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Jean C. Baudet

Lettre sur l'humanisme

10 Août 2014 , Rédigé par jeanbaudet.over-blog.com

Il y a des milliers de philosophes professionnels, et qui pensent, dans le monde, sauf dans les dictatures marxistes et les théocraties musulmanes. Même à l'Université Catholique de Louvain, pourtant sous l'autorité intellectuelle et morale du pape des chrétiens, il y a des professeurs qui enseignent la philosophie, mais une philosophie, il est vrai, biaisée par l'acceptation radicale et inconditionnelle du sacré. Eh bien, malgré l'intense activité cérébrale de ces innombrables penseurs bien entraînés, la grande question des "valeurs" n'est toujours pas résolue. On sait que la Terre tourne autour du Soleil (astronomie) et l'on sait que les oiseaux ont des plumes (ornithologie), mais l'on ignore si le sacré existe ! Certes, les humanistes se prosternent devant l'Humain, et ils proclament imprescriptibles les Droits de l'Homme. Mais ils sont, en la matière, juges et parties, et l'humanisme n'est pas davantage démontré que le mouchisme, que ne manqueraient pas d'établir les mouches, s'il se trouvait des penseurs parmi les mouches.

Malgré les efforts constants et considérables des meilleurs esprits depuis Thalès et Pythagore, aucune valeur n'a pu être déterminée de manière apodictique et décisive ! J'ai longuement étudié l'histoire de la technique, l'histoire de la science, l'histoire des religions, et bien sûr celle de la philosophie et des idéologies, et je n'ai trouvé de certitudes maintes fois vérifiées que dans le domaine de la STI : science, technique et industrie, s'agissant par exemple des machines, des atomes, des étoiles... Mais je n'ai trouvé aucune valeur vérifiée, si ce n'est par pétition de principe ou par acceptation fanatique d'une vieille tradition. Le Beau, le Bien, le Juste, le Parfait, quoi qu'on dise, n'existent pas et n'ont pas encore été définis. Je me fais donc le dénonciateur abhorré des superstitions et des liturgies, l'adversaire abominé des glorifications et des prosternations, l'ennemi haï des sacralisations, qu'il s'agisse du Prolétariat (le Goulag), du Peuple germano-aryen (les camps d'Auschwitz et d'ailleurs) ou d'un Grand Dieu (l'islamisme).

Je ne vais pas jusqu'à affirmer l'inexistence de certaines valeurs, mais j'affirme que je n'en ai pas encore rencontrées. Ma seule valeur est le Doute, et l'on comprend que les prêtres de la religion de l'Homme, comme les croyants de toutes les religiosités, me haïssent et m'exècrent.

Pour info :                  

Librairie Filigranes (Bruxelles), extrait d'une conférence sur l'histoire des sciences : 

www.youtube.com/watch?v=HZNSrBg25XQ

Télé Bruxelles, interview sur ma philosophie :  

www.telebruxelles.net/portail/emissions/magazines-a-voir-en-ligne/rencontre/21416-041012-jean-baudet

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Daniel Pisters 11/09/2014 16:22

Comme vous, je n'ai pas encore rencontré de valeurs qui résistent à la réflexion. Il s'agit toujours de coup de coeur et d'émotions même si elles ont parfois de grandes dimensions intellectuelles: j'aime un proche, j'aime mon chien, j'aime mon petit doigt, etc.

A la rigueur, les valeurs peuvent se distinguer par contraste avec ce qui n'en a pas (la majorité des gens et des choses).

Ce qui me semble n'avoir aucune valeur, c'est la souffrance inutile du point de vue de l'être qui la subit. Et encore, car selon Hegel, cette souffrance peut encore mener à une forme de progression de l'Esprit, pour lequel l'individu qui ne contribue pas à le faire avancer (comme le "Grand Homme", César ou Napoléon) compte peu, ou pas du tout.

Il est donc déjà difficile d'affirmer qu'il existe des souffrances totalement inutiles. C'est révoltant, mais logiquement, c'est ainsi. Par contre, si nous avions un détecteur infaillible de souffrance inutile, nous pourrions établir sur ce socle un nouveau système de valeurs qui consisterait à éviter cette souffrance.

Imaginez-vous le médecin se penchant avec cet extraordinaire appareil sur un malade atteint d'un cancer très douloureux et selon le résultat négatif du détecteur, devrait lui dire qu'il n'a pas lieu de combattre sa souffrance parce qu'elle n'est pas inutile (du point de vue de l'Esprit de Hegel ou selon d'autres critères plus individuels, comme le fait que, de cette douleur pourrait surgir pour la première fois dans la vie de ce malade une lueur d'intelligence).