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Jean C. Baudet

L'origine de la Science

14 Août 2017 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Histoire, #Science

J’ai montré, en étudiant l’histoire de l’astronomie, de la physique, de la chimie et de la biologie, que la Science apparaît, en Europe, à l’articulation des XVème et XVIème siècles, en se séparant de la Philosophie (née en Grèce vers 600 avant notre ère) par l’utilisation systématique de l’Instrumentation, celle-ci étant le fruit de la Technique. J’utilise le terme « Science » dans l’acception forte que lui donnent les épistémologues : il s’agit d’un système de pensée qui conduit à des discours vérifiables, contrairement aux autres systèmes de pensée (les Mythes, les Religions, la Philosophie, les Idéologies, la Poésie) qui sont radicalement invérifiables. Du fait même de sa vérifiabilité (grâce à des instruments d’observation et de mesurage), la Science est le contraire d’une pensée dogmatique, étant en perpétuelle « recherche ». Les savoirs « scientifiques » ne sont pas imposés au public comme des certitudes absolues, contrairement aux dogmes religieux, qui sont imposés avec un fanatisme pouvant aller jusqu’à la condamnation à mort des mécréants. Dans l’Europe chrétienne du Moyen Âge, il était « impensable » de mettre en doute la Sainte-Trinité, l’Immaculée Conception, la Rédemption et le Péché originel, le Jugement dernier (à peine d’être torturé par l’Inquisition), et dans les pays musulmans, en plein XXIème siècle, il est fort dangereux de prétendre qu’Allah n’existe pas, comme il est dangereux, dans l’Inde hindouiste, de nier l’existence de Vishnou !

L’usage d’instruments a permis à la Science de se développer en étendant considérablement le champ de l’observable (télescopes, microscopes…) et en permettant de quantifier les phénomènes observés par l’acquisition de nombres (mesures) ce qui permettra une mathématisation du discours scientifique (thermomètres, baromètres, galvanomètres…).

Quand la Science apparaît, l’Humanité possède quatre grands centres civilisateurs : la Chine confucéenne, l’Inde hindouiste, l’Europe chrétienne et l’Arabie musulmane (y compris ses vastes conquêtes). Les autres régions (Amérique, Afrique, Océanie) sont habitées par des cultures moins avancées, certaines étant même encore à l’âge de la pierre.

L’Inde, l’Europe et l’Arabie, à cette époque, connaissent la remarquable production intellectuelle des Grecs (et donc la Philosophie), ayant été en contact prolongé avec l’hellénisme, à qui ils doivent la logique (Aristote), la mathématique démonstrative (Euclide, Archimède), l’astronomie quantitative (Eudoxe, Aristarque), la botanique (Théophraste), l’anatomie (Hérophile), la médecine rationnelle (Galien), la chimie (Zosime), l’algèbre (Diophante). La Chine même, pourtant si éloignée de Milet, d’Athènes, d’Alexandrie, a pu connaître certains acquis de l’hellénisme.

Reste alors une question passionnante : pourquoi la Science est-elle née en Europe, avec Christophe Colomb qui utilise la caravelle comme instrument pour fonder la géographie scientifique, avec Vésale qui utilise le scalpel pour développer l’anatomie, avec Copernic qui utilise le quadrant pour découvrir l’héliocentrisme, avec Paracelse qui utilise les instruments de laboratoire pour séparer la chimie scientifique de l’alchimie médiévale, avec Galilée qui utilise le plan incliné pour fonder la mécanique ?... Pourquoi les brillantes civilisations des Chinois, des Hindous et des Arabo-musulmans ont-elles, à la fin du Moyen Âge, été bloquées pour rester extérieures au développement de l’esprit scientifique ?...

Pour info :

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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