Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Jean C. Baudet

La longue marche (poeme en prose)

19 Janvier 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Poème

Marchez. Marchez sur le chemin de l’avenir. Avancez sur la route du désormais et du dorénavant. Marchez jusqu’au futur.

Voici la Première porte, faite de bois de chêne, c’est la porte initiatrice de la peur, de l’anxiété bleue et de l’angoisse pesante, la porte qui ouvre – car vous finirez par l’ouvrir – sur l’épouvante. Mais marchez encore, dans les forêts, pataugeant dans la fange des marécages, et vous arriverez devant la Deuxième porte, faite de verre lumineux, c’est la porte de l’étonnement, de l’impressionnant et de l’admiration, et vous franchirez la porte de verre en inventant l’observation, vous irez au-delà, suivant votre chemin jusqu’à la Troisième porte, toute de cuivre rouge, ornée de pierres resplendissantes, c’est la porte de l’enthousiasme et des premiers plaisirs. Marchez encore. La route s’élargit, elle monte vers les collines boisées d’euphorbes et de palmiers.

Voici la Quatrième porte.

C’est un véritable chef-d’œuvre de métallurgie : elle est entièrement faite de bronze luisant, couverte de figurines fantasques innombrables, munie d’anneaux entremêlés qui s’entrechoquent émettant des sons aigres. C’est la porte de la poésie, et vous découvrez la splendeur des mots qui s’entremêlent et s’entrechoquent formant des phrases qui accompagneront votre voyage. Car la marche n’est pas finie, et il vous faut redescendre vers la plaine, où les grandes euphorbes-candélabres désignent le ciel comme les doigts d’une main levée, et les arbres sont de moins en moins nombreux, et vous arrivez, avec votre bagage qui s’alourdit, devant la Cinquième porte.

Elle est construite de fer et d’argent, c’est la porte de l’imagination et des rêves. Vous l’ouvrez, écartant l’un de l’autre les deux vantaux métalliques très lourds mais tournant bien sur leurs charnières, et donnant sur un vaste désert de sable. Vous inventez de nouvelles craintes et des joies inouïes. Vous avez des compagnons de voyage, et vous parlez beaucoup, malgré la soif et la chaleur. Vous êtes devant la Sixième porte, qui est d’acier poli.

C’est la porte du rapport, de la comparaison, de la distinction, du oui et du non, de l’interne et de l’externe, vous l’ouvrez et poursuivez votre chemin, mais beaucoup de vos compagnons, épuisés, s’arrêtent sur le seuil de la porte d’acier, et dressent leurs tentes pour se protéger du vent. La sixième porte étant franchie, vous êtes sur une nouvelle route, et vous avancez toujours, votre besace est pleine de souvenances et de fatigue, mais vous continuez à marcher, jusque devant la Septième porte.

Formée de deux battants aux dimensions formidables, forgée d’aluminium et de titane, c’est la porte du doute.

Lire la suite

Sur la civilisation

15 Janvier 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Civilisation

Il faudra quand même tirer les conclusions du fait que la civilisation qui a découvert la gravitation universelle, la relativité du temps, la mécanique quantique, les particules subatomiques, le mécanisme de l’hérédité ; que la civilisation qui a donné à l’Humanité la bicyclette, l’automobile, le téléphone, l’avion, la télévision, l’ordinateur, les vaccins et les antibiotiques est aussi celle qui a critiqué le judaïsme, le brahmanisme, le bouddhisme, le christianisme, l’alchimie, l’astrologie, l’animisme, l’islam, le spiritisme, et qui a développé le doute philosophique.

Lire la suite

Le vieil homme et l'amer

13 Janvier 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie, #Epistémologie

Dévoré par l’angoisse d’un avenir sans espoir, fait des humiliations du vieillissement et des souffrances de la maladie, je poursuis mon travail philosophique, malgré l’affaiblissement de mon énergie mentale, renonçant à contempler jamais la splendeur de la vérité (splendor veritatis), pour « passer le temps », me consolant en me remémorant les étapes de mon cheminement intellectuel, depuis l’époque, enfouie dans les brumes du passé, des interrogations de mon adolescence. J’essaye, par le souvenir et l’introspection, de reconstruire les moments-clés de mes tentatives de répondre aux « grandes questions », que je commençais à me poser, autant qu’il m’en souvienne, vers 1958, au temps de l’Exposition Universelle de Bruxelles. C’est en 1968 seulement que je fis de cette quête une activité professionnelle, étant nommé professeur de philosophie au Burundi (j’y restai cinq ans). En 1973, je mis de côté pour quelque temps mes préoccupations métaphysiques, et je connus les enthousiasmes de la recherche scientifique, en botanique et en biologie. Mais je revins à la philosophie en 1978, en fondant la revue Technologia, dédiée à l’histoire de la science et de la technologie. Car, lecteur de Karl Popper, de George Sarton, de Gaston Bachelard, de Michel Foucault, je m’étais rendu compte que l’examen critique de la science (c’est-à-dire de sa généalogie, de son archéologie comme disait Foucault, de son histoire comme disaient Sarton et Bachelard) était, pour la philosophie, un travail préjudiciel obligé, car il s’agissait d’apprécier les différences entre la pensée commune et la pensée scientifique.

La philosophie est la « pensée sur la pensée », et il fallait donc, en 1978, analyser les différents modes de penser, et aller même zu den Sachen selbst, comme le souhaitait Husserl, pour répondre à la question de Heidegger « was heist denken ? » (qu’appelle-t-on penser ?). Or, pour connaître la pensée, il faut l’observer à l’état naissant, et il faut donc observer les commencements de l’activité mentale chez les animaux (éthologie), chez les enfants (psychologie), chez les primitifs (ethnologie), chez les fous (psychiatrie), chez les poètes (philologie). Il faut ensuite comparer ces pensées embryonnaires avec la pensée scientifique, acceptant le postulat que la pensée de Hegel ou d’Einstein est plus élaborée que celles du chimpanzé, de l’australopithèque ou de l’enfant. La pensée est une construction, et l’on doit étudier la psychogenèse chez l’individu (« épistémologie génétique ») et dans l’histoire (« histoire des systèmes de pensée »). Je me mis donc à étudier l’histoire de la science (et de la technologie qui lui est associée), et aussi l’histoire des littératures, des religions, et bien entendu de la philosophie. C’est alors que je développai le concept d’éditologie, pour désigner l’épistémologie basée sur la critique des « textes édités », dès lors que les systèmes de pensée (religions, science, etc.) ne sont observables qu’en tant que textes (séquences de mots) rendus publics. On pense avec des mots. Mais il faut s’en méfier, car il est facile d’inventer des mots qui ne correspondent à rien de réel.

La philosophie commence par une anxiété : « que vais-je devenir ? ». Pas que vais-je faire dans un mois ou dans un an, mais que vais-je devenir dans l’absolu, après ma mort ? Répondre à cette question redoutable, c’est déterminer ce qui dessine mon destin, ce qui existe vraiment par sa capacité d’agir sur mon être, et « ce qui existe vraiment » c’est l’Être, d’où la définition de Parménide développée par Aristote : la philosophie est l’étude de l’Être (to on è on).

La philosophie se décline alors en différentes observations de l’Être, en tant que Connaissance (épistémologie), en tant que Tout (ontologie), en tant que Valeurs (éthique), en tant que Destinée (eschatologie), en tant que Divin (théologie), en tant qu’Humain (anthropologie). Et le philosophe, quel que soit son talent pour inventer des thèses, des antithèses et des synthèses, est bien démuni pour observer l’Être (dont il n’est qu’une infime partie) dans son entier. Le caractère « englobant » (Karl Jaspers) du tout sur la partie interdit la connaissance pleine et entière. Je dois me résoudre à l’admettre, l’homme est un être-pour-l’ignorance. Les poèmes les plus profonds, les philosophèmes les plus sublimes, les théorèmes les plus subtils n’y changeront rien. Ignorance, ou illusion et fantasme. Le philosophe ne peut que détromper les croyants de toutes sortes, il peut désigner le faux, sans pouvoir repérer le vrai, comme tout homme cherchant un objet perdu, qui peut facilement montrer qu’il n’est pas ici ou là, tout en ignorant où il se trouve.

Avec un tel message de scepticisme vis-à-vis des religions, des morales, des éthiques, des idéologies, des supercheries bavardes et des savoirs illusoires, je ne me suis pas fait beaucoup d’amis. Mais je continue, avec mes forces qui s’amenuisent, à tâcher d’observer le réel, car c’est dans le réel que se trouve mon tragique devenir.

Lire la suite

Pour qui j'ecris ?

7 Janvier 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie, #Littérature

J’ai publié, sur papier, plus de 40 livres et plusieurs centaines d’articles. Mon premier texte édité, intitulé « L’histoire des sciences dans l’enseignement », est paru en 1969 dans la Revue nationale d’Education du Burundi. Le fil rouge de cette production de près de 50 années est ma recherche philosophique centrée sur la comparaison des systèmes de pensée dans une perspective épistémologique (d’où de nombreux textes consacrés à l’histoire de la pensée), mais il s’y trouve aussi des comptes rendus de recherches en botanique et en biologie, un bref roman et quelques nouvelles, des poèmes, des textes journalistiques, des billets d’humeur (notamment dans le quotidien belge L’Echo), des recensions.

En décembre 2010, je crée le présent blog. Ceci devait remplacer le journal intime que je tenais, d’ailleurs fort irrégulièrement, depuis 1962, et qui n’avait pour seul lecteur que moi-même, car il s’agissait d’éclaircir mes idées et pas de faire œuvre littéraire. Je n’ai en effet jamais envisagé de publier des extraits de ce journal, qui n’était qu’un aide-mémoire de l’évolution de mes méditations. Mais un blog étant accessible par quiconque, je fus vite amené, un peu malgré moi, à songer à d’éventuels lecteurs, et je cherchais le mot juste, la phrase intrigante, afin de retenir l’attention de mon lectorat. Ma philosophie, dès lors qu’elle devenait partagée, se transformait ainsi en littérature, et le souci rhétorique (c’est-à-dire esthétique et sentimental) me conduisait sur de nouveaux chemins.

Qui sont les lecteurs de mon blog ? A part quelques collègues et amis, je ne les connais pas. Dans ma production papier, je m’adressais à des publics assez bien définis, et mes articles de botanique, par exemple, visaient la communauté internationale des botanistes, des agronomes, des biologistes et des phytochimistes, quand mes contributions à la Revue Générale ou à Technologia visaient évidemment les abonnés à ces périodiques. A qui s’adresse mon blog ? Peut-être à ceux qui cherchent à comprendre, chacun dans le silence de ses inquiétudes, d’où leur vient d’être ce qu’ils sont. C’est pour comprendre d’où vient (et où va ?) ce que je suis que l’écris, depuis 1969 pour un public, et depuis 1962 pour moi-même. Mais qu’est-ce qui me pousse à partager avec des inconnus mes émotions de chercheur et ma passion de connaître (si peu !) et de comprendre (si mal !) ?

Lire la suite

Qu'est-ce que la litterature ?

5 Janvier 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Epistémologie, #Littérature

La question de la littérature est centrale en épistémologie, car pour construire une théorie de la connaissance il faut saisir radicalement les différences entre les systèmes de pensée (pensée commune spontanée, religions, philosophie, science), qui ont en commun de produire, grâce au langage, des formations culturelles de nature textuelle, c’est-à-dire « littéraires » au sens étymologique du terme (du latin littera, lettre). Les religions, la philosophie, la science, ne sont rien d’autre, pour l’observation concrète, que des ensembles de textes, c’est-à-dire de phrases, et donc de mots. Or, la littérature, dans son acception ordinaire, est l’art d’assembler des mots, comme la peinture est l’art d’assembler des couleurs, et la musique l’art d’assembler des sons. Le lettrisme d’Isidore Isou nous a montré que l’on peut même aller plus loin dans l’analyse, et faire de la littérature l’art d’assembler des lettres.

Pour l’épistémologue, il s’agit d’aller plus loin encore, et de proposer une définition de la littérature (par rapport à la science, à la philosophie, etc.), c’est-à-dire qu’il faut rechercher, comme l’a brillamment théorisé Aristote, le genre prochain et la différence spécifique du littéraire (et donc de la science, etc.), c’est-à-dire qu’il faut repérer son essence, et donc procéder en somme à la réduction eidétique des phénoménologues.

La littérature est donc – c’est son genre prochain – un « ensemble de textes » (on m’accordera, je l’espère, que la littérature se trouve dans les bibliothèques et dans les librairies). Mais quelle est la différence spécifique des textes littéraires par rapport aux textes scientifiques, philosophiques, religieux, et par rapport aux textes de la vie pratique ? Il ne s’agit pas, pédantesquement, de tout mélanger et de chercher à produire, à propos de la littérature, des considérations amphigouriques visant à atteindre des profondeurs abyssales, et à produire des subtilités étonnantes et des paradoxes mirifiques. Il s’agit, bien au contraire, de trouver la simplicité au cœur des définitions, de repérer le déterminant essentiel parmi les déterminations secondaires, au risque de passer pour simpliste aux yeux des cuistres et des snobs. La littérature, me semble-t-il, se distingue clairement par ses objectifs, par les motivations des littérateurs. La littérature (c’est en cela qu’elle est un art) est un ensemble de textes produits pour amuser, pour divertir, pour distraire ses auditeurs et ses lecteurs. L’Iliade et l’Odyssée, l’épopée de Gilgamesh, les tragédies d’Eschyle et de Sophocle (la littérature à l’état naissant) furent, à l’évidence, écrits pour la récréation du public.

La pensée commune (« où ai-je mis mes clés ? »), les religions, la philosophie, la science, ont pour but de nous parler du monde réel de la nature, des hommes et peut-être des dieux, quand la littérature, au contraire, nous propose des mondes inventés par les auteurs, même si dans leurs œuvres la réalité se mélange avec la fiction. Le but d’un poème, d’un roman, d’une pièce de théâtre est d’activer nos émotions pour nous faire passer « un bon moment », ce n’est pas de déterminer si Dieu existe ou s’il y a une vie après la mort. Les Voyages extraordinaires de Jules Verne sont des divertissements, pas un traité de géographie, et il faudrait être vachement gonflé pour prétendre que Gustave Flaubert, Marcel Proust ou Hemingway nous en apprennent plus sur l’âme humaine et sur la vie sociale que les manuels de sociologie et de psychologie. Certes, je ne prétends pas qu’il n’y a ni philosophie, ni psychologie, ni géographie dans de nombreuses œuvres littéraires. C’est même tout l’art du romancier de nous faire croire, par l’évocation de faits réels, le temps d’une lecture, que Charles Swann ou Madame Bovary ont réellement existé ! Mais l’on ne gagne rien dans la confusion. D’ailleurs, s’il y a mélange des genres, ne fallait-il pas que, d’abord, les genres existassent ?

Bref, il me paraît clair que les chercheurs scientifiques écrivent sur le réel observable (l’être en tant que phénomène), que les philosophes écrivent sur le réel inobservable (l’être en tant que noumène), et que les romanciers, les dramaturges et les poètes écrivent pour nous divertir. Ce n’est pas rabaisser le mérite des auteurs de comédies et de drames de reconnaître que leur fonction sociale est d’amuser. Car c’est peut-être le plus admirable et le plus utile des métiers d’apporter un peu de bonheur, de réconfort et de rêve à « ceux qui sont nés pour mourir ».

Lire la suite

Bachirou Oumarou, l'inventeur et le parasite

3 Janvier 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Afrique, #Anthropologie

Je viens d’achever la lecture, agréable et très intéressante, du livre du philosophe camerounais Bachirou Oumarou (né en 1986) : L’inventeur et le parasite. Essai sur la problématique de l’émergence des pays sous-développés (L’Harmattan, Paris, 2016, 108 pages). Je retrouve, dans cet ouvrage, quelques idées que je partage pleinement. Celle de l’importance de l’éducation pour soutenir le développement économique et social, idée qui est d’ailleurs devenue un lieu commun. Ou l’idée de la nécessité de la philosophie : « l’Afrique plus que le reste du monde a besoin de la philosophie au sens de l’unité de ses modes de production de savoirs sur la nature et la société » (p. 14). Car l’éducation doit être basée sur l’interrogation philosophique, c’est-à-dire sur le doute qui évite le bourrage des crânes par des slogans simplistes et des surévaluations de traditions conservatrices ou régressives. Et je retrouve également, dans ce livre d’un Africain sur la situation actuelle de l’Afrique, de nombreux constats amers déjà faits, avec une impitoyable lucidité, par René Dumont, dès 1962, dans son livre prophétique L’Afrique noire est mal partie. Oumarou ne manque pas d’analyser le retard persistant de son pays (plus de 50 ans après le temps des indépendances, soit 2 générations !) en termes de mauvaise gouvernance, de corruption, de déficit démocratique, etc. Il distingue très judicieusement culture et civilisation : « nous pensons en effet que tant qu’une culture n’a pas atteint le degré de perfectionnement qu’il faut pour impacter significativement le niveau de développement et le train de vie des populations, elle n’est pas encore civilisation » (p. 53). Et un peu plus loin : « L’euphémisme des sciences humaines qui voudrait que l’on considère que toutes les cultures se valent n’est qu’une sottise ». C’est que le manque de philosophie ne conduit pas uniquement au sous-développement et à la misère matérielle, il conduit aussi à la misère intellectuelle, à l’ignorance, et de là à l’obscurantisme, au fanatisme et au terrorisme, comme on ne le voit que trop évidemment au Cameroun, en Afrique et ailleurs dans le monde.

Mais au-delà de ces constats, faits largement par les observateurs des grands événements contemporains, l’intérêt du livre d’Oumarou réside dans sa construction d’une anthropologie très simple mais très juste (le vrai est souvent simple, quand il est débarrassé des subtilités pédantesques et des distinctions spécieuses), basée sur une taxonomie binaire : l’humanité (pas seulement en Afrique) est divisée en inventeurs et parasites. J’ai moi-même esquissé une classification des hommes (il n’y a pas de science sans classification) qui rejoint celle de l’auteur, en distinguant les producteurs (les « inventeurs » d’Oumarou), les consommateurs et les destructeurs. C’est qu’il y a des degrés dans le parasitisme. La différence entre l’inventeur et le parasite, nous dit Oumarou, « réside dans le degré d’appropriation de cette science noble et totale à savoir la philosophie » (p. 105). Et de conclure : « La clé de notre développement réside en réalité dans notre audace à nous servir de notre raison pour inventer. L’éducation est la clé principale de ce départ » (p. 105).

Et je me souviens, avec une pénétrante nostalgie, en refermant le beau livre de Bachirou Oumarou, jeune collègue, que l’ai enseigné la philosophie, de 1968 à 1973, au Burundi. En Afrique noire…

Lire la suite