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Jean C. Baudet

Connaissance et illusions

29 Octobre 2012 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Cur PenseeLa question centrale de la philosophie reste, après deux mille et six cents années d'effort pour y répondre, celle de la connaissance : comment puis-je connaître, non pas le monde (comme disait Albert Camus dans Le mythe de Sisyphe : je me fous du mouvement des planètes ou du nombre des bosons - il le disait avec plus d'élégance et de retenue), mais ce que je dois attendre du monde - c'est-à-dire de mon Avenir : Paradis, Enfer ou Néant ? Toutes les autres questions ne sont que des divertissements, des amusettes, comme le disait un autre littérateur, Blaise Pascal.

 

Car il n'y a pas à douter de mon existence, ni de toutes ces choses qui affectent mon désir d'être - désir qui se développe et s'amplifie dans le bonheur (quand le Réel, le Monde, l'Être me procure du plaisir) et qui s'atténue ou même disparaît quand le Réel me procure souffrances et chagrins.

 

D'où le primat de l'épistémologie, et la disqualification des idéologies et des superstitions quand elles omettent de réfléchir à l'origine de leurs pseudo- savoirs. C'est un exercice facile pour l'historien des systèmes de pensée de découvrir les mythes fondateurs de toutes nos croyances...

 

Depuis Kant - mais certains précurseurs s'étaient déjà rapprochés de cette position - nous savons que la conscience (autre nom du Moi et du Je) ne se remplit d'intellects qu'à partir d'affects venus des sens - en contact avec un univers "extérieur" (extérieur au Moi, pas nécessairement extérieur au corps). A partir de la critique kantienne (die Sinnlichkeit und der Verstand), j'ai développé une épistémologie - appelée "éditologie" pour des raisons circonstantielles - qui ne reconnaît que deux moyens de connaissance, l'observation (Sinnlichkeit) et le raisonnement (Verstand). Toute ma méditation - qui a commencé à Bujumbura le 5 octobre 1968 - n'a pas encore trouvé de "troisième voie" pour la construction de savoirs fiables, et je réfute (dans l'état actuel de ma recherche) la valeur cognitive de l'intuition, des traditions, ou de la "démarche poétique" (voir Jacques Sojcher : La démarche poétique, 1969). Quand on ignore, il faut savoir que l'on ignore.

 

 NB.- Schéma de la cognition : affect ---> intellect ---> concept.

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