L'éditologie, que je développe
dans les années 1980 en réaction contre la technophobie de Jacques Ellul et d'Hans Jonas, est un prolongement de la phénoménologie husserlienne qui reprend la question des fondements de toute
ontologie en exploitant les recherches sémiologiques du structuralisme et en allant aux choses mêmes, c'est-à-dire à la dualité matériel-logiciel et à l'évolution technique des locomotives. C'est
comme une cristallisation du fait linguistique - qui alimentait déjà les réflexions de Platon dans le Cratyle - enrichie de l'herméneutique de Ricoeur et de l'épistémologie de Bachelard,
mais qui retourne la séquence "pensée-mots-discours-action-souffrance" à l'expression discursive qui va de la vie aux mots, de la technique aux théories, de l'édition (paraître) à l'être et à
l'avoir. Du vécu à l'oraison funèbre.
Le mythe de l'Ingénieur (Ulysse aux mille expédients) devient mon allégorie de la Caverne, et je pense aux mots et aux choses en m'attachant plus aux choses - machine à vapeur, barillet de revolver, colorants à l'aniline - qu'aux mots dans mon archéologie des savoirs. L'éditologie sort alors du cadre originaire de l'épistémologie comme histoire de la science (étude des textes édités) pour s'épanouir en critique des jeux de mots, mythèmes, anathèmes et théorèmes confondus. L'éditologie devient l'anti-humanisme absolu, le sceau des prophètes, la charte du malheur écrite en lettres de sang sur peau humaine. La philosophie comme recherche du bonheur est abandonnée au profit d'une délectation morose, et je m'apaise dans l'attente des preuves et des épreuves. J'étudie lentement mes prédécesseurs et je contemple la marche du Néant.
Pour info, deux vidéos :
Canal C (Namur)
Librairie Filigranes (Bruxelles)
Divagations, divagantes, divaganteries, un gant de velours dans une main d'acier au carbone, le velours de mon gland, pourquoi des mots qui jalousent l'enfant, nous sommes puisque
nous pensons ensemble.