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Jean C. Baudet

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Sur la cuisine et la condition humaine

1 Septembre 2016 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Cuisine, #Histoire

Sur la cuisine et la condition humaine

Qu’est-ce qui fait la différence entre le bestial et l’humain ? Qu’est-ce qui distingue l’homme de la bête ? Qu’est-ce qui est vraiment propre et spécifique à l’humanité, qui a fait sortir les hommes de l’animalité ? C’est la cuisine ! Parmi des milliers et des milliers d’espèces animales, l’humain est seul à préparer sa nourriture, à cuisiner, il est le seul animal mangeant de la nourriture cuite, parfois avec des raffinements extrêmes. Pendant longtemps j’ai professé l’idée (que l’on trouve chez Marx à l’état embryonnaire, voir son analyse des « moyens de production ») que la technique est le signe de l’humain (voir mon livre Le Signe de l’humain, L’Harmattan, Paris), et donc qu’elle est le fondement de l’humanité. Je ne récuse certes pas cette thèse : il y a ou il y eut des peuples sans science, sans religion, sans poésie, sans musique, il n’y en a pas sans technique, sans outils. Le langage, d’ailleurs, apparu longtemps après l’outil de bois et de pierre, est une création technique, mais venu bien après l’invention du feu, de la cuisson des aliments, de la cuisine. Car le philosophe doit poursuivre toujours plus loin ses analyses, et ne pas s’arrêter aux évidences : toutes les collectivités humaines disposent d’une technique (plus ou moins évoluée), c’est la condition même de leur subsistance, mais une technique pour quoi faire ? Pour acquérir, préparer, conserver, transporter et consommer des nutriments indispensables à l’existence des hommes. La technique répond aux besoins des hommes, et le premier besoin, vital, est la nutrition. La cuisine est donc la technique primordiale. Le premier outil fut le bâton servant à attraper un fruit, puis la pierre utilisée pour séparer, dans un fruit dur, l’écorce inconsommable de la pulpe nourricière…

J’ai donc étudié les origines de la cuisine et son évolution au cours du temps, dans un livre Histoire de la cuisine paru aux éditions Jourdan (Bruxelles). Un voyage bien agréable, avec « l’eau à la bouche », où l’on passe au cours du temps du repas cru des australopithèques et des primitifs aux plats ultrasophistiqués de la « Nouvelle cuisine » et des chefs étoilés. On rencontre au passage quelques-unes de mes gourmandises, la sauce béchamel, la crème Chantilly, le baba au rhum, la moussaka des Grecs, le filet américain des Belges…

Ainsi, le véritable héros n’est pas le Savant plus ou moins incompréhensible, ni le Religieux plus ou moins fanatique, ni le Guerrier plus ou moins vaillant, ni le Politicien plus ou moins véreux, ni le Poète plus ou moins inspiré, le héros véritable est le Cuisinier et le Restaurateur.

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La Cuisine source de la Technique

14 Août 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Cuisine, #Technique

La Cuisine source de la Technique

Le primat de la Technique est l'intuition première de ma philosophie, que l'on appelle "éditologie". J'ai donc consacré trois livres à une analyse critique de la Technique : De l'outil à la machine (Vuibert), De la machine au système (Vuibert) et Le signe de l'humain (L'Harmattan). Mon travail sur cette question commence en 1978 (fondation de la revue Technologia), avec un double constat : 1° la nécessité universelle de la technique ; 2° la faible présence du fait technique chez les philosophes et chez les historiens. Le primo est évident : il existe des populations sans art, sans religion ou sans philosophie, mais il n'existe pas de population sans technique !

L'analyse des origines historiques et psychologiques du fait technique montre à l'évidence que l'invention de la technique, c'est-à-dire des outils (bâton à fouir, pierre taillée, langage, feu...), a pour objectif la satisfaction des besoins nutritionnels : la cuisine est la première technique ! L'homme est le seul animal qui utilise des outils pour acquérir et préparer ses aliments. Il fallait dès lors que j'achève mon travail par une étude historique de la cuisine, ce que j'ai fait dans mon livre Histoire de la cuisine (Jourdan, Bruxelles). La Civilisation a commencé par la cuisine !!! L'homme à d'abord cherché des racines comestibles avec un bout de bois et découpé de la viande avec une pierre tranchante avant de composer des symphonies, d'observer les étoiles et d'inventer les dieux !!!

Mais on trouve toujours des contradicteurs. Pour nier que la cuisine est à la base de toutes les cultures, il faudrait aller jusqu'à ignorer que l'homme possède un tube digestif !

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Histoire de la cuisine

31 Décembre 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Cuisine

Histoire de la cuisine

La Cuisine est la plus formidable, la plus sensationnelle, la plus époustouflante, la plus belle, la plus passionnante, la plus captivante construction de l'esprit humain. Elle n'est pas un dogmatisme fanatique comme les religions - elle se remet constamment en questions. Elle n'est pas un passe-temps surévalué par ses producteurs comme la Littérature - elle débouche sur des plats délectables et assimilables. Elle n'est pas un ensemble de discours contradictoires agitant l'agressivité des humains comme la Politique - elle rassemble les hommes dans la paisible sérénité des agapes et des festins. Elle n'est pas une collection de propositions difficilement vérifiables - et parfois peu compréhensibles - elle réalise (donne accès à l'existence) de somptueuses saveurs, des odeurs délectables et, nourrissant le corps, elle permet à ceux qui en ont le développement de l'esprit. Car on peut se passer des subtilités mathématiques du physicien, on peut se passer des profondeurs aporétiques du philosophe, on peut se passer des imprécations du prophète, on peut se passer ses soupirs de la sainte et des cris de la fée (Nerval), mais l'on ne peut pas se passer de pain, de maïs, de riz ou de couscous ! En tout cas, je ne me passe pas de "carbonnades flamandes", de "boulets à la liégeoise", de "filet américain", de "spéculoos", de "gaufres de Bruxelles", de "chicons", de "cramique", et je n'oublie ni le bordeaux, ni le minervois, ni le cahors, ni le beaujolais, ni le bourgogne, ni le château-neuf-du-pape, ni même (mais avec modération) le coca-cola.

Et si Jean-Paul Sartre a dit que chez l'homme "l'existence précède l'essence", je proclame que chez l'homme "la cuisine précède l'existence". Essayez de vous "engager" entre l'être et le néant l'estomac vide...

Au vrai, si la Technique est le coeur vibrant de l'Humain, comme je l'ai montré dans mon essai "Le signe de l'humain - Une philosophie de la technique" (2005), la Cuisine est la source originaire de la Technique, et l'homme a d'abord inventé l'outil pour étendre ses sources nutritionnelles. Voilà pourquoi il me fallait étudier de manière approfondie et critique l'origine et l'évolution de la cuisine. Et j'ai fait paraître mon "Histoire de la cuisine - Une philosophie du goût" chez Jourdan, en 2013.

Pour être un homme cultivé, il faut connaître les rugissements du violoncelle chez Zoltan Kodaly et savoir apprécier les vers de Nerval, mais il peut être plus radicalement nécessaire de connaître l'histoire de la sauce Béchamel, de la crêpe Suzette, du baba au rhum, du poulet Marengo...

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L'histoire de la cuisine ou Julie Gayet ?

18 Janvier 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Cuisine

Grands destinsQuelques-uns de mes amis (car j'ai, malgré tout, quelques amis) s'étonnent qu'après avoir publié une vingtaine d'ouvrages consacrés à l'histoire des systèmes de pensée (religions, philosophie, science, poésie...) j'ai fait paraître, tout récemment, une "Histoire de la cuisine" (éditions Jourdan, Bruxelles-Paris, 268 pages). Quoi, me disent-ils, d'ailleurs cordialement, tu as étudié les productions les plus sublimes de l'Humanité, la Relativité d'Albert Einstein, la Psychanalyse de Sigmund Freud, la Théorie électronique de Niels Bohr, l'Utopie communiste de Karl Marx, la Théorie des ensembles de Georg Cantor, la Phénoménologie d'Edmond Husserl, et voilà que tu t'intéresses au sujet si vulgaire de l'alimentation ? Sombrerais-tu dans le populisme en étudiant le remplissage des estomacs, alors qu'il y a tant à dire sur l'indicible, sur le spirituel, sur les sacro-saints droits de l'homme ou sur le programme de François Hollande pour faire, grâce à de nouvelles lois, le bonheur définitif de tous les Français, si libres, si égaux et si fraternels ?

C'est que je suis tenté par le matérialisme - aussi "vulgaire" soit-il. C'est qu'il me semble que les humains ont plus besoin de pain (et si possible de boeuf Stroganov, de poulet Marengo, de poires Belle Hélène, de steaks tartares et de filets américains, voire de hot-dogs et de choucroute) que de cortèges hurlant dans les grandes villes d'Europe et que de discours pour la préservation des langues d'Amazonie.

Certes, j'aurais pu, aujourd'hui, orienter ma réflexion vers Cahuzac, vers Dieudonné, vers Julie Gayet, représentants de la Très Sainte Humanité mis à l'honneur par les appétits populaires. Mais je préfère m'intéresser à la lente et difficultueuse construction des vérités (ne serait-ce que la recette de la béchamel ou de la crème Chantilly) plutôt qu'à la trop facile élaboration de mensonges. Mais quand même, les trois "héros" que je viens de citer symbolisent assez bien la Cupidité, la Haine et la Sexualité, qui sont, il faut en convenir, parmi les plus puissants moteurs de l'Histoire. Mes "héros" à moi sont plutôt Einstein, Freud, Bohr, Marx, Cantor, Husserl (voir, notamment : Les grands destins qui ont changé le monde, Jourdan, 331 pages). Au fait, savez-vous quel est le dénominateur commun de ces six personnages ?

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles)

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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