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Jean C. Baudet

Analytique de ma Bibliothèque (my library)

10 Décembre 2011 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com Publié dans #Biographie

Je passe l'essentiel de mon existence dans deux pièces de ma maison au nord de la Ville, ma chambre qui se trouve côté jardin, où je dors, et ma bibliothèque, dont les trois grandes fenêtres donnent sur une avenue sans arbres mais agrémentée de jardinets, où j'attends chaque jour qu'il soit l'heure de dormir ou de mourir. Ma bibliothèque me sert donc de living-room ou de working-room, plus que mon salon-salle à manger du premier étage. Cette pièce où je passe le "plus clair de mon temps" (qui est souvent bien sombre) est une bibliothèque, en effet, car les trois murs sans fenêtres sont couverts de rayonnages jusqu'au plafond, pleins de livres, à l'exception d'une double porte vitrée qui s'ouvre sur un petit hall donnant accès aux commodités de ma chambre à coucher, d'un cabinet de toilette, d'une salle de bain et d'un petit bureau où je rédige mes livres et mes articles avec le secours efficace d'un ordinateur Hewlett-Packard chargé d'un software de traitement de textes Microsoft-Word. Il faut dire encore que ma bibliothèque se trouve au deuxième étage de la maison, et qu'elle est donc suffisamment élevée pour que je puisse voir, par mes fenêtres, les cimes des arbres d'un parc tout proche, où je me promenais parfois, jadis ou naguère, quand je trouvais encore du plaisir à marcher dans un environnement végétal. Les rayons de ma bibliothèque sont chargés de livres bien rangés, qui sont les vestiges dérisoires et grandioses (il s'y trouve tout de même Homère et Descartes !) de mes vies antérieures. Il s'y trouve la poésie de ma jeunesse, les romans de mon adolescence, les livres de biologie de ma première maturité, et tous les ouvrages de philosophie abimés par mes fréquentes relectures. Il me vient toujours le même étrange plaisir quand je parcours des yeux tous ces volumes, quand je remarque pour la centième fois que les oeuvres complètes d'Arthur Conan Doyle prennent plus de place que celles de Jean-Paul Sartre, quand je prends, presque au hasard, un de ces témoins de mon passé pour y retrouver un moment - parfois presque oublié - de ma vie, celui où j'ouvris ce livre pour la première fois. Par une espèce de coquetterie sans raison valable, presque niaise, mais à laquelle je tiens malgré tout, mes propres ouvrages sont absents de cette pièce, où je n'accueille que les oeuvres des "autres". Mes ouvrages (21 livres, plus ma thèse de doctorat, plus les tirés à part de mes articles) se trouvent dans le petit bureau où j'écris, voyant par la fenêtre un ciel tout bleu et les façades ensoleillées des maisons voisines. Où j'écris cet article inutile. Ainsi mon bureau est-il le siège de ma vie la plus active - qui consiste à pianoter des dix doigts sur un clavier d'ordinateur - et de la plus grande inutilité : écrire des textes philosophiques. Car qu'y a-t-il de plus "philosophique" que la description d'une bibliothèque ?

 

Vous n'avez pas perçu le sens philosophique, le concept du présent propos analytique (et même phénoménologique) ? Je vais vous le dire. La poésie, c'est l'enfance. Le roman, c'est l'adolescence. La science (notamment la biologie), c'est la première maturité, pleine encore de projets. La philosophie (le retour sur le moi de l'homme qui se penche sur son passé et sur celui de l'humanité), c'est la maturité pleine, proche de la sénilité, et qui n'a plus comme projet que la mort. Il y a les oeuvres de Montaigne et de Cioran, dans ma bibliothèque...

 

Pour info, l'URL (à copier et coller après http://) d'une vidéo sur l'histoire des sciences comme explication et évaluation du savoir :

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

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