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Jean C. Baudet

Antisemitisme et islamophobie

31 Janvier 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique

Le rôle du philosophe n'est pas d'inciter à la haine ou à l'amour (il y a des littérateurs pour ça !), mais il doit inciter à la réflexion. Ainsi le philosophe doit-il observer minutieusement l'Histoire et l'Actualité, en repérer les événements les plus importants et, par ses interrogations, inciter ses lecteurs à réfléchir, à se poser des questions en dehors de tout préjugé et débarrassés de toute contrainte (on appelle cela la "liberté de penser"). Ainsi par exemple l'Histoire récente et l'Actualité comportent de nombreux événements terroristes, dont l'horreur pourrait inhiber l'intelligence (on connaît les conflits entre l'émotion et la recherche de la vérité). Mais il est impossible de nier que les membres de Boko Haram, que les talibans, que les activistes d'Al Qaïda, que les dirigeants de l'Etat Islamiste se revendiquent de l'islam. Certes, je prends bien soin d'éviter tout amalgame, mais je suis bien obligé d'appeler un chat un chat et les assassins qui hurlent "Allah akbar", comment les appeler autrement qu'islamistes ? Le fait historique est là. Depuis septembre 2001, nombreux sont les attentats commis par, je ne dirais pas des musulmans, mais par des personnes qui agissent au nom de l'islam, d'Allah et de son prophète, et qui prennent le Coran pour la Vérité Absolue et intouchable. Depuis 15 ans, les attentats contre l'Occident se multiplient, au nom de Mahomet. Je ne sache pas que des juifs aient fait sauter des bombes dans des métros, dans des églises, dans des hôtels... Et ne faut-il pas, avec sérénité, distinguer du point de vue de la démocratie l'Etat d'Israël et le royaume d'Arabie Saoudite ?

Réfléchir, c'est distinguer. Distinguer par exemple entre ses amis et ses ennemis. Et il me semble que les Nigérians, les Maliens, les Egyptiens, les Espagnols, les Français, les Italiens, les Belges, les Américains, les Canadiens et bien d'autres ont bien plus à craindre des islamistes que des juifs. Et réfléchir, c'est se demander si ce que l'on vous dit est vrai. Car le mensonge existe, comme l'hypocrisie. Si un Français demande à un musulman s'il approuve les agissements des islamistes, n'aurait-il pas dû tourner sept fois sa langue dans sa bouche au lieu de poser une question stupide ? Car imagine-t-il qu'un musulman approbateur des décapitations et des massacres va benoîtement lui répondre qu'en effet il est d'accord avec Boko Haram ? Voici encore des événements de l'Actualité qui incitent à réfléchir : les incroyables naïvetés de certains commentateurs. Pensent-ils vraiment que des processions sur les grands boulevards des grandes villes de France sont la manière de combattre des terroristes sanguinaires ?

Et puis, il faudrait encore réfléchir à l'intéressante question du "vivre ensemble". Les Français ont connu, avec la maréchal Pétain et son entourage, de 1940 à 1944, l'application d'une doctrine de "vivre ensemble" que l'on a appelée "collaboration". Cela ne donne-t-il pas à penser ? Et y a-t-il une différence entre "Got mit uns" et "Allah akbar" ?...

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Liberte d'expression et liberte de partenariat

27 Janvier 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique

On a beaucoup proclamé, ces derniers jours, dans les pays civilisés, la nécessité de protéger fermement la liberté d'expression, à l'occasion de l'attentat islamiste au siège de "Charlie Hebdo". Mais il faut soutenir toutes les libertés, garantir la liberté tous azimuts, et en particulier il faut garantir, dans les pays modernes, la liberté de partenariat, c'est-à-dire la liberté, pour chacun, de choisir sans contraintes ses partenaires, la liberté de "discriminer". Ainsi, supposons un quidam (dans un pays libre) pris par un désir sexuel. Il doit être libre de forniquer avec le partenaire de son choix, sans que la société lui impose de respecter des critères de sexe, d'âge, de religion, etc. La liberté, c'est la liberté de discriminer et de porter son choix sur un ou une blanche, un ou une noire, etc. Et, bien entendu, le partenaire choisi doit être libre de consentir ou non à participer aux jeux érotiques imaginés par notre quidam. Ainsi encore, un propriétaire d'immeubles habitables doit-il être libre de choisir, sans contraintes, ses locataires. Ainsi surtout, un chef d'entreprise doit être totalement libre de choisir ses collaborateurs. Cette dernière liberté est même de très grande importance, car elle pourrait être décisive pour la bonne marche de l'entreprise, et un patron avisé sait mieux que quiconque si, pour tel poste, il vaut mieux un jeune ou un vieux, un musulman ou un confucianiste, un homme ou une femme, un maigre ou un obèse, un moustachu ou un barbu...

Etre libre, c'est pouvoir choisir ses "compagnons de route" !

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Enseigner l'histoire des religions

23 Janvier 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Religion, #Histoire

Quelques intellectuels français ont découvert le moyen d'effacer les tensions entre musulmans et non-musulmans et d'instaurer le "vivre ensemble" entre croyants et non-croyants. Il s'agirait d'enseigner, dans les écoles, collèges, lycées, facultés et grandes écoles l'histoire comparée et critique des religions. Je ne peux que souscrire à une idée si brillante (comment n'y a-t-on pas pensé en 1905, au temps d'Emile Durkheim ?). Et je signale aux instituteurs, enseignants, professeurs, éducateurs et au ministre de l'Education nationale en France (et dans les autres pays francophones où cohabitent croyants et non-croyants) que j'ai publié une "Histoire des religions" en deux volumes : "Curieuses histoires de la pensée" (qui va des origines préhistoriques au début de l'Empire romain) et "Histoire de la pensée de l'an Un à l'an Mil" (éditions Jourdan). J'expose l'état actuel des connaissances sur l'origine et les premiers développements des polythéismes de l'Antiquité, du judaïsme, du bouddhisme, du gnosticisme, du christianisme, du manichéisme, de l'islam...

Quand un nombre suffisant de religieux de toutes obédiences aura lu mes livres, la judéophobie, la bouddhophobie, la christophobie et l'islamophobie, ces cancers de l'esprit, disparaîtront, et l'idée imbécile de tuer pour une foi disparaîtra, comme disparurent le géocentrisme et l'alchimie. Alors s'ouvrira au genre humain, ou du moins au sous-ensemble francophone (à moins que l'on ne traduise mes livres dans diverses langues, et d'abord en arabe), une ère de liberté, d'égalité (dans les limites imposées par la biologie) et de fraternité, et tous ensemble, la main dans la main, les hommes de bonne volonté feront de la France un pays riant de fromages divers, de vins délicieux, de cochonnailles succulentes, de plaisirs raffinés comme dans un nouvel Eden terrestre. Il faut bien choisir ses lectures : la Torah, les discours de Bouddha, les évangiles, le Coran, ou les livres de Baudet.

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L'origine et la valeur des religions

21 Janvier 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Religion, #Histoire

L'origine et la valeur des religions

Pour tenter de déterminer la valeur d'une production culturelle, il faut en étudier la construction au cours de l'Histoire, et l'on peut tirer quelques conclusions (prudemment) du simple fait que les religions sont des productions culturelles très anciennes, que la philosophie ne commence à être pratiquée que depuis environ 600 avant notre ère (Thalès, Anaximandre), et que la science au sens actuel du terme ne commence qu'avec la Renaissance en Europe (Paracelse, Copernic, Vésale, Galilée...).

Le fait religieux apparaît très tôt, avant même l'invention de l'écriture, les premiers vestiges d'une croyance au "sacré" datant d'il y a quelque 90 mille ans, au Paléolithique. Il s'agit de tombes qui sont la trace de rites d'enterrement qui montrent que, à une période si reculée du développement humain (c'est l'époque des hommes de Néanderthal) se forme l'idée que le cadavre d'un homme présente une "valeur" et qu'il doit être traité avec "respect". Bien sûr, les idées ne laissent pas de traces archéologiques, mais l'on peut supposer, grâce à la comparaison avec les croyances rencontrées chez de très nombreux peuples primitifs, que les deux idées de base de toute religion sont déjà présentes : l'idée d'entités invisibles mais agissantes sur le destin des hommes et l'idée d'âme survivant à la mort. Tout donne à penser que l'idée du "sacré" ou "tabou" est encore plus archaïque. L'on peut reconstituer les étapes de l'apparition du fait religieux comme suit.

D'abord, à une date indéterminable au cours de l'évolution des hominiens, l'invention du langage entraîne le développement de la pensée et de l'action coopérative. La pensée conduit aux mythes (discours de "vérité") et les actes collectifs conduisent aux rites. Ainsi, avant même l'apparition de l'espèce actuelle (Homo sapiens), les deux éléments de toute religion sont en place : les mythes sont la base du "dogme" et les rites sont l'origine de la "liturgie". C'est la dualité des paroles et des actes.

Mythes et rites sont liés par un mode de pensée que les historiens appellent "magie", dont se détache la "technique" (les relations entre technique et magie chez les primitifs ont été bien étudiées par l'ethnologie). Technique et magie sont les moyens dont l'Humanité disposent pour tenter de satisfaire leurs désirs, et sont des éléments constants de l'esprit humain. L'efficacité les distinguent (la magie est encore présente dans certaines couches des populations les plus avancées...) : la technique est efficiente (et va d'ailleurs se développer en "technologie") alors que la magie se révèle illusoire.

Le passage du rite à la religion est d'ordre politique, c'est-à-dire que les injonctions "sacrées" sont instrumentalisées pour la conquête du pouvoir. Ainsi naît la classe des prêtres et se forment des collectivités théocratiques (le pharaon des Egyptiens est un dieu, Moïse reçoit les tables de la Loi de Yahvé lui-même, le Coran est dicté à Mahomet par Allah...).

Au cours de la période historique, on dispose de documents grâce à l'écriture, et l'on constate une tendance générale d'évolution des religions, selon les systèmes :

animisme - fétichisme - polythéisme - hénothéisme - monothéisme - athéisme.

Voir mon livre "Curieuses histoire de la pensée - Quand l'homme inventait les religions".

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Faut-il avoir peur des musulmans ?

19 Janvier 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Religion

Il faut, me disait récemment un astucieux, il faut "avoir l'intelligence et le courage de voir la réalité en face". Eh bien, regardons-la ! Il y a dans le monde quelque 7,5 milliards de gens dont l'immense majorité croit avec une certitude indéfectible en des réalités invisibles et muettes dont il est impossible de vérifier l'existence. Que ce soit le Grand Manitou, Imana, l'influence secrète des planètes sur la destinée humaine, ou Vishnou (et bien d'autres entités mystérieuses), de nombreux hommes, sur les cinq continents, croient avec véhémence à ce qu'ils n'ont jamais vu, jamais entendu et jamais touché. C'est un fait !

Un autre fait, tout aussi indiscutable, est qu'il y a sur terre 1.500 millions de musulmans et 14 millions de juifs. Soit 107 adorateurs du Grand Allah pour 1 adorateur de Yahvé. Et l'étude de l'histoire intellectuelle de l'Humanité montre que les plus grandes avancées modernes de la Civilisation sont dues à des juifs : socialisme (Marx), sociologie (Durkheim), psychanalyse (Freud), phénoménologie (Husserl), relativité (Einstein), mécanique quantique (Bohr), pilule contraceptive (Pincus)...

Un troisième fait, indiscutable mais délicat (il ne faut surtout pas faire d'amalgame), est que si tous les musulmans ne sont pas des islamistes, tous les islamistes agissent au nom de l'islam.

Alors ? Comment "vivre ensemble" ?

Des intellectuels de haut niveau et de grande sagacité préconisent d'introduire (en Belgique) ou de développer (en France) l'enseignement de la philosophie dans les écoles. Je suis bien sûr tout à fait favorable à cette idée, que d'ailleurs les ministres belges de l'Education nationale auraient dû avoir depuis bien longtemps, avant que l'islamisme trouve de nombreux adeptes et sympathisants à Molenbeek, à Anvers, à Verviers et ailleurs. Mais quelle philosophie enseigner à des jeunes gens de quinze ans ? L'ontologie existentiale de Heidegger, l'empiriocriticisme d'Avenarius, l'herméneutique phénoménologique de Gadamer, l'empirisme transcendantal de Deleuze ? Comment faire, quand on sait qu'il faut des années pour apprendre à "penser par soi-même", débarrassé des préjugés des traditions, alors qu'il suffit de deux ou trois heures pour apprendre avec efficacité le maniement d'un fusil-mitrailleur ou d'un pistolet automatique ?

Quand les jeunes d'origine maghrébine de Bruxelles, de Marseille, de Toulouse connaîtront les premiers principes de l'épistémologie et de l'ontologie, il y aura plus de tolérance dans les grandes villes d'Europe, la fraternité l'emportera sur l'islamophobie et sur l'antisémitisme, et les hommes ne seront plus divisés par leurs croyances "spirituelles". Alors les talibans, les terroristes tchétchènes et les bandes de Boko Haram découvriront les merveilles de la postmodernité, et la Grande Paix règnera sur le monde... Les églises, les temples hindouistes, les mosquées, les locaux de la scientologie et les synagogues seront transformés en musées ou en centres de recherche philosophique, et l'Humanité à nouveau réunie en une vaste et fraternelle communauté pourra s'attaquer avec toutes ses forces intellectuelles à une nouvelle grande menace : celle du réchauffement climatique.

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Du nazisme a l'islamisme

12 Janvier 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Histoire

Dans les années 1930, le nazisme devient une menace pour la France, minimisée par de nombreux politiciens et par beaucoup d'intellectuels. En 1940, la France est envahie par les nazis. Les historiens savent ce qu'il a fallu pour que la France se débarrasse du nazisme.

Aujourd'hui, l'islamisme est une menace pour la France, minimisée par des politiciens et des intellectuels qui deviennent, par le fait même, les collaborateurs objectifs des islamistes. Que faudra-t-il pour débarrasser la France et la Civilisation de l'islamisme ?

On peut certes se réjouir de la marche "Je suis Charlie" du 11 janvier, mais il faut analyser les événements avec son intelligence et sa connaissance de l'histoire et pas avec ses émotions. J'ai l'impression qu'il est plus intéressant d'écouter un Alain Finkielkraut qu'un Patrick Sébastien...

J'ai aussi l'impression que la belle unanimité pour la liberté d'expression fut le fait de 4 millions de Français BCBG ("bon chic, bon genre"), d'un certain âge, vivant dans les beaux quartiers, bref des "vieux bourgeois" acquis aux belles paroles du "vivre ensemble", et que cette magnifique communion républicaine contrastait violemment avec les idées de haine circulant chez les jeunes de certaines banlieues. Or, que je sache, l'avenir de la France, c'est sa jeunesse.

Car c'est la guerre, et dans la bataille de "Charlie Hebdo" 3 islamistes ont abattu 17 victimes, et n'ont été empêchés de continuer à tuer que par l'intervention de milliers de policiers. Quel sera le bilan des prochaines batailles, quand 6, ou 12, ou 24 islamistes coordonneront leurs opérations ? Combien d'ailleurs étudient actuellement le manuel de leur fusil-mitrailleur, seule lecture qu'ils s'autorisent en dehors de celle du Coran ?

Evidemment, je n'en sais rien. Peut-être que les musulmans de France vont pourchasser les islamistes, vont faire comprendre à leurs jeunes que le rire est le propre de l'homme civilisé, et vont admettre que le Coran est un livre parmi bien d'autres. On se trompe bien souvent dans les analyses prospectives. Mais la démographie est là, avec des populations musulmanes jeunes et à natalité forte, avec une population française vieillissante, avec un Etat français endetté (que coûte pour les finances publiques la lutte contre le terrorisme ?), et avec des Etats-Unis endettés, à la population obèse, et menacés (comme la France) par des catastrophes naturelles de plus en plus violentes ?

Ah oui, j'oubliais. Comparaison n'est pas raison ! Le nazisme était le fait d'un Etat, l'Allemagne, et a pénétré en France, par la frontière belge, avec une armée "régulière". L'islamisme est le fait de plusieurs organisations non reconnues par l'ONU, et il pénètre en France par petits paquets, n'importe où sur le territoire, avec de nombreux islamistes qui sont officiellement français...

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La religion opium du peuple

9 Janvier 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Religion, #Politique

La religion opium du peuple

Longtemps j'ai pensé qu'il fallait combattre les religions jusque dans leurs derniers retranchements, qu'il fallait débarrasser l'Humanité de ses vaines illusions. C'est que les religions ne sont rien d'autre que la cristallisation socio-politique de mythes archaïques, sans autre fondement que l'imagination, la peur de l'inconnu et l'espérance. Mais l'histoire récente des peuples les plus divers montre qu'un tel projet est pratiquement irréalisable, le genre humain ne disposant pas, dans son état spontané (je veux dire avant tout apprentissage de l'utilisation de l'intelligence), des ressources intellectuelles nécessaires pour développer une critique pertinente des dogmes religieux. Il faut de longues années pour apprendre à penser contre les traditions de sa tribu !

En outre, ce n'est pas nouveau, c'est même une constante de l'histoire, des hommes politiques instrumentalisent la religion pour en faire un moyen d'accéder au pouvoir.

Il faut donc concevoir un projet plus réaliste, et vivre avec les religions puisque la très grande majorité des gens ne peuvent pas s'en passer. Il faut réévaluer ses objectifs, oeuvrer à faire en sorte que les religions se débarrassent de leurs caractères les plus nuisibles, et accepter que les masses populaires croient à des balivernes avec des dogmes et une liturgie. Cela prendra du temps avec les religions les plus ancrées dans leurs conceptions d'origine. Il a fallu des siècles pour que le christianisme - totalitaire et sanguinaire au Moyen Âge - se transforme en une pratique "spirituelle" renonçant (mais pas totalement, il faut rester vigilant !) à interférer avec les pouvoirs "temporels".

Quand les religions du monde entier seront devenues aussi pacifiques et aussi tolérantes que l'astrologie ou que les gilles de Binche, quand il sera possible partout sur la terre des hommes de se moquer du gros Bouddha ou de ce très vieux con de Zoroastre, l'Humanité aura fait un grand pas en avant - et aura encore de grands problèmes avec sa démographie et avec l'évolution du climat.

Bref. Les religions pour les peuples. L'athéisme ou l'agnosticisme pour l'élite intellectuelle. La souffrance et la mort pour tous. Cela me semble très raisonnable.

J'ai étudié l'origine de quatre religions dans mon livre "Histoire de la pensée de l'an Un à l'an Mil" (Jourdan, Bruxelles) : christianisme, gnosticisme, manichéisme, islam. Deux de ces mouvements de pensée mystique ont réussi, deux ont disparu. Les religions ne sont pas éternelles.

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La detestation de l'Occident

8 Janvier 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Politique, #Histoire

L'Occident est détesté avec ardeur par les islamistes et par de nombreux musulmans (je ne dois pas faire un dessin pour l'expliquer...), par de nombreux Chinois communistes ou confucianistes, par les bouddhistes, par les hindouistes, par les animistes, par les gauchistes islamolâtres.

C'est sans doute parce que l'Occident a apporté à l'Humanité les démonstrations mathématiques (Thalès, Pythagore, Euclide), l'alphabet gréco-romain, l'historiographie (Hérodote), le questionnement philosophique (Aristote, Kant), l'algèbre (Diophante), l'astronomie scientifique (Copernic, Kepler), la géométrie analytique (Descartes), la théorie de la gravitation (Newton), le calcul intégral (Leibniz), la musique harmonique (Monteverdi, Bach, Mozart, Beethoven, Stravinski, Jolivet), la chimie (Lavoisier), la pile électrique (Volta), le saxophone (Sax), la voiture automobile (Lenoir), la dynamo (Gramme), la théorie de l'électromagnétisme (Maxwell), la mitrailleuse, l'avion, le télégraphe, la lampe électrique, le téléphone, l'ordinateur, la bakélite, l'aspirine, la pilule contraceptive, le bonnet de douche, le phonographe, la radio, la télévision, les réseaux télématiques, le porte-avions, le baba au rhum, le hamburger, l'histoire critique des religions, le jazz, le tango, la danse des canards, la corrida, le bikini, le monokini, le string, la topologie algébrique, la physique nucléaire, les accélérateurs de particules, la théorie de la relativité, la mécanique quantique, la biologie moléculaire, l'homéopathie, la radiesthésie, les oeuvres complètes d'Yves Namur, les chansons de Tino Rossi, les dessins de Wolinski, les frites, la mayonnaise, la saucisse de porc, le ketchup, la mortadelle, le spéculoos, les pralines, la couleur des voyelles (Rimbaud), l'étude de l'Être (Heidegger), le socialisme (Marx), l'art abstrait, le rock and roll, le cinématographe, les aventures de Sherlock Holmes, de Maigret, d'Hercule Poirot, de Bob Morane, de Julie Lescaut et du petit Chaperon rouge, sans compter les discours de François Hollande et les livres de ses maîtresses. Ah oui, j'oubliais : il y eut aussi la démocratie, et l'affirmation de la liberté d'expression...

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Les plus grands Belges

6 Janvier 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Belgique

Les plus grands Belges

Une des plus grandes avancées de la philosophie au XXème siècle fut la découverte décisive de Martin Heidegger, traduite comme suit en français par Jean-Paul Sartre : "chez l'homme, l'existence précède l'essence". Et les amateurs de "profondeur", les maniaques du "subtil" et les friands de "sublime" s'étonnèrent, ahuris et perplexes, de constater que ce philosophème issu de la très haute pensée d'un immense penseur rejoignait la découverte du bon sens le plus simple et le plus terre à terre : avant d'être ceci ou cela, violoncelliste ou chauffeur de taxi, tout homme doit d'abord exister, c'est-à-dire disposer de nourritures pour s'alimenter, de vêtements et d'abris pour se protéger du vent, de la pluie et des neiges ! Et ce qui est vrai de l'homme dans son humanité est vrai encore des collectivités humaines, et avant de produire une littérature suave incomparable, une musique grandiose et des comédies d'un esprit transcendant (et des idéologies invraisemblables), la France a dû produire du pain, du vin, du boudin, de la viande de boeuf, des charentaises, des bérets, des chemises (ou de tee-shirts), des maisons, des routes, des usines... Et je me trouve ainsi, de manière inattendue, en accord non seulement avec Heidegger et avec le bon sens populaire (qui vit de bonne soupe et non de beau langage), mais aussi avec... Karl Marx. Car le marxisme n'est pas autre chose que l'avis que l'industrie précède et détermine la culture.

Bien que la Belgique soit incomparablement plus minuscule que la France, ce primat de la production de "biens et de services" est également véritable chez les Belges. Avant d'être belge (essence) il faut manger des frites et du filet américain ou des merguez (existence).

Il résulte de cela, qui détermine la "condition humaine", que les hommes les plus "importants" d'un pays ne sont pas nécessairement les plus célébrés. J'ai voulu, pour appliquer à la Belgique la grande découverte de Heidegger et Sartre, faire un relevé des "grands Belges", de ceux qui ont vraiment "construit" la Belgique en alimentant et en équipant les Belges. Conformément aux positions de Heidegger, de Sartre et de Marx, j'admets que les "constructeurs" sont les ingénieurs, les industriels, les commerçants (voir aussi Saint-Simon), et j'attribue une valeur décorative et divertissante aux littérateurs et aux artistes. C'est ainsi, formant un essai sur l'importance, que j'ai fait paraître, il y a quelques mois, un ouvrage "Les plus grands Belges", où je cite John Cockerill, Ernest Solvay et d'autres ingénieurs, alors que je maintiens dans le silence des musiciens, des poètes, des romanciers. Certes, et je le rappelle dans mon livre, Simenon, Hergé ou Magritte furent les auteurs admirables d'oeuvres splendides. Mais la vérité historique me semble être du côté de ceux qui analysent le travail de Cockerill comme ayant contribué à "construire" la Belgique (la Belgique réelle), et celui de Simenon comme un effort (d'ailleurs remarquable) de divertir les lecteurs de récits (la Belgique rêvée). Matérialisme ou idéalisme, économie ou culture ? La question ne méritait-elle pas d'être posée ?

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Reveries du penseur solitaire

2 Janvier 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Littérature

Reveries du penseur solitaire

C'est dans les hauteurs glacées de sa solitude que le philosophe s'efforce de rassembler et de trier les données immédiates de sa conscience, conscience qui est la perception même, le vécu par moments satisfait, plus souvent désespéré et douloureux (il a déjà un certain âge et des varices et des ulcères), de son existence, dont il sent bien que la source lui est extérieure. C'est ce que l'on appelle "penser" (je réponds ainsi à la question de Martin Heidegger en 1952 : Was heist Denken ?).

Dans le flot continu de ses impressions et de ses réminiscences, dans la déréliction où le place sa recherche si étrange - car les hommes du monde sont trop occupés par les "exigences de la vie" pour se demander d'où ils viennent et où ils vont, rassurés par leurs certitudes et leurs engagements -, dans l'isolement méthodique de sa rumination mentale, le philosophe cherche le sens de sa vie, de cette aventure qui lui arrive comme un malheur immérité. Il a lu tous les livres et il a goûté aux mornes plaisirs de la chair et de l'esprit (il retient quand même avec nostalgie les quatuors de Beethoven et le "Sacre du printemps"), et il tente dans le surgissement des souvenirs et des émotions (et des angoisses, toujours plus fréquentes et plus douloureuses, parce qu'il vieillit) de discerner le vrai du faux, le réel de l'illusoire, l'authentique de la pacotille, et il n'a pas de pierre de touche assez fine pour évaluer les valeurs qu'on lui propose, pour vérifier les vérités qu'on lui enseigne. Ses prédécesseurs se sont laissés aller à des constructions présomptueuses, à des généralisations hâtives, à des spéculations suspectes, à des synthèses imprudentes, et Kant a brillamment démontré l'impossibilité de la métaphysique, et les successeurs du grand solitaire de Königsberg ont développé avec ardeur des métaphysiques plus incertaines encore que celles du Moyen Âge.

Voilà que dans son isolement terrible - il n'a aucune "valeur" à partager avec les peuples, sinon peut-être quelques appréciations esthétiques -, le philosophe n'a même pas le réconfort des livres de philosophie (comme un juriste qui douterait de ses codes ou, pire, comme un cuisinier qui douterait de ses recettes), ouvrages qui se contredisent depuis deux millénaires dans la succession désolante des thèses et des antithèses. Le philosophe, s'il redescend, ne peut offrir qu'une certitude à ses auditeurs - si tant est qu'il se trouve encore dans la plaine parcourue par les nouveaux prophètes des intelligences ouvertes -, la certitude de sa propre existence, et une certitude corollaire hélas indépassable, qui est que l'existence du moi implique celle d'autre chose que moi-même. Comment rêver de bonheur et de dignité du genre humain avec pour seule connaissance irréfragable celle du moi et du non-moi ? Tout le reste est faiblesse (Vigny).

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