ceux de l'islam) pour un pays où une partie de l'élite est agnostique et attachée à la laïcité.

 

Le futur président pourra soit accepter la continuation du déclin (désindustrialisation, donc diminution du pouvoir économique, donc détérioration du niveau de vie des Français et amenuisement du rôle mondial de la France), soit se résoudre à renforcer les points forts de la France.

 

1° renforcer l'excellence française en matière de production d'électricité nucléaire, et notamment augmenter le soutien à la recherche dans le domaine de la sécurité nucléaire et dans celui de l'information de la population sur les questions énergétiques. Corrélativement, renoncer à certaines illusions, comme par exemple l'énergie éolienne (sauf comme appoint dans certaines situations locales).

2° renforcer l'excellence française en matière agro-alimentaire, notamment en augmentant la recherche concernant les OGM.

3° tenter de "réindustrialiser" la France, notamment par l'incitation de la jeunesse à choisir des études supérieures plus "scientifiques" que "littéraires". Toutes choses étant égales par ailleurs, un ingénieur est davantage susceptible de créer une entreprise (et donc des emplois) qu'un historien de l'art ou un sociologue.

 

 

Pour info, l'URL (à copier et coller après http://) d'une vidéo sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Propos sur l'arrogance

21 Février 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Curieuses hist InventionsUn ingénieur nucléaire explique, posément, que la fission de l'uranium peut libérer des quantités d'énergie considérable, sans commune mesure avec les possibilités du vent. Réponse de la foule : quelle arrogance !

 

Un ingénieur agronome explique, calmement, que la productivité agricole peut être améliorée nettement en utilisant des semences améliorées grâce aux progrès récents de la biologie moléculaire. Réponse de la foule : quelle arrogance !

 

Un expert financier explique, simplement, qu'un Etat moderne ne peut payer ses fonctionnaires qu'avec de l'argent, et que cet argent ne peut provenir que de l'impôt ou de l'emprunt, et qui si un Etat a emprunté de l'argent à diverses banques il doit envisager d'un jour rembourser cet argent, capital et intérêts. Réponse de la foule : quelle arrogance !

 

Un économiste explique, très serein, que si une population veut gagner plus elle doit travailler plus, car il n'y pas d'autre moyen de produire des richesses que le travail. Réponse de la foule : quelle arrogance !

 

Un démographe explique, très clairement, que l'augmentation du nombre d'hommes sur un territoire limité, qu'il s'agisse d'une augmentation par les naissances, par la baisse de la mortalité ou par l'immigration, conduit mécaniquement à l'appauvrissement de la population concernée. Réponse de la foule : quelle arrogance !

 

Un historien explique, avec à sa disposition toutes les bibliothèques du monde, que les grandes découvertes et les grandes inventions qui ont conduit à la civilisation sont principalement le fait d'Européens. Réponse de la foule: quelle arrogance !

 

Pour info, l'URL (à copier et coller après http://) d'une vidéo sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Concert (poème)

18 Février 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Philosophie-poesie.jpgJ'ai composé ce poème de nostalgie sonore en 2003 ou 2004, alors que je rassemblais en un vaste bouquet les fruits amers et vénéneux de mes lectures et de mes émois, en vue d'un examen philosophique de la question du poème, qui allait aboutir en librairie en un livre de désespoir et de détestation intitulé "Une philosophie de la poésie" (L'Harmattan, Paris). Je le dédie à tous ceux qui souffrent des célébrations convenues, et que hantent les airs funèbres.

 

 

Carmen carminis carmina le poème

des sons

du sang

nous étions fatigués d’écouter Beethoven

le sang est un liquide rouge

comme une belle encre d’imprimerie

comme un plaisir somptueux interdit

comme un songe habité de merveilles

et les archets sautaient encore sur les cordes

glissement

choc parfois

des couleurs

divertimento quatuor allegro

et nous étions heureux d’écouter Beethoven

et les cordes vibraient comme une jouissance

tendues d’acier

et nous étions très loin de l’ordinaire

nage flottement espace sonore gouttes de notes

suavité des clarinettes

et nous étions heureux de voir un violon

enfermés protégés entourés environnés d’une sphère sonore

résumé d’univers condensation d’un monde

concentration des choses

cristaux aux cris limpides et force des couleurs

et cette nostalgie infinie de l’alto.

 

Lire la suite

Rue Croulebarbe (poème en prose)

17 Février 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Poésie

Treizième arrondissement. Quartier des Gobelins. Et la rue Croulebarbe. L’aventure du savoir. Table de multiplication – protase et apodose – mitose et méiose – les gènes, l’acide nucléique, les enzymes, les protons, l’hydrogène et la force nucléaire, les suppurations, l’eczéma, les euglènes et les protozoaires, les paramécies, et la gravitation universelle, découverte ou inventée ou conjecturée par Isaac Newton, et expliquée ou décrite ou formulée par le grand homme dans son livre Philosophiae naturalis Principia mathematica paru à Londres en 1687. C’était le siècle de Racine et de Leibniz, qui avait fait paraître un texte bien intéressant, intitulé De geometria recondita et analysi indivisibilium atque infinitorum dans les Acta eruditorum, aux pages 292 à 300 de la livraison de juin 1686. Je me souviens fort bien de la typographie serrée des petits volumes des Acta, consultés à la Bibliothèque Nationale, c’était en hiver, dans le silence et la lumière jaune des lampes, avec déjà la nuit dehors.

 

Il y a bien longtemps.

 

J’aimais ces longues lectures calmes et l’aventureuse rencontre de tant de penseurs. J’aimais ces piles de livres vénérables, souvent fragiles, et la poussière brunâtre, collante, des vieilles reliures, qui se désagrégeaient aux pliures. Poussière qui salissait les mains et ornait de traînées brunes la chemise blanche du lecteur qui avait imprudemment porté la pile de livres anciens, depuis le comptoir de distribution jusqu’à la place qui lui était assignée, en serrant les ouvrages contre sa poitrine, en un geste instinctif pour alléger son fardeau. Une espèce de fierté, mêlée d’un mélange d’admiration, de nostalgie et de plaisir cérébral, m’envahissait chaque fois que j’avais sur ma table un vieux volume, plusieurs fois centenaire, à la très ancienne typographie, et où je retrouvais Leibniz, Pascal, Paracelse, Torricelli, tous ces prédécesseurs admirables de l’effort intellectuel et de la recherche du vrai. Parfois c’était l’exemplaire unique rescapé du temps que j’avais sous les yeux, que mes mains touchaient avec vénération. Je manipulais l’unique. C’était aussi l’éloignement, hélas momentané, des désillusions du monde ordinaire.

 

Il y a bien longtemps.

Lire la suite

Le curieux de l'histoire

16 Février 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Cur PenseeNon, Madame, non, Monsieur, mes Curieuses histoires ne sont pas des livres de vulgarisation !!! Certes, mes quatre livres de cette série, publiés par les éditions Jourdan, sont parfaitement lisibles par le grand public - c'est une de mes coquetteries d'écrire pour être lu et compris - ce qui ne va pas de soi. Depuis Spinoza, 99 % des philosophes croient que pour être profond il faut être abscons. C'est parce que (voir Alan Sokal et Jean Bricmont) les philosophes (et les représentants des sciences "humaines") sont jaloux à en baver des hommes de science, qui ont su trouver un langage (mathématico-symbolique) efficace mais difficile. Certes, Kant, Hegel, Husserl nous font atteindre des sommets de la pensée. Mais des sommets qui nous apprennent quoi ? Que l'inconnaissable reste hors de portée de la connaissance. Voilà, j'ai résumé en une ligne la grosse Critique de la pensée pure. Et tant pis pour la si passionnante distinction entre la Vernunft et la Verstand... Cela les déprime, les philosophes, que l'on puisse résumer en si peu des livres qu'ils vénèrent tant. Mais allez résumer en une phrase l'oeuvre de Lavoisier, d'Einstein, de Newton...

 

Or donc, mes Curieuses histoires sont des travaux originaux, des oeuvres de recherche historique et épistémologique, et s'ils sont rédigés simplement, ces livres n'en sont pas moins des contributions au lent (très lent) progrès de la pensée philosophique - pas la pensée des talk-shows et des salons à la mode, mais la pensée qui se base plus sur l'observation scientifique que sur les "intuitiions" littéraires.

 

Dans CH de la Science, j'ai étudié l'Erreur, question centrale de l'épistémologie.

Dans CH des dames de la science, j'ai étudié une question importante en psychologie cognitive et en sociologie de la connaissance : dans les quelles conditions la variété femelle de l'espèce humaine peut-elle prétendre accomplir des travaux scientifiques significatifs ? La question ne sous-entend pas que tous les représentants de la variété mâle en soient capables !!!

Dans CH de la Pensée, j'ai tenté une synthèse de nos savoirs sur les origines et les premiers développements de la pensée, de manière à dégager quelques hypothèses sur l'apparition des mythes et leur transformation en religions. C'est un gros volume (601 pages), solidement documenté, qui étudie aussi l'apparition de la philosophie en Grèce. Je signale en outre que ce travail est novateur en ce qu'il étudie en même temps (ce qui a été fait rarement, si même cela a été fait !) le développement des grandes religions de l'Antiquité et celui de la philosophie. L'on sait que les cloisonnements universitaires séparent soigneusement l'Histoire de la philosophie et l'Histoire des religions.

Dans CH des inventions, je propose une méditation sur la novation, et sur les rapports entre Science et Technique.

 

Quant à Claude Guéant, s'il lit mes livres, il découvrira que toutes les cultures ne se valent pas ! Et il se demandera peut-être pourquoi un Anglais, qui s'appelait Newton, a tant fait progresser la mathématique, la physique et l'astronomie, pendant que de nombreux "penseurs" pensaient, en France et ailleurs, et ne trouvaient rien. Les penseurs, eux non plus, "ne se valent pas".

 

Lire la suite

Réponse à Claude Guéant

15 Février 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Curieuses-histoires-dames-science_g.jpgClaude Guéant a osé le dire : "toutes les civilisations ne se valent pas !" Il y a donc encore, magré la vaste et vigoureuse entreprise de décervelage dont sont victimes les Français depuis plusieurs générations, de li'ntelligence au pays de Voltaire.

Si l'on prétend philosopher, il faut commencer par fixer le vocabulaire. La Civilisation est l'ensemble des productions culturelles (littéraires, scientifiques, juridiques...) de l'Humanité. La Civilisation est donc unique, comme l'Humanité est unique. Une culture est l'ensemble des productions culturelles d'un groupe humain plus ou moins homogène, défini par la géographie et l'histoire, généralement déterminé par une langue particulière. Il y eut et il subsiste encore des centaines de cultures, toutes différentes. Certaines cultures, pour d'obscures raisons historiques, ont contribué de manière décisive au développement de la Civilisation. D'autres, soit n'ont rien apporté de notable, soit même ont proposé des "valeurs" non de progrès mais de régression. Claude Guéant aurait donc dû dire : "toutes les cultures ne se valent pas".

La comparaison et la hiérarchisation des cultures ne peuvent se faire sérieusement que par l'examen de leurs apports respectifs à la Civilisation. Il faut ici du bon sens et de l'objectivité. Certaines valeurs culturelles sont purement esthétiques, et je ne vais pas prétendre que la culture des Indiens amazoniens de la vallée A est supérieure à celle des Amazoniens de la vallée B, parce que les A ont des chapeaux ronds et les B des chapeaux pointus ! Mais des pratiques culturelles comme l'excision, le travail des enfants, la torture, le refus du raisonnement, la croyance au Grand Manitou, sont des caractéristiques clairement archaïques, petit à petit rejetées par la Civilisation...

La culture maya a produit une écriture qui n'a été adoptée par personne. La culture phénicienne (pourtant plus ancienne, le temps ne fait rien à l'affaire...) a produit un alphabet qui sera repris (et amélioré) par la culture grecque, puis par la culture étrusque, puis par la culture romaine, puis par la culture gauloise, qui par cette adoption (et quelques autres) deviendra la culture française.

Il faut donc encourager Claude Guéant à poursuivre ses études comparatives non des "civilisations" mais des cultures. De même qu'il y a des hommes improductifs ou malades (qui n'en sont pas moins des hommes), on peut supposer a priori qu'il y a des cultures malades, voire même maléfiques. Après la Grande Guerre, un poète a constaté : "nous savons maintenant que les civilisations sont mortelles". Nous pouvons ajouter que nous savons maintenant que certaines cultures sont criminelles.

 

La gauche va-t-elle promulguer des lois interdisant de penser ? Va-t-elle interdire d'observer et imposera-t-elle ses postulats de "pensée bonne" ? Faudra-t-il apprendre dans les écoles les apports civilisationnels des Mayas, des Catalans, des Khmers et du royaume (sic) du Kongo au XVIème siècle, et y interdire l'étude d'Aristote, d'Archimède, de Galilée, de Lavoisier ?...

 

Mon livre Curieuses histoires des Dames de la science est ainsi un acte de résistance, une tentative de sabotage de la Pensée Unique. Si des femmes ont pu apporter d'importantes contributions à la Civilisation, c'est au sein de cultures bien déterminées dans le temps et dans l'espace, par exemple dans la culture nord-américaine. Ce n'est pas l'effet d'une inatteignable égalité entre l'Homme et la Femme, mais le résultat d'une évidente inégalité des cultures.

 

IL FAUT RESISTER AUX FANTASMES EGALITAIRES.

 

Pour info, l'URL (à copier et coller après http://) d'une vidéo sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Bravo, Christine Boutin !

14 Février 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Il faut applaudir le ralliement de Christine Boutin (Parti chrétien-démocrate) à Nicolas Sarkozy en vue de l'élection présidentielle. Les valeurs qu'entend défendre Madame Boutin sont tout à fait honorables, et un éventuel redressement de la France (et de l'Europe) me paraît impossible sans une sérieuse analyse des slogans qui parcourent l'espace discursif de cette région du monde, où l'on a inventé la géométrie algébrique (René Descartes), la morale du bon sens (Jean de La Fontaine), la chimie (Antoine-Laurent de Lavoisier), le traitement des maladies microbiennes (Louis Pasteur) et la mécanique ondulatoire (Louis de Broglie). "Patrie", "famille", "travail", "République" et "civilisation" me paraissent être des objectifs denses, concrets, humains, préférables aux pseudo-valeurs de pacotille de mouvements de pensée basés sur 'attitude compassionnelle ou sur la confusion (style : "toutes les civilisations se valent", ce qui est du plus haut comique).

Mais enfin, qui ne voit que "tous les X se valent" est une incroyable foutaise ? Quel que soit X d'ailleurs. Le monde est basé sur la différence, et c'est de la différence que vient le changement et, parfois, le progrès.

Je ne vais certes pas jusqu'à suivre Madame Boutin dans son christianisme, mais cette religion (qui accompagne la France depuis la naissance même de celle-ci) a su évoluer et ne pratique plus le prosélytisme armé et la chasse aux athées. Je ne peux pas en dire autant de toutes les religions actuellement pratiquées en France.

 

Pour info, l'URL (à copier et coller après http://) d'une vidéo sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Jacques Steiwer, moraliste sans dieu

7 Février 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Baudet Foire 2008 PortraitJe viens de terminer la très passionnante lecture du dernier livre de Jacques Steiwer : Une morale sans dieu (L'Harmattan, Paris, 2011, 155 pages). Le titre résume bien l'objet de ce travail : il s'agit de proposer une nouvelle morale, tenant compte des avancées considérables de la haute pensée (parfois encore appelée philosophie) depuis quelques décennies. Car l'homme pensant est arrivé à des sommets, l'homme non-pensant étant toujours le même depuis Cro-Magnon, la femme étant, comme le prétendent les humoristes, l'être dépensant.

Mais il ne s'agit pas d'humour, mais d'une des questions les plus graves, les plus sérieuses, les plus fondamentales de notre siècle, déjà posée il est vrai par quelques esprits particulièrement déliés au XIXe siècle : puisqu'il n'y a pas de dieux, comment fonder une morale ? Selon la formule célèbre : puisque Dieu est mort, tout est-il permis ?

On sait que Jean-Paul Sartre, être moral s'il en fut, avait promis, après avoir donné à l'Humanité éblouie son essai d'ontologie phénoménologique modestement intitulé L'Etre et le Néant, avait promis donc de rédiger une morale, et qu'il n'est jamais arrivé au bout de ce projet. Jacques Steiwer y est arrivé !

 

Avec une phraséologie splendide, une documentation très complète (notre auteur connaît aussi bien les philosophes allemands, comme des Habermas ou des Jonas, que les philosophes français), un raisonnement d'une logique implacable et presque étourdissante, il nous rappelle d'abord que l'intelligentsia contemporaine, depuis Nietzsche, Marx et Freud (et quelques autres), ne peut plus accepter l'idée archaïque d'une transcendance qui dicterait des règles de comportement à l'Humanité - qu'elle aurait d'ailleurs créée, on se demande pourquoi ? Dès lors, il s'agit de fonder une morale sur d'autres bases que l'obéissance à des impératifs révélés par l'ange Gabriel ou par d'autres intermédiaires entre le Grand Manitou et les petits hommes. Et bien sûr, Steiwer analyse la morale de Kant, des kantiens et des post-kantiens (sans oublier les néo-kantiens). Mais ça ne marche pas ! S'il y a des impératifs catégoriques, nous explique clairement Steiwer, c'est qu'il y a un imperator ! On n'échappe pas à la nécessité d'une transcendance.

 

Alors que faire ? Jacques Steiwer, qui en a lu d'autres, prend le taureau éthico-moral par les cornes (en nous épargnant, Dieu merci - si j'ose dire -, les gnangnanderies des apprentis-penseurs sur la différence entre l'éthique et la morale), et voici. Si l'on ne peut pas trouver un fondement à la morale, passons-nous de fondement, et constatons qu'il y a de la moralité. C'est ce que notre auteur appelle une "approche systémique de la morale". Et de constater que si la morale des uns diffère souvent de la morale des autres, au moins dans toute collectivité humaine y a-t-il à propos des actes des hommes, des approbations par le corps social ou des désapprobations. En somme, ne trouvant pas de raison à la morale, il s'agit d'en construire une petit à petit, en expérimentant les évolutions de la sensibilité des peuples et du système d'approbation-désapprobation. C'est remplacer la pensée exigeante, mais en effet impuissante, des penseurs professionnels, par la résultante (imprévisible) des innombrables idées morales de la population humaine tout entière.

 

Je ne suis pas totalement d'accord avec Jacques Steiwer, mais je n'ai pas envie de faire de ce billet une Critique de la raison steiwerienne. L'effort me paraît méritoire, il n'y a pas mal d'idées intéressantes, et au total le livre de Steiwer donne à penser - ce qui n'est pas le cas de tous les ouvrages contemporains marqués "philosophie". Je recommande en tout cas son livre aux hommes et aux femmes de bonne volonté, qui souhaitent vivre avec d'autres hommes et femmes. Car cela me plairait que l'on arrive (c'est la fin du livre) à la tolérance - qui est la clé de la morale steiwerienne : cette tolérance "évitera les conflits sanglants s'inspirant de fantasmes religieux et ouvrira peut-être la voie à une dialectique universelle, à une paix perpétuelle parmi les hommes. Ceux-ci, en effet, aspirent à une valeur importante, celle du bien-être construit par et pour eux-mêmes". Et voilà : la morale est la recherche du bonheur ! Pythagore le savait déjà.

 

Au fait, quand Nietzsche annonçait la mort de Dieu, en 1883, il y avait 1,3 milliard d'humains dans le monde. Depuis, sans morale fondée, nous sommes cependant arrivés à 7 milliards. Combien serions-nous si les philosophes avaient pu fonder une morale ?

 

Pour info, l'URL (à copier et coller après http://) d'une vidéo sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite

Confession

3 Février 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Cur Pensee

Je suis arrivé à l'âge des bilans et des confessions. Mes amis s'en sont allés (je ne sais où), et je pense, je n'ai d'ailleurs jamais fait que cela. Je pense depuis l'année 1958, quand j'achetai, à l'Exposition Universelle de Bruxelles, le livre (traduit en français) d'Albert Einstein sur la théorie de la relativité restreinte et générale. J'avais quatorze ans, et j'admirais Elvis Presley et Louis Armstrong. Mais j'en connais qui diraient que la haute physique n'est pas encore la pensée, et alors je dois plutôt faire partir le commencement de mon cogito en 1959, quand je commence à lire L'Etre et le Néant de Jean-Paul Sartre, et que je décide que je serai philosophe. Mes goût musicaux avaient évolué, et j'aimais surtout les quatuors de Beethoven et la trompette envoûtante de Miles Davis. Certains dimanches, l'après-midi, quand j'écoutais avec ma mère un disque "long playing"... J'entrepris, simultanément, des études de philosophie et de chimie, j'appris non seulement la mathématique, la gestion d'entreprise, la phénoménologie husserlienne et l'herméneutique de Paul Ricoeur, mais en outre la biologie, et spécialement la génétique végétale. Je publiai mon premier article en 1969, puis je m'occupai de choses diverses, je fondai des revues, je donnai des cours, je participai à des travaux de recherches, je publiai en 1986 un ouvrage sur Les Ingénieurs belges (j'enseignai la Philosophie de la technique et l'Histoire de la profession d'ingénieur, dans un programme de 3ème cycle du FNRS, le Fonds national belge de la recherche scientifique). En 1968, je m'étais fixé un programme pour la vie: étudier comparativement la formation de la science et la formation des religions, et tenter d'en tirer des conclusions épistémologiques et peut-être (on verrait bien...) ontologiques et éthiques. J'y suis presque arrivé !

Et voilà que mes organes commencent à me lâcher, que je ne peux plus passer des nuits entières à lire et à écrire, que mes forces s'amenuisent et que mes passions se calment. J'ai publié plus de 800 textes, depuis de courts poèmes exécrant la Pensée Unique et la Bêtise (que j'ai rencontrée si souvent) jusqu'à deux livres de plus de 600 pages, l'un sur la transformation de la technique en technologie (De la machine au système, Paris) et l'autre sur l'origine des religions (Curieuses histoires de la pensée, Bruxelles). Je ris, dans ma barbe blanchie, des commentaires naïfs de quelques lecteurs, et je ricane avec volupté quand je rencontre un écervelé, conditionné comme un chien de Pavlov à aboyer quand il rencontre une phrase qu'il ne comprend pas.

Je m'amuse à penser que mes deux plus gros ouvrages sont précisément consacrés l'un aux religions (la pensée archaïque) et l'autre à la technologie (la pensée postmoderne). L'alpha et l'oméga des productions de cette étrange chose qu'est la pensée des hommes. Et je dissous mes conceptualisations dans la longue série des idées qui vont de Thalès de Milet à... Au fait, à qui, sinon à ce Moi singulier qui est chacun de ceux qui pensent, sincèrement, débarrassés des slogans des partis et des préceptes des sectes, et qui participent à ce qui est peut-être, pourquoi pas, l'honneur de esprit humain.

Je me moque de bien des choses, c'est un délicat plaisir, et notamment de tous ceux qui s'enorgueillissent de faire partie d'un troupeau.

Ah oui, un petit détail. J'ai visité de nombreuses églises (même des cathédrales) et quelques mosquées. En Afrique, je me suis intéressé aux sorcelleries locales, et j'ai beaucoup prié les forces spirituelles pour qu'elles me fassent un signe, un faible signe. Je suis persuadé qu'elles l'ont fait - comment pourraient-elles rester sourdes à mes implorations ? Mais mon récepteur d'ondes surnaturelles est trop peu sensible. Je n'ai rien entendu.

 

Pour info, l'URL (à copier et coller après http://) d'une vidéo sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Lire la suite