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Jean C. Baudet

Science et philosophie

27 Juin 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Science

Quand je dis que la science s'est formée à partir de la philosophie au XVIème siècle, ce qui est une thèse majeure de l'éditologie, et que j'ajoute qu'il y a une coïncidence remarquable des dates de parution des grands ouvrages de Copernic et de Vésale (1543), je ne prétends pas qu'il y eut transformation de la philosophie en science. La philosophie était, vers 1543, ce terrain indispensable où la science allait germer, mais la philosophie n'est pas devenue la science. La philosophie a gardé son objet - l'Être en tant qu'être -, et la science est née non pour fixer son attention sur un objet nouveau - que pourrait-il y avoir de nouveau par rapport à l'Être ? - mais elle naquit de l'utilisation d'une méthode nouvelle. La science étudie l'Être en tant qu'observable par ce que Kant appelait les trois instances de l'esprit humain : la Sensibilité, l'Entendement et la Raison. La méthode de la philosophie est : observation + raisonnement. La méthode de la science est : observation + raisonnement + instrumentation. C'est quand le Philosophe a consenti à utiliser les instruments construits par l'Ingénieur que la science est née. Il n'y a donc pas de science (dans le plein sens du terme) avant 1543.

 

Que la science soit issue de la philosophie nous appelle à penser dans diverses directions. Par exemple : y a-t-il continuité épistémique (voire géographique ou ethnographique) entre la Grèce de Thalès et l'Italie de Galilée ? Un auteur a dit que l'esprit souffle où il veut. Mais dans le désert, le vent ne soulève que du sable.

 

Reste une autre question. Si P est l'objet de la philosophie et S l'objet de la science, y a-t-il un objet "P - S" ?

 

Réponses possibles :

 

P - S = 0 >> scientisme >> matérialisme,

P - S = Moi >> égocentrisme >> humanisme (sélectif),

P - S = Dieu >> théologie.

 

Pour info, vidéo :

Librairie Filigranes (Bruxelles)
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Quand je descendis de la montagne (poème)

19 Juin 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Poème

Fastueux et splendide

brillant de plus de feux qu'on en peut allumer

je cheminais dans l'air pur de l'aurore

descendant de la montagne

après avoir tout lu - livres maculés par mes notes marginales

après avoir tout bu - bouteilles et flacons vides comme mon coeur

et je me résignais à descendre encor

dans la plaine où se montre la vérité des corps

dans la boue des vérités dans la fange des audaces

dans l'obscène et immonde défilé des grimaces

et dans l'espoir crédule des foules obéissantes

et je n'ai obéi à personne.

 

Empoigne l'espérance et tords-lui son cou

fais éclater l'espoir dans un dérèglement dans tous les sens

méfie-toi, par dessus tout, ah oui, méfie-toi

des séductions faciles

de l'Erudition, de la Politesse et de la Poésie.

 

Quand je descendis de la montagne - mon unique voyage (mon enfant, ma soeur)

je perdis le goût et l'odorat

je ne distinguai plus la couleur des voyelles

et je me mis à nager dans l'infâme

IL avait déjà annoncé la mort de Dieu

L'AUTRE avait à son tour annoncé la mort de l'Homme

il me restait à annoncer la mienne.

 

Je le fis, fastueux et splendide,

habillé des pacotilles de l'herméneutique parfumée au benjoin surchauffé,

empyreumatique et âcre,

en vérité, je vous le dis, quand je descendis de la montagne.

 

Aurait-il fallu que j'en descendisse plutôt ?

 

Pour info, vidéo :

Librairie Filigranes (Bruxelles)
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Ce qu'il faut et ce qu'il ne faut pas écrire

18 Juin 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Les clairvoyants l'ont bien compris : je n'écris dans ce blog que pour m'éclairer. Je ne cherche pas un homme, comme Diogène avec sa lanterne : qu'en ferais-je ? Je me cherche moi-même, pour échapper, si c'est possible, à mes malheurs. Car je compatis, certes - j'ai un système nerveux et une sensiblerie, comme le premier venu - aux malheurs du monde, et c'est d'ailleurs une de mes douleurs que tant de braves gens souffrent de l'action des assassins et des voleurs, mais tout cela est peu de chose par rapport à mes souffrances corporelles. Et je pense (c'est un lieu commun en philosophie, mais je le rappelle pour les non-philosophes) qu'en approfondissant la connaissance de son Moi (aussi singulier soit-il) on s'approche de l'Universel. Car que sont les 7 milliards d'humains vivants, sinon des "Moi" ?

 

M'éclairer ! Constater par exemple que j'ai abandonné depuis belle lurette la philosophie universitaire, et que j'explore désormais la philosophie vivante, c'est-à-dire celle d'un corps en train de mourir dans la douleur. N'est-ce pas la condition humaine, plutôt que les jolies phrases appelant à je ne sais quels héroïsmes ? Mon héroïsme, c'est de penser comme je pense, et d'écrire pour en penser encore plus. Car l'écriture stimule, si du moins elle poursuit un objectif de vérité. Car je ne suis pas un écrivain, si l'on entend par là un amuseur public. Et ce n'est pas par hasard que je me sens mieux avec Nietzsche ou Schopenhauer qu'avec le professeur Husserl.

 

Ecrivain, littérature... Voilà un beau sujet de réflexion. Pourquoi ne peut-on pas tout écrire, je veux dire pourquoi risque-t-on la désapprobation des autres (l'enfer, en effet, Monsieur le non-professeur Sartre) quand on profère je ne dis pas certaines vérités, mais ce que l'on pense sincèrement être des vérités. Pourquoi ne puis-je pas écrire que Madame N*** est une poéticule ridicule, que la pensée de Monsieur H*** n'est qu'une suite de conventions bon chic bon genre, ou que le corps humain n'est qu'un amas d'eau et de substances glaireuses sans la moindre valeur ?

 

Pourquoi la Pensée Unique est-elle correcte, et pourquoi va-t-elle jusqu'à faire des lois limitant l'expression des chercheurs de sens, ce qui est le contraire absolu de la Pensée Vraie ? Alain Finkielkraut confrontait, naguère, les fanatiques et les zombies. Mais ils sont dans le même camp, celui des idéalistes, des spiritualistes, des dualistes, qui croient qu'il y a autre chose que leurs corps pourrissants !

 

Au fait, ils ont peut-être raison. Un Sacré Bon Dieu nous attend peut-être au tournant, pour faire le tri entre les gangsters et les gendarmes. Et peut-être est-il du côté des gangsters. Je ne sais pas. Je cherche encore. Mais j'ai déjà trouvé quelque chose, une première vérité : on ne peut pas écrire tout ce que l'on pense, même si c'est le résultat d'une longue recherche sincère. Le Gai Savoir doit se taire.

 

Pour info, deux vidéos : Canal C (Namur)

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Pourquoi je suis si philosophe

16 Juin 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

C'est vrai, je l'avoue, je me laisse parfois aller jusqu'à la littérature, mais c'est une espèce de penchant pervers que l'on acquiert à force d'écrire, ou alors je m'y suis mis pour explorer de nouveaux chemins de pensée - nouvelles, poésie, critique "littéraire" - dont je suis, il faut le dire, toujours revenu avec l'impression forte que ce sont chemins qui ne mènent nulle part. Car toute ma vie n'est qu'une longue recherche, et donc une longue souffrance, et comme disait Baudelaire (encore de la littérature !...), voici mon coeur mis à nu.

 

Je cherche parce que j'ai peur, peur de la douleur (sois sage, et tiens-toi plus tranquille), et c'est pour cela que j'explore le Moi et le Non-Moi, et que je fais, depuis maintenant 44 ans, mon métier de philosophe. Car je déteste les rimes, les assonances, les allitérations, la rhétorique et ses tristes figures, l'humour, les émotions du temps qui passe et de la beauté de la Lune éclairant l'Acropole. Je suis fatigué des poèmes, des romans, du bavardage, même couronné par des académies. Je ne fais que CHERCHER, pour comprendre, car j'ai renoncé à transformer le monde, c'est-à-dire le Moi et le Non-Moi.

 

Etrangement, cette recherche sincère de la vérité me vaut plus d'ennemis que de sympathisants. Mais est-ce ma faute si je n'ai jamais entendu l'appel du divin, et si je le dis dans mes phrases ? Est-ce ma faute s'il y a 7 milliards de gens sur la Terre, et dois-je écrire comme si je ne le savais pas ? Est-ce ma faute s'il y a des attentats islamistes, des voleurs impunis, des enfants battus, des adolescents qui brûlent des voitures, des politiciens qui prétendent produire de l'énergie avec du vent, des personnes apparemment sensées qui croient en l'astrologie, en l'alchimie, au marxisme, à la psychanalyse, au tarot ?

 

J'ai "découvert" que la Relativité d'Einstein est supérieure à la Gravitation de Newton, elle-même supérieure au Géocentrisme de Ptolémée. Je n'ai pas trouvé de tels progrès dans l'histoire des religions, des arts, des littératures... Est-ce de ma faute ? Suis-je condamnable parce que je ne trouve de stabilité intellectuelle que dans la logique d'Aristote et dans la géométrie d'Euclide, alors que je ne perçois que de la fumée et du vent dans les doctrines si diverses qui forment la Non-Science ? Est-ce ma faute si j'ai "découvert" la continuité épistémologique qui relie la Science, la Technique et l'Industrie, et si j'ai jeté les bases d'une éditologie qui est une Critique de la pensée STI ? Est-ce ma faute si je cherche, et suis-je responsable de ce que je trouve ? Et si ce que je trouve est presque toujours à l'opposé des diktats de la Pensée Unique ?

 

Ah tiens, une anecdote ! Au tout début de mon enseignement, je consacrais mes premiers cours aux sophismes : l'art de démontrer le contraire de ce que l'on pense.

 

Pour info, vidéo :

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Le Savant et les imbéciles

15 Juin 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

On traduira, pour les enfants du siècle, car ils ont quelque peine à comprendre des mots de plus de deux syllabes : "Le Savant et les cons".

 

Il faut se rendre à l'évidence : la Civilisation est sur la pente descendante. Il a fallu deux mille ans pour monter d'Aristote à Descartes, à Darwin et à Pasteur - et à Beethoven -, et il suffira de quelques décennies pour redescendre au niveau des Babyloniens de Nabuchodonosor, et puis des hommes de Cro-Magnon. La descente a commencé en 1939, ou peut-être déjà en 1914, et elle est le fait de l'Armée allemande. Le fait de l'organisation militaire de ce pays qui nous a porté aux plus hauts sommets de la pensée, avec Hegel, Nietzsche et Einstein. Car depuis les guerres mondiales, depuis que l'Allemagne s'est trompée d'ennemi, les humanoïdes (à forme humaine mais à cerveau non entraîné à la réflexion, au calcul et à la critique) se multiplient à une cadence qui augmente, comme augmentent les éléments des catastrophes. Un milliard de gens (dont la moitié civilisée, à peu près) au temps, encore prometteur, de Lavoisier et de Napoléon. Sept milliards au temps d'Alain Badiou, de Patrick Sébastien et de François Hollande.

 

Certes, il y a encore de la grandeur. La splendeur de l'esprit humain se rencontre dans les laboratoires, dans les grandes entreprises industrielles et dans quelques bibliothèques, mais ces lieux d'une haute culture menacée sont entourés des temples et des mosquées de la déchéance intellectuelle, de la dégénérescence, de l'unification abêtie de la pensée, du cancer spirituel, avec les métastases socialistiques, écolomanes et communautaristes. Les savants, toujours plus rares, sont cernés par les imbéciles, toujours plus nombreux.

 

Je me trompe ? Je le voudrais bien, mais regardez autour de vous. Il ne faut même pas quitter Paris pour rencontrer les symptômes hideux de la décivilisation ! Mais c'est normal. La splendeur de l'esprit humain ne pouvait rayonner qu'un instant. Comme tout ce qui vit, la Civilisation n'existe que pour mourir.

 

Pour info, deux vidéos : Canal C (Namur)

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Pourquoi je fais de si bons livres

14 Juin 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Littérature

Pensee belgeJe me le demande moi-même : pourquoi mes livres sont-ils si bons ? Car on me le demande parfois, et il en est qui s'étonnent de ma "productivité". Je dois répondre à ces âmes simples. Mes livres sont très bons, en effet. Mais ils ne sont guère nombreux. Je n'en ai publié que vingt-deux, si je ne compte pas un recueil de poèmes auto-édité, et si j'omets, bien entendu, quelques centaines de poèmes, d'articles, de billets d'humeur et de critiques littéraires parus dans des revues, des revuettes, des magazines ou des journaux. Vingt-deux ouvrages chez cinq éditeurs, ce n'est pas tellement nombreux, si l'on sait que j'ai commencé à écrire en février 1962 : c'est d'alors que date mon premier poème, et c'est en ce mois d'hiver que j'ai commencé à tenir mon Journal métaphysique. Donc, 22 livres en 50 ans ! Jean-Baptiste Baronian, qui n'a que deux ans de plus que moi, me confiait il y a quelques jours qu'il a fait paraître plus de 60 livres. Et ce n'est pas l'écrivain de langue française le plus prolixe !

 

Voici en tout cas un début de réponse : mes livres sont bons parce que, en moyenne, j'ai mis environ deux ans à les faire. Il ne suffit pas d'écrire, il faut encore vingt fois (et pas cent...) sur le métier remettre son ouvrage. Comme j'en ai fait (ou faites), des ratures ! Comme j'ai remanié mes textes ! Comme j'ai remué ma plume dans l'encre bleue et dans l'acide picrique (un dérivé nitré du phénol, mais on s'en fout) avant de mettre mes mots sur mes papiers !

 

Et puis, le choix des sujets. Je n'ai pas parlé des amours d'Aucassin et de Nicolette, ni des turpitudes des marquis masturbateurs, j'ai parlé de Science, de Philosophie, de Technique et, pour faire contraste, de ces superstitions que l'on appelle religions. Je n'ai pas parlé de Dieu, que je n'ai pas encore rencontré, mais de Moi, que je commence à connaître. J'ai aussi - faiblesse humaine - fait quelques phrases pour honorer quelques écrivains belges, flamandophones ou francophones (comme cet excellent J.B. Baronian, ou comme ce non moins excellent Marc Wilmet), et surtout pour en exécrer quelques autres, comme ce détestable Maurice Maeterlinck.

 

Et puis, comme disait l'autre, "le style, c'est l'homme". Et je suis si bon !

 

Pour info, vidéo :

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Pourquoi j'écris si bien

13 Juin 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Curieuses-histoires-sciences gJe me le demande parfois, et la réponse n'est pas simple : pourquoi suis-je capable, dans ces temps de misère, d'écrire de si belles phrases, et si vraies ? Il y a un élément de réponse qui s'impose immédiatement, avant toute recherche épistémologique, avant la mise en branle de la machinerie phénoménologique et herméneutique lentement construite par mes honorables prédécesseurs - avec quelques rouages bien huilés de Celui qui descendait de la Montagne - et cet élément explicatif (ou du moins qui entame l'explication), c'est la nécessité. J'écris parce que cela m'est nécessaire, comme on urine quand la vessie est pleine. J'écris nécessairement, désespérément, ironiquement, humoristiquement (bien que je déteste l'humour), pédantesquement pour me moquer des pédants, simplement parce que je me fous des simples, et si la nécessité me conduit à des phrases, cela donne la beauté de rencontre entre le hasard de mes formations universitaires (il faut tout de même rendre hommage à ses maîtres) et la nécessité, que déjà tant d'écriveurs ont explorée avant moi.

 

Car pourquoi Montaigne a-t-il écrit ? Et pourquoi Socrate n'a-t-il pas acheté de l'encre et des feuillets de papyrus pour transcrire son ironie ? C'est que Socrate était tailleur de pierre, que Montaigne était une espèce de rentier, et que leurs idiosyncrasies contrastaient quand il s'agit de mettre leur pensée par écrit. Et, au fait, Montaigne écrivit beaucoup mais pensa peu, quand Socrate n'écrivit rien mais pensa énormément.

 

Quant à moi, car je ne peux, comme tout homme sensé, parler et écrire que de moi-même, je pense bien longtemps après Socrate, et bien au-delà de Montaigne. Et puis, il faut aller plus loin que le hasard et la nécessité, plus loin que l'essence et l'existence, plus loin que le commissaire et le yogi, il faut atteindre le niveau du ricanement. Rire, mais métaphysiquement, des signifiants adorés par les foules, des idéologies faussées par les émotions, des marches au pas cadencé des monothéismes barbares : islam, dignité de l'homme, communion des âmes immortelles, "chercher l'argent où il est", et autres solennités imbéciles.

 

Je terminerai par une anecdote pour ceux qui aiment la compréhension : Auguste Comte, un des cerveaux les plus puissants de toute l'Humanité, est devenu débile quand il rencontra Clotilde, et il inventa une religion.

 

C'est pas une belle phrase ?

 

Pour info, deux vidéos : Canal C (Namur)

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De Fichte à Schopenhauer

11 Juin 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Cur PenseeDans un monde qui s'écroule, dans un corps qui vieillit et se délabre, entouré de plus de sots, d'ignares, d'imbéciles, de fanatiques, de stupides, de poètes délicats et d'avocats de mauvaises causes qu'il n'y en eut jamais, je continue de penser, par un effort quotidien, je poursuis ma Recherche, j'approfondis dans une tension presque constante de mon esprit, parfois jusqu'à la douleur psychique, ce que m'ont enseigné quelques décennies de vie parmi les hommes. Je tente de comprendre, j'essaye de m'expliquer, j'accumule de nouveaux débris de réflexion pour achever mon "oeuvre". Je le fais en pensant à Hegel vieillissant, mort à 61 ans, et surtout à Fichte à la fin de sa vie (mort à 52 ans), et à Schopenhauer à la fin de la sienne (mort à 72 ans). Car comment aller plus loin que le Moi de Fichte et l'Absurde de Schopenhauer ? Pendant deux siècles, depuis la mort de ces trois "héros de la Pensée", que savons-nous de plus, malgré Darwin, malgré Einstein et malgré deux guerres mondiales et quelques guerres locales, qui n'ont même pas affecté la courbe de croissance démographique ?

 

Dans son grand livre sur le Monde comme volonté et représentation, Schopenhauer écrit que les êtres sont "comme poussés par une énergie invisible". Aujourd'hui, grâce à la Relativité, aux Quanta et à la Chromodynamique, nous savons que cette énergie invisible est mathématisable, et qu'elle est formée de trois forces (en attendant l'unification promise par les physiciens les plus optimistes), nucléaire, électrofaible et gravifique. Trois forces, constituant une énergie invisible, sont la source, le commencement et la fin, l'alpha et l'oméga du monde, de l'Être, Moi y compris. Devrais-je tenter d'unifier les forces de la Physique et la Volonté selon Schopenhauer ? Aurais-je alors la Solution de l'existence, le Sens de l'histoire et l'Explication apaisante ? Mais je souffre de mes ulcères, de mes rhinites récidivantes et de mes douleurs articulaires plus que de ne pas savoir s'il est possible d'unifier l'équation de Schrödinger, celle d'Einstein et l'ontologie schaupenhauerienne !

 

Curieuse histoire, que celle de la Pensée !

 

Pour info, deux vidéos : Canal C (Namur)

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Pourquoi je ne suis pas humaniste

7 Juin 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Cur PenseeUn quidam mal informé - et certainement mal intentionné - me fait remarquer récemment que certains de mes textes révèlent un anti-humanisme, qu'il juge évidemment scandaleux, le quidam en question appartenant à la meute en voie d'expansion des adorateurs pratiquants de la Pensée Unique.

 

Je vais donc tenter d'expliquer, sans trop d'espoir d'être compris. Il faut être cohérent : quand on n'aime pas les humains, on n'a guère de raison d'espérer leur compréhension. Et puis il y a les données de la psychologie différentielle et de la psychiatrie...

 

Or donc, qu'entends-je par "humanisme" ? Il va sans dire que je prends ce terme dans son sens philosophique le plus profond. Un humanisme est un système idéologique qui reconnaît à l'humain une valeur. Or, il se fait que mes travaux, études, recherches et méditations m'ont mené à la conclusion (provisoire, j'en conviens : je cherche encore...) que le concept de valeur est sans fondement concernant l'humain. C'est fort simple. Je suis arrivé à admettre le matérialisme - je ne peux pas en quelques phrases résumer mon parcours réflexif, mais le lecteur bienveillant admettra que le matérialisme est, au moins, un "système de pensée" possible. Mais alors, étant matérialiste, je ne peux voir l'être humain, aussi pathétique soit-il (je ne suis pas insensible aux souffrances de l'Humanité), que comme une construction corporelle momentanée, issue du Néant et condamnée à y retourner. Quelle peut être la source de valeur - le fondement axiologique - d'un objet corporel, même s'il dure plus de soixante ans et s'il est reproduit à plusieurs milliards d'exemplaires ?

 

Disons-le tout net : l'homme ne vaut rien !

 

Mais alors, cela signifie-t-il que je prône l'extinction de l'espèce, que je me moque d'Isabelle et de Caroline, de Jacques et de Michel ? Il faut vivre, et l'on ne peut vivre qu'en société. Convaincu - à titre de conclusion provisoire - de la totale non-valeur de l'homme, je ne me comporte cependant pas en assassin ou en voleur. Je pratique même la politesse, et je reconnais la nécessité d'élaborer des règles pour vivre ensemble, en tout cas en compagnie des hommes et des femmes qui ne sont ni des assassins ni des voleurs. C'est-à-dire que mon anti-humanisme absolu, théorique, aboutit à un humanisme (sous la forme du Droit à élaborer entre "hommes de bonne volonté") relatif, pratique.

 

Car au fond, si l'homme ne vaut rien, rien ne vaut l'homme !...

 

Pour info, deux vidéos :

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Savoir et pouvoir

6 Juin 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Je viens de lire, dans une revue débile, cette affirmation péremptoire et qui semble définitive : "Celui qui ne maîtrise pas l'écriture est dominé par celui qui détient le Savoir". Avec S majuscule, comme dans SS. Allons donc ! Depuis quand le savoir, même avec une initiale majuscule, conduit-il au pouvoir ? Ne savons-nous pas (du verbe "savoir") que le monde est dominé par les masses ignorantes, crédules, illettrées, analphabètes, mystifiées par leurs propres sentiments, incapables de distinguer un débit d'un crédit ? Et d'ailleurs, de quel savoir s'agit-il, de celui de Michel Onfray (un homme cultivé, ce me semble), d'Alain Badiou, de Dominique Strauss-Kahn, de Patrick Juvet ? Ou alors, il s'agit du savoir de ceux qui savent séduire, tromper, mentir, faire prendre par leurs auditeurs, lecteurs et admirateurs les vessies pour des lanternes, l'islam pour une religion de douceur et de compassion, et le vent pour la solution à tous nos problèmes énergétiques ? Car le pouvoir est donné par les masses à quelques experts en sophistique, en farces et attrapes électorales, en promesses et illusions, sinistres passe-passe dont l'efficace est basée sur l'ignorance des foules.

 

Et l'écriture ? Que vient-elle faire dans cette affaire de bouffons et de putes ? De sourires politiciens, de maquillages médiatiques et de grimaces démagogiques ? Sont-ce les écrivains des discours qui arrivent au pouvoir, ou ceux qui les lisent devant les micros ? Sont-ce ceux qui écrivent dans les profondeurs de leurs nuits, dans l'isolement de leurs ulcères, soignant tant bien que mal une jambe qui souffre, ceux qui écrivent non pour les trompinettes de la renommée mais pour la détermination du vrai, de la Vérité avec une initiale majuscule, et qui se foutent des modes, des académies, des célébrations solennelles et écoeurantes, des détériorations du sens, des enculages de mouchettes, sont-ce les chercheurs du réel ou les coureurs de spectaculaire, de vulgaire et de pacotille clinquante, sont-ce ces écrivains, ces écri-vrais, ces écri-vaillants, ces écri-vaille que vaille, ces écri-n'allant pas à la messe le dimanche, ces écri-non ralliés à la Pensée Unique, ces écri-ni subventionnés, ni primés, ni adulés par les thuriféraires du vendredi, sont-ce ceux-là qui accèdent au pouvoir ?

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