Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Jean C. Baudet

Science et philosophie (poeme pornographique)

26 Juin 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Science, #Poème

Science et philosophie (poeme pornographique)

399 avant Jésus le Christ (gloire à son Saint Nom) : Socrate découvre qu'il ne sait rien

30 : le juif Jésus (gloire à Lui au plus haut des cieux) invente la compassion pour les démunis

50 : le juif Paul invente l'antisémitisme

325 : le concile de Nicée découvre qu'il y a trois personnes en Dieu

1543 : Copernic découvre l'héliocentrisme

1637 : Descartes découvre qu'il pense

1637 : Descartes découvre qu'il est

1670 : le juif Spinoza invente le panthéisme

1687 : Newton découvre que les masses s'attirent

1803 : Dalton découvre les atomes

1842 : le Wallon Sax invente le saxophone

1848 : le juif Marx invente le communisme dialectique

1851 : le Wallon Fafchamps invente la mitrailleuse

1864 : le Wallon Lenoir invente l'automobile

1863 : le Wallon Solvay invente la soude à l'ammoniac

1869 : le Wallon Gramme invente la dynamo électrique

1872 : le juif Cantor invente la théorie des ensembles

1888 : le juif Hertz découvre les ondes électromagnétiques

1895 : Röntgen découvre les rayons X

1896 : le juif Freud invente la psychanalyse

1900 : le juif Husserl invente la phénoménologie

1905 : le juif Einstein découvre la relativité du temps

1912 : Rutherford découvre le noyau des atomes

1913 : le juif Bohr invente la mécanique quantique

1927 : le Wallon Lemaître découvre l'expansion de l'Univers

1927 : Heidegger découvre que l'homme est un être-pour-la-mort

1933 : Heidegger devient nazi

1950 : Heidegger est dénazifié

1953 : Watson découvre la structure moléculaire de l'ADN

1964 : le juif Gell-Mann découvre les quarks

1964 : le juif bruxellois Englert prévoit l'existence du boson ultime

1984 : le Bruxellois Baudet invente l'éditologie

2015 : le Bruxellois Baudet découvre qu'il ne sait pas grand-chose.

Lire la suite

L'ennemi public

21 Juin 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Epistémologie

Mon travail épistémologique a commencé par une analyse radicale de la connivence, à première vue mystérieuse, entre la technique et la science, entre la main et la parole – avec une réhabilitation du geste technicien, si dévalué dans la culture contemporaine. Basant mon enquête sur un corpus considérable de faits historiques concernant l’évolution des systèmes de pensée (technique et science, mais aussi magie, religions, philosophie…), je suis arrivé à voir dans l’apparent mystère de la naissance de la science grâce à la technique (comme, semblablement, l’art naîtra de la musique, cfr Neitzsche) le résultat du rapport de convenance entre la connaissance et l’action, entre la vérité et l’efficacité, entre le gnoséologique et l’ontologique. Une action ne peut aboutir que si elle correspond au réel, au vrai, et une hache en pierre taillée ou une centrale nucléaire ne fonctionnent que parce que leur conception fut en concordance avec la réalité. Les rites primitifs, instinctuels et surchargés d’espérance, se perfectionnent et se transmuent en se dissociant en technique et en magie, celle-ci se combinant avec l’esprit du mythe pour donner naissance aux religions. La philosophie naîtra de la tardive prise de conscience des contradictions des traditions religieuses, et le rejet de toutes les traditions (l’esprit qui toujours nie, cfr Goethe). Cette pensée libérée des pesanteurs traditionnelles (d’ordre sentimental et social) finira par donner naissance à la science, grâce à l’instrumentation, qui est comme un ressourcement par la technique.

Cette analyse, confortée par mes recherches en histoire de la science, en histoire des religions et en histoire de la philosophie, me conduit invinciblement au néo-scientisme, au monisme, au matérialisme, à l’athéisme, au nihilisme et à l’anti-humanisme. Je suis donc l’ennemi de milliards d’hommes, les religieux, les idéalistes, les spiritualistes, les humanistes, les optimistes, les fascistes et les racistes (qui inventent des valeurs liées à des sous-groupes humains par fantasme compassionnel), les communautaristes, les communistes et les gauchistes, les écologistes, les moralistes, les masculinistes, les féministes, les droits-de-l’hommistes, les phénoménologues, les herméneutistes, et les poètes minimalistes qui prennent leurs rêves pour des vérités indicibles, ineffables et sublimes.

Il me reste à tâcher de comprendre pourquoi un désaccord ontologique conduit à la haine, au fanatisme, à l’insulte, à l’intolérance, à la violence et au meurtre.

Lire la suite

La Revue Generale a 150 ans !

13 Juin 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Littérature, #Belgique

J'étais, ce matin de juin, dès dix heures, au Palais des académies, pour assister à la séance de commémoration du 150ème anniversaire de la Revue Générale, la plus ancienne revue vivante en Belgique, fondée à l'initiative des évêques belges en 1865, lors de la dernière année de règne du roi Léopold numéro un. Je suis membre du Comité de rédaction de ce périodique depuis 1996, et je me réjouis toujours quand l'occasion se présente de revoir mes collègues. Il y avait une bonne centaine de personnes dans l'auditorium de la rue Ducale. Des collaborateurs réguliers ou occasionnels, des lecteurs sans doute, des curieux peut-être.

La séance a commencé par une allocution de Jacques De Decker, secrétaire perpétuel de l'Académie de langue et de littérature françaises, que j'écoutai attentivement assis à côté de mon ami Jean-Loup Seban et juste derrière le poète Piet Lincken. Puis il y eut un excellent exposé de Francis Delpérée, qui sut rendre vivante l'évocation de l'histoire (un siècle et demi de l'histoire des Belges !) de la revue, fondée par le parti catholique au temps du premier Léopold et devenue pluraliste (sinon, comment y serais-je ?) au temps du roi Philippe. Francis commença par une métaphore anatomique en expliquant que la RG marche sur deux jambes. Il voulait dire la Politique et la Culture, car c'est bien le commentaire politique et le commentaire culturel (surtout littéraire) qui se partagent l'essentiel des pages de la revue. Francis termina cette allocution historique et captivante (je voyais défiler les grandes heures, pas toutes glorieuses, de l'aventure des Belges, et je me souvins de Georges Sion...) par quelques considérations bien venues sur la délicate coexistence des médias de papier et d'Internet. Puis il y eut l'intervention de Jean-Baptiste Baronian, dont l'extraordinaire érudition littéraire me surprend toujours. Il m'apprit notamment, à propos d'une comparaison entre la RG et la Revue des Deux Mondes, qu'Alfred de Musset appelait Sainte-Beuve "Sainte-Bévue". Vraiment, je ne m'ennuyai point.

Le mot de la fin revint évidemment à France Bastia, directeur et rédacteur en chef de la revue, rayonnante, enthousiaste et très émue. Je sais la somme de travail, d'abnégation, de courage, il faut pour diriger une revue et pour faire sortir tous les mois une nouvelle livraison (j'ai fait ce dur métier de 1978 à 1996). Comme c'est court, un mois (qui court...) pour sélectionner des textes, pour mettre en pages, pour discuter avec les auteurs (souvent prolixes), pour faire imprimer, pour organiser le routage, et pour recommencer à pousser le rocher de Sisyphe du prochain numéro.

Après les applaudissements, l'assistance grimpa le grand escalier au tapis rouge pour se rendre à la salle des marbres, pour saluer, pour congratuler, pour s'enquérir de la santé de l'un ou du dernier succès littéraire de l'autre, pour manger et pour boire. C'est ainsi que j'eus le bonheur, entre autres rencontres, de m'entretenir avec les poètes Dominique Aguessy, Isabelle Bielecki, Claire-Anne Magnès, avec les romancières Anne-Michèle Hamesse, Martine Rouhart, Evelyne Wilwerth, avec Renaud Denuit, avec Vincent Dujardin, avec Guy Delhasse, avec Edmond Radar, avec Marc Wlmet, avec Christian Libens...

150 ans ont passé, une tradition culturelle s'est maintenue à travers les vicissitudes socio-politiques du "vivre ensemble" de deux peuples européens qui ne parlent pas la même langue. Mais curieusement, dans la salle des marbres, il m'a semblé que l'on parlait plus des Grecs que des Flamands. Il est vrai que, comme l'a rappelé Francis Delpérée, la RG est "ouverte sur le monde"...

Lire la suite

Le dernier philosophe

4 Juin 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie, #Epistémologie

J'ai d'abord, il y a déjà bien longtemps, exploré le champ classique de l'épistémologie, pour établir que, vu le primat de la technique, la science est une technique appliquée. C'était transposer dans le concret de l'Histoire la relation d'équivalence entre les concepts de Connaissance et d'Action (l'efficacité comme indice de vérité: pour savoir il faut faire, et pour faire il faut savoir). Puis, j'ai étendu ma réflexion au champ tout entier de la gnoséologie, découvrant l'origine des religions (et des idéologies qui en dérivent) dans les rites qui sont des réactions compulsives libératoires à l'angoisse de la condition humaine. M'interrogeant alors sur l'apparition de la philosophie, je la situais comme une révolte, comme un rejet des traditions, avec la production d'une coupure sociale et épistémique entre une petite élite qui cherche et la masse qui croit. Restait la distinction à thématiser entre philosophie et science, qui sont toutes deux des recherches libérées. Je ne me satisfaisais pas des réponses de Bachelard (les obstacles épistémologiques), de Popper (la falsification), de Kuhn (les changements de paradigme), et j'approfondis ma lecture de l'histoire de la philosophie et de la science, publiant d'ailleurs de nombreux articles et plusieurs volumes consacrés à l'histoire des systèmes de pensée. C'est ainsi que je découvris que la différence radicale entre science et non-science réside dans l'instrumentation, c'est-à-dire dans l'emploi systématique d'instruments, qui modifient dramatiquement la portée de l'observation et la puissance heuristique et démonstrative du raisonnement (par la mathématisation rendue possible grâce aux instruments de mesure). Il me paraît difficile de nier que les scientifiques disposent de laboratoires et que les philosophes n'ont que des bibliothèques ! Je retrouvais mon intuition du primat de la technique, puisque les instruments de la science sont construits par les techniciens.

Au cours de l'Histoire, la science (instrumentale depuis 1543) n'a cessé de restreindre le domaine de la philosophie, répondant à la question de la matière (Lavoisier, 1789), de la vie (Schleiden, 1838), de la biodiversité et de l'origine de l'homme (Darwin, 1859), et même de l'origine de l'Univers (Einstein, 1915). La question se pose donc de savoir si, dans un avenir plus ou moins proche, la science serait en mesure de recouvrir totalement le champ encore vaste du questionnement philosophique. Quelle que soit l'orientation de ma méditation, je ne vois pas d'issue à l'impossibilité actuelle de pénétrer dans le domaine nouménal, ce qui me ramène inéluctablement au scepticisme de Kant : la physique (grâce aux instruments) est merveilleusement possible, et d'ailleurs elle progresse tous les jours ; la métaphysique est tragiquement impossible !

Ce scepticisme, qui à ce jour me semble incontournable, achève la philosophie, comme on achève les chevaux malades. L'homme a dû se résigner à vivre avec la souffrance. Il lui faut, en plus, vivre avec l'ignorance.

Lire la suite

La philosophie impossible et indispensable

1 Juin 2015 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Philosophie

La philosophie impossible et indispensable

Le parcours vers la construction d'une ontologie est semé d'embûches, et paraît être un "chemin sans issue", comme l'a déterminé Martin Heidegger en 1950, quand il était arrivé dans sa 61ème année de vie, c'est-à-dire d'existence, et peut-être déjà avant, quand il effectue le "tournant" de sa pensée (die Kehre) qui va l'écarter du projet sans doute trop optimiste de Sein und Zeit (1927). La connaissance de l'Être en tant qu'être (to on è on) ne devient le projet de la philosophie qu'avec Aristote - même si le terme métaphysique n'apparaît, avec Andronicos de Rhodes, que vers 50 avant notre ère. Les présocratiques et même Platon n'ont pas encore atteint une pleine conscience de la nécessité pour toute pensée de résoudre préjudiciellement la question ontologique, ne se libérant encore qu'incomplètement de la pensée mythico-mystique. Peut-être pourrait-on créditer Parménide d'Elée d'avoir eu clairement le projet de dévoiler l'Être, mais ce n'est qu'un détail de l'histoire de la haute pensée. En tout cas, la recherche métaphysique, qu'elle soit initiée par l'Eléate ou par le Stagirite, a découvert ses propres limites en 1781, avec Kant. Mais la suspension du travail ontologique ne dura que quelques années, Kant lui-même croyant pouvoir sauter les barrières qu'il avait découvertes, avec la Critique de la raison pratique (1788). Puis ce furent Fichte, Schelling, Hegel...

La faillite (prévisible) des grands systèmes de l'idéalisme allemand (qui dans la vie politique conduisirent à ces deux figures de l'abjection que sont le communisme de Staline et le nazisme de Hitler) bloqua la recherche ontologique pendant plusieurs décennies, et l'immense effort de Heidegger tourna court : si l'homme est un être-là (Dasein), nous devons convenir que l'Être est un être-au-delà.

Ainsi, depuis Kant (celui de 1781) et avec une lucidité de plus en plus pénétrante mais toujours limitée, la philosophie ne peut désormais que tourner en rond, exprimant de mieux en mieux ses limites radicales (qui sont les limites de l'intelligence humaine), et ne pouvant déboucher que sur les réalités irréfragables (mais hélas incomplètes) de la science, ou sur des phraséologies impressionnantes mais vides, ou sur les rêveries de la poésie ou des religions. Faire de l'Être inconnaissable une divinité, sacraliser nos ignorances, voilà la grande tentation. L'Actualité montre où cela conduit.

Ainsi, la philosophie est aussi impossible que la quadrature du cercle. Mais, alors que la quadrature n'est pour l'humain qu'un jeu futile et dérisoire, la philosophie est une nécessité vitale. Elle ne nous apprend pas quelles sont les structures de l'Être et ne nous montre aucun chemin de vie, mais elle nous apprend à nous méfier du mensonge et de l'illusion. Car, songeons-y bien : quels authentiques nouveaux savoirs nous apportent Bernard-Henri Lévy, Barbara Cassin, Alain Badiou, Michel Serres, André Comte-Sponville, Luc Ferry et tous les autres ?

Lire la suite